Luna Invicta - Episode 02
Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 2.
Luna Invicta, 2. Donc, j'ai un match Tinder avec une meuf qui s'appelle Aurore. Ce qui est inhabituel. C'est pas souvent les matchs.
La meuf est très très belle. Elle est très très belle et trop belle. Elle est trop belle en mode les photos sont un peu pro. Et puis, elle a un look...
En gros, quand je vois les photos, je me dis que c'est une escorte ou c'est un scam. Le contexte, c'est que j'étais rentré du boulot plutôt tard. Je m'étais fait à manger, j'avais pris une douche. Je vais jouer un peu à la console.
Et il y a le match qui arrive vers 22h. Je la regarde et puis... Comment dire ? Je me disais que c'est un gars qui...
C'est un scam. Donc je ne vais pas y répondre. Et la personne initie la console. Et elle tient un discours cohérent.
Genre, bonjour, ça va, il est un peu tard, je sais, blablabla. Et en bon français. Ce qui est... Quand le plumage est équivalent au ramage, pour moi, c'est très bon.
Et donc, bon français. Je réponds. Et j'essaie quand même, au cours de la conversation, de dire tu fais quoi dans la vie ? Elle me dit que je suis dans l'administratif.
Je crois qu'elle fait un truc d'assistante ou je ne sais pas quoi. Donc elle n'est pas tout à fait escorte. Et au bout d'un moment, sur 45 minutes à discuter, je me dis, bon, en vrai, si je dis non, ça ne va pas être rentable pour elle. Donc à mon avis, elle n'est pas là pour me vendre un truc.
En vrai, le truc est vrai. Bon, ça arrive, tu vois, parfois. Je ne sais pas, peut-être, elle m'a confondu avec quelqu'un d'autre ou quoi. C'est bizarre de dire qu'il y a des gens qui sont trop beaux pour vous.
Mais c'est la réalité. Dans la réalité, il y a des gens qui sont plus beaux que nous. Et ils sont plus intelligents que nous. Parfois, ils sont plus intelligents et plus beaux.
Et là, je me disais, bon, qu'est-ce qui m'arrive ? Peu importe. Et la meuf veut me voir le soir même. Enfin, la nuit était quand même bien avancée.
Donc ça allait être la nuit et tout. Je commence un peu à me dire, bon, là, si je me sors maintenant, je ne pourrais pas bosser demain. Donc j'organise un peu le truc. J'envoie des SMS.
Je dis, vous savez quoi ? J'ai une petite urgence cette nuit. Je serai en retard demain. Ne m'attendez pas.
Donc, je fais ça. Je prends le vélo et elle me donne rendez-vous dans un coin du côté d'Aubervilliers. Donc, Aubervilliers, on pourrait croire comme ça, que ça a l'air d'être un traquenard. L'année dernière, je suis allé à Aubervilliers.
J'avais envie de dire, c'est la cour des miracles. J'ai vu littéralement un an. Je m'attendais à voir des cracheurs de feu. Et c'est vrai qu'il y a un peu des saltimbanques et tout.
C'est bizarre. Moi, j'aime bien Aubervilliers. Il y a ces grandes tours et à côté, il y a des sortes de... de maisons de lotissement avec des petits jardins. Vraiment, c'est contigu.
C'est un arlequin urbain. Là, on va dans une tour pour le coup. Alors, je la rencontre un peu avant la tour et la meuf est là. Elle est genre conforme.
Tout va bien. Le rêve existe. Le rêve est réel. La meuf est trop sympa.
Et elle me dit... C'est un plan un peu bizarre, d'accord ? Je dis oui. Moi, je me suis quand même déplacé.
Ça allait, tu vois. Et même si j'avais quand même cavalé pas mal du 6e à Aubervilliers en vélo, comme j'avais un passé de Deliveroo, j'étais assez frais. Genre, même pas trop fatigué. Je tiens à dire que j'ai un beau vélo que j'ai acheté, voilà.
Alors, j'ai pas le vélo des méga pros parisiens et tout, mais j'ai un bon petit vélo que j'aime bien et que j'ai un peu tuné. Donc, je suis avec mon vélo, avec elle. On marche dans la rue. La meuf, trop sympa, trop sympa.
Elle me dit, écoute, tu m'aides un peu parce que moi, ce soir, j'ai une soirée. C'était un peu chelou. J'y vais parce qu'il faut sortir de temps en temps. Ça fait longtemps que je suis pas sorti.
Je pensais... Enfin, je me suis pas inscrit sur Tinder et je t'ai pas matché spécialement pour ça, mais en gros, c'est un peu des planètes qui s'alignent. Je dis, écoute, pas de problème. Moi, je suis open à l'aventure.
Ce qui est pas faux parce que... Ce qui est pas faux parce que... J'ai besoin de pas penser à certaines choses, donc j'aime bien m'occuper l'esprit, voilà. Et la soirée, elle s'annonçait mémorable.
Donc, on rentre dans une espèce d'immense tour. Et il y a un ascenseur. Et c'est assez bizarre. J'ai l'impression que c'est des tours industrielles ou je sais pas quoi.
Bon, c'est une tour. Et dans la tour, dans l'ascenseur, elle me donne un pins Apple. Et elle, elle prend une casquette aussi Apple. Et genre, je dis, on va dans un congrès Apple.
Elle dit, pas du tout, pas du tout. C'est une soirée thématique numéro 2. Le thème, c'est numéro 2. Et Apple, tu vois, c'est numéro 2.
Après, les PC, tu vois, les Macintosh, il y en a un peu moins que les PC. Je dis, ah, OK, d'accord. Et elle m'a dit, en plus, il y a quelques artistes. C'est comme si tu tous des Macs, ça va les faire chier.
Donc, on rentre et l'ascenseur donne sur un couloir avec deux appartements. Donc, il y avait deux appartements par étage. Donc, l'appartement était méga grand. Et on rentre dans un appartement qui est vraiment, genre, méga grand.
Je pense que c'est une coloc. Pas forcément clean de fou, mais pas la zone non plus. On est hyper haut. C'est-à-dire qu'il y a un balcon.
Qui donne sur tout Paris, c'est magnifique. Et il y a une fête où, effectivement, tout le monde est numéro 2. Les gens sont plutôt sympas. Ils ont tous à peu près mon âge.
Donc, il y a plein de Luigi. Il y a quelques poulies d'or. On y sert du Pepsi. Je trouve ça smart, tu vois.
Voilà. Je prends le temps de discuter un peu avec Aurore. Mais il y a de la musique un peu énervée. Je socialise avec deux, trois autres.
Il y a des personnes qui trouvent très exotique que je sois dans l'électricité. Je n'ai pas trop le souvenir de ces personnes-là qui sont quand même très sympas. Les gens qui sont présents commencent à prendre de la cocaïne. Alors, d'abord dans la salle de bain, par pudeur.
Puis après, genre, sur la table à côté des chips. Puis après, genre, par terre parce que c'est plat, tu vois. Et ça commence à s'embrasser, à se caliner dans les coins. Ça va virer, genre, par tous.
Aurore et moi, on croise un peu notre regard. On dit, est-ce qu'on reste ? Et ce n'est pas dans mes plans, personnellement. Alors, j'aime bien l'aventure.
Là, ça va trop vite de zéro à 100 à l'heure. Et je dis, moi, je pense, Aurore, c'est cool, trop bien. Mais je crois que ça va être la fin de la soirée pour moi. Elle me dit, moi aussi, moi aussi.
Et donc, on repart dans l'ascenseur. Et je me souviens que dans l'ascenseur, je n'avais pas remarqué à quel point la musique a été forte. Mais quand je suis rentré dans l'ascenseur, l'ascenseur, il vibrait. Tu vois ?
