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slug: luna-invicta-011
title: "Luna Invicta - Episode 11"
series: "Luna Invicta"
episode: 11
pub_date: 2026-07-11
duration: "35:12"
link: "https://shows.acast.com/fiqtion/episodes/luna-invicta-episode-11"
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# Luna Invicta - Épisode 11

> Publié le 2026-07-11 · Durée : 35:12

Luna Invicta 11. Face à moi, des arbres dans l'obscurité, on ne sait pas quels trucs sont par terre, je trouve ça dégueulasse et tout, j'aime bien marcher sur un trottoir et voir là où je marche mais bon, peu importe, il y a une clairière, il y a dodo et il y a un clown. Un clown avec un couteau. Donc un clown tueur, tu vois. À titre préalable, je pense que je l'ai déjà dit, mais c'est bien de le dire, j'ai rien contre les clowns, c'est une noble profession. Je suis très réservé concernant les tueurs et les clowns tueurs, c'est je pense, pire que les tueurs normales parce que quitter à être un tueur, autant être sobre, je vois pas pourquoi on s'habillerait en clown. Mais bon, la tentation, c'est facile de dire, je vois quelqu'un qui est menacé par un clown tueur, moi je vais le sauver. Non, la tentation, genre de retourner dans la voiture, de fermer mes yeux et de m'endormir pour toujours tel la voile au bois dormant. Vraiment énorme, tu vois. Donc, et je me suis dit, si je m'approche, moi peut-être deux contre un, si je m'approche, je vais peut-être mourir. J'aime vivre, je pense qu'on aime tous vivre, mais je pense que j'aime vivre un peu moins que vous tous. C'est-à-dire que en vrai, j'étais fatigué, j'étais un peu comme un peu mort à un moment de ma vie et j'ai vécu ensuite un peu genre la deuxième chance. Mais la deuxième chance, si elle s'arrête à tout moment, c'est pas si grave parce que tu as eu ta deuxième chance, tu vois. Je pense que c'est ça qui m'a forcé à avancer un petit peu, même si je tremblais, mais vraiment genre comme ça, comme si j'avais hyper froid, mais j'ai fait juste peur. Et en fait, le clown avait des paroles assez rassurantes. Il disait, t'inquiète pas, je vais te ramener chez toi, on va trouver un truc, même s'il avait un putain de couteau, tu vois. Et je dis bonjour et il se retourne et il dit, ah, c'est pas ce que vous croyez. Alors, je dis, moi, déjà, je ne crois rien du tout. Et alors, vous êtes avec Dorian, je suis pas son papa, mais vous êtes peut-être son papa. Il dit, non, pas du tout. Alors, moi non plus, mais c'est quelqu'un qu'on protège, donc si vous voulez me le redonner, moi, je veux bien. Il dit, il n'y a pas de problème. Et donc, Dorian fait quelques pas complètement sonnés, tu vois, par le truc. Et il se met à pleurer, il dit, j'ai peur des clowns. Il a vraiment beaucoup pleuré cette nuit-là. Et il dit, non, mais alors le clown, il dit, mais il ne faut pas avoir peur. Voilà. Il dit, bon, enfin, c'est quand même bizarre, on est au milieu d'une forêt et vous êtes un clown et vous avez un couteau. On est d'accord que ce couteau, on le voit. Moi, j'ai pensé à ces histoires de clowns tueurs. Il dit, alors, moi, je ne suis pas du tout un clown qui tue. Alors, je dis, bon, on peut savoir pourquoi vous avez un couteau, alors. Et là, il me dit, je vous garantis que je ne suis pas un tueur. Je dis, d'accord, mais je sais que c'est moi le couteau. Et il me dit, je vais peut-être retourner d'où je viens. Il dit, d'un cirque, peut-être. Il me dit, ouais, je reviens d'un cirque. Et il commence à faire des pas en arrière, comme ça. Et ça m'allait. Moi, je n'ai pas trop cherché. J'ai dit qu'en vrai, s'il disparaissait de ma vie, que je ne le voyais plus jamais et que je partais avec Dodo, en vrai, ce serait une grande victoire. Les moments qui vont suivre, d'ici jusqu'à la fin de l'épisode, sont, comme dirait le philosophe qui était fils d'un homme politique, tellement incroyables qu'ils sont à peine croyables. D'accord ? Je ne vous en veux pas