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Luna Invicta - Episode 01

Épisode
1
Date
1 juillet 2026
Durée
35:25
Série
Luna Invicta

Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 1.

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Luna Invicta, épisode 1, Aurelion Thalassarque, Alphée, Janus Astrix, Fenrir, le Cynarchos, Moirix, Yggdrasil, Lexomnium, Oscultor et Caelorcus. Ce sont des noms qui ne vous disent absolument rien, mais je pense qu'à la fin de cette histoire, vous serez très familier avec eux. Je m'appelle Alexis Audou. J'ai passé une longue partie de ma vie à écouter les gens, peut-être même un peu trop, et aujourd'hui c'est vous qui allez m'écouter.

Je vais vous raconter une longue histoire. Une amie très chère à moi, qui s'appelle Sophia, m'a dit un jour que la clé pour me comprendre, elle n'est pas la seule, malheureusement j'ai rencontré d'autres personnes, la clé pour me comprendre, c'est qu'il y a bien longtemps, j'avais 17 ans, et j'ai perdu mes deux parents dans un accident, il faut l'appeler comme ça, qui a été extrêmement brutal. Et c'est la clé pour me comprendre, et je vais vous raconter, on va dire, le début de cette histoire et où j'en suis arrivé. Donc, j'avais une vie des plus ordinaires.

C'était dans le courant du Covid, donc on a eu ce confinement qui nous avait un petit peu tapé sur les nerfs, et avant qu'il y ait le confinement, j'étais un élève des plus ordinaires, qui allait avoir une vie des plus ordinaires, et la veille de la disparition de mes parents, il y a eu une dispute familiale, comme il y en a peu, parce qu'on ne se disputait pas souvent, elle n'était pas ultra bien. Elle était très violente, mais elle était significative dans une vie plutôt calme, on s'y futait. Au matin, le lendemain, on était un petit peu sur les nerfs, on s'est quand même dit bonjour, mais on sentait que s'était passé quelque chose. Et dans l'après-midi, mon père est allé chercher ma mère au travail, ils ont pris la voiture, c'est mon père qui conduisait, ils se déplacent de l'étoile.

Mon père a eu un accident cardiaque, il est mort quasiment sur le coup, parce que c'était un accident cardiaque un peu inhabituel. Et ma mère qui était à la place du passager, elle n'est pas décédée immédiatement, mais l'ambiance est arrivée dans l'ambiance, on l'a perdu. Beaucoup de gens réagissent différemment face à des traumatismes aussi forts que ça. Il faut voir que moi, j'étais pas, comme la plupart des familles d'ailleurs, j'étais très proche de mes parents, ils étaient importants pour moi, j'avais jamais envisagé de les perdre, mais ils n'étaient plus là.

J'ai aucun souvenir de l'enterrement, je sais que j'ai pas pleuré, je sais que beaucoup de gens étaient autour de moi, mais je voyais pas trop ce qu'il y avait autour de moi. Il s'est passé quelque chose d'absolument remarquable, alors que c'était pas du tout majeur ou quoi que ce soit, c'est que je suis rentré chez moi, et je me suis un peu endormi. C'est-à-dire que j'étais réveillé, j'étais fonctionnel, je m'endormais le soir, je me levais le matin, je me faisais un petit déjeuner, quand il n'y avait plus rien dans le frigo, j'allais acheter, j'allais faire des courses, mais pendant une période de temps très longue, donc c'était à la sortie du confinement, je me souviens, on s'était vacciné il y a quelques mois avant, c'est pour ça que je m'en souvenais un petit peu, parce que je m'étais fait mal, et en fait, alors que le monde revivait, moi je me suis endormi, je me suis endormi, ça a duré deux ans, c'est-à-dire que pendant deux ans, j'ai fermé, on était dans un très bel appartement. J'ai fermé l'appartement à Paris, et j'ai fermé toutes les pièces qui ne me concernaient plus, les bureaux de papa-maman, la bibliothèque, dans la bibliothèque, j'y allais, mais en gros, il y avait un grand salon, un petit salon qui fait aussi l'office de bibliothèque, donc grand salon, les bureaux, les chambres évidemment des parents, et moi, je naviguais entre la cuisine, chez moi, la bibliothèque, et je ne sortais pas de chez moi.