Et vraiment, quand on a commencé à descendre de 3, 4 étages, on commençait à entendre la musique et ne plus être complètement assourdi par la musique. Et je me suis dit, ouais, c'était quand même très fort. Donc, on redescend. On n'a pas volé mon vélo, trop bien.
On discute un petit peu. Le calme de la nuit, là. Alors, vous savez, Paris, la nuit, c'est quand même incroyable. Alors, il y a plusieurs teintes de nuit à Paris la nuit.
Au coucher du soleil, c'est un peu nul parce que les gens sont encore là. Ils sont encore dans les bars, les bistrots, dehors, voilà. Depuis qu'il y a l'invention de Netflix et suite au Covid, vers 22h, ça se vide pas mal quand même. Enfin, 22h, il y a une sorte de chape de silence qui tombe.
Il y a encore des derniers restaurants qui sont pleins, mais plus trop troués dans la plupart des quartiers, pas du tout même. Et il y a cette période un petit peu dorée de 11h à 1h du mat où vraiment, c'est très, très calme. C'est Paris est à toi, tu vois. Alors, évidemment, le week-end, c'est un peu différent.
Mais alors, en semaine, c'est un peu plus calme. C'est un vrai bonheur. C'est-à-dire, on a l'impression d'être un chat solitaire à Paris. C'est beau, tu vois.
Paris, c'est une belle ville. Et ces architectures hyper grandes qui sont plongées dans une sorte de relatif silence parce que par an, il y a quand même du trafic, etc. Et puis, il n'y a jamais de silence à Paris. Mais c'est vraiment...
C'est un peu magique. J'étais content d'être avec cette jolie fille, mais j'étais aussi très content d'être à Paris la nuit. Et je me suis dit, je devrais être plus... me balader un peu plus la nuit. Donc, je suis avec...
Je suis avec Aurore. On papote un peu. Elle me dit, est-ce que tu peux me ramener chez moi ? Alors, je dis, en vélo, pourquoi pas ?
Tu peux monter. Alors, il y a une sorte de siège arrière-derrière, tu vois. Mais ça va être funky. Par contre, tu habites loin.
Et elle habitait... Alors, c'est pas trop, trop loin. On va dire un peu à l'extérieur de Paris, en partant de la rue des Pyrénées. Donc, vraiment pas loin.
Et surtout que de la descente. Donc, ça allait. Et c'était aussi charmant. C'est-à-dire, c'est le côté...
Je pense que... Les vacances idéales en Italie ou à Rio de Janeiro consistent à être dans un bel hôtel et louer une Vespa et visiter la ville avec quelqu'un. À Paris, c'est pareil, mais avec des vélos. Donc, je l'ai fait.
Et c'était trop bien. Et on a croisé des chats. Et c'était joli. Et vraiment...
Sur les derniers mètres, c'était un peu compliqué parce que la rue se rétrécissait. On a fait ça à pied. C'était des rues que j'avais parcourues dans mon enfance et qui s'étaient modernisées. Donc, la ville se modernise en permanence.
On voit que c'est quelque chose de très vivant. Et on n'arrive pas loin. Donc, elle fait partie de ces nombreuses habitations dans Paris où, en fait, tu pousses une porte, une grande porte cochère ou une petite porte cochère. D'ailleurs, ça donne lieu à une sorte d'entrée et tu rentres dans une cour intérieure d'immeuble et t'as plein de bâtiments sur les côtés.
Elle, elle avait justement, donnant sur cette cour intérieure, une maison, enfin, un appartement au premier étage. Donc, en plus, ancien, tu vois des premiers étages faits. C'est gai, limité avec des poutres apparentes. Donc, c'est très chouette.
Vraiment très joli. Et évidemment, elle m'invite à aller chez elle. Donc, vraiment, les planètes s'alignaient. C'était fantastique.
On discute encore. Je me souviens que quand j'ai mis mon vélo, je l'ai attaché à un... Comment ça s'appelle ? Ce détail est important.
Parce que je l'ai attaché à une grille et la grille, elle bougeait. Genre, si on avait été énervé, on aurait pu la tirer et casser le truc. Et je me suis dit, bon, il faut que le... Enfin, avec un peu de chance, je serai debout à 8h.
Il faut que le voleur, il me vole entre, je ne sais pas, 4h du matin à 8h. Donc, déjà, bravo à lui. Il faut qu'il rentre dans cette cour intérieure et on n'est pas, genre, au centre de Paris. Il faut qu'il voit le vélo attaché et qu'il dise, quand même, je peux tirer.
Donc, en gros, il y avait moyen de tirer bien là où je l'avais attaché parce que c'était un petit peu... C'était un petit peu branlant. Mais j'étais plutôt rassuré. Et en vrai, j'étais en mode, hé, tu sais quoi ?
Tu perds ton vélo, c'est pas si grave. Donc, j'attache, entre guillemets, mon vélo. Je monte au premier étage. On discute encore.
Et à l'unique, elle a faim. J'ouvre son frigo. Les planètes s'alignent encore. Elle a du riz.
Elle a une espèce de curry un peu... Comment ça s'appelle ? Un curry industriel. Bon, on prend, tu vois.
Un petit peu de piment. Des... Comment ça s'appelle ? Du tofu.
Donc, j'ai fait... Alors, la recette, elle se faisait toute seule. J'ai même rajouté du piment un peu fort, tu vois. Parce que je pense que c'est vraiment très bon pour que ça...
On oublie un petit peu le côté industriel de la sauce curry, là. Et ça s'est fait tout seul. Elle était très contente qu'on lui fasse à manger. Donc, on a commencé à discuter.
Et je me souviens que quand je me suis assis sur son lit et qu'on allait s'embrasser, j'ai vu par la fenêtre et il y avait... Comment dire ? Le soleil se levait. Enfin, pas le soleil se levait, mais...
Ça passait du noir au bleu, bleu clair. Tu vois, je me suis dit, bon... Sacrée nuit. Elle était très cool.
Jusqu'à présent, tout va bien, tu vois. Après, qu'est-ce qu'il va se passer ? On commence à se peloter. Et, évidemment, fin du rêve.
C'est-à-dire, il y a un espèce de fou qui frappe à la porte. Genre, il frappe à la porte. Alors, il frappe comme les pompiers par la porte. Je sais pas si...
Les pompiers ont déjà frappé chez vous à la porte. Les pompiers, ils font pas toc-toc, salut, c'est les pompiers. Genre, ils tambourinent. C'est-à-dire, ils frappent du point, genre, plein de fois.
T'as l'impression que c'est la guerre, tu vois. Donc, le mec tambourine. Et vraiment... Je le savais, tu vois.
OK, tu vois, pas de problème. Mais... Donc, le mec tambourine. Et il dit, Aurore, je sais que t'es là.
Et je sais que t'es avec un mec. Et je vais le tuer. Je dis... Je dis...
Alors, c'est une blague ? C'est un peu nul, quoi. Non, non. Et là, vraiment, je la vois se décomposer.
Elle devient pâle et tout. Je dis, t'es un mec ? Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Et le mec, mais je vais défoncer la porte.
T'ouvres la porte immédiatement. J'ai vu son vélo en bas et tout. Et elle me dit, écoute, je suis désolé. Je suis désolé.
Vraiment, j'ai fait une grosse connerie. Il faut absolument que tu partes. Parce que le gars en question, s'il est un peu caractériel, je vais avoir du mal à le calmer. Et le gars, c'est un mec de la Légion étrangère.