si vous riche-cuit à un moment où vous ne voulez pas le croire. Ça, ce sera de base. Et pourtant, comme ils disent dans Alien Theory, tout est vrai. Mais c'est aussi important parce qu'il va se passer des choses qui vont avoir des petites répercussions par la suite. Je ne sais pas comment l'expliquer et le prendre. Il faut juste, je vais énoncer l'effet avec le plus de précision possible sans essayer de vous dire. Je vais vous convaincre plus que ça. Dodo pleure un peu. Je lui dis on rentre à la voiture, j'en peux plus, moi non plus. Tout est bizarre. Donc il renifle. Et là, on voit le V. Et le V, il est en train d'avancer dans la forêt mais genre en regardant tout droit. Je dis V, V, V. Et en fait, il m'ignore un peu. Il me regarde mais il regarde devant lui et devant lui, vraiment très très loin entre les uns, il y a une genre de petite lumière jaune. Et Dodo, il tourne la tête, il voit la lumière jaune. Moi, je commence à l'avoir aussi. Et je comprends qu'ils sont... En fait, on n'est pas hypnotisé mais un peu comme tu vois, c'est une lumière qui est bizarroïde et on a envie d'approcher de cette lumière. Donc on avance dans les bois. Et je ne suis pas rassuré. Et en fait, personne par rapport à cette situation d'hypnose étrange ou de transe, on va dire, on est quand même libre d'une certaine façon de notre conscience parce que le V, il tourne la tête vers moi et il dit, ah, t'as tout et Dodo, c'est bizarre, juste on va voir, on revient. Et moi, je dis, ouais, on va juste voir et on revient. Alors que vraiment, il y avait un petit bonhomme au fond de moi qui criait mais non, on n'y va pas. T'as dit que tu retournais à la voiture, je ne te comprends pas. Et on y est tous, on est tous attirés. Et à un moment, il faut dire les choses telles que je les ai perçues. À un moment, je regarde le ciel et le ciel était couvert, on ne voyait pas les étoiles mais il y a quelque chose dans le ciel. Et c'est une immense masse et pour faire simple, je veux dire que c'était une soucoupe volante qui était au-dessus de nous. Une soucoupe volante qui déploie des faisceaux lumineux et qui commence à entourer d'autres personnes qui étaient là. On n'était vraiment pas ça le genre, on était 30 en fait, à se réunir vers cette lumière et il y avait les gars aux fusils chelous, il n'y avait pas Cassandre qui était peut-être d'ailleurs, avant que j'y pense, une extraterrestre et il y avait Iskander, il y avait Levé, il y avait moi, il y avait Dodo. Et on est tous pris dans des faisceaux lumineux exactement comme dans les descriptions d'abduction depuis les années 50. En inclinement d'œil, je me retrouve ailleurs. Et je me retrouve dans ma chambre. Dans ma chambre, en fait, à Paris. Comme si j'avais été téléporté. Dans ma chambre à Paris. Donc je suis un peu sonné. Qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce que tout ceci n'était qu'un rêve ? La fenêtre est fermée. J'essaie de l'ouvrir. Et je n'arrive pas à l'ouvrir. Elle est genre coincée, etc. Et je m'aperçois que ce n'est pas tout à fait du verre, c'est une sorte de... Comment dire ? Un peu de métal tiède, peut-être de métal mélangé à du plastique. Difficile à dire, etc. Et j'ai... J'ai une grande anxiété qui est en train de monter. Et je comprends, en fait, que j'ai été enlevé par des extraterrestres. Puisqu'il faut dire les choses telles qu'elles sont. Je ne le comprends pas vraiment. Il y a une partie du cerveau qui le comprend. Et il y a une partie du cerveau qui fait genre « Ouais, ok, je suis dans ma chambre. Tout va bien. » Plutôt genre, j'ai envie d'y croire et on m'a mis dans une chambre. Moi, je suis du genre à ne pas faire de bague. Donc on m'a mis dans une chambre. D'accord, ben... Je suis dans la chambre. En fait, je suis dans la chambre. Pas vrai. Ha ha. Tu vois. Alors que pas du tout. Si on veut faire croire que je suis dans une chambre, autant y jouer. Comme ça, j'ai un avantage. Mais je le