En fait, j'aurais dû aller, par exemple, à l'école, passer mon bac, répondre... Je répondais parfois au téléphone, et que ce soit des gens qui veulent me vendre des meubles, ou de la famille, je répondais machinalement, et j'ai vraiment aucun souvenir de cette période-là. Je sais que, comme je vous l'ai dit, je me levais le matin, très machinalement, comme si je n'avais pas de conscience, je prenais un petit déjeuner, je m'assieds sur une chaise dans ma chambre, je lisais des livres, tout ce qui me tombait sous la main, parfois c'était des livres d'histoire, parfois c'était de la fiction. Beaucoup de livres de cuisine, j'ai vraiment voli beaucoup de livres de cuisine, je ne savais pas que mes parents avaient autant de livres de cuisine que ça, et le soir, j'allais me coucher, quand j'étais fatigué, et les saisons sont passées très vite, et je me souviens aussi, j'ai passé beaucoup de temps, ma chambre a une sorte de double fenêtre qui donne sur la rue, c'est une double fenêtre qui part du sol, pas au plafond, mais elle est assez grande, et en fait, je l'ouvrais en grand, dès le début du printemps, j'ai une sorte de chaise à bras, une chaise comme un fauteuil, mais il n'est pas rembourré, je me mettais sur le fauteuil, et je regardais l'extérieur, et en fait, ça me suffisait, il y avait les nuages qui défilaient au-dessus des toits, le soleil, qui venait de plus en plus chaud, les orages d'été, c'était vraiment très agréable, j'ai beaucoup aimé. la pluie, quand il fait bien chaud et que la pluie tombe, ça pousse un peu les rideaux, et dès qu'il faisait un petit peu froid en automne, je refermais à nouveau, et j'attendais le printemps pour ouvrir, même si certains jours exceptionnels d'hiver, où il y avait de la neige, je l'ouvrais, les deux pans de la fenêtre, et je me mettais sur mon fauteuil, et je regardais la neige tomber, c'est ce que j'ai fait le plus pendant ces deux ans, même si j'ai lu tous ces livres.

Les jours sont passés comme ça. Et c'était pas deux jours pour jour, mais quasiment, c'était le 31 mars, c'est le jour de mon anniversaire, je me souviens, j'étais assis, je regardais, il faisait beau, il faisait chaud, alors qu'on était à peine en mars, et en fait, je me suis réveillé, j'étais assis, et je crois que c'était genre 10h du matin, et vraiment, genre, j'ai vu mon cerveau s'illuminer et se réveiller en mode, ça y est, je repense, tu vois, je sortais d'une sorte de coma fonctionnel, et j'étais avec une sorte, je commençais à avoir faim, envie de trucs, voilà, ce qui ne m'était pas arrivé, voilà, j'ai vu des psys par la suite, et j'aurai amplement le temps de vous parler de tous les psys que j'ai vus, et qui m'ont dit que, en gros, c'était ma façon à moi de pleurer, de pleurer cet événement. Je me suis réveillé, et il fallait reprendre un petit peu ma vie en main, alors, je découvre autour de moi un appartement qui n'est pas sale, pas dérangé, rien, je me suis téléporté dans le temps et dans le silence, et donc, autour de moi, je fais le point sur ma vie, donc, le point sur ma vie, il est le suivant, il se trouve que mes parents n'étaient pas méga riches, ils auraient pu appartenir à la haute bourgeoisie, mais c'était plutôt partie de la petite bourgeoisie qui a eu de la chance, c'est-à-dire qu'il y a très longtemps, on doit avoir eu un ancêtre un peu riche qui a un appartement vraiment magnifique, mais, genre, magnifique, qui doit valoir beaucoup, beaucoup, beaucoup, dans le sixième arrondissement de Paris, donc, vraiment, très, très privilégié, et après, on a eu cette dynastie de gens qui, comme ils étaient très bien placés à Paris, ils avaient un bon nom, etc., mais ils étaient, comment dire, Ils n'avaient besoin de rien, puisqu'ils étaient déjà à Paris, et ils étaient déjà logés, donc tout allait bien pour eux, et j'aurais continué cette vie si ce n'était pas passé ça. Peut-être que je vais continuer cette vie, mais à l'heure où je vous parle, ça me semble très improbable.

Effectivement, on pourrait dire, tiens, ils étaient plutôt bien logés, moi je n'ai pas dépensé des tonnes d'argent pendant ces deux ans, faisons le point. Alors déjà, je suis assez surpris parce que j'étais mineur au moment de mon endormissement, et quand je me réveille, je suis majeur, et personne ne s'est inquiété, tant mieux, personne ne s'est inquiété a priori que je ne donnais pas assez de vie. Alors je sais que j'ai eu de la famille, j'ai un oncle qui s'appelle Alan, qui m'a appelé deux fois, mais sinon pas grand chose. Et je commence.

Alors j'ai trois ans de courrier non ouvert, ça me stresse, donc je le mets dans un coin, je le pousse avec un balai, j'ouvre le courrier, enfin j'ouvre le courrier bancaire, parce qu'il faut que je fasse un point, mon nom n'est où. Et là, catastrophe, donc je n'ai pas hérité, je ne sais pas pourquoi, alors je vous parlais de l'héritage dans un autre temps, mais je n'ai pas hérité de rien, voilà. Et il se trouve qu'il y a une sorte de compte courant, un compte courant de mes parents, alors tout ce qui appartient à mes parents, je n'ai pas accepté. Et moi, mon compte courant, c'est avec mon compte courant que j'ai plus ou moins fait des courses pendant deux ans, dans un demi-coma, et l'argent...