Et il frappe, tu vois. Il cogne fort, tu vois. Et je dis, mais c'est terrible. Alors, à un instant, tu vois, j'ai ce flash d'empathie en disant, mais elle vit avec ce gars, mais qu'est-ce qu'il se passe ?
Après, j'ai ce flash d'empathie pour moi qui dit, mais qu'est-ce qu'il m'arrive à moi ? Tu vois ? Voilà. Et je dis, mais...
Oh, t'as une sortie de secours parce que là, il n'y a qu'une entrée, et il est derrière la porte. Elle me dit, non, non, mais regarde. Je pense, j'ai calculé le truc parce que je ne dis pas que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais... Quand on regarde par la fenêtre, vraiment, si tu passes, si tu enjambes le balcon et que tu te penses au balcon, tu n'as même pas 1m50 à sauter.
Vas-y, je te jure, c'est important. Et elle dit au gars, oui, oui, Vladimir, j'arrive. Le mec s'appelle Vladimir. Mais c'est vraiment un truc de vaudeville, genre des années 60, qui m'arrive.
Mais je suis dans le cauchemar, tu vois. Je suis perturbé, je suis fatigué. J'ai un peu le sang chaud parce qu'on était en train de se chauffer et j'ai mangé ce curry infernal. Et bon, je me ressappe, genre vite fait, tu vois.
Je pense que j'oublie 2-3 vêtements là-bas. Je ouvre la fenêtre, je passe par le balcon. Elle se plaque contre la porte, elle me regarde faire en attendant. Elle va attendre un petit peu.
Le gars continue de tambouriner, très énervé. Il y a des voisins qui commencent à sortir dans la cour. Vraiment, c'est la run of shame. Je fais ce qu'elle dit, je me suspends.
Alors ça va, en vrai, j'ai de la masse musculaire, donc je peux faire l'acrobatie. Je descends, je tombe. Étonnamment, ça marche. Vraiment, je me suis dit, hé, je le serai pour une prochaine fois.
J'arrache mon vélo, hé, voilà. Et je commence à faire, à l'enjamber, à partir. Le bout de la porte, la porte d'entrée, la porte cochère, elle est fermée, donc je descends du vélo, je l'ouvre. Là, je me retourne, je vois le Vladimir en question.
Effectivement, il n'est pas entré militaire, mais on voit qu'il est un peu... Enfin, tu vois, c'est un militaire, c'est un putain de légionnaire de vous qui me regarde avec sa tête un peu carrée, là, tu vois, avec des yeux. Il me dit, gars, je vais te retrouver et je vais te tuer. Tu vois, il met ses deux doigts genre face à ses yeux, alors que, vraiment, honnêtement, vous allez voir, j'ai absolument rien fait de mal dans cette histoire, mais bon, en tout cas, j'ouvre la porte, je ne la referme pas, je pars à toute vitesse en vélo.
Je suis complètement en état de choc. Je suis en état de choc à tel point qu'à un moment, je ne sais pas où je suis, je suis au milieu de Paris, en vélo, alors que le mec, c'est impossible qu'il m'ait couru après, tu vois, impossible. Je suis tellement en état de choc que je m'assieds, je mets mon vélo, contre une grille ou je ne sais pas quoi. Là, il y a des gens qui commencent à sortir du métro parce que, en fait, la journée commence pour ces personnes-là.
J'attache mon vélo, mais genre comme un robot, je commence à me refermer comme je l'ai fait et je prends le métro et je m'assieds dans le métro. Je me souviens, j'ai trouvé une place assise dans le métro et genre, j'ai collé ma tête contre la vitre du métro et je suis allé jusqu'au terminus. Je ne savais pas quel métro, je ne savais pas quel terminus. Genre, je suis tellement allé au terminus que je suis allé dans le noir, tu sais, quand c'est le terminus, tout le monde descend et si tu ne descends pas, tu vas dans le noir où les métros se rangent et tu reviens ensuite et j'ai fait dix allers-retours.
Moi, j'étais complètement sous le chèque. J'étais crevé. Enfin, je veux dire, je me suis dit, pourquoi moi ? Ce n'est pas possible.
Mais bon, voilà. Donc, en tout cas, elle m'énerve. En plus, je crois qu'à un moment, vraiment, je prends mon téléphone, je la banne. Je me dis, mais qu'est-ce que c'est que cette connerie, tout ça ?
Alors que vraiment, rien n'était de ma faute, mais je ne sais pas. J'étais perturbé. Je n'aime pas la violence. Je déteste ça.
Et je reprends mes esprits. Je ressors par la station de métro. Miracle, je retrouve mon vélo. Je prends mon vélo.
Je vais dans une boulangerie. Je prends un petit pain au raisin. Je le mange. Je souffle.
Il est dix heures du matin. Le fou furieux ne me retrouvera jamais. C'est une aventure qui est rigolote et je rirai. Il y a de bons cœurs dans quelques temps.
Je vais prendre mon vélo. Je vais rentrer chez moi et je vais dormir. Donc, je rentre chez moi. Je remonte.
Je traverse la Seine. La ville est magnifique. J'ai l'impression que le soleil me dit, mais ce n'est pas grave. Tu vois, tout va bien.
Je repasse dans cette merveilleuse rive gauche où les bâtiments sont si jolis. Et je remonte ma rue. Et devant ma maison, il y a le mec de Aurore qui m'attend. Les bras croisés.
Il attend. Genre, il attend. Moi, je l'ai vu. Lui, il ne m'a pas vu.
Je dis, comment ça se fait qu'il ait mon adresse ? Ça me pète les couilles. Et là, j'ai un problème, tu vois. Donc, le mec m'attend.
Il m'en veut, tu vois. Il a l'air hyper déter. OK. Pas de problème.
Pas de problème. Alors, c'est ce que je me dis, mais j'ai un énorme problème. Donc, je repars. Et je ne sais pas quoi faire.
Alors, ça tourne bien parce que je remonte les quais de Seine à toute vitesse. Voilà. Je dépense un peu des calories. Ça me fait réfléchir.
Et je me dis, je vais aller voir Sophia. C'est ma seule amie. Je vais tranquillement passer la journée chez elle. Je vais me mettre sur un canapé.
Je vais dormir. Voilà. Ça va être super. Je lui ferai à manger.
On va bien manger. Le mec, il va attendre 24 heures. Tant pis pour lui. Voilà.
C'est tout. Il va me laisser un petit mot. Demain, je rentre chez moi. Peut-être, s'il continue, j'irai au commissariat de police.
Voilà. Parce que je ne vais pas me faire marcher sur les pieds par un connard. Et donc, voilà. Donc, je remonte de 16e arrondissement.
Enfin, je remonte. Je traverse les quais de Seine. Je fais une belle balade dans Paris. Et je remonte, effectivement, dans cette espèce de 16e arrondissement qui jouxte le Valois-Péret où tout est beau.
Les jardins sont alignés. Les enfants ont l'air des petits robots tellement ils sont parfaits. Ils ont des petites voitures, des petites citroënnes amies, là. Et au détour d'une situation où il y a une espèce de grande rue calme où vivent des diplomates et des femmes de députés, il y a, on va dire, une grille moins bien entretenue que les autres qui donne sur un petit jardin qui entoure une petite maison.
Une maison qui est coupée en deux. Enfin, en quatre, en fait, puisqu'en gros, il y a un rez-de-chaussée, un étage. Il y avait une maison avant. Ça fait deux appartements.
Mais en fait, ces deux appartements ont encore été coupés. Hashtag les propriétaires parisiens. Et donc, en gros, ça a été transformé en quatre appartements où vivent des gens plutôt âgés. Je crois qu'il y a la mère du proprio.
