Luna Invicta - Episode 08
Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 8.
Luna Invicta 8. Je suis chez Sam dans sa chambre du complot même si j'imagine qu'il a d'autres chambres que toutes ses chambres mais il a une cuisine du complot peu importe. Il est en train d'expliquer que mon amie Sophia est payée depuis 10 ans par une société de fascistes et qu'elle est probablement fasciste aussi. Je commence un petit peu à m'énerver, je l'aime beaucoup mais toutes les discussions tournent un petit peu en rond comme ça.
C'est-à-dire qu'un peu comme les 5 étapes du deuil que j'ai souvent citées dans ce récit, il y a une série d'étapes. C'est-à-dire qu'il t'accueille avec méfiance, après quand tu l'écoutes il est extrêmement content et il déblatère. Puis après il a une parano personnelle qui commence à dire mais non mais tu ne me crois pas en fait alors on le rassure. Et après il se lâche complètement presque agressivement où il va tout au fond des choses et à la fin tout le monde est méchant, le monde va mourir et tout le monde est dans le mensonge sauf lui évidemment.
C'en est un petit peu beaucoup pour moi et donc je lui dis écoute c'est cool, on se fait un ciné à l'occasion. Je ne vais pas trop au ciné, je comptais plutôt l'inviter chez moi mais bon peu importe. Et il se lève, il est quand même massif et il me dit écoute est-ce que tu as envie de trouver Hyperboré, l'espèce d'Atlantide que cherche la société Nordstar ? Et je lui dis bah pas du tout, moi je suis juste venu pour ma copine, pas du tout pour Hyperboré, ça ne m'intéresse pas.
Et là il me dit tu sais Alexis, on vient tous au monde pour une chose, une chose, c'est-à-dire tu ne peux pas savoir ce que c'est, tu ne peux pas décider de ce que c'est. Tu ne peux pas dire je suis négatif. Tu ne peux pas dire je suis né pour être papa ou pour me marier, pour trouver l'amour ou pour faire une grande découverte scientifique, tu ne choisis pas ton destin. Ton destin est choisi pour toi, tu es né Alexis pour faire une grande chose, toi et moi on ne sait pas encore laquelle c'est.
Et là tu es confronté à un grand mystère, il se trouve que j'ai la solution de ce mystère et c'est le moment ou jamais, c'est-à-dire que là tu es un petit peu au carrefour de ta destinée, tu peux décider de partir, de m'ignorer, de ne pas faire attention à ce que je te dis ou alors tu peux faire attention à ce que je dis et si tu fais attention à ce que je dis, je te dis une information, tu vas découvrir et perborer, tu vas changer le destinée de toute l'humanité. Il me regarde avec une intensité, j'ai l'impression d'être dans un film, pas la peine de voir des films avec ce gars-là. Et je lui dis écoute, même si je savais la position, même si j'avais envie de voyager là-bas, même si j'arrivais là-bas, je ne saurais pas quoi faire, ça ne m'intéresse pas. Et puis en plus j'imagine que c'est au pôle nord et qu'il fait hyper froid, donc ça ne...
Désolé mon vieux, je pense qu'effectivement tu as raison. Tu as raison, il faut dire ça. Tu as raison, tout le monde est né pour faire une grande destinée et pourquoi pas toi ? Pourquoi pas toi hyper froid ?
Il dit parce que moi déjà je sais où c'est, mais en plus j'ai une autre quête, le synarchos. Mais je sais que tu n'es pas convaincu parce que c'est quelque chose de trop puissant, tu es comme une énorme roue en pierre, une meule énorme qu'il faudrait pousser millimètre par millimètre pour qu'elle commence à dévaler la pente. Tu as beaucoup trop d'inertie Alexis, mais... Je sais qu'à un moment, peut-être même au cœur de cette nuit, tu vas changer ta vie.
Je te dis juste une chose, la solution, si tu veux savoir où se trouve Hyperboré, il y a un livre à la BNF, oui la Bibliothèque Nationale de France, qui s'appelle L'incident de la Grande Course de 1937. C'est le don du livre. Tu le lis, tout est dedans, je ne dis plus rien. Voilà, et il fait le petit geste dans lequel il ferme une fermeture éclair sur sa bouche, tu vois, il jette la clé.
Et sans plus de cérémonie, je prends congé. Je prends congé, je retourne chez moi ou levé, il lit tranquillement sur le canapé la thèse, il est toujours aussi passionné. Et je le regarde un peu d'ailleurs parce que c'est un type qui est effectivement musclé, etc. Mais il a une attitude et une intelligence quand il lit les choses.
C'est vrai qu'il a dit qu'il était une sorte d'étudiant ou de professeur d'histoire ou je ne sais pas quoi, j'ai déjà oublié. Mais c'est vrai que ce n'est pas du tout... C'est probablement quelqu'un qui peut tuer des gens. Qui peut tenir une...
Une mitraillette et ramper dans la boue. Mais c'est aussi quelqu'un qui lit des thèses, en tout cas beaucoup plus et beaucoup plus vite que ce que je le ferais. Et donc, il me dit, tu découvres quoi ? Alors, je le débriefe sur Northstar et il n'y croit pas à moitié, moi non plus.
Et je lui dis, mais par contre, regarde ce que j'ai trouvé. Et là, je lui sors les trois feuillets de l'imprimante que Jacqueline m'avait tendu, qui sont une correspondance qu'on lit un petit peu ensemble. Donc, je me mets sur le fauteuil en face de lui, je lis un papier, je lui tends, je lis un deuxième papier, je lui tends, je lui tends. Malheureusement, ce n'est pas grand-chose parce qu'elle a imprimé juste un mail de réponses.
Vous savez, il y a réponses, réponses, réponses, réponses avec le professeur qui habite soit à Valence, soit à Marseille, soit à Fès. Et donc, ils discutent ensemble et en fait, il n'y a pas les réponses. Il y a trois petits points à la place des réponses. Donc, on est vraiment dans la frustration totale.
On ne sait pas de quoi il s'est échangé, à part qu'elle a dit, je t'écrirai plus tard. Et elle a juste imprimé le truc. Ah, tu vois. Ça n'apporte rien du tout.
Et donc, il me le dit, il me dit, mais pourquoi tu m'envoies ça ? Je dis, écoute, tu ne sais pas, parfois, le diable est dans les détails. Parfois, c'est là qu'on va trouver quelque chose, tu vois. Il me dit, OK, bon, en tout cas, il va falloir prendre une décision rapidement parce qu'on est un petit peu à court d'idées.
Et puis, il va falloir me payer. Alors, je lui dis, attends, j'espère que ce n'est pas une arnaque en mode, je te paye alors que tu n'as pas trouvé la main. Il me dit, voilà comment, qu'on en discute. Mais c'est vrai que tu t'inquiètes, tu n'es pas, ne t'inquiète pas, tu n'es pas une personne méchante et moi non plus.
Et puis, parfois, on essaie de faire des choses et ça ne fonctionne pas. Donc, je ne suis pas là pour pourrir la vie. Mais c'est vrai qu'il va falloir peut-être ce soir, peut-être demain, puisqu'on est au bout des choses, peut-être aller revoir la police. Et puis, il va falloir que je reprenne mon boulot à moi aussi.
Et je lui dis, moi aussi, ça fait un petit moment que je ne suis pas allé au boulot. Il va falloir que je retourne. Dans le nord de Paris, pour essayer de trouver, pour m'excuser, pour essayer de trouver quelque chose sur les chantiers. Même si j'étais assez confiant.
Je laisse le seul le soir et je vais, je vais voir Anne, l'éditrice, qui se trouve dans le 14e arrondissement. C'est un arrondissement que je n'aime pas du tout. C'est un arrondissement, alors, c'est vrai que c'est très snob de dire, je n'aime pas le 14e quand on vit dans le 6e. Voilà, ça fait un peu, mais c'est un, c'est ces arrondissements, comme le 15e d'ailleurs, qui sont complètement morts pour des raisons différentes.
Ces arrondissements, c'est un peu la cité dortoir de Paris Intramuros, quoi. Donc, je vais dans un immeuble complètement anonyme et je monte 3 ou 4 étages. Et alors, assez, de façon assez intéressante, c'est un endroit que je connaissais. Je connaissais cet escalier et je connaissais même le digicode.
Enfin, j'avais oublié depuis, tu vois, j'ai juste sonné et ça m'a ouvert. Mais en fait, j'étais juste sur le palier d'en face de Anne. J'avais déjà livré quand j'étais chez Deliveroo. Donc, je frappe à la porte.
Elle ouvre. Je retrouve la meuf que j'avais vue il y a quelques années aux Utopial. Et je ne m'en souvenais pas tant que ça. Donc, en gros, c'était elle, tu vois.
Par contre, elle, elle me check de haut en bas, genre en mode t'es qui, tu vois. Peut-être qu'elle attendait justement à Deliveroo. Et donc, je me regarde, moi, parce qu'elle me check. Elle me dit t'es qui ?