Alors la banque a un peu compensé avec le compte courant de mes parents, mais la banque m'a laissé m'endetter. C'est-à-dire qu'à un moment, j'étais à moins 100 euros, moins 1000 euros, moins 6000 euros, et vraiment, ils étaient extrêmement détendus. Ils m'ont mis un petit courrier, courrier simple, en mode, hé, faites attention quand même. Mais je pense que comme mes parents, ils avaient à côté...

Des petits placements, eux, ça les arrangeait, ils faisaient des intérêts, et je les ai appelés, et je leur ai dit, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Ils me disaient, ah oui, c'est vrai, on va compenser, donc ils ont fait des manœuvres, je ne sais pas quoi, mais en gros, il ne me restait pas grand-chose, vraiment pas beaucoup à vivre, et je me disais, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Où est parti l'argent ? Est-ce que je me suis volé, tu vois ?

Il se trouve que, non, non, mes parents avaient une assurance vie auprès d'une assurance, que je ne vais pas citer là, parce que je n'ai pas envie d'avoir de procès dans l'immédiat, mais bon, une banque parisienne... Une banque qui fait une grosse assurance aussi, donc qui fait de l'assurance vie, et en gros, ils disent... Alors, je les appelle, ils disent, ah bon ? Mais vous n'avez pas déclaré vos parents comme morts ?

Alors, écoutez, il y a eu un problème, mais est-ce qu'on peut le faire ? Alors oui, on va vous envoyer des papiers, et ils commencent à me dire, il faudrait que vous retrouviez les papiers d'avant, ça commence à être très compliqué. Mais moi, j'ai un problème immédiat. J'ai un problème immédiat, qui est qu'il faut que je me nourrisse, quoi.

Alors, j'appelle un peu la famille, il n'y a que Alan qui répond et qui dit, mais attends, mais c'est incroyable, c'est un scandale, cette histoire d'assurance, attends, je vais m'en occuper. Mais j'ai quand même ce côté, il faut que je m'en sorte rapidement. Donc, il y a Alan qui me donne 1000 euros, mais 1000 euros, bon, je commençais à baliser un peu, et bon, je n'ai pas le bac, je ne sais pas faire grand-chose, et je cherche un emploi, parce que je dis, bon, il faut que je passe, je suis majeur, il faut que j'ai un emploi, il faut que je m'intègre dans la société, il faut que je gagne ma vie, et il faut que je structure ma vie, et à un moment, j'arriverai, sans être phobique administrative, on va dire, à au moins avoir un moment de respiration, et pouvoir prendre du recul, restructurer ma vie. À l'époque, j'étais assez jeune, je crois que j'avais à peine 18 ans, 19 ans, je ne sais pas quoi faire, j'arrive à trouver un job qui est un job de stagiaire payé dans l'administratif, c'était un boulot à la con, encore une affaire d'assurance chelou, ils vendaient des assurances pour je ne sais pas quoi, c'était un peu la grosse arnaque, je ne sais pas s'ils ne vendaient pas de la crypto, la connerie, par contre, c'était dans des très beaux quartiers, et moi, je devais trier des dossiers avec d'autres gars qui étaient encore plus jeunes que moi, et j'ai un manager qui est très dur avec moi.

Qui utilise la moindre erreur de ma part, le moindre problème, le moindre vêtement qui ne va pas, le moindre retard pour vraiment passer à des phases d'humiliation publique devant tout le monde. Moi, je m'en foutais un peu parce que je n'avais pas d'ego particulier, je sortais d'un traumatisme plutôt fort, ce qui, je pense, énervait la personne. Même un jour... Je l'écoutais sans rien dire, alors que, je ne sais pas, j'aurais dû pleurer, peut-être pour lui faire plaisir, et en fait, il m'a demandé de baisser les yeux.

Ce jour-là, j'ai dit, il y a peut-être un souci. Je suis descendu, j'étais perturbé, j'ai dit, je ne pense pas qu'il me traite bien, et il y a un commercial du deuxième étage qui était descendu pour, je ne sais pas, fumer une cigarette, il m'avait vu réfléchir, il s'appelait Gérald, et Gérald est très sympa parce qu'il m'a donné un bon conseil. J'ai eu assez peu de bons conseils dans ma vie. Gérald, je ne sais pas où tu es, mais tu m'as donné un très bon conseil.

Gérald, il m'a dit, écoute, je ne sais pas ce que tu fais là, mon gars, j'ai un truc à te dire, c'est que chaque seconde de ta vie, ça t'appartient. Et si tu ne te sens pas à ta place, vraiment, c'est des secondes que tu ne pourras pas récupérer, et en vrai, je pense que tu serais mieux ailleurs. Je ne sais pas ce que tu sais faire dans ta vie, mais même si tu ne sais rien faire, tu serais mieux ailleurs. Et j'ai fait un truc fou, c'est que je suis parti.

Je suis parti vraiment sans donner ma démission. De la même façon que mes parents sont partis, c'est-à-dire sans signer de contrat de démission. J'ai perdu des radars, ils ne m'ont plus jamais revu, tant mieux. Je pense que ça doit arriver assez souvent dans ce type de boîte, pas très cool.