Il y a la copine de la mère du proprio. En bas, il y a une meuf qui est la voisine de Sophia qui s'appelle Jacqueline. Et Sophia qui vit là depuis très longtemps, depuis dix ans, m'a-t-elle dit. Je ne veux pas savoir combien elle loyait, mais bon, c'est un peu comme moi, peut-être.
Peut-être qu'elle a hérité et tout. Donc, je sonne chez Sophia. Première fois qu'elle ne répond pas. Je l'appelle, ça ne répond pas.
D'accord, elle ne répond pas. Là, je suis en train de me faire des plans. Le fou a rattrapé, il a tué tous mes amis. Et il y a Jacqueline.
Elle a 70 balais, je crois. Elle me voit toquer. Moi, elle m'aime bien parce qu'en gros, pour Noël, j'apportais souvent des petites truffes, des trucs comme ça que je faisais maison, des caramels. Et donc, je l'enfilais.
C'est toujours sympa. Moi, j'aime bien offrir des cadeaux, la nourriture. Et donc, elle me dit, oh là là, Alexis, Sophia, elle n'est pas là. Alors, on se parle comme ça à travers la porte.
Elle ouvre, elle me dit, allez, venez, venez, je vous fais du thé. En vrai, je n'avais pas du tout envie de lui parler, mais la perspective de s'asseoir, de prendre un petit thé, tu vois. Donc, je discute. Et, avant de parler de Sophia, je discute de façon sympa.
Je dis, ah, mais dites-moi, votre mari, il est où ? Vous savez, vous, vous faisiez quoi autrefois ? Parlez-moi un peu de vous, tu vois. Et donc, elle me dit que son mari est parti il y a quelques années à Alzheimer City.
Alzheimer City, je ne sais pas si vous savez, c'est une grande cité, une grande ville artificielle qui a été créée dans le sud de la Meuse par Boiron. Où, en fait, c'est une énorme maison de retraite. Quand il y a eu le scandale des maisons de retraite, ils ont construit... Ils ont construit une espèce de cité hyper protégée où il y a tous les retraités de France dont les enfants ont...
Les enfants veulent à la fois se séparer, mais qu'ils soient dans les meilleures conditions possibles. Donc, il paraît qu'ils sont bien soignés, etc. Il paraît que la ville est extraordinaire. Genre, une ville avec des éoliennes autonomes et tout.
J'ai jamais lu de reportage, j'ai jamais eu le temps. Mais moi, j'ai entendu parler de ça parce que... Alors, dans ma famille, il y a des cas de démence et le bon Alan, vous savez, celui qui s'occupe de mon dossier retraite, d'ailleurs, j'ai oublié d'en parler. On en parle un peu de Alzheimer City pour lui.
Mais bon, bref, on passe. Donc, on parle de ça. Et elle me dit ben oui, en fait, vous savez, il y a un monsieur qui est venu voir, Sophia, il vit voir Sophia il y a quelques jours. Alors, je dis quand, j'ai le cœur qui explose.
Il me dit il y a deux jours. Alors, je dis, ok, pas hier soir, il y a bien deux jours, pas ce matin. Non, non, il y a deux jours. Je dis, bon, quand même, c'est pas possible que ce soit le gars.
Donc, ouais, il y a un gars, il y a un monsieur, genre étranger. Alors, c'est étranger, vous diriez quel pays ? Elle me dit, je dirais russe. Et là, j'ai Vladimir dans la tête.
Je dis, ah, ok, tu vois, ok, russe, ok. Mais peut-être pas, peut-être, c'est juste un gars, un Polonais, tu vois. Ouais, peut-être un Polonais, peut-être un Ukrainien. Donc, ouais, il est venu et ça s'est pas bien passé.
J'ai entendu des éclats de voix. Ah ouais, ça disait quoi ? Et finalement, ils sont partis ensemble. Ils sont partis ensemble ?
Vous pensez que c'est... Ils sont ensemble ? Elle me dit, ben oui, mais moi, je pensais que c'était vous, Alexis, son petit ami à Sophia. Alors, je dis, ben non.
Vous êtes juste un ami ? Alors, je dis, ouais. Et dans sa tête, elle est en train de se dire, je suis l'ami gay de Sophia, alors que pas du tout, mais c'est pas grave, j'ai pas envie de parler de ça. Et, elle me dit, c'est vrai qu'elle voyait ce gars tous les mois.
Je veux dire, le gars d'il y a deux jours ? Non, elle voyait un autre monsieur. Tous les mois, il y avait un monsieur qui venait chez elle. Et là, la journée, elle est dure, tu vois.
La journée est dure parce que, tu vois, Sophia, elle voit un gars tous les mois. Si ça se trouve, elle est en couple, tu vois, j'en sais rien. Et elle me l'a jamais dit, et ça me fait vachement de mal. Voilà, ça me fait...
Je le vis pas très bien, parce que je me dis si elle voit... Elle aurait pu me le dire si c'est un gars qu'elle voit tous les mois, tu vois, bon. Et si elle part en vacances avec des gars, elle aurait pu me le dire, tu vois, c'est pas cool. Mais Jacqueline, elle me dit, quand même, j'ai pas l'impression que...
J'ai l'impression que c'est louche, cette histoire. J'ai l'impression que si elle avait su, elle serait restée, tu vois. Alors, je dis, le gars, elle l'a enlevé, ben... Ils ont eu des mots, quoi, et c'était compliqué.
Donc, j'ai pas trop quoi penser de ça. Je... Je prends le café, les petits gâteaux, je remercie, je suis sous le choc de toutes ces révélations. Je prends mon vélo, je marche doucement, j'ai pas assez mangé aujourd'hui.
Je vais rentrer chez moi. Je rentre chez moi. Et tu sais, je me dis, tu sais, s'il y a le gars, c'est pas grave, vas-y, tu sais quoi, c'est pas grave. Il me tape dessus, ok ?
Ok, il me tape dessus. Et après, je rentre, et je me fais des frites. Et je mange plein de frites, et je les recouvre d'éventail, et ce sera trop bien. Quand le soir tombe, j'arrive en bas de ma rue, je la remonte avec mon vélo.
Mon vélo, je tiens mon vélo, et le gars, là, Vladimir, il est là. Il attend, il a pas bougé. Il dit, là, ça fait genre... Ça fait genre, je sais pas, 12 heures, 15 heures qu'il est là, tu vois ?
Alors déjà, j'aimerais, avant de lui parler, vous parler à vous, et dire, il faut saluer sa persévérance. Moi, je l'aurais pas fait, personnellement. Même si j'étais très énervé, je pense que j'en aurais eu marre au bout d'un moment, donc le mec est bien remonté, voilà. Et de toute façon, je serais passé à la casserole à un moment, tu vois.
Donc, je me suis dit, je vais y aller. Je vais lui parler, et... Enfin, je pose mon vélo, parce que j'ai pas envie de me faire taper mon vélo quand je serai en morceaux par terre, donc je pose mon vélo, et je l'attache. Et je m'approche du gars.
Le gars me voit, il bouge pas. Donc, je le regarde droit dans les yeux, il se tient debout, prêt à m'attendre, et je commence à m'énerver, tu vois. Je commence à me dire, mais putain, en fait, dans cette histoire, j'ai rien fait de mal. Genre, rien.
C'est moi la victime dans cette histoire. Et je vais le dire, je vais lui dire, et c'est pas grave, tu vois. Je lui dirai, je lui dirai, et tant pis, j'affronte mon destin, c'est comme ça. Le monde est injuste, je veux goûter à cette injustice, encore une fois, voilà.