Et je dis, je suis le gars du SMS. Elle me dit, mais t'es pas... T'es pas un écrivain ? Alors, je lui dis, bah, pas du tout.
Ah, elle me dit, écoute, en fait, ton pavé, il était trop long. Comme il était long, j'ai pensé que t'étais un écrivain. Elle me dit, je suis désolé, j'ai zéro souvenir de toi. Je ne pensais pas que tu viendrais.
C'est un peu un... Alors, c'est un peu un malentendu, tu vois. Et elle est là. Et je dis, bah, qu'est-ce qu'on fait ?
Elle me regarde. Elle me dit, c'est marrant de dire un livreur... Tu ressembles à un livreur de Deliveroo complètement paumé. Et je lui dis, c'est un peu une bonne description de ce que je suis.
Elle me dit, tu fais quoi dans la vie ? Alors, je dis, bah, je fais un peu tout sur les chantiers, mais je suis électricien. Elle dit, électricien ? Et...
Enfin, j'aurais pu dire, je viens de Mercure. Ça aurait été pareil, tu vois. Et elle me dit, bah, rentre. Et donc, je rentre dans un appart très propre.
Anormalement propre. Un peu, probablement, ameublé. Ikea, oui, est-ce que je veux dire. Il y a déjà un gars présent.
Peut-être son vrai rendez-vous, tu vois. Donc, on est un peu dans la... Enfin, dans une situation bizarroïde, mais pourquoi pas. Mais, en fait, ma faute, en fait.
Je n'aurais pas dû lui envoyer un SMS. Je n'aurais pas dû, un, lui envoyer un SMS, parce que c'est une meuf chelou, en fait, depuis le début. Je n'aurais pas dû lui envoyer un pavé. J'aurais dû être très clair.
Je n'aurais pas dû dire, oui, je viens ce soir. Et je n'aurais pas dû, genre, venir. Et je n'aurais pas dû, quand elle m'a traité comme elle m'a traité, elle ne m'a pas maltraité, mais quand elle a réagi comme ça, je n'aurais pas dû rentrer, en fait. J'aurais dû dire, je rentre chez moi.
Et je serais rentré chez moi. Et j'aurais fait à manger un truc cool. Et je regarderais un peu la télé, ou j'aurais joué à des jeux vidéo. Je me serais couché tôt, et demain, je serais allé au travail.
Mais vous voyez, la vie est une série de mauvaises décisions. Et j'en ai pris une, à ce moment-là. Je fais connaissance avec Romain, l'écrivain. Et il y a des apéritifs sur la table, qui me dépriment fortement.
Ils discutent. Et ils discutent, mettons, d'édition, livre, tout ça. Elle me dit, tu lis des livres ? Alors je dis, oui.
Et elle me dit, quoi ? Je dis, bah, un peu de tout. Ce qui est très suspect. C'est un peu genre, t'écoutes quoi comme musique ?
Un peu de tout, sauf du rap, tu vois. Mais ils n'ont pas essayé de me embarrasser en me disant, est-ce que t'as lu ça, c'est ça ? Parce qu'en vrai, je pense que je... j'aurais pas été tout été compétent sur toutes les choses. Et elle me dit, bon, vu qu'on est trois, on partage une pizza en trois, ça vous va ?
Alors je dis, une pizza, comment ? Elle me dit, bah, on se fait livrer une pizza. Moi, j'ai un principe, en tant qu'ex-livreur de Leveroo, je ne fais pas livrer de pizza de Leveroo. Alors je dis, bah non.
J'ai dit non. J'ai dit, attends, on va pas exploiter des gens comme ça. En plus, moi, je connais le quartier, les escaliers sont pas bien, non, tu vois. Et elle me dit, bah, tu fais quoi, alors ?
Moi, je peux faire la cuisine, si vous voulez. Elle me dit, tu pourras pas faire la cuisine, parce que y'a, genre, rien. Rien. Alors je dis, c'est pas possible, y'a pas rien, tu vois.
Elle me dit, vas-y, vas-y, fais ta magie, mon gars, fais apparaître de la nourriture, tu vois. Donc je vais dans la cuisine, et ils me suivent un peu comme des des chats qui ont faim, tu sais, tu vas dans la cuisine, et ils disent, il se passe un truc, tu vois. Et j'ouvre le frigo, il y a six oeufs, et c'est tout. Ah si, y'a genre des condiments, genre de la sauce soja, des trucs comme ça.
Y'a de la farine, dans les placards, y'a de l'huile, y'a du sel, du poivre, tu vois. Et je dis, ouais, y'a pas grand-chose qu'on peut faire. Si t'avais un yaourt, on aurait pu faire un gâteau yaourt, tu vois. Je dis, bon, on va quand même faire un truc.
Elle a pas de tablier, c'est pas grave. En fait, ce que je vais faire, c'est que je commence à faire à manger. Je vous dirai la recette ensuite et ce qu'on a mangé ensuite, mais je commence à m'activer avec de la farine, j'en mets partout. Plan de travail, il est genre minuscule, c'est une cuisine parisienne, tu vois, insupportable.
Et donc, ils sont tous les deux à côté de moi, ils discutent, ils s'engueulent un peu. Et Romain, l'écrivain, il a une histoire qui est la suivante. C'est l'histoire d'un chef d'orchestre. Alors, je raconte l'histoire de l'écrivain rapidement, parce que je sais que je vous ai saoulés avec toutes mes histoires, tout ça.
Donc, lui, il écrit un roman sur un mec qui s'appelle Victor Eisenwald, qui est un chef d'orchestre autrichien avant la Première Guerre mondiale, qui est un génie, et qui en fait, il est pacifiste, donc quand la Première Guerre mondiale éclate, lui, il continue à soutenir, entre guillemets, le moral du pays en faisant des concerts. En fait, il va pas du tout à la guerre, il y a d'autres musiciens et d'autres chefs d'orchestre qui vont à la guerre, eux, ils meurent. Et après la guerre, il est en disgrâce, parce que il est taxé de pacifisme, en fait, de manque de patriotisme, donc il n'a plus tout de contrat, ni rien, il s'exile en Suisse. Et donc, en Suisse, dans un grenier, il trouve une partition quasi-vierge, mais signée Berlioz.
Voilà. Quasi-vierge des notes, effacée par le temps, etc. Et il a une idée, il a cette idée d'écrire une symphonie géniale, écrite par lui, qui serait signée Berlioz, pour que le monde la joue en pensant que c'est Berlioz, et il a confiance que dans cent ans, mille ans, dix mille ans, les experts en musique, en fait, comprendront que c'était lui, et pas Berlioz qui l'a faite. Voilà un petit peu l'argument de son histoire.
Et donc, Anne, l'éditrice, dit « Elle est bien, ton histoire, mais c'est du déjà-vu. » Il dit « Quoi ? C'est pas possible ! » Elle dit « Si, si, je te jure, il y a un livre qui est sorti l'année dernière, sur une partition de Scarlatti, et c'est une meuf qui fait ça, qui fait une fausse partition, tu vois. Et il dit « Non, mais attends, mon histoire, elle est bien mieux. » Alors elle dit « Ouais, mais t'es arrivée en seconde. » Non, il dit « Mais mon histoire, elle est vraiment mieux. » C'est comme Minecraft, il est arrivé en seconde, et il était bien mieux, tu vois. Et il dit « Mais je l'ai pas lue. » Alors elle dit « Bah, tu l'as pas lue, donc c'est difficile de savoir si t'es mieux. » Il dit « Raconte-moi. » Et donc, elle raconte une histoire d'une partition, et en fait, la motivation de la partition, c'est pas pareil.
La personne qui faisait la partition, c'est une femme, et elle voulait se venger, par exemple, et là, ça l'a énervée. Il dit « Tu vois, tu vois, les éditeurs, comme vous êtes des pourris. Il y a un écrivien qui vient vous voir avec une belle histoire, et vous, vous voulez mettre de la vengeance. Pourquoi il veut faire de la vengeance ? » Il secoue l'épaule. « Tu sais pourquoi, Alexis, ils mettent de la vengeance ? » Alors je dis « Bah, je sais pas, c'est cool, la vengeance. » Il dit « Non, c'est pas cool, la vengeance.
Ils mettent de la vengeance parce qu'ils veulent en faire des séries Netflix, parce que quand il y a de la vengeance, ça vend bien au marché américain. C'est pas vrai ? Dis-leur, Ant, que c'est vrai. » Elle dit « Écoute, moi, mon métier, c'est pas d'éditer tes livres. Mon métier, c'est d'éditer des livres qui vont se vendre.
Tu comprends ? » Et donc, il s'énerve, pour une raison que je vais apprendre par la suite. Mais du coup, je peux continuer à faire. Donc, ce que j'ai fait, en gros, c'est que j'ai fait des pâtes maison, un peu épaisses, que j'ai pu aplatir tant bien que mal et couper en petites pâtes, les faire cuire, faire une sorte de bouillon avec la sauce soja et ce que j'ai trouvé sous la main. J'ai fait deux oeufs mollets par personne.