savais, tu vois. Et en fait, je... Beaucoup de gens diraient... Déjà, c'est beaucoup pour une seule nuit. Et comme j'ai dit, la nuit venait de commencer. Mais en plus, je perds un peu... Je suis fatigué. Je... Je perds le contrôle total, tu vois. Et donc, je m'assieds sur mon lit, entre guillemets. Et je suis désespéré. Et là, j'entends une voix vraiment hyper douce, hyper gentille, qui dit, Alexis, ne t'inquiète pas. Tout va bien se passer. Est-ce que t'as besoin d'un peu de repos ? Je dis, écoutez, je suis perdu. Je veux juste rentrer à la voiture et tout. S'il vous plaît. Je voudrais juste rentrer à la voiture. Alors, la voix me dit, Alexis, tu as compris où est-ce qu'on était. On t'a mis dans un petit environnement tranquille. Et je peux tout attendre. Tu l'as fait, te ramener tout de suite à la voiture. Mais entre nous, ce que tu es en train de vivre, tu sais, comme ça, tu sais que ça n'arrive pas à tout le monde tout le temps. Tu as peut-être envie de rester un petit peu, d'entendre ce qu'on a à te dire, ou même de nous poser des questions, ou même de nous voir, qu'est-ce que t'en penses. Et... Je suis quand même très, très fatigué. Et je dis... Et je tremble un peu parce que j'ai des émotions très fortes. Et il y a effectivement la voix en moi qui dit, enfin, il y a vraiment une pulsion désespérée, quasiment infantile, de je veux retourner chez moi, et je ne veux plus avoir d'ennuis, et je veux tout oublier. Mais il y a une voix aussi en moi qui dit, je vais peut-être passer à côté de quelque chose de très important. Et alors c'est marrant parce que là, je ferme mes yeux, et genre, c'est comme si je relâchais tout mon corps, mais ce n'est pas trop moi qui le contrôle. Et je me souviens que j'ai fait un mini-rêve où j'étais Zelda dans Breath of the Wild, le petit bonhomme, qui monte sur une colline avec la petite musique, les petits papillons et tout. Et ça m'a vachement apaisé parce que c'est un jeu très mignon, un peu comme le voyage de Shiro en jeu. Et ça m'a beaucoup détendu. Et quand j'ai rouvert les yeux, j'étais beaucoup plus en paix. Et ça n'a pas duré longtemps, genre 2-3 minutes. Et ça va mieux. Et j'ai dit, ok, en vrai, à un moment, je vais pouvoir redescendre et vous ne m'aurez pas du tout changé, je serai dans la voiture et tout. Et ils m'ont dit, ouais, bien sûr, nous, on n'est pas là pour faire du mal aux gens. Alors je dis, ok, écoutez, cool. Et j'ai complètement tourné, j'étais vachement rassuré, et j'ai dit, bah, d'accord. Alors, racontez-moi, qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Alors ils disent, bah, déjà, merci d'être là, et merci d'avoir accepté de rester un peu avec nous. On voudrait te poser quelques questions. Et puis après, on te ramène où tu veux. Voilà. Et j'ai dit, moi, j'ai le droit de vous poser des questions ? Ils ont dit, oui. On reprendra peut-être pas à tout, parce que tout n'est pas compréhensible, mais on veut bien répondre. Et alors je dis, bah, écoutez, déjà, moi, vous avez mon nom, moi, j'aimerais bien avoir votre nom. Et puis j'aimerais bien vous voir, parce qu'il n'y a personne. Alors, ils disent, on va être très précis. Nous, c'est compliqué de nous voir, parce qu'on se manifeste sous la forme d'ondes de probabilité. Donc c'est des sortes d'ondes, des nœuds qui se propagent dans des espaces réduits. Et effectivement, on est un peu partout, on est un peu dilué partout, mais je peux m'attaliser, si tu veux, un petit truc lumineux pour te donner ma présence. Je serai très bien, comme ça, je n'aurai pas à regarder dans le vide. Et effectivement, il y a une petite boule de lumière de la taille d'un melon lumineux qui est à côté, qui est un peu dans un coin de la pièce. Et je dis, bah, salut. Et je dis, toi, tu as un nom en particulier. Il dit, tu peux me donner le nom que tu veux, mais en vrai, on a pas... on n'a pas le même langage. Donc mon vrai nom, c'est un peu compliqué à te le proposer. Ils