Je vais y aller, je vais le rencontrer, je vais lui dire, je vais subir tout ce qu'il doit être fait, et demain matin, le soleil va se lever, et ce sera un nouveau jour, et tout ira bien, et j'oublierai cette journée pas terrible, voilà. Donc j'y vais, je m'approche, et je fais face à lui.
Luna Invicta, 2. Donc, j'ai un match Tinder avec une meuf qui s'appelle Aurore. Ce qui est inhabituel. C'est pas souvent les matchs. La meuf est très très belle. Elle est très très belle et trop belle. Elle est trop belle en mode les photos sont un peu pro. Et puis, elle a un look... En gros, quand je vois les photos, je me dis que c'est une escorte ou c'est un scam. Le contexte, c'est que j'étais rentré du boulot plutôt tard. Je m'étais fait à manger, j'avais pris une douche. Je vais jouer un peu à la console. Et il y a le match qui arrive vers 22h. Je la regarde et puis... Comment dire ? Je me disais que c'est un gars qui... C'est un scam. Donc je ne vais pas y répondre. Et la personne initie la console. Et elle tient un discours cohérent. Genre, bonjour, ça va, il est un peu tard, je sais, blablabla. Et en bon français. Ce qui est... Quand le plumage est équivalent au ramage, pour moi, c'est très bon. Et donc, bon français. Je réponds. Et j'essaie quand même, au cours de la conversation, de dire tu fais quoi dans la vie ? Elle me dit que je suis dans l'administratif. Je crois qu'elle fait un truc d'assistante ou je ne sais pas quoi. Donc elle n'est pas tout à fait escorte. Et au bout d'un moment, sur 45 minutes à discuter, je me dis, bon, en vrai, si je dis non, ça ne va pas être rentable pour elle. Donc à mon avis, elle n'est pas là pour me vendre un truc. En vrai, le truc est vrai. Bon, ça arrive, tu vois, parfois. Je ne sais pas, peut-être, elle m'a confondu avec quelqu'un d'autre ou quoi. C'est bizarre de dire qu'il y a des gens qui sont trop beaux pour vous. Mais c'est la réalité. Dans la réalité, il y a des gens qui sont plus beaux que nous. Et ils sont plus intelligents que nous. Parfois, ils sont plus intelligents et plus beaux. Et là, je me disais, bon, qu'est-ce qui m'arrive ? Peu importe. Et la meuf veut me voir le soir même. Enfin, la nuit était quand même bien avancée. Donc ça allait être la nuit et tout. Je commence un peu à me dire, bon, là, si je me sors maintenant, je ne pourrais pas bosser demain. Donc j'organise un peu le truc. J'envoie des SMS. Je dis, vous savez quoi ? J'ai une petite urgence cette nuit. Je serai en retard demain. Ne m'attendez pas. Donc, je fais ça. Je prends le vélo et elle me donne rendez-vous dans un coin du côté d'Aubervilliers. Donc, Aubervilliers, on pourrait croire comme ça, que ça a l'air d'être un traquenard. L'année dernière, je suis allé à Aubervilliers. J'avais envie de dire, c'est la cour des miracles. J'ai vu littéralement un an. Je m'attendais à voir des cracheurs de feu. Et c'est vrai qu'il y a un peu des saltimbanques et tout. C'est bizarre. Moi, j'aime bien Aubervilliers. Il y a ces grandes tours et à côté, il y a des sortes de... de maisons de lotissement avec des petits jardins. Vraiment, c'est contigu. C'est un arlequin urbain. Là, on va dans une tour pour le coup. Alors, je la rencontre un peu avant la tour et la meuf est là. Elle est genre conforme. Tout va bien. Le rêve existe. Le rêve est réel. La meuf est trop sympa. Et elle me dit... C'est un plan un peu bizarre, d'accord ? Je dis oui. Moi, je me suis quand même déplacé. Ça allait, tu vois. Et même si j'avais quand même cavalé pas mal du 6e à Aubervilliers en vélo, comme j'avais un passé de Deliveroo, j'étais assez frais. Genre, même pas trop fatigué. Je tiens à dire que j'ai un beau vélo que j'ai acheté, voilà. Alors, j'ai pas le vélo des méga pros parisiens et tout, mais j'ai un bon petit vélo que j'aime bien et que j'ai un peu tuné. Donc, je suis avec mon vélo, avec elle. On marche dans la rue. La meuf, trop sympa, trop sympa. Elle me dit, écoute, tu m'aides un peu parce que moi, ce soir, j'ai une soirée. C'était un peu chelou. J'y vais parce qu'il faut sortir de temps en temps. Ça fait longtemps que je suis pas sorti. Je pensais... Enfin, je me suis pas inscrit sur Tinder et je t'ai pas matché spécialement pour ça, mais en gros, c'est un peu des planètes qui s'alignent. Je dis, écoute, pas de problème. Moi, je suis open à l'aventure. Ce qui est pas faux parce que... Ce qui est pas faux parce que... J'ai besoin de pas penser à certaines choses, donc j'aime bien m'occuper l'esprit, voilà. Et la soirée, elle s'annonçait mémorable. Donc, on rentre dans une espèce d'immense tour. Et il y a un ascenseur. Et c'est assez bizarre. J'ai l'impression que c'est des tours industrielles ou je sais pas quoi. Bon, c'est une tour. Et dans la tour, dans l'ascenseur, elle me donne un pins Apple. Et elle, elle prend une casquette aussi Apple. Et genre, je dis, on va dans un congrès Apple. Elle dit, pas du tout, pas du tout. C'est une soirée thématique numéro 2. Le thème, c'est numéro 2. Et Apple, tu vois, c'est numéro 2. Après, les PC, tu vois, les Macintosh, il y en a un peu moins que les PC. Je dis, ah, OK, d'accord. Et elle m'a dit, en plus, il y a quelques artistes. C'est comme si tu tous des Macs, ça va les faire chier. Donc, on rentre et l'ascenseur donne sur un couloir avec deux appartements. Donc, il y avait deux appartements par étage. Donc, l'appartement était méga grand. Et on rentre dans un appartement qui est vraiment, genre, méga grand. Je pense que c'est une coloc. Pas forcément clean de fou, mais pas la zone non plus. On est hyper haut. C'est-à-dire qu'il y a un balcon. Qui donne sur tout Paris, c'est magnifique. Et il y a une fête où, effectivement, tout le monde est numéro 2. Les gens sont plutôt sympas. Ils ont tous à peu près mon âge. Donc, il y a plein de Luigi. Il y a quelques poulies d'or. On y sert du Pepsi. Je trouve ça smart, tu vois. Voilà. Je prends le temps de discuter un peu avec Aurore. Mais il y a de la musique un peu énervée. Je socialise avec deux, trois autres. Il y a des personnes qui trouvent très exotique que je sois dans l'électricité. Je n'ai pas trop le souvenir de ces personnes-là qui sont quand même très sympas. Les gens qui sont présents commencent à prendre de la cocaïne. Alors, d'abord dans la salle de bain, par pudeur. Puis après, genre, sur la table à côté des chips. Puis après, genre, par terre parce que c'est plat, tu vois. Et ça commence à s'embrasser, à se caliner dans les coins. Ça va virer, genre, par tous. Aurore et moi, on croise un peu notre regard. On dit, est-ce qu'on reste ? Et ce n'est pas dans mes plans, personnellement. Alors, j'aime bien l'aventure. Là, ça va trop vite de zéro à 100 à l'heure. Et je dis, moi, je pense, Aurore, c'est cool, trop bien. Mais je crois que ça va être la fin de la soirée pour moi. Elle me dit, moi aussi, moi aussi. Et donc, on repart dans l'ascenseur. Et je me souviens que dans l'ascenseur, je n'avais