C'est un peu protéiné, mais c'est comme ça. Et donc, j'ai fait un petit bouillon, pâtes, oeufs mollets, tout ça, etc. Et avec le reste de farine et d'oeufs, et j'ai fait des pâtes à crêpes et il y avait un peu de lait. Donc, voilà.
Et donc, j'ai fait des pâtes à crêpes. La pâte à crêpes, vous savez, il faut la faire reposer quelques heures, mais on peut la faire immédiatement après le malaxage de la pâte. Donc, ce que j'ai fait immédiatement, on a fait des petites pâtes, des petites crêpes. On a pu les faire un petit gâteau de crêpes avec du beurre.
Et c'est vrai que, j'avoue qu'avec aussi peu de matériaux, c'était assez remarquable. Et elle était extrêmement impressionnée. On est resté dans la cuisine. Et je lui dis, ça a l'air compliqué l'édition quand même de livres.
Et elle me dit, c'est un métier qui est affreux. C'est un métier... Autrefois, il y avait beaucoup d'argent et je pense qu'on est resté dans cette illusion de l'argent. Et il y a eu des tremblements de terre financés comme Harry Potter, etc.
Mais aujourd'hui, tout va dans les jeux vidéo, en fait. Et on est une bande de mendiants et on se bat pour des cailloux. Et elle dit vraiment, c'est ultra bon ce que tu fais. Tu sais quoi ?
J'ai parlé de Deliveroo, mais on pourrait faire un truc, c'est comme une application. Et au lieu que ce soit un mec de Deliveroo qui vient, tu viens et tu fais la bouffée. Je dis, un chef privé. Elle dit ça, mais tu ne serais pas aussi cher, on est d'accord.
Elle est en train de se placer. C'est pas mal du tout. On se met dans son salon et elle me propose de la drogue, de la MDMA. Ce qui est inhabituel.
Et je dis, non, je ne prends pas de drogue. Elle me dit, ah bon, tu devrais parce que c'est quand même pas mal. Et donc là, je me suis souvenu. J'ai dit, vraiment ?
Tu ne t'es pas arrêté de prendre de la drogue depuis les utopias ? Elle a dit, ah bon ? Mais c'est vrai que quand je vais à un salon, ça me gonfle. Donc, je prends des amphétamines, des trucs comme ça.
Comme ça, ça me booste un peu. Et comment dire ? Parce que j'en peux plus. Les gens, ils sont ennuyés.
D'accord, ok. Et on mange ensemble et tout, etc. Elle me dit, je ne te cache pas que je pensais que tu étais un autre gars plus beau. Voilà, mais tu as tes qualités aussi.
Et je ne te cache pas aussi que j'avais dans l'intention, alors c'est la MDMA qui parlait, mais bon, voilà. Je ne te cache pas aussi que, en fait, mon plan c'était, on mange une pizza, on discute un peu, personne ne se dispute avec personne et on fait un plan à trois, tu vois ce que je veux dire ? Alors, je dis, ok. Tu vois, j'ai genre une patte dans la...
Les choses vont très vite en ce moment. Et elle me dit, bon, là, ce sera un plan à deux. Et en fait, je lui dis, tu édites quoi comme livre, déjà ? Et elle est spécialisée dans...
Ce qui se vend le mieux en ce moment, mon petit gars me dit-elle, ce qui se vend le mieux en ce moment, tu sais ce que c'est ? C'est des vampires qui se tapent des meufs, c'est des espèces de meufs qui ont plus de... comment ça s'appelle ? Plus de visions dans leur vie qui sont complètement paumées et qui se font attacher par d'autres gars dans des relations toxiques. Je ne sais pas pourquoi.
Les gens adorent. Plus c'est toxique, plus ça passe, plus on vend. C'est un filon inépuisable. Tu sais quoi, genre, Twilight, tout ça, ça se vend encore de ouf.
Il y aurait Twilight qui ressortirait maintenant, on en vendrait encore plus. C'est incroyable. Donc ça, c'est ma spécialité. Aujourd'hui, on fait un peu...
Il y a une petite variation, c'est on attache des héroïnes où on les malmène de diverses façons avec des créatures de fantaisie. On appelle ça de la romantésie. En gros, la romantésie, c'est l'histoire de relations toxiques avec, par exemple, des minotaures ou des centaures et... Et voilà.
Et quand il y a du sexe, il y a du sexe. C'est quasiment du porn. C'est une sacrée drogue que l'AMD a. Et je dis...
Donc voilà, elle s'installe, elle écarte les bras sur le canapé en face de moi, elle me regarde comme si elle allait me manger. Et moi, j'ai du mal à manger mes pâtes. Et elle me dit... Plus elle est dans l'assurance, alors que vraiment, je pense qu'elle aurait utilisé un autre truc, j'aurais tout à fait dit oui, mais plus elle est dans l'assurance, moins je le suis.
C'est un peu des vases communiquants. Et je lui dis, ah bon, il paraît que les... les éditeurs et les critiques, c'est un peu des écrivains ratés. Et elle baisse un peu son regard, un peu méchante, tu vois, on sait pas quelle sauce elle va me manger. Et elle dit...
Non. Et je dis, entre nous, c'est quoi le livre que tu voudrais écrire et qui n'a jamais été édité ? Et elle me raconte une histoire... Elle me raconte une histoire.
Elle me raconte une histoire, je pense qu'on l'a encore, l'AMDMA, ça allait à 200 à l'heure, il y avait des royaumes... Comment dire ? Il y avait des... Dès la deuxième phrase, il y avait genre 26 personnages.
Je savais beaucoup de personnages. Elle me dit, putain, mais le Trône de Fer, ça commence par un chargéonégique de 36 personnages, qu'est-ce que tu me casses les couilles ? Et... Donc, il y avait...
Il y avait un pays qui s'appelle Serenzia, qui était genre Venise, mais en dark. Il y avait Castelmaras, c'est genre le monde, avec des châteaux forts. Il y a le Yavansar, le pays mystique, c'était très cliché. Et donc, il y avait une histoire avec un roi qui faisait la guerre à tout le monde, et il ferait la guerre tant qu'il ne trouvait pas une meuf.
Et donc, tous les pays à côté qui en avaient marre d'avoir la guerre, ils envoyaient leur plus belle meuf pour qu'ils se marient. Et il y avait un pays qui a même envoyé un gars, tu vois, genre à un moment. Parce qu'il dit non chaque année, le roi. On ne sait pas pourquoi.
Et... Il y a toute une histoire. Et donc, on suit notamment l'histoire du gars. Ce qui est bizarre, parce que souvent, dans la romantésie, c'était des femmes.
Et le gars, c'est un loup-garou. Ce qui est cliché. Mais attendez, il y a un twist. Et je pense que c'était sa bonne idée.
Ce n'était pas un loup-garou, mais c'était un poulpe-garou. Parce qu'il venait d'un pays, il avait la peau bleue, genre un pays des mers, tu vois. Et genre, effectivement, les nuits de pleine lune, ou de plein, je ne sais pas, cachalot, j'en sais rien, il se transformait. Le haut du corps restait humain, mais le bas, il avait huit tentacules à la place d'avoir deux jambes et une queue. elle me dit, huit tentacules, Alexis, les scènes de sexe, t'imagines la folie ?
La folie furieuse. T'imagines les fanarts ? T'imagines l'adaptation Netflix ? Mais la folie, mon gars, tu vois.
Et donc, je vais dire un point intéressant. Donc, on est au chapitre 3. Chapitre 3, dans lequel on apprend que le roi Valinor de Castelmara est manipulé par une ancienne reine disparue qui l'aurait conquis, mais en fait, c'est elle qui l'a soumis à son pouvoir amoureux et sexuel. Donc, ce roi traverse un miroir et de l'autre côté du miroir, il y a toutes les sans-anciennes femmes qui, un peu comme Barbelule, il les a tuées, il les a stockées dans une sorte de dimanche où elle ne meurt pas et il fait l'amour à leur cadavre.
Voilà, c'était pas... Heureusement que j'avais fini de manger à ce moment-là. Et il fait ses actes... on va dire barbares sous la domination d'un trône d'or ou trône Isolde, la perfide. Et au-dessus d'Isolde se trouve un dieu maléfique qui aussi sert et manipule Isolde dont le nom est Kael Orcus.
Et elle continue de parler, etc. Et en fait, Kael Orcus, ça résonne dans ma tête. Je sais pas pourquoi, je l'ai entendu quelque part. Donc, elle est en train de me raconter une histoire où l'homme poulpe a trouvé une meuf et ils sont... poursuivis par des brigands et ils sont dans une petite cabane et il n'y a qu'une couverture, vous voyez ce que je veux dire.
Et je lui dis, attends, est-ce que je peux t'interrompre ? Elle me dit, vas-y, tu as des questions. Et je lui dis Kael Orcus. Elle me dit, oui, c'est le dieu du mal.