Donc ce n'était pas chouette, et j'ai un peu erré dans la ville, et je me suis dit, quel type de boulot je pouvais faire ? J'ai remonté, c'était un lundi matin, et j'ai remonté un long boulevard vers la gare de l'Est à Paris. Et en fait, il y a beaucoup d'agences d'intérim du bâtiment. Je n'ai jamais été sur un chantier de ma vie, mais elles cherchaient tous des plaquistes.

Plaquistes, plaquistes, on cherche des plaquistes. Et je me suis dit, ben ouais, je pourrais être plaquiste, parce que ça a l'air d'être un métier très demandé, tu vois. Et je rentre dans la première agence, et donc c'est marrant, il y a une meuf, elle a un petit tailleur et tout, elle me sourit. Et elle sent que je ne suis pas trop à ma place et tout, et elle me dit, je peux faire quoi pour vous ?

Et je dis, ben, le boulot de plaquiste, ça m'intéresse. Et elle me regarde dans les yeux, elle me dit, mais vous savez mettre du placo ? Et là, je dis non. Et elle me dit, mais qu'est-ce que vous faites là ?

Et je ressors, et fort de cette expérience, je vais dans l'agence d'intérim d'à côté. Et vraiment, la même meuf, un peu habillée pareil, c'est un peu des copiés collés, et elle me dit, est-ce que vous pouvez poser du placo, monsieur ? Et moi, je dis oui. Pas de problème.

Vraiment, je ne sais même pas ce que c'était du placo à l'époque. Et elle me regarde, elle me check de haut en bas, un peu comme si elle voulait coucher avec moi. Elle me check vraiment, et elle voit vraiment que je n'ai pas de muscles, je me suis sous-nourri pendant deux ans, je n'ai pas fait d'exercice, j'étais sur une chaise. Et elle dit non, elle dit, gars, tu n'es jamais allé sur un chantier, ne me la fais pas.

Et de fil en aiguille, j'ai trouvé un job qui est le pire job possible, mais je pense que c'est le job que tout le monde fait à un moment, quand on est dans la galère, c'est que j'ai été livreur des libéraux. Ce qui, sociologiquement, est vraiment une expérience incroyable. Je pense que tout le monde devrait être livreur des libéraux un moment dans sa vie, parce qu'on voit des trucs qui nous font comprendre, mais vraiment, ce qu'est la société. C'est-à-dire que, vraiment, livrer une pizza dans des beaux quartiers, à des gars qui, enfin, j'ai livré des pizzas à des gars dans des quartiers, on va dire, plutôt de gauche, tu vois, à des gars qui ont genre 24 ans, et qui sont juste devant la télé à regarder une série, et en bas de chez eux, il y a une pizza derrière, tu vois.

J'avais envie de leur dire, mais quoi, enfin, pourquoi moi, pourquoi, mais bon, pourquoi pas, j'étais payé. Et à l'époque, j'avais tellement pas de thunes, que je me souviens, j'avais payé un Vélib, pour ma première nuit de livraison, et la deuxième nuit, en fait, j'avais, il y a un gars qui m'a regardé sur des Vélibs volés, donc j'avais des Vélibs volés pendant un petit moment, et voilà, et après, il y avait une sorte de vélo tournant qu'on se prêtait, c'était très cool. Alors, c'est vraiment très intéressant, parce qu'il y a tout type de gens qui font du délivre-roues, il y a aussi des cyclistes, on va dire, presque pros, qui ont leur kiff, c'est de faire 200 kilomètres toutes les nuits, quoi, voilà. C'est très ingrat.

C'est vraiment pas payé, et j'avais pas, enfin, je pense que j'aurais pu demander plein d'argent à mon oncle et tout, mais, en vrai, il fallait que je m'en sorte, il fallait que je comprenne ce que c'est que le monde professionnel. Je sais que beaucoup de gens sortent de l'école, et ils sont confrontés au monde professionnel, à sa dureté, à ses connards de manager qui t'humilient, ou à la difficulté de trouver un emploi, mais moi, j'avais, c'était encore plus rude, parce que je pouvais pas me plaindre à qui que ce soit, mais j'étais pas triste non plus, j'étais bien. Je pense que j'avais été trop triste trop longtemps. Donc ça allait, et il s'est passé quelque chose, c'est que je livrais les déviruses, et surtout la nuit, donc je livrais la nuit.