pas remarqué à quel point la musique a été forte. Mais quand je suis rentré dans l'ascenseur, l'ascenseur, il vibrait. Tu vois ? Et vraiment, quand on a commencé à descendre de 3, 4 étages, on commençait à entendre la musique et ne plus être complètement assourdi par la musique. Et je me suis dit, ouais, c'était quand même très fort. Donc, on redescend. On n'a pas volé mon vélo, trop bien. On discute un petit peu. Le calme de la nuit, là. Alors, vous savez, Paris, la nuit, c'est quand même incroyable. Alors, il y a plusieurs teintes de nuit à Paris la nuit. Au coucher du soleil, c'est un peu nul parce que les gens sont encore là. Ils sont encore dans les bars, les bistrots, dehors, voilà. Depuis qu'il y a l'invention de Netflix et suite au Covid, vers 22h, ça se vide pas mal quand même. Enfin, 22h, il y a une sorte de chape de silence qui tombe. Il y a encore des derniers restaurants qui sont pleins, mais plus trop troués dans la plupart des quartiers, pas du tout même. Et il y a cette période un petit peu dorée de 11h à 1h du mat où vraiment, c'est très, très calme. C'est Paris est à toi, tu vois. Alors, évidemment, le week-end, c'est un peu différent. Mais alors, en semaine, c'est un peu plus calme. C'est un vrai bonheur. C'est-à-dire, on a l'impression d'être un chat solitaire à Paris. C'est beau, tu vois. Paris, c'est une belle ville. Et ces architectures hyper grandes qui sont plongées dans une sorte de relatif silence parce que par an, il y a quand même du trafic, etc. Et puis, il n'y a jamais de silence à Paris. Mais c'est vraiment... C'est un peu magique. J'étais content d'être avec cette jolie fille, mais j'étais aussi très content d'être à Paris la nuit. Et je me suis dit, je devrais être plus... me balader un peu plus la nuit. Donc, je suis avec... Je suis avec Aurore. On papote un peu. Elle me dit, est-ce que tu peux me ramener chez moi ? Alors, je dis, en vélo, pourquoi pas ? Tu peux monter. Alors, il y a une sorte de siège arrière-derrière, tu vois. Mais ça va être funky. Par contre, tu habites loin. Et elle habitait... Alors, c'est pas trop, trop loin. On va dire un peu à l'extérieur de Paris, en partant de la rue des Pyrénées. Donc, vraiment pas loin. Et surtout que de la descente. Donc, ça allait. Et c'était aussi charmant. C'est-à-dire, c'est le côté... Je pense que... Les vacances idéales en Italie ou à Rio de Janeiro consistent à être dans un bel hôtel et louer une Vespa et visiter la ville avec quelqu'un. À Paris, c'est pareil, mais avec des vélos. Donc, je l'ai fait. Et c'était trop bien. Et on a croisé des chats. Et c'était joli. Et vraiment... Sur les derniers mètres, c'était un peu compliqué parce que la rue se rétrécissait. On a fait ça à pied. C'était des rues que j'avais parcourues dans mon enfance et qui s'étaient modernisées. Donc, la ville se modernise en permanence. On voit que c'est quelque chose de très vivant. Et on n'arrive pas loin. Donc, elle fait partie de ces nombreuses habitations dans Paris où, en fait, tu pousses une porte, une grande porte cochère ou une petite porte cochère. D'ailleurs, ça donne lieu à une sorte d'entrée et tu rentres dans une cour intérieure d'immeuble et t'as plein de bâtiments sur les côtés. Elle, elle avait justement, donnant sur cette cour intérieure, une maison, enfin, un appartement au premier étage. Donc, en plus, ancien, tu vois des premiers étages faits. C'est gai, limité avec des poutres apparentes. Donc, c'est très chouette. Vraiment très joli. Et évidemment, elle m'invite à aller chez elle. Donc, vraiment, les planètes s'alignaient. C'était fantastique. On discute encore. Je me souviens que quand j'ai mis mon vélo, je l'ai attaché à un... Comment ça s'appelle ? Ce détail est important. Parce que je l'ai attaché à une grille et la grille, elle bougeait. Genre, si on avait été énervé, on aurait pu la tirer et casser le truc. Et je me suis dit, bon, il faut que le... Enfin, avec un peu de chance, je serai debout à 8h. Il faut que le voleur, il me vole entre, je ne sais pas, 4h du matin à 8h. Donc, déjà, bravo à lui. Il faut qu'il rentre dans cette cour intérieure et on n'est pas, genre, au centre de Paris. Il faut qu'il voit le vélo attaché et qu'il dise, quand même, je peux tirer. Donc, en gros, il y avait moyen de tirer bien là où je l'avais attaché parce que c'était un petit peu... C'était un petit peu branlant. Mais j'étais plutôt rassuré. Et en vrai, j'étais en mode, hé, tu sais quoi ? Tu perds ton vélo, c'est pas si grave. Donc, j'attache, entre guillemets, mon vélo. Je monte au premier étage. On discute encore. Et à l'unique, elle a faim. J'ouvre son frigo. Les planètes s'alignent encore. Elle a du riz. Elle a une espèce de curry un peu... Comment ça s'appelle ? Un curry industriel. Bon, on prend, tu vois. Un petit peu de piment. Des... Comment ça s'appelle ? Du tofu. Donc, j'ai fait... Alors, la recette, elle se faisait toute seule. J'ai même rajouté du piment un peu fort, tu vois. Parce que je pense que c'est vraiment très bon pour que ça... On oublie un petit peu le côté industriel de la sauce curry, là. Et ça s'est fait tout seul. Elle était très contente qu'on lui fasse à manger. Donc, on a commencé à discuter. Et je me souviens que quand je me suis assis sur son lit et qu'on allait s'embrasser, j'ai vu par la fenêtre et il y avait... Comment dire ? Le soleil se levait. Enfin, pas le soleil se levait, mais... Ça passait du noir au bleu, bleu clair. Tu vois, je me suis dit, bon... Sacrée nuit. Elle était très cool. Jusqu'à présent, tout va bien, tu vois. Après, qu'est-ce qu'il va se passer ? On commence à se peloter. Et, évidemment, fin du rêve. C'est-à-dire, il y a un espèce de fou qui frappe à la porte. Genre, il frappe à la porte. Alors, il frappe comme les pompiers par la porte. Je sais pas si... Les pompiers ont déjà frappé chez vous à la porte. Les pompiers, ils font pas toc-toc, salut, c'est les pompiers. Genre, ils tambourinent. C'est-à-dire, ils frappent du point, genre, plein de fois. T'as l'impression que c'est la guerre, tu vois. Donc, le mec tambourine. Et vraiment... Je le savais, tu vois. OK, tu vois, pas de problème. Mais... Donc, le mec tambourine. Et il dit, Aurore, je sais que t'es là. Et je sais que t'es avec un mec. Et je vais le tuer. Je dis... Je dis... Alors, c'est une blague ? C'est un peu nul, quoi. Non, non. Et là, vraiment, je la vois se décomposer. Elle devient pâle et tout. Je dis, t'es un mec ? Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Et le mec, mais je vais défoncer la porte. T'ouvres la porte immédiatement. J'ai vu son vélo en bas et tout. Et elle me dit, écoute, je suis désolé. Je suis désolé. Vraiment, j'ai fait une grosse connerie. Il faut absolument que tu partes. Parce que le gars en question, s'il est un peu caractériel, je vais avoir du mal à le calmer. Et le gars, c'est un mec de la Légion étrangère. Et il frappe, tu vois. Il cogne fort, tu vois. Et je dis, mais c'est terrible. Alors, à un instant, tu vois, j'ai ce flash d'empathie en disant, mais elle vit avec ce gars, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Après, j'ai ce flash d'empathie pour moi qui dit, mais qu'est-ce qu'il m'arrive à moi ? Tu vois ? Voilà. Et je dis, mais... Oh, t'as une sortie de secours parce que là, il n'y a qu'une entrée, et il est derrière la porte. Elle me dit, non, non, mais regarde. Je pense, j'ai calculé le truc parce que je ne dis pas que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais... Quand on regarde par la fenêtre, vraiment, si tu passes, si tu enjambes le balcon et que tu te penses au balcon, tu n'as même pas 1m50 à sauter. Vas-y, je te jure, c'est important. Et elle dit au gars, oui, oui, Vladimir, j'arrive. Le mec s'appelle Vladimir. Mais c'est vraiment un truc de vaudeville, genre des années 60, qui m'arrive. Mais je suis dans le cauchemar, tu vois. Je suis perturbé, je suis fatigué. J'ai un peu le sang chaud parce qu'on était en train de se chauffer et j'ai mangé ce curry infernal. Et bon, je me ressappe, genre vite fait, tu vois. Je pense que j'oublie 2-3 vêtements là-bas. Je ouvre la fenêtre, je passe par le balcon. Elle se plaque contre la porte, elle me regarde faire en attendant. Elle va attendre un petit peu. Le gars continue de tambouriner, très énervé. Il y a des voisins qui commencent à sortir dans la cour. Vraiment, c'est la run of shame. Je fais ce qu'elle dit, je me suspends. Alors ça va, en vrai, j'ai de la masse musculaire, donc je peux faire l'acrobatie. Je descends, je tombe. Étonnamment, ça marche. Vraiment, je me suis dit, hé, je le serai pour une prochaine fois. J'arrache mon vélo, hé, voilà. Et je commence à faire, à l'enjamber, à partir. Le bout de la porte, la porte d'entrée, la porte cochère, elle est fermée, donc je descends du vélo, je l'ouvre. Là, je me retourne, je vois le Vladimir en question. Effectivement, il n'est pas entré militaire, mais on voit qu'il est un peu... Enfin, tu vois, c'est un militaire, c'est un putain de légionnaire de vous qui me regarde avec sa tête un peu carrée, là, tu vois, avec des yeux. Il me dit, gars, je vais te retrouver et je vais te tuer. Tu vois, il met ses deux doigts genre face à ses yeux, alors que, vraiment, honnêtement, vous allez voir, j'ai absolument rien fait de mal dans cette histoire, mais bon, en tout cas, j'ouvre la porte, je ne la referme pas, je pars à toute vitesse en vélo. Je suis complètement en état de choc. Je suis en état de choc à tel point qu'à un moment, je ne sais pas où je suis, je suis au milieu de Paris, en vélo, alors que le mec, c'est impossible qu'il m'ait couru après, tu vois, impossible. Je suis tellement en état de choc que je m'assieds, je mets mon vélo, contre une grille ou je ne sais pas quoi. Là, il y a des gens qui commencent à sortir du métro parce que, en fait, la journée commence pour ces personnes-là. J'attache mon vélo, mais genre comme un robot, je commence à me refermer comme je l'ai fait et je prends le métro et je m'assieds dans le métro. Je me souviens, j'ai trouvé une place assise dans le métro et genre, j'ai collé ma tête contre la vitre du métro et je suis allé jusqu'au terminus. Je ne savais pas quel métro, je ne savais pas quel terminus. Genre, je suis tellement allé au terminus que je suis allé dans le noir, tu sais, quand c'est le terminus, tout le monde descend et si tu ne descends pas, tu vas dans le noir où les métros se rangent et tu reviens ensuite et j'ai fait dix allers-retours. Moi, j'étais complètement sous le chèque. J'étais crevé. Enfin, je veux dire, je me suis dit, pourquoi moi ? Ce n'est pas possible. Mais bon, voilà. Donc, en tout cas, elle m'énerve. En plus, je crois qu'à un moment, vraiment, je prends mon téléphone, je la banne. Je me dis, mais qu'est-ce que c'est que cette connerie, tout ça ? Alors que vraiment, rien n'était de ma faute, mais je ne sais pas. J'étais perturbé. Je n'aime pas la violence. Je déteste ça. Et je reprends mes esprits. Je ressors par la station de métro. Miracle, je retrouve mon vélo. Je prends mon vélo. Je vais dans une boulangerie. Je prends un petit pain au raisin. Je le mange. Je souffle. Il est dix heures du matin. Le fou furieux ne me retrouvera jamais. C'est une aventure qui est rigolote et je rirai. Il y a de bons cœurs dans quelques temps. Je vais prendre mon vélo. Je vais rentrer chez moi et je vais dormir. Donc, je rentre chez moi. Je remonte. Je traverse la Seine. La ville est magnifique. J'ai l'impression que le soleil me dit, mais ce n'est pas grave. Tu vois, tout va bien. Je repasse dans cette merveilleuse rive gauche où les bâtiments sont si jolis. Et je remonte ma rue. Et devant ma maison, il y a le mec de Aurore qui m'attend. Les bras croisés. Il attend. Genre, il attend. Moi, je l'ai vu. Lui, il ne m'a pas vu. Je dis, comment ça se fait qu'il ait mon adresse ? Ça me pète les couilles. Et là, j'ai un problème, tu vois. Donc, le mec m'attend. Il m'en veut, tu vois. Il a l'air hyper déter. OK. Pas de problème. Pas de problème. Alors, c'est ce que je me dis, mais j'ai un énorme problème. Donc, je repars. Et je ne sais pas quoi faire. Alors, ça tourne bien parce que je remonte les quais de Seine à toute vitesse. Voilà. Je dépense un peu des calories. Ça me fait réfléchir. Et je me dis, je vais aller voir Sophia. C'est ma seule amie. Je vais tranquillement passer la journée chez elle. Je vais me mettre sur un canapé. Je vais dormir. Voilà. Ça va être super. Je lui ferai à manger. On va bien manger. Le mec, il va attendre 24 heures. Tant pis pour lui. Voilà. C'est tout. Il va me laisser un petit mot. Demain, je rentre chez moi. Peut-être, s'il continue, j'irai au commissariat de police. Voilà. Parce que je ne vais pas me faire marcher sur les pieds par un connard. Et donc, voilà. Donc, je remonte de 16e arrondissement. Enfin, je remonte. Je traverse les quais de Seine. Je fais une belle balade dans Paris. Et je remonte, effectivement, dans cette espèce de 16e arrondissement qui jouxte le Valois-Péret où tout est beau. Les jardins sont alignés. Les enfants ont l'air des petits robots tellement ils sont parfaits. Ils ont des petites voitures, des petites citroënnes amies, là. Et au détour d'une situation où il y a une espèce de grande rue calme où vivent des diplomates et des femmes de députés, il y a, on va dire, une grille moins bien entretenue que les autres qui donne sur un petit jardin qui entoure une petite maison. Une maison qui est coupée en deux. Enfin, en quatre, en fait, puisqu'en gros, il y a un rez-de-chaussée, un étage. Il y avait une maison avant. Ça fait deux appartements. Mais en fait, ces deux appartements ont encore été coupés. Hashtag les propriétaires parisiens. Et donc, en gros, ça a été transformé en quatre appartements où vivent des gens plutôt âgés. Je crois qu'il y a la mère du proprio. Il y a la copine de