T'as bien suivi. Je dis, non mais, Kael Orcus, t'as inventé ce mot ? Genre, silence de fou. Et elle me regarde et elle me dit, ouais.
Et je dis, c'est bizarre parce que j'ai déjà vu... Tu l'écris comment ? Alors, elle dit, c'est A-E-L. Plus loin, O-R-K-U-S.
J'ai dit, écoute, je sais pas pourquoi, mais j'ai déjà vu ce mot. Alors, elle se penche et elle dit, ça m'étonnerait. Alors, je dis, je te dis pas que tu plagies, mais c'est peut-être un truc qui existe vraiment. Et là, elle me dit, en fait, mon grand-père, il vivait à Londres, il était concierge et il a toujours voulu faire des romans, un peu fantasy, tout ça.
C'était une époque où il y avait Tolkien qui venait sortir des trucs et ça l'avait beaucoup inspiré. Et lui, il avait fait quelque chose sur une mythologie avec des dieux un peu Lovecraftiens. Et en fait, le dieu du mal qui effaçait l'univers à la fin, ou qui était capable de le détruire, je sais pas, il s'appelle toujours K.L. Orcus.
Je dis, bah, j'ai peut-être lu son livre. Elle me dit, c'est très peu probable parce que son livre a été édité en 100 exemplaires uniquement en anglais et il se trouve uniquement à Londres, ils doivent être n'importe où et ils sont pas dans les bibliothèques, ils sont pas accessibles et même moi j'en ai pas un exemplaire. Je dis, peut-être que j'ai un exemplaire chez moi. Elle me dit, comment tu l'aurais eu et pourquoi t'en es pas sûr ?
Il s'appelle comment ce livre ? Et comment il s'appelle mon grand-père ? Et je dis, écoute, en vrai, je suis un peu perdu là. Je sais pas, mais ce mot, il est ultra familier.
Je te jure, enfin, il est pas familier de fou, mais je l'ai déjà vu quelque part, sinon j'aurais pas chopé dessus. Et elle commence un peu à s'énerver, elle dit, en fait, je te dis juste un truc, c'est pas très respectueux pour mon grand-père, parce que je pense que tu l'as jamais entendu ce mot, c'est un mot un peu bizarre. Et là, t'es en train de me dire que tu l'aurais lu et tout, c'est-à-dire qu'il y aurait un des trucs qui serait passé en France. Moi, j'y crois pas.
T'es vraiment pas sympa. Il y a quelque chose qui m'a sauvé à la fois, parce qu'elle est un peu... Enfin, elle avait aussi un peu le... Comment dire ?
L'émotion facile par sa sensibilité. Et là, ça sonne à la porte. Alors, elle dit, peut-être c'est Romain qui revient, la soirée n'est pas perdue. Elle ouvre la porte et moi, je vois qui est de l'autre côté de la porte.
C'est le V. Donc, V, il est de l'autre côté de la porte. Il est un peu énervé. Et il dit, je sais que...
Je sais que Alex y est là, je veux juste lui parler. Et elle, elle le recheck de haut en bas. Elle dit, mais pas mal du tout, le gars, tu vois. Et elle s'énerve, elle dit, c'est ton copain ?
Je dis, ouais, c'est mon copain. Et vraiment, la soirée s'annonce très très bien pour elle. Donc, lui, il s'assied. Il voit le bol de nouilles à moitié fini de Anne.
Il commence à le boulotter. Et il dit, voilà, en fait, il s'est passé un truc. Alors, Anne, elle dit, attends, on peut faire la présentation ? Alors, je dis, il s'appelle V, enfin, il s'appelle Vladimir, excuse-moi.
C'est un mec de, je te présente comme un V. Il me dit, la Légion étrangère. Je dis, c'est un mec de la Légion étrangère. Elle a pas possible !
C'est les derniers aventuriers, c'est extraordinaire, tu vois. Et elle lui dit, tu veux prendre de l'AMDM ? T'es pas un flic, on est d'accord. Il dit, non.
Et là, il me dit, est-ce que je peux parler ou pas, entre deux pattes ? Il dit, écoute, c'est hyper important. C'est Alexis. C'est hyper important, écoute-moi.
J'ai pris le mail du gars, là. Le mail de la correspondance. Alors, je dis, ouais. Et il me dit, en fait, il bosse sur, en fait, l'oeuvre de sa vie, c'est de travailler sur un de ses ancêtres, qui est, genre, un juif qui habitait, en Libye, enfin, l'équivalent de la Libye, voilà.
Et je vous passe les détails, blablabla. Et il me dit, en fait, avec le nom de ce gars, j'ai réussi à rentrer dans sa boîte Gmail, il y avait une double authentification, j'ai quand même tenté, et tu sais quoi ? Je sais pas où il est, le gars, mais il a accepté la double authentification, il a dû se courir, ou peut-être qu'il y a un truc, peut-être qu'il lui aussi, il est kidnappé, je sais pas. Donc, je suis rentré dans sa boîte mail.
Et donc, j'ai vu toute sa correspondance mail. Anne avait les yeux brillants, et moi, je l'attendais. Et il me dit, en fait, dans cette correspondance mail, et là, il me tend des papiers qu'il a imprimés, etc. Lui et Sofia, ils discutaient beaucoup ces derniers temps, parce que Sofia, elle étudiait un mec qui s'appelle Pityas, qui était à Marseille.
J'ai dit, ok. Et lui aussi, il est un peu expert de ça, blablabla. Ils veulent savoir où habitait Pityas, peu importe. Et il y a un mail qui date d'il y a une semaine, dans lequel Sofia se dit menacée par des gens qui viennent la voir.
Moi, je lui dis, mais attends, ça m'étonnerait, parce qu'il y a une semaine. Ah non, c'est vrai que je ne l'avais pas vue. La dernière fois que j'avais vu Sofia, c'est il y a deux semaines. Elle a été suivie par des mecs et tout.
Et elle avait un peu peur. Et lui, il le propose de venir à Marseille. Et elle, elle a dit, ok, je vais venir. En plus, ça fera d'une pierre deux coups.
Je vais m'éloigner de tout ça. Je prendrai le même hôtel que d'habitude. Alors, je ne sais même pas quel est la Marseille ou quoi, mais bon, peu importe. Et j'ai trouvé quel est l'hôtel en plus.
Donc là, en ce moment, elle est probablement à Marseille, avec ou sans les gars chelous. Elle est forcément là-bas. Parce qu'en plus, toutes ces recherches, tout ça, en ce moment, ça aboutissait à Pityas qui était à Marseille. Donc forcément, c'est là que ça se passe.
C'est un peu confus. Et d'ailleurs, quand je vous le restitue, j'oublie tous les détails, les noms des gars, etc. Ça va prendre son sens à un moment. Et je lui dis, il faut qu'on aille à Marseille, mais c'est loin.
On n'avait pas dit que demain, je me remettais à travailler, toi, tu devais retourner je sais pas, à l'armée, tout ça. Et il y a Anne qui dit, vous savez, si vous remettez à boulot demain, vous pouvez se passer la nuit ici. Et j'ai un très grand lit. Il est levé, il la regarde.
Genre, il l'ignore totalement, il me reparle. Il me dit, on a loupé le dernier train pour Marseille, mais je pense qu'on peut prendre un blabla car, et on y sera demain matin. Alors, je calcule. Et je dis, attends, donc je vais payer un blabla car, pour qu'on aille à Marseille.
Et une fois à Marseille, on va essayer de retrouver Sophia dans une ville qui fait un million d'habitants. Et il dit, ouais, et comme ça, elle me paiera. Et tu ne devras plus rien. Et je lui dis, on avait dit qu'on était amis.
Et je lui dis, oui, on est amis. Mais là, tu es en train de briser la clause de l'amitié, puisqu'on a les moyens de me payer, et ça va être trop bien, tu vois. Et puis, en plus, pense à ta copine. Et là, Anne était très contrarie.
Et elle a dit, quand même, pas sympa et tout. Elle a dit, moi, je vous invite, voilà, donc elle se met à côté du V, elle commence à lui caresser les épaules et tout. Lui, il se relève d'un coup, il dit, tu viens ou tu ne viens pas, parce que moi, j'y vais. Je regarde Anne, je pense à mon porte-monnaie, c'est-à-dire un endroit où il n'y a pas beaucoup d'argent en ce moment.
Je pense au fait que je devrais aller retravailler demain. Je pense que, je ne sais pas où j'en suis, mais je sais que Sophia, à qui je tiens beaucoup, elle a peut-être des ennuis, et ça me persuade, je ne sais pas pourquoi, il a parlé très vite, et je n'ai pas saisi tous les noms, mais en gros, je comprends qu'elle est à Marseille, qu'il faut prendre un BlaBlaCar ce soir, et je voudrais dormir, et je me dis que je dormirais bien dans cette voiture. J'ai dit, tu sais quoi, on va le prendre ce BlaBlaCar, et on se casse. Donc on part, avec Anne qui nous dit, j'espère qu'on se reverra un de ces jours.