Le jour, j'ai regardé des vidéos tutos de placo, pour poser des plaquistes, et en fait, le vélo, ça m'a musclé de fou, ce qui fait qu'un mois plus tard, je retourne à l'agence d'intérim, la deuxième, et je dis, c'est pour le boulot de plaquiste, et elle me dit, vous savez poser des placo, et là, je la regarde droit dans les yeux, parce que non seulement, j'avais vu les vidéos tutos, mais en plus, j'étais allé dans les Leroy Merlin, j'avais vraiment tenu les outils dans ma main, tout ça, donc je savais, tu vois, et je la regarde droit dans les yeux, et je lui dis, je sais poser du placo, bien sûr, madame, tu vois, avec un beau français, et elle me check, et elle dit, ok, elle dit, c'est bizarre, quand même, cette histoire, mais elle dit, ok, 16h, ce soir, le chantier, et tu commences demain matin, donc je vais sur un chantier à la défense, je suis reçu par un chef de chantier, et tout de suite, il me voit, et son regard s'élimine, il dit, mais attends, t'es français ? Je dis, oui, et vraiment, il dit, bah écoute, tu seras chef d'équipe, hé, j'ai pas travaillé une seule heure, j'étais déjà chef d'équipe, et alors, chef d'équipe, c'était un peu, en vrai, sur un chantier, c'est un peu la douille, parce que t'es payé pareil, et simplement, tu t'appuies, c'est pour ça que j'étais vachement content, mais en fait, quand j'ai compris, c'était pas tout à fait ça, et le truc, c'est que, donc, j'ai commencé à... à faire du chantier, donc le premier jour, première semaine, c'était un peu rude, par contre, t'es ultra bien payé, vraiment, alors là, j'étais payé, genre, 20 euros de l'heure, parce que je passais par l'agence d'abri, mais parfois plus, t'es un incre, tu vois, et on m'a mis, effectivement, dans une équipe, on va dire, multiculturelle, je dirais ça, si je voulais prendre mes mots, mais en gros, il y avait des gens qui parlaient, ils paragouillent tous, plus ou moins, le français, mais, soit il y avait des gens qui parlaient que le portugais, que l'arabe, j'avais aussi un malien avec moi, qui parlait malien, j'imagine, quoi, et donc, il fallait se faire comprendre, et, en gros, pourquoi la personne était contente que je parle bien le français, parce que j'allais être l'interface avec le chef de chantier, qui, lui, parlait aussi un peu de tout, les paragouines, un peu de tout, mais aussi le conducteur de travaux, qui, lui, était plutôt quelqu'un qui parlait que le français, et l'architecte, en particulier, qui est l'architecte, le maître d'oeuvre, qui, eux, parlait uniquement le français, et donc, je me suis retrouvé à faire l'interface, et ce qui était, au début, un boulot un petit peu linguistique, alors, c'est... J'ai continué à apprendre sur le chantier, parce que, quand on avait un chantier, je vous expliquerai les chantiers ensuite, mais, quand on avait un chantier, j'ai dû, en fait, tout de suite, j'arrive, je dis, bonjour, je suis votre chef d'équipe, il n'y avait que des gens plus vieux, vraiment plus costauds, on dirait que vous avez tous fait la guerre, et moi, j'étais là, je suis le chef de chantier, et je leur ai dit, vraiment, apprenez-moi, en vrai, apprenez-moi, et tout, et je pense que cette démarche un peu d'humilité a été très bien vue, donc, ils m'ont appris le métier, et c'était quand même pas mal d'entraide, et ce qui s'est passé, c'est que...