la mère du proprio. En bas, il y a une meuf qui est la voisine de Sophia qui s'appelle Jacqueline. Et Sophia qui vit là depuis très longtemps, depuis dix ans, m'a-t-elle dit. Je ne veux pas savoir combien elle loyait, mais bon, c'est un peu comme moi, peut-être. Peut-être qu'elle a hérité et tout. Donc, je sonne chez Sophia. Première fois qu'elle ne répond pas. Je l'appelle, ça ne répond pas. D'accord, elle ne répond pas. Là, je suis en train de me faire des plans. Le fou a rattrapé, il a tué tous mes amis. Et il y a Jacqueline. Elle a 70 balais, je crois. Elle me voit toquer. Moi, elle m'aime bien parce qu'en gros, pour Noël, j'apportais souvent des petites truffes, des trucs comme ça que je faisais maison, des caramels. Et donc, je l'enfilais. C'est toujours sympa. Moi, j'aime bien offrir des cadeaux, la nourriture. Et donc, elle me dit, oh là là, Alexis, Sophia, elle n'est pas là. Alors, on se parle comme ça à travers la porte. Elle ouvre, elle me dit, allez, venez, venez, je vous fais du thé. En vrai, je n'avais pas du tout envie de lui parler, mais la perspective de s'asseoir, de prendre un petit thé, tu vois. Donc, je discute. Et, avant de parler de Sophia, je discute de façon sympa. Je dis, ah, mais dites-moi, votre mari, il est où ? Vous savez, vous, vous faisiez quoi autrefois ? Parlez-moi un peu de vous, tu vois. Et donc, elle me dit que son mari est parti il y a quelques années à Alzheimer City. Alzheimer City, je ne sais pas si vous savez, c'est une grande cité, une grande ville artificielle qui a été créée dans le sud de la Meuse par Boiron. Où, en fait, c'est une énorme maison de retraite. Quand il y a eu le scandale des maisons de retraite, ils ont construit... Ils ont construit une espèce de cité hyper protégée où il y a tous les retraités de France dont les enfants ont... Les enfants veulent à la fois se séparer, mais qu'ils soient dans les meilleures conditions possibles. Donc, il paraît qu'ils sont bien soignés, etc. Il paraît que la ville est extraordinaire. Genre, une ville avec des éoliennes autonomes et tout. J'ai jamais lu de reportage, j'ai jamais eu le temps. Mais moi, j'ai entendu parler de ça parce que... Alors, dans ma famille, il y a des cas de démence et le bon Alan, vous savez, celui qui s'occupe de mon dossier retraite, d'ailleurs, j'ai oublié d'en parler. On en parle un peu de Alzheimer City pour lui. Mais bon, bref, on passe. Donc, on parle de ça. Et elle me dit ben oui, en fait, vous savez, il y a un monsieur qui est venu voir, Sophia, il vit voir Sophia il y a quelques jours. Alors, je dis quand, j'ai le cœur qui explose. Il me dit il y a deux jours. Alors, je dis, ok, pas hier soir, il y a bien deux jours, pas ce matin. Non, non, il y a deux jours. Je dis, bon, quand même, c'est pas possible que ce soit le gars. Donc, ouais, il y a un gars, il y a un monsieur, genre étranger. Alors, c'est étranger, vous diriez quel pays ? Elle me dit, je dirais russe. Et là, j'ai Vladimir dans la tête. Je dis, ah, ok, tu vois, ok, russe, ok. Mais peut-être pas, peut-être, c'est juste un gars, un Polonais, tu vois. Ouais, peut-être un Polonais, peut-être un Ukrainien. Donc, ouais, il est venu et ça s'est pas bien passé. J'ai entendu des éclats de voix. Ah ouais, ça disait quoi ? Et finalement, ils sont partis ensemble. Ils sont partis ensemble ? Vous pensez que c'est... Ils sont ensemble ? Elle me dit, ben oui, mais moi, je pensais que c'était vous, Alexis, son petit ami à Sophia. Alors, je dis, ben non. Vous êtes juste un ami ? Alors, je dis, ouais. Et dans sa tête, elle est en train de se dire, je suis l'ami gay de Sophia, alors que pas du tout, mais c'est pas grave, j'ai pas envie de parler de ça. Et, elle me dit, c'est vrai qu'elle voyait ce gars tous les mois. Je veux dire, le gars d'il y a deux jours ? Non, elle voyait un autre monsieur. Tous les mois, il y avait un monsieur qui venait chez elle. Et là, la journée, elle est dure, tu vois. La journée est dure parce que, tu vois, Sophia, elle voit un gars tous les mois. Si ça se trouve, elle est en couple, tu vois, j'en sais rien. Et elle me l'a jamais dit, et ça me fait vachement de mal. Voilà, ça me fait... Je le vis pas très bien, parce que je me dis si elle voit... Elle aurait pu me le dire si c'est un gars qu'elle voit tous les mois, tu vois, bon. Et si elle part en vacances avec des gars, elle aurait pu me le dire, tu vois, c'est pas cool. Mais Jacqueline, elle me dit, quand même, j'ai pas l'impression que... J'ai l'impression que c'est louche, cette histoire. J'ai l'impression que si elle avait su, elle serait restée, tu vois. Alors, je dis, le gars, elle l'a enlevé, ben... Ils ont eu des mots, quoi, et c'était compliqué. Donc, j'ai pas trop quoi penser de ça. Je... Je prends le café, les petits gâteaux, je remercie, je suis sous le choc de toutes ces révélations. Je prends mon vélo, je marche doucement, j'ai pas assez mangé aujourd'hui. Je vais rentrer chez moi. Je rentre chez moi. Et tu sais, je me dis, tu sais, s'il y a le gars, c'est pas grave, vas-y, tu sais quoi, c'est pas grave. Il me tape dessus, ok ? Ok, il me tape dessus. Et après, je rentre, et je me fais des frites. Et je mange plein de frites, et je les recouvre d'éventail, et ce sera trop bien. Quand le soir tombe, j'arrive en bas de ma rue, je la remonte avec mon vélo. Mon vélo, je tiens mon vélo, et le gars, là, Vladimir, il est là. Il attend, il a pas bougé. Il dit, là, ça fait genre... Ça fait genre, je sais pas, 12 heures, 15 heures qu'il est là, tu vois ? Alors déjà, j'aimerais, avant de lui parler, vous parler à vous, et dire, il faut saluer sa persévérance. Moi, je l'aurais pas fait, personnellement. Même si j'étais très énervé, je pense que j'en aurais eu marre au bout d'un moment, donc le mec est bien remonté, voilà. Et de toute façon, je serais passé à la casserole à un moment, tu vois. Donc, je me suis dit, je vais y aller. Je vais lui parler, et... Enfin, je pose mon vélo, parce que j'ai pas envie de me faire taper mon vélo quand je serai en morceaux par terre, donc je pose mon vélo, et je l'attache. Et je m'approche du gars. Le gars me voit, il bouge pas. Donc, je le regarde droit dans les yeux, il se tient debout, prêt à m'attendre, et je commence à m'énerver, tu vois. Je commence à me dire, mais putain, en fait, dans cette histoire, j'ai rien fait de mal. Genre, rien. C'est moi la victime dans cette histoire. Et je vais le dire, je vais lui dire, et c'est pas grave, tu vois. Je lui dirai, je lui dirai, et tant pis, j'affronte mon destin, c'est comme ça. Le monde est injuste, je veux goûter à cette injustice, encore une fois, voilà. Je vais y aller, je vais le rencontrer, je vais lui dire, je vais subir tout ce qu'il doit être fait, et demain matin, le soleil va se lever, et ce sera un nouveau jour, et tout ira bien, et j'oublierai cette journée pas terrible, voilà. Donc j'y vais, je m'approche, et je fais face à lui.