Je ne pense pas que, par la suite, je l'ai revu.
Luna Invicta 8. Je suis chez Sam dans sa chambre du complot même si j'imagine qu'il a d'autres chambres que toutes ses chambres mais il a une cuisine du complot peu importe. Il est en train d'expliquer que mon amie Sophia est payée depuis 10 ans par une société de fascistes et qu'elle est probablement fasciste aussi. Je commence un petit peu à m'énerver, je l'aime beaucoup mais toutes les discussions tournent un petit peu en rond comme ça. C'est-à-dire qu'un peu comme les 5 étapes du deuil que j'ai souvent citées dans ce récit, il y a une série d'étapes. C'est-à-dire qu'il t'accueille avec méfiance, après quand tu l'écoutes il est extrêmement content et il déblatère. Puis après il a une parano personnelle qui commence à dire mais non mais tu ne me crois pas en fait alors on le rassure. Et après il se lâche complètement presque agressivement où il va tout au fond des choses et à la fin tout le monde est méchant, le monde va mourir et tout le monde est dans le mensonge sauf lui évidemment. C'en est un petit peu beaucoup pour moi et donc je lui dis écoute c'est cool, on se fait un ciné à l'occasion. Je ne vais pas trop au ciné, je comptais plutôt l'inviter chez moi mais bon peu importe. Et il se lève, il est quand même massif et il me dit écoute est-ce que tu as envie de trouver Hyperboré, l'espèce d'Atlantide que cherche la société Nordstar ? Et je lui dis bah pas du tout, moi je suis juste venu pour ma copine, pas du tout pour Hyperboré, ça ne m'intéresse pas. Et là il me dit tu sais Alexis, on vient tous au monde pour une chose, une chose, c'est-à-dire tu ne peux pas savoir ce que c'est, tu ne peux pas décider de ce que c'est. Tu ne peux pas dire je suis négatif. Tu ne peux pas dire je suis né pour être papa ou pour me marier, pour trouver l'amour ou pour faire une grande découverte scientifique, tu ne choisis pas ton destin. Ton destin est choisi pour toi, tu es né Alexis pour faire une grande chose, toi et moi on ne sait pas encore laquelle c'est. Et là tu es confronté à un grand mystère, il se trouve que j'ai la solution de ce mystère et c'est le moment ou jamais, c'est-à-dire que là tu es un petit peu au carrefour de ta destinée, tu peux décider de partir, de m'ignorer, de ne pas faire attention à ce que je te dis ou alors tu peux faire attention à ce que je dis et si tu fais attention à ce que je dis, je te dis une information, tu vas découvrir et perborer, tu vas changer le destinée de toute l'humanité. Il me regarde avec une intensité, j'ai l'impression d'être dans un film, pas la peine de voir des films avec ce gars-là. Et je lui dis écoute, même si je savais la position, même si j'avais envie de voyager là-bas, même si j'arrivais là-bas, je ne saurais pas quoi faire, ça ne m'intéresse pas. Et puis en plus j'imagine que c'est au pôle nord et qu'il fait hyper froid, donc ça ne... Désolé mon vieux, je pense qu'effectivement tu as raison. Tu as raison, il faut dire ça. Tu as raison, tout le monde est né pour faire une grande destinée et pourquoi pas toi ? Pourquoi pas toi hyper froid ? Il dit parce que moi déjà je sais où c'est, mais en plus j'ai une autre quête, le synarchos. Mais je sais que tu n'es pas convaincu parce que c'est quelque chose de trop puissant, tu es comme une énorme roue en pierre, une meule énorme qu'il faudrait pousser millimètre par millimètre pour qu'elle commence à dévaler la pente. Tu as beaucoup trop d'inertie Alexis, mais... Je sais qu'à un moment, peut-être même au cœur de cette nuit, tu vas changer ta vie. Je te dis juste une chose, la solution, si tu veux savoir où se trouve Hyperboré, il y a un livre à la BNF, oui la Bibliothèque Nationale de France, qui s'appelle L'incident de la Grande Course de 1937. C'est le don du livre. Tu le lis, tout est dedans, je ne dis plus rien. Voilà, et il fait le petit geste dans lequel il ferme une fermeture éclair sur sa bouche, tu vois, il jette la clé. Et sans plus de cérémonie, je prends congé. Je prends congé, je retourne chez moi ou levé, il lit tranquillement sur le canapé la thèse, il est toujours aussi passionné. Et je le regarde un peu d'ailleurs parce que c'est un type qui est effectivement musclé, etc. Mais il a une attitude et une intelligence quand il lit les choses. C'est vrai qu'il a dit qu'il était une sorte d'étudiant ou de professeur d'histoire ou je ne sais pas quoi, j'ai déjà oublié. Mais c'est vrai que ce n'est pas du tout... C'est probablement quelqu'un qui peut tuer des gens. Qui peut tenir une... Une mitraillette et ramper dans la boue. Mais c'est aussi quelqu'un qui lit des thèses, en tout cas beaucoup plus et beaucoup plus vite que ce que je le ferais. Et donc, il me dit, tu découvres quoi ? Alors, je le débriefe sur Northstar et il n'y croit pas à moitié, moi non plus. Et je lui dis, mais par contre, regarde ce que j'ai trouvé. Et là, je lui sors les trois feuillets de l'imprimante que Jacqueline m'avait tendu, qui sont une correspondance qu'on lit un petit peu ensemble. Donc, je me mets sur le fauteuil en face de lui, je lis un papier, je lui tends, je lis un deuxième papier, je lui tends, je lui tends. Malheureusement, ce n'est pas grand-chose parce qu'elle a imprimé juste un mail de réponses. Vous savez, il y a réponses, réponses, réponses, réponses avec le professeur qui habite soit à Valence, soit à Marseille, soit à Fès. Et donc, ils discutent ensemble et en fait, il n'y a pas les réponses. Il y a trois petits points à la place des réponses. Donc, on est vraiment dans la frustration totale. On ne sait pas de quoi il s'est échangé, à part qu'elle a dit, je t'écrirai plus tard. Et elle a juste imprimé le truc. Ah, tu vois. Ça n'apporte rien du tout. Et donc, il me le dit, il me dit, mais pourquoi tu m'envoies ça ? Je dis, écoute, tu ne sais pas, parfois, le diable est dans les détails. Parfois, c'est là qu'on va trouver quelque chose, tu vois. Il me dit, OK, bon, en tout cas, il va falloir prendre une décision rapidement parce qu'on est un petit peu à court d'idées. Et puis, il va falloir me payer. Alors, je lui dis, attends, j'espère que ce n'est pas une arnaque en mode, je te paye alors que tu n'as pas trouvé la main. Il me dit, voilà comment, qu'on en discute. Mais c'est vrai que tu t'inquiètes, tu n'es pas, ne t'inquiète pas, tu n'es pas une personne méchante et moi non plus. Et puis, parfois, on essaie de faire des choses et ça ne fonctionne pas. Donc, je ne suis pas là pour pourrir la vie. Mais c'est vrai qu'il va falloir peut-être ce soir, peut-être demain, puisqu'on est au bout des choses, peut-être aller revoir la police. Et puis, il va falloir que je reprenne mon boulot à moi aussi. Et je lui dis, moi aussi, ça fait un petit moment que je ne suis pas allé au boulot. Il va falloir que je retourne. Dans le nord de Paris, pour essayer de trouver, pour m'excuser, pour essayer de trouver quelque chose sur les chantiers. Même si j'étais assez confiant. Je laisse le seul le soir et je vais, je vais voir Anne, l'éditrice, qui se trouve dans le 14e arrondissement. C'est un arrondissement que je n'aime pas du tout. C'est un arrondissement, alors, c'est vrai que c'est très snob de dire, je n'aime pas le 14e quand on vit dans le 6e. Voilà, ça fait un peu, mais c'est un, c'est ces arrondissements, comme le 15e d'ailleurs, qui sont complètement morts pour des raisons différentes. Ces arrondissements, c'est un peu la cité dortoir de Paris Intramuros, quoi. Donc, je vais dans un immeuble complètement anonyme et je monte 3 ou 4 étages. Et alors, assez, de façon assez intéressante, c'est un endroit que je connaissais. Je connaissais cet escalier et je connaissais même le digicode. Enfin, j'avais oublié depuis, tu vois, j'ai juste sonné et ça m'a ouvert. Mais en fait, j'étais juste sur le palier d'en face de Anne. J'avais déjà livré quand j'étais chez Deliveroo. Donc, je frappe à la porte. Elle ouvre. Je retrouve la meuf que j'avais vue il y a quelques années aux Utopial. Et je ne m'en souvenais pas tant que ça. Donc, en gros, c'était