à la fois, je couvrais un côté, je couvrais l'autre, c'est-à-dire que ceux qui arrivaient en retard, ceux qui étaient malades, ceux qui se faisaient remplacer par le cousin qui, voilà, je couvrais à 200%, on me demandait, est-ce que tout va bien ? Tout va bien, voilà, personne n'arrivait en retard, tout va bien, quand il y avait un gars qui n'était pas là, on travaillait pour 5 ans, alors qu'on était 4, parfois 3, tu vois, on le faisait, et les gens venaient travailler deux fois plus ensuite, donc, très réglo, tout ça, quand il y avait des gens qui étaient énervés ou qui n'allaient pas, je disais, écoute, mec, ça va pas aujourd'hui, tu sais quoi, vas-y, on l'a, on le fait à 4, t'inquiète, tu reviens de moi, tu réactes tes problèmes, et vraiment, mais alors, on a créé des amitiés très fortes, même si on a eu des grosses engueulades, c'est arrivé, bien sûr, et je t'ai temporisé aussi de l'autre côté, c'est-à-dire que, en fait, 90% du temps, le chef de chantier, bon, le chef de chantier, il va dire, aujourd'hui, on fait ça, on fait tel étage, etc., mais en fait, 90% du temps, le chef de travail, le chef de chantier, ils vont vous dire, on est en retard, on est en retard, il faut travailler deux fois plus, ils disaient ça tout le temps, tu vois, alors, quand je sentais que ça n'allait pas être possible, moi, l'équipe disait rien, je disais, on s'en fout, et je disais au chef de travail, oh, on a bossé comme des fous, là, écoute, on est à notre rythme, ou alors, vraiment, quand je sentais que c'était la merde, parce que le client allait vraiment gueuler, et tout, etc., je faisais passer l'idée, et comme je les aidais de l'autre côté, eux, ils travaillaient deux fois plus, donc, vraiment, ça se passait vraiment très, très bien, et j'ai commencé à être le chef d'équipe, tu vois, genre, le chef d'équipe, et puis, je vous ai pas dit aussi, j'ai commencé à parler très bien portugais, j'ai commencé à parler très bien arabe, alors, j'ai appris qu'il y avait plusieurs arabes, le tunisien, c'est pas pareil que le marocain, pas pareil que l'algérien, alors, moi, c'était surtout l'algérien, et, donc, j'ai commencé, je baragouinais, moi, on me la faisait pas, et j'ai commencé à avoir mes équipes préférées, et quand j'étais dans une équipe, les gens étaient très contents, et j'ai pu demander, comme, comme, j'avais les équipes sur les chantiers, j'ai pu demander les meilleurs outils, voilà, etc., donc, c'était vraiment, et j'avais des super chantiers, ça s'est passé très, très bien, alors que j'étais pas diplômé, et, un jour, je pense qu'il y a une agence d'intérim, je m'en souviens, mon agence d'intérim, elle s'est aperçue, elle m'a dit, il faudrait les diplômes pour être un jour dans l'autre, j'ai dit, écoutez, en vrai, je sais pas, ils m'ont dit, ah, bon, bon, vous savez quoi, on dira rien, donc, tout le monde était très content, j'étais très, très bien payé, j'ai fait des études, le soir, d'électricité, parce que j'ai commencé à aimer ça, ensuite, j'ai fait, j'étais chef d'équipe électricien, et là, je peux vous dire, j'ai commencé à gagner, mais vraiment, à l'heure, autant que des ingénieurs, et la belle vie a vraiment commencé pour moi, parce que, non seulement, je gagnais ma vie, j'avais des amis, j'avais mon travail, et tout, et j'aimais ça, et j'étais en plein air, et c'était trop bien, et, en plus, je gagnais vraiment bien ma vie, ce qui fait que, en gros, je travaillais un mois, deux mois sur les chantiers, et ensuite, je partais deux semaines en vacances, voilà. Alors, j'ai fait, j'ai fait très longtemps des vacances un peu de cons, des vacances un peu nulles, c'est-à-dire que, moi, comme je n'étais jamais en vacances de ma vie, n'importe quoi, c'était extraordinaire pour moi, donc, vraiment, deux semaines, vous savez, dans le 3 étoiles au Maroc, le 3 étoiles ultra générique avec la piscine vue sur la mer, et tu ne sors pas de l'hôtel, parce qu'il y a tout dans l'hôtel, et vraiment, culturellement, c'est zéro, tu vois, moi, c'était, il n'y avait rien, c'était le paradis, tu vois, j'étais vraiment, oh, putain, c'est incroyable, tu vois, et, et, le samedi soir, je me payais un petit cocktail au bar, vraiment, c'était le truc incroyable, tu vois, donc, ça, vraiment, j'ai fait ça deux, trois fois, et c'est fou, parce que je suis allé, genre, en République Dominicaine, en Turquie, au Maroc, c'était trois fois le même hôtel, la même piscine, la même vue sur la mer, je pense que j'aurais pu me téléporter au même endroit, ça aurait été pareil, mais bon, voilà, en tout cas, je suis allé dans ces endroits-là, c'était très chouette, et je menais une très belle vie, à cette époque-là, j'avais, dans l'arrière de mon crâne, le fait que les assurances m'avaient douillé, il y avait un héritage qui m'était jamais, qui était accédé, mais, en fait, le fait de ne pas toucher mon héritage, c'est un peu comme si mes, mes parents étaient encore en vie, tu vois, donc, bah, ça allait, j'avais ce bel appartement, il manquait qu'un truc à ma vie, c'est, peut-être, une relation amoureuse, voilà, donc, j'ai commencé à, comment ça s'appelle, à swiper, à télécharger des applications, alors, je ne suis pas, je ne suis pas un expert de, enfin, mes parents, ils m'avaient, ils ne m'ont pas donné de téléphone portable assez longtemps, j'avais pas hyper envie d'avoir un téléphone portable, j'aimais bien la console de jeu, d'ailleurs, je ne l'ai pas rallumé depuis, mais, bon, mais, en tout cas, je n'étais pas très connecté pour quelqu'un de cette période-là, cela ayant été dit, donc, je, je télécharge Tinder, tout ça, et, sur Tinder, en fait, je m'aperçois, enfin, sur ces applis, je m'aperçois que c'est, c'est pas les rebuts de la société, parce qu'ils sont, il y a des gens qui sont très beaux, il y a des gens qui sont très intelligents, mais ils sont rarement parfaits, puisque, en fait, les gens parfaits sont déjà maqués, tu vois, donc, on est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c il y a des gens qui ont un petit problème, qui sont là, j'en faisais partie, j'ai, ça s'est pas très bien passé, j'ai pas rencontré des gens intéressants, j'ai rencontré des gens décevants, et je pense que j'ai été moi-même décevant pour plein de gens, rien ne s'est vraiment concrétisé, j'ai eu un passage assez intéressant avec une fille qui s'appelait Iris, qui, aujourd'hui, est en Londres, je crois, Iris, qui est, en fait, j'ai pas eu, c'est pas une histoire d'amour, mais j'ai eu un date qui était, qui était intéressant, c'est-à-dire que, ça, ça s'est bien passé, elle m'a dit, tu fais quoi ? Alors, j'ai dit, je suis électricien, je suis chef d'équipe électricien, et elle m'a dit, ah bon, ça ressemble à quoi ?