ont des langages... Ils m'expliquent brièvement qu'en fait, ils ont un langage... Nous, quand on fait des phrases, il y a un début, une fin. En fait, eux, ils commencent par le milieu et ça n'a pas de fin à gauche et à droite de la phrase. Donc bon, ils sont très différents, voilà. Et je leur dis, et vous venez d'où ? Ils me disent, bah... C'est un monde... On vient pas d'une planète, on vient d'un soleil, on nettoie la neutron, donc c'est un peu particulier. On était des courants d'énergie et aujourd'hui, on manipule un petit peu les... On s'est un peu transcendés, on est devenus... On arrive à... Effectivement, à aller d'un endroit à l'autre en manipulant les probabilités. Et là, en fait, tu es dans un disque. Pourquoi des soucoupes volantes ? Pourquoi des sphères ? Parce que, en fait, les disques et les sphères, c'est des... C'est des... Comment dire ? Des optimisations de matière très, très pratiques, quand on veut les déplacer ou les... On va dire, ou les faire apparaître à partir des fluctuations du vide. Pour nous, ça fait moins de matière, moins de travail, d'une certaine façon, moins d'énergie à dépenser. Et ça nous permet de vous isoler et qu'on puisse parler tranquillement. Voilà. Donc, je comprends un peu que la soucoupe volante est en gros une prison et qu'eux, ils pourraient se déplacer sans nous. Et... Je lui dis, et donc vous allez prendre contact avec l'humanité et tout, et ça va être trop bien. Il me dit, non, c'est pas trop notre but, parce que... Parce que... En fait, vous vous débrouillez très bien. Alors, j'avais envie de dire pas du tout, mais bon. Et je leur dis, qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Et donc, il me dit, j'ai plus quelques petites questions très simples, il n'y en aura pas beaucoup. Alors, je dis, allez-y. Et donc, la première, c'est, il me dit, pour toi, tu te définis comment ? T'es plutôt quoi ? T'es plutôt... Je dis, bah, je peux répondre, genre, je suis un homme. Alors, je dis, bah... Il me dit, oui, c'est une bonne réponse. Mais tu es... Comme ils disent, dans les examens, il n'y a pas de bonne et de mauvaise réponse. Tu me dis vraiment ce que tu veux. Donc, je dis... Je commence à réfléchir. Je dis, bah, je suis un être humain. Est-ce que c'est bon, ça ? Il me dit, vraiment, tu dis ce que tu veux. Ok. Et j'aime bien... Je sais pas, j'aime bien les autres êtres humains. Et j'essaie de faire des choses intéressantes dans ma vie. Et j'essaie de pas trop souffrir. Et je comprends pas trop le monde. Et j'ai un peu peur. Et j'aime bien manger de la bonne nourriture. Et alors, là, je lui dis, c'est pas terrible, hein. J'ai l'air d'être hyper normal, pas vrai. Et il me dit, vraiment, c'est vraiment très bien. Voilà. C'est vraiment très bien. Il me dit, j'ai une autre question pour toi. Elle est un peu étrange, d'accord ? Mais j'aimerais bien que tu y répondes. Alors, j'écoute. Il me dit, qu'est-ce que c'est l'humour, d'après toi ? Alors, je dis, genre, une blague ? Il me dit, tu peux nous raconter une blague, si tu veux. Et j'ai zéro blague qui vient. Enfin, si j'ai des blagues du style... Non, je vais pas raconter de blague qui vient dans la tête. Mais j'ai genre zéro blague. Voilà, zéro blague que j'ai envie de raconter à un extraterrestre, juste là. Tu vois ? Alors, je lui dis, l'humour, ce qui est cool avec l'humour, c'est que je rencontre quelqu'un, je lui raconte une blague, on rigole tous les deux. Et c'est agréable. Et donc, l'extraterrestre, l'extraterrestre dit, vous avez cette réaction qui s'appelle le rire, et c'est plutôt agréable. Donc, en fait, vous vous racontez ça. Oui. Et... Pourquoi une blague, c'est drôle ? Là, c'est la question de dépasse, tu vois. Et je dis, vous avez pas de blague, vous ? Il me dit, non, pas vraiment. Et c'est quelque chose qui nous fascine un peu, parce que... Parce que... Alors, il dit, il explique la chose suivante. Il dit, en fait, nous, on n'a pas