elle, tu vois. Par contre, elle, elle me check de haut en bas, genre en mode t'es qui, tu vois. Peut-être qu'elle attendait justement à Deliveroo. Et donc, je me regarde, moi, parce qu'elle me check. Elle me dit t'es qui ? Et je dis, je suis le gars du SMS. Elle me dit, mais t'es pas... T'es pas un écrivain ? Alors, je lui dis, bah, pas du tout. Ah, elle me dit, écoute, en fait, ton pavé, il était trop long. Comme il était long, j'ai pensé que t'étais un écrivain. Elle me dit, je suis désolé, j'ai zéro souvenir de toi. Je ne pensais pas que tu viendrais. C'est un peu un... Alors, c'est un peu un malentendu, tu vois. Et elle est là. Et je dis, bah, qu'est-ce qu'on fait ? Elle me regarde. Elle me dit, c'est marrant de dire un livreur... Tu ressembles à un livreur de Deliveroo complètement paumé. Et je lui dis, c'est un peu une bonne description de ce que je suis. Elle me dit, tu fais quoi dans la vie ? Alors, je dis, bah, je fais un peu tout sur les chantiers, mais je suis électricien. Elle dit, électricien ? Et... Enfin, j'aurais pu dire, je viens de Mercure. Ça aurait été pareil, tu vois. Et elle me dit, bah, rentre. Et donc, je rentre dans un appart très propre. Anormalement propre. Un peu, probablement, ameublé. Ikea, oui, est-ce que je veux dire. Il y a déjà un gars présent. Peut-être son vrai rendez-vous, tu vois. Donc, on est un peu dans la... Enfin, dans une situation bizarroïde, mais pourquoi pas. Mais, en fait, ma faute, en fait. Je n'aurais pas dû lui envoyer un SMS. Je n'aurais pas dû, un, lui envoyer un SMS, parce que c'est une meuf chelou, en fait, depuis le début. Je n'aurais pas dû lui envoyer un pavé. J'aurais dû être très clair. Je n'aurais pas dû dire, oui, je viens ce soir. Et je n'aurais pas dû, genre, venir. Et je n'aurais pas dû, quand elle m'a traité comme elle m'a traité, elle ne m'a pas maltraité, mais quand elle a réagi comme ça, je n'aurais pas dû rentrer, en fait. J'aurais dû dire, je rentre chez moi. Et je serais rentré chez moi. Et j'aurais fait à manger un truc cool. Et je regarderais un peu la télé, ou j'aurais joué à des jeux vidéo. Je me serais couché tôt, et demain, je serais allé au travail. Mais vous voyez, la vie est une série de mauvaises décisions. Et j'en ai pris une, à ce moment-là. Je fais connaissance avec Romain, l'écrivain. Et il y a des apéritifs sur la table, qui me dépriment fortement. Ils discutent. Et ils discutent, mettons, d'édition, livre, tout ça. Elle me dit, tu lis des livres ? Alors je dis, oui. Et elle me dit, quoi ? Je dis, bah, un peu de tout. Ce qui est très suspect. C'est un peu genre, t'écoutes quoi comme musique ? Un peu de tout, sauf du rap, tu vois. Mais ils n'ont pas essayé de me embarrasser en me disant, est-ce que t'as lu ça, c'est ça ? Parce qu'en vrai, je pense que je... j'aurais pas été tout été compétent sur toutes les choses. Et elle me dit, bon, vu qu'on est trois, on partage une pizza en trois, ça vous va ? Alors je dis, une pizza, comment ? Elle me dit, bah, on se fait livrer une pizza. Moi, j'ai un principe, en tant qu'ex-livreur de Leveroo, je ne fais pas livrer de pizza de Leveroo. Alors je dis, bah non. J'ai dit non. J'ai dit, attends, on va pas exploiter des gens comme ça. En plus, moi, je connais le quartier, les escaliers sont pas bien, non, tu vois. Et elle me dit, bah, tu fais quoi, alors ? Moi, je peux faire la cuisine, si vous voulez. Elle me dit, tu pourras pas faire la cuisine, parce que y'a, genre, rien. Rien. Alors je dis, c'est pas possible, y'a pas rien, tu vois. Elle me dit, vas-y, vas-y, fais ta magie, mon gars, fais apparaître de la nourriture, tu vois. Donc je vais dans la cuisine, et ils me suivent un peu comme des des chats qui ont faim, tu sais, tu vas dans la cuisine, et ils disent, il se passe un truc, tu vois. Et j'ouvre le frigo, il y a six oeufs, et c'est tout. Ah si, y'a genre des condiments, genre de la sauce soja, des trucs comme ça. Y'a de la farine, dans les placards, y'a de l'huile, y'a du sel, du poivre, tu vois. Et je dis, ouais, y'a pas grand-chose qu'on peut faire. Si t'avais un yaourt, on aurait pu faire un gâteau yaourt, tu vois. Je dis, bon, on va quand même faire un truc. Elle a pas de tablier, c'est pas grave. En fait, ce que je vais faire, c'est que je commence à faire à manger. Je vous dirai la recette ensuite et ce qu'on a mangé ensuite, mais je commence à m'activer avec de la farine, j'en mets partout. Plan de travail, il est genre minuscule, c'est une cuisine parisienne, tu vois, insupportable. Et donc, ils sont tous les deux à côté de moi, ils discutent, ils s'engueulent un peu. Et Romain, l'écrivain, il a une histoire qui est la suivante. C'est l'histoire d'un chef d'orchestre. Alors, je raconte l'histoire de l'écrivain rapidement, parce que je sais que je vous ai saoulés avec toutes mes histoires, tout ça. Donc, lui, il écrit un roman sur un mec qui s'appelle Victor Eisenwald, qui est un chef d'orchestre autrichien avant la Première Guerre mondiale, qui est un génie, et qui en fait, il est pacifiste, donc quand la Première Guerre mondiale éclate, lui, il continue à soutenir, entre guillemets, le moral du pays en faisant des concerts. En fait, il va pas du tout à la guerre, il y a d'autres musiciens et d'autres chefs d'orchestre qui vont à la guerre, eux, ils meurent. Et après la guerre, il est en disgrâce, parce que il est taxé de pacifisme, en fait, de manque de patriotisme, donc il n'a plus tout de contrat, ni rien, il s'exile en Suisse. Et donc, en Suisse, dans un grenier, il trouve une partition quasi-vierge, mais signée Berlioz. Voilà. Quasi-vierge des notes, effacée par le temps, etc. Et il a une idée, il a cette idée d'écrire une symphonie géniale, écrite par lui, qui serait signée Berlioz, pour que le monde la joue en pensant que c'est Berlioz, et il a confiance que dans cent ans, mille ans, dix mille ans, les experts en musique, en fait, comprendront que c'était lui, et pas Berlioz qui l'a faite. Voilà un petit peu l'argument de son histoire. Et donc, Anne, l'éditrice, dit « Elle est bien, ton histoire, mais c'est du déjà-vu. » Il dit « Quoi ? C'est pas possible ! » Elle dit « Si, si, je te jure, il y a un livre qui est sorti l'année dernière, sur une partition de Scarlatti, et c'est une meuf qui fait ça, qui fait une fausse partition, tu vois. Et il dit « Non, mais attends, mon histoire, elle est bien mieux. » Alors elle dit « Ouais, mais t'es arrivée en seconde. » Non, il dit « Mais mon histoire, elle est vraiment mieux. » C'est comme Minecraft, il est arrivé en seconde, et il était bien mieux, tu vois. Et il dit « Mais je l'ai pas lue. » Alors elle dit « Bah, tu l'as pas lue, donc c'est difficile de savoir si t'es mieux. » Il dit « Raconte-moi. » Et donc, elle raconte une histoire d'une partition, et en fait, la motivation de la partition, c'est pas pareil. La personne qui faisait la partition, c'est une femme, et elle voulait se venger, par exemple, et là, ça l'a énervée. Il dit « Tu vois, tu vois, les éditeurs, comme vous êtes des pourris. Il y a un écrivien qui vient vous voir avec une belle histoire, et vous, vous voulez mettre de la vengeance. Pourquoi il veut faire de la vengeance ? » Il secoue l'épaule. « Tu sais pourquoi, Alexis, ils mettent de la vengeance ? » Alors je dis « Bah, je sais pas, c'est cool, la vengeance. » Il dit « Non, c'est pas cool, la vengeance. Ils mettent de la vengeance parce qu'ils veulent en faire des séries Netflix, parce que quand il y a de la vengeance, ça vend bien au marché américain. C'est pas vrai ? Dis-leur, Ant, que c'est vrai. » Elle dit « Écoute, moi, mon métier, c'est pas d'éditer tes livres. Mon métier, c'est d'éditer des livres qui vont se vendre. Tu comprends ? » Et donc, il s'énerve, pour une raison que je vais apprendre par la suite. Mais du coup, je peux continuer à faire. Donc, ce que j'ai fait, en gros, c'est que j'ai fait des pâtes maison, un peu épaisses, que j'ai pu aplatir tant bien que mal et couper en petites pâtes, les faire cuire, faire une sorte de bouillon avec la