J'ai dit, viens, on va sur un chantier, et c'était, je me souviens, c'était un, enfin, c'était un, c'était un samedi, il y avait, le chantier, il marchait, enfin, c'était le soir, un samedi à 21h sur le chantier, et on n'était pas dans le rush, donc, il n'y avait personne, et c'était un chantier de tour à la défense, donc, en fait, on a, on a pris un ascenseur, je lui ai donné un, je lui ai donné des chaussures de sécurité et un casque, on est monté au, je sais pas, au 30ème étage, et c'était des, c'est des étages qui sont pas finis, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de mur extérieur, il n'y a pas de baie vitrée, rien, tu vois, et le sol, c'est juste du béton, tu vois, et on est allé tout en haut, et c'était un peu dingo, en fait, je pense, comme date, parce que, bah, t'es sur cette plateforme de béton où personne ne va, et t'as le vent qui souffle, tu vois, et t'as tout Paris devant toi, toute la défense qui est vachement belle, c'était vraiment très chouette, et on s'est pas embrassés, mais, mais je pense, Iris, que, de temps en temps, elle se dit, quand elle a un date un peu nul à Londres, avec ses Anglais, elle se dit, c'était pas mal, ce date avec Alexis. J'ai rencontré, avant de passer au date qui a tout changé à ma vie, j'ai rencontré une autre fille dont je vais parler pas mal. J'ai rencontré une autre fille dont je vais parler pas mal, avec laquelle il n'y a pas d'histoire d'amour, hélas, pourtant, j'ai tout tenté, qui s'appelle Sophia, donc Sophia, donc Sophia, en fait, je match avec elle, enfin, je match pas, je la swipe du bon côté, et, en fait, il se trouve qu'à un moment, ça me pétait les couilles de choisir les gens, la première fois que j'ai ouvert Tinder, pour trouver une meuf, la première meuf qu'il y avait sur l'écran, elle était trop belle, genre, elle était, mais, elle s'appelait Nathalie, elle était belle, elle était magnifique, et quand je l'ai vue, j'ai dit, cette femme est tellement belle, que je peux vraiment, mais facilement, passer toute ma vie avec elle, il n'y a aucun problème, je suis à elle, c'est terminé, tu vois, elle a mon cœur, tu vois, donc, j'ai swipé, elle m'a jamais swipé un bac, et la deuxième meuf, elle était encore plus belle. Et je, j'ai dit, mais c'est...

C'est pas possible, vous me dites que ces femmes-là sont disponibles, mais c'est extraordinaire, tu vois, genre, mais que le monde est beau, tu vois, et donc, ces meufs m'ont jamais répondu, et j'étais fatigué de choisir, donc, du coup, ce que je faisais le soir, c'est que je swipais tout, genre, sans regarder, et, je sais pas, en jouant à Balatro à côté, ou, je sais pas, un jeu de cartes, ou, voilà, et, en fait, un jour, il y a Sophia, et donc, j'ai un match, Sophia, et c'est une meuf que j'avais swipé, il y a, genre, je sais pas, un mois, et elle, et un mois plus tard, elle me swipe back, et elle commence à me dire bonjour, et vous savez, ces gens, un peu vieux, qui commencent, qui veulent vous écrire un message, et il y a les trois petits points du message, et ça va durer deux heures, parce qu'elle va écrire un pavé, tu vois, et je, ça me gonflait, mais, genre, pendant qu'elle m'écrit son pavé, je la regarde, et elle est plutôt jolie, voilà, blablabla, elle fait des études de littérature, ou d'histoire, je sais pas, et, et donc, là, son pavé, c'est, salut Alexis, alors, personne qui utilise pas l'internet, tout attaché, tu vois, salut Alexis, déso, en fait, je me suis inscrite, parce que, je sais pas, c'était un jour, j'étais dans le bad, mais, en fait, j'ai, j'ai, je suis plus allé sur l'application, là, je l'ai rouvert, et j'ai vu que j'avais plein de matchs, et déso, en fait, ça m'intéresse pas trop, avant que je vous raconte la suite, il faut que je vous raconte aussi un truc, une figure, c'est que j'ai lu beaucoup de livres de cuisine, et j'ai commencé à faire de la cuisine, voilà, j'ai commencé, parce que j'avais du temps, en fait, et c'était cool, et en fait, ça me plaît, c'est mon hobby, la cuisine, voilà. Et donc, ce soir-là, j'avais fait mes petits tupperware pour le lendemain, pour le chantier, et j'en avais fait vraiment beaucoup, et c'était un de mes plats préférés, alors, déso pour les végétariens, mais c'était des rigatoni au ragoût, donc, en gros, c'est des rigatoni, c'est des pâtes creuses, et donc, j'avais fait, j'avais fait une sorte de, j'avais fait mijoter du veau avec de la sauce tomate, des oignons, et un tout petit peu d'ail, voilà, j'avais mis des arbres de Provence avec, un peu de poivre, donc je fais revenir ça, je fourre les rigatoni avec, donc c'est en fourré, tu vois, et je mets la sauce par-dessus et tout, c'est vraiment, les rigatoni que j'achète, c'est des rigatoni un peu de luxe, qui sont vraiment très épais, tu vois, et c'est vraiment très très bon, je mets, genre, un peu de mozzarella fraîche dessus, je le fais gratiner un tout petit peu, tu vois, je vous en parle, j'en salive, tu vois, et j'en ai fait pas mal, et donc elle me répond, et en gros, Sophia, elle est en train de me dire, écoute, je désoe, mais en fait, il faut pas qu'on se voie, et tout, etc., et moi, je lui dis, pas de problème, c'est dommage, j'avais prévu de te faire des rigatoni, alors, on dit que le chemin vers le cœur de l'homme passe par l'estomac, mais alors, je peux vous dire, ça a fait son petit effet, les rigatoni, elle a dit, ah bon, rigatoni ? Alors, elle dit, mais quoi, tu es cuisinier ? Je dis, non, non, je suis électricien, mais j'aime bien la cuisine, et là, j'ai fait des bons petits rigatoni, et elle me dit, là, il est tard, j'ai pas envie, il était genre 21h, je vais pas passer le soir, mais en fait, moi, ils sont déjà dans des Tupperware, si tu veux, je t'apporte un Tupperware, et tu manges ça tranquille, tu vois, elle me dit, c'est un peu sympa, alors, on va pas sortir ensemble, mais ce que je te propose, si tu veux un date, vas-y, on se rencontre demain, on va, alors, c'est le parc, le parc Monceau, je crois, va au parc Monceau, je suis pas loin, viens, on se trouve un banc, et on commence à discuter ensemble, et je vais au chantier assez tôt le lendemain, je dis au gars de me couvrir, je vais au parc Monceau, parce que c'était loin du chantier, je vais avec mes Tupperware, on se voit, et elle est sympa, elle a apporté une petite boisson, genre, une petite petite sans pélégrino, tu vois, et on se met sur un banc, on commence à discuter, elle est très jolie, elle est très très intelligente, un peu trop pour moi, on mange, elle est très contente, et donc Sophia, donc, une intello, comme son nom l'indique, et son métier, en fait, elle est docteur, donc, docteur au sens de, elle a fait un doctorat, elle a écrit une thèse, mais en fait, elle a continué sa thèse ensuite, parce que, je sais pas, l'université, là, elle lui paye pour faire sa thèse, donc, elle a fait une thèse infinie, je sais pas quoi, et alors, sa thèse, je peux pas vous la dire, parce que la première fois qu'on s'est rencontré, elle m'a parlé de sa thèse, bien entendu, il y avait un mot latin dedans, et j'ai dit, j'ai dit, ah, elle est super intéressante, j'ai absolument pas retenu, et après, comme notre relation s'est continuée, j'ai jamais osé lui dire, meuf, c'est quoi ta thèse en vrai, ça m'intéresse, parce que la première fois, j'ai pas écouté, tu vois, parce que je la regardais, parce que, voilà, on fait attention à d'autres trucs, tu vois, voilà, bon, bref, en tout cas, on s'est souvent invités, j'ai souvent apporté des Tupperware, parfois, c'est elle qui m'a invité au restaurant, et moi, comme j'aime bien la bonne bouffe, je disais, on va à ce restaurant-là, qui est très bien et tout, donc elle était contente, parce que je faisais une petite curation de restaurant, elle est un peu riche aussi, ça, c'est cool, et, évidemment, un jour, je lui ai dit, hé, ça dirait pas, toi et moi, voilà, ce à quoi elle m'a dit, alors, il y a plein de problèmes face au fait, mais pourquoi pas, elle m'a dit, s'il y avait quelqu'un, ça serait peut-être toi, mais, je crois que t'as encore des trucs à résoudre, et c'est là qu'elle m'a dit, tu sais, la clé pour te comprendre, c'est que tes parents, un jour, ils ont disparu, et il va falloir que tu gères ça, parce que tu l'as pas géré encore, alors que je trouve que je l'ai géré, mais bon, peu importe, c'était le début d'une bonne amitié, et aujourd'hui, hélas, Sofia n'est pas ma petite amie, mais c'est ma grande amie, c'est d'ailleurs que c'est quelqu'un à qui je peux me confier, mais je ne désespère pas un jour que mes choses évoluent, et je sais pas de son côté ce qu'il en est, peut-être un jour je comprendrai, mais j'ai pas voulu chercher.

Et tout ça pour vous dire que dans ce contexte-là, maintenant qu'un peu le décor est posé, un jour, j'ai matché avec une fille qui s'appelle Aurore. Et c'est d'elle, comme j'ai dit tout à l'heure, que toute cette aventure a commencé.