sauce soja et ce que j'ai trouvé sous la main. J'ai fait deux oeufs mollets par personne. C'est un peu protéiné, mais c'est comme ça. Et donc, j'ai fait un petit bouillon, pâtes, oeufs mollets, tout ça, etc. Et avec le reste de farine et d'oeufs, et j'ai fait des pâtes à crêpes et il y avait un peu de lait. Donc, voilà. Et donc, j'ai fait des pâtes à crêpes. La pâte à crêpes, vous savez, il faut la faire reposer quelques heures, mais on peut la faire immédiatement après le malaxage de la pâte. Donc, ce que j'ai fait immédiatement, on a fait des petites pâtes, des petites crêpes. On a pu les faire un petit gâteau de crêpes avec du beurre. Et c'est vrai que, j'avoue qu'avec aussi peu de matériaux, c'était assez remarquable. Et elle était extrêmement impressionnée. On est resté dans la cuisine. Et je lui dis, ça a l'air compliqué l'édition quand même de livres. Et elle me dit, c'est un métier qui est affreux. C'est un métier... Autrefois, il y avait beaucoup d'argent et je pense qu'on est resté dans cette illusion de l'argent. Et il y a eu des tremblements de terre financés comme Harry Potter, etc. Mais aujourd'hui, tout va dans les jeux vidéo, en fait. Et on est une bande de mendiants et on se bat pour des cailloux. Et elle dit vraiment, c'est ultra bon ce que tu fais. Tu sais quoi ? J'ai parlé de Deliveroo, mais on pourrait faire un truc, c'est comme une application. Et au lieu que ce soit un mec de Deliveroo qui vient, tu viens et tu fais la bouffée. Je dis, un chef privé. Elle dit ça, mais tu ne serais pas aussi cher, on est d'accord. Elle est en train de se placer. C'est pas mal du tout. On se met dans son salon et elle me propose de la drogue, de la MDMA. Ce qui est inhabituel. Et je dis, non, je ne prends pas de drogue. Elle me dit, ah bon, tu devrais parce que c'est quand même pas mal. Et donc là, je me suis souvenu. J'ai dit, vraiment ? Tu ne t'es pas arrêté de prendre de la drogue depuis les utopias ? Elle a dit, ah bon ? Mais c'est vrai que quand je vais à un salon, ça me gonfle. Donc, je prends des amphétamines, des trucs comme ça. Comme ça, ça me booste un peu. Et comment dire ? Parce que j'en peux plus. Les gens, ils sont ennuyés. D'accord, ok. Et on mange ensemble et tout, etc. Elle me dit, je ne te cache pas que je pensais que tu étais un autre gars plus beau. Voilà, mais tu as tes qualités aussi. Et je ne te cache pas aussi que j'avais dans l'intention, alors c'est la MDMA qui parlait, mais bon, voilà. Je ne te cache pas aussi que, en fait, mon plan c'était, on mange une pizza, on discute un peu, personne ne se dispute avec personne et on fait un plan à trois, tu vois ce que je veux dire ? Alors, je dis, ok. Tu vois, j'ai genre une patte dans la... Les choses vont très vite en ce moment. Et elle me dit, bon, là, ce sera un plan à deux. Et en fait, je lui dis, tu édites quoi comme livre, déjà ? Et elle est spécialisée dans... Ce qui se vend le mieux en ce moment, mon petit gars me dit-elle, ce qui se vend le mieux en ce moment, tu sais ce que c'est ? C'est des vampires qui se tapent des meufs, c'est des espèces de meufs qui ont plus de... comment ça s'appelle ? Plus de visions dans leur vie qui sont complètement paumées et qui se font attacher par d'autres gars dans des relations toxiques. Je ne sais pas pourquoi. Les gens adorent. Plus c'est toxique, plus ça passe, plus on vend. C'est un filon inépuisable. Tu sais quoi, genre, Twilight, tout ça, ça se vend encore de ouf. Il y aurait Twilight qui ressortirait maintenant, on en vendrait encore plus. C'est incroyable. Donc ça, c'est ma spécialité. Aujourd'hui, on fait un peu... Il y a une petite variation, c'est on attache des héroïnes où on les malmène de diverses façons avec des créatures de fantaisie. On appelle ça de la romantésie. En gros, la romantésie, c'est l'histoire de relations toxiques avec, par exemple, des minotaures ou des centaures et... Et voilà. Et quand il y a du sexe, il y a du sexe. C'est quasiment du porn. C'est une sacrée drogue que l'AMD a. Et je dis... Donc voilà, elle s'installe, elle écarte les bras sur le canapé en face de moi, elle me regarde comme si elle allait me manger. Et moi, j'ai du mal à manger mes pâtes. Et elle me dit... Plus elle est dans l'assurance, alors que vraiment, je pense qu'elle aurait utilisé un autre truc, j'aurais tout à fait dit oui, mais plus elle est dans l'assurance, moins je le suis. C'est un peu des vases communiquants. Et je lui dis, ah bon, il paraît que les... les éditeurs et les critiques, c'est un peu des écrivains ratés. Et elle baisse un peu son regard, un peu méchante, tu vois, on sait pas quelle sauce elle va me manger. Et elle dit... Non. Et je dis, entre nous, c'est quoi le livre que tu voudrais écrire et qui n'a jamais été édité ? Et elle me raconte une histoire... Elle me raconte une histoire. Elle me raconte une histoire, je pense qu'on l'a encore, l'AMDMA, ça allait à 200 à l'heure, il y avait des royaumes... Comment dire ? Il y avait des... Dès la deuxième phrase, il y avait genre 26 personnages. Je savais beaucoup de personnages. Elle me dit, putain, mais le Trône de Fer, ça commence par un chargéonégique de 36 personnages, qu'est-ce que tu me casses les couilles ? Et... Donc, il y avait... Il y avait un pays qui s'appelle Serenzia, qui était genre Venise, mais en dark. Il y avait Castelmaras, c'est genre le monde, avec des châteaux forts. Il y a le Yavansar, le pays mystique, c'était très cliché. Et donc, il y avait une histoire avec un roi qui faisait la guerre à tout le monde, et il ferait la guerre tant qu'il ne trouvait pas une meuf. Et donc, tous les pays à côté qui en avaient marre d'avoir la guerre, ils envoyaient leur plus belle meuf pour qu'ils se marient. Et il y avait un pays qui a même envoyé un gars, tu vois, genre à un moment. Parce qu'il dit non chaque année, le roi. On ne sait pas pourquoi. Et... Il y a toute une histoire. Et donc, on suit notamment l'histoire du gars. Ce qui est bizarre, parce que souvent, dans la romantésie, c'était des femmes. Et le gars, c'est un loup-garou. Ce qui est cliché. Mais attendez, il y a un twist. Et je pense que c'était sa bonne idée. Ce n'était pas un loup-garou, mais c'était un poulpe-garou. Parce qu'il venait d'un pays, il avait la peau bleue, genre un pays des mers, tu vois. Et genre, effectivement, les nuits de pleine lune, ou de plein, je ne sais pas, cachalot, j'en sais rien, il se transformait. Le haut du corps restait humain, mais le bas, il avait huit tentacules à la place d'avoir deux jambes et une queue. elle me dit, huit tentacules, Alexis, les scènes de sexe, t'imagines la folie ? La folie furieuse. T'imagines les fanarts ? T'imagines l'adaptation Netflix ? Mais la folie, mon gars, tu vois. Et donc, je vais dire un point intéressant. Donc, on est au chapitre 3. Chapitre 3, dans lequel on apprend que le roi Valinor de Castelmara est manipulé par une ancienne reine disparue qui l'aurait conquis, mais en fait, c'est elle qui l'a soumis à son pouvoir amoureux et sexuel. Donc, ce roi traverse un miroir et de l'autre côté du miroir, il y a toutes les sans-anciennes femmes qui, un peu comme Barbelule, il les a tuées, il les a stockées dans une sorte de dimanche où elle ne meurt pas et il fait l'amour à leur cadavre. Voilà, c'était pas... Heureusement que j'avais fini de manger à ce moment-là. Et il fait ses actes... on va dire barbares sous la domination d'un trône d'or ou trône Isolde, la perfide. Et au-dessus d'Isolde se trouve un dieu maléfique qui aussi sert et manipule Isolde dont le nom est Kael Orcus. Et elle continue de parler, etc. Et en fait, Kael Orcus, ça résonne dans ma tête. Je sais pas pourquoi, je l'ai entendu quelque part. Donc, elle est en train de me raconter une histoire où l'homme poulpe a trouvé une meuf et ils sont... poursuivis par des brigands et ils sont dans une petite cabane et il n'y a qu'une couverture, vous voyez ce que je veux dire. Et je lui dis, attends, est-ce que je peux t'interrompre ? Elle me dit, vas-y, tu as des questions. Et je lui dis Kael Orcus. Elle me dit, oui, c'est le dieu du mal. T'as bien suivi. Je dis, non mais, Kael Orcus, t'as inventé ce mot ? Genre, silence de fou. Et elle me regarde et elle me dit, ouais. Et je dis, c'est bizarre parce que j'ai déjà vu... Tu l'écris comment ? Alors, elle dit, c'est A-E-L. Plus loin, O-R-K-U-S. J'ai dit, écoute, je sais pas pourquoi, mais j'ai déjà vu ce mot. Alors, elle se penche et elle dit, ça m'étonnerait. Alors, je dis, je te dis pas que tu plagies, mais c'est peut-être un truc qui existe vraiment. Et là, elle me dit, en fait, mon grand-père, il vivait à Londres, il était concierge et il a toujours voulu faire des romans, un peu fantasy, tout ça. C'était une époque où il y avait Tolkien qui venait sortir des trucs et ça l'avait beaucoup inspiré. Et lui, il avait fait quelque chose sur une mythologie avec des dieux un peu Lovecraftiens. Et en fait, le dieu du mal qui effaçait l'univers à la fin, ou qui était capable de le détruire, je sais pas, il s'appelle toujours K.L. Orcus. Je dis, bah, j'ai peut-être lu son livre. Elle me dit, c'est très peu probable parce que son livre a été édité en 100 exemplaires uniquement en anglais et il se trouve uniquement à Londres, ils doivent être n'importe où et ils sont pas dans les bibliothèques, ils sont pas accessibles et même moi j'en ai pas un exemplaire. Je dis, peut-être que j'ai un exemplaire chez moi. Elle me dit, comment tu l'aurais eu et pourquoi t'en es pas sûr ? Il s'appelle comment ce livre ? Et comment il s'appelle mon grand-père ? Et je dis, écoute, en vrai, je suis un peu perdu là. Je sais pas, mais ce mot, il est ultra familier. Je te jure, enfin, il est pas familier de fou, mais je l'ai déjà vu quelque part, sinon j'aurais pas chopé dessus. Et elle commence un peu à s'énerver, elle dit, en fait, je te dis juste un truc, c'est pas très respectueux pour mon grand-père, parce que je pense que tu l'as jamais entendu ce mot, c'est un mot un peu bizarre. Et là, t'es en train de me dire que tu l'aurais lu et tout, c'est-à-dire qu'il y aurait un des trucs qui serait passé en France. Moi, j'y crois pas. T'es vraiment pas sympa. Il y a quelque chose qui m'a sauvé à la fois, parce qu'elle est un peu... Enfin, elle avait aussi un peu le... Comment dire ? L'émotion facile par sa sensibilité. Et là, ça sonne à la porte. Alors, elle dit, peut-être c'est Romain qui revient, la soirée n'est pas perdue. Elle ouvre la porte et moi, je vois qui est de l'autre côté de la porte. C'est le V. Donc, V, il est de l'autre côté de la porte. Il est un peu énervé. Et il dit, je sais que... Je sais que Alex y est là, je veux juste lui parler. Et elle, elle le recheck de haut en bas. Elle dit, mais pas mal du tout, le gars, tu vois. Et elle s'énerve, elle dit, c'est ton copain ? Je dis, ouais, c'est mon copain. Et vraiment, la soirée s'annonce très très bien pour elle. Donc, lui, il s'assied. Il voit le bol de nouilles à moitié fini de Anne. Il commence à le boulotter. Et il dit, voilà, en fait, il s'est passé un truc. Alors, Anne, elle dit, attends, on peut faire la présentation ? Alors, je dis, il s'appelle V, enfin, il s'appelle Vladimir, excuse-moi. C'est un mec de, je te présente comme un V. Il me dit, la Légion étrangère. Je dis, c'est un mec de la Légion étrangère. Elle a pas possible ! C'est les derniers aventuriers, c'est extraordinaire, tu vois. Et elle lui dit, tu veux prendre de l'AMDM ? T'es pas un flic, on est d'accord. Il dit, non. Et là, il me dit, est-ce que je peux parler ou pas, entre deux pattes ? Il dit, écoute, c'est hyper important. C'est Alexis. C'est hyper important, écoute-moi. J'ai pris le mail du gars, là. Le mail de la correspondance. Alors, je dis, ouais. Et il me dit, en fait, il bosse sur, en fait, l'oeuvre de sa vie, c'est de travailler sur un de ses ancêtres, qui est, genre, un juif qui habitait, en Libye, enfin, l'équivalent de la Libye, voilà. Et je vous passe les détails, blablabla. Et il me dit, en fait, avec le nom de ce gars, j'ai réussi à rentrer dans sa boîte Gmail, il y avait une double authentification, j'ai quand même tenté, et tu sais quoi ? Je sais pas où il est, le gars, mais il a accepté la double authentification, il a dû se courir, ou peut-être qu'il y a un truc, peut-être qu'il lui aussi, il est kidnappé, je sais pas. Donc, je suis rentré dans sa boîte mail. Et donc, j'ai vu toute sa correspondance mail. Anne avait les yeux brillants, et moi, je l'attendais. Et il me dit, en fait, dans cette correspondance mail, et là, il me tend des papiers qu'il a imprimés, etc. Lui et Sofia, ils discutaient beaucoup ces derniers temps, parce que Sofia, elle étudiait un mec qui s'appelle Pityas, qui était à Marseille. J'ai dit, ok. Et lui aussi, il est un peu expert de ça, blablabla. Ils veulent savoir où habitait Pityas, peu importe. Et il y a un mail qui date d'il y a une semaine, dans lequel Sofia se dit menacée par des gens qui viennent la voir. Moi, je lui dis, mais attends, ça m'étonnerait, parce qu'il y a une semaine. Ah non, c'est vrai que je ne l'avais pas vue. La dernière fois que j'avais vu Sofia, c'est il y a deux semaines. Elle a été suivie par des mecs et tout. Et elle avait un peu peur. Et lui, il le propose de venir à Marseille. Et elle, elle a dit, ok, je vais venir. En plus, ça fera d'une pierre deux coups. Je vais m'éloigner de tout ça. Je prendrai le même hôtel que d'habitude. Alors, je ne sais même pas quel est la Marseille ou quoi, mais bon, peu importe. Et j'ai trouvé quel est l'hôtel en plus. Donc là, en ce moment, elle est probablement à Marseille, avec ou sans les gars chelous. Elle est forcément là-bas. Parce qu'en plus, toutes ces recherches, tout ça, en ce moment, ça aboutissait à Pityas qui était à Marseille. Donc forcément, c'est là que ça se passe. C'est un peu confus. Et d'ailleurs, quand je vous le restitue, j'oublie tous les détails, les noms des gars, etc. Ça va prendre son sens à un moment. Et je lui dis, il faut qu'on aille à Marseille, mais c'est loin. On n'avait pas dit que demain, je me remettais à travailler, toi, tu devais retourner je sais pas, à l'armée, tout ça. Et il y a Anne qui dit, vous savez, si vous remettez à boulot demain, vous pouvez se passer la nuit ici. Et j'ai un très grand lit. Il est levé, il la regarde. Genre, il l'ignore totalement, il me reparle. Il me dit, on a loupé le dernier train pour Marseille, mais je pense qu'on peut prendre un blabla car, et on y sera demain matin. Alors, je calcule. Et je dis, attends, donc je vais payer un blabla car, pour qu'on aille à Marseille. Et une fois à Marseille, on va essayer de retrouver Sophia dans une ville qui fait un million d'habitants. Et il dit, ouais, et comme ça, elle me paiera. Et tu ne devras plus rien. Et je lui dis, on avait dit qu'on était amis. Et je lui dis, oui, on est amis. Mais là, tu es en train de briser la clause de l'amitié, puisqu'on a les moyens de me payer, et ça va être trop bien, tu vois. Et puis, en plus, pense à ta copine. Et là, Anne était très contrarie. Et elle a dit, quand même, pas sympa et tout. Elle a dit, moi, je vous invite, voilà, donc elle se met à côté du V, elle commence à lui caresser les épaules et tout. Lui, il se relève d'un coup, il dit, tu viens ou tu ne viens pas, parce que moi, j'y vais. Je regarde Anne, je pense à mon porte-monnaie, c'est-à-dire un endroit où il n'y a pas beaucoup d'argent en ce moment. Je pense au fait que je devrais aller retravailler demain. Je pense que, je ne sais pas où j'en suis, mais je sais que Sophia, à qui je tiens beaucoup, elle a peut-être des ennuis, et ça me persuade, je ne sais pas pourquoi, il a parlé très vite, et je n'ai pas saisi tous les noms, mais en gros, je comprends qu'elle est à Marseille, qu'il faut prendre un BlaBlaCar ce soir, et je voudrais dormir, et je me dis que je dormirais bien dans cette voiture. J'ai dit, tu sais quoi, on va le prendre ce BlaBlaCar, et on se casse. Donc on part, avec Anne qui nous dit, j'espère qu'on se reverra un de ces jours. Je ne pense pas que, par la suite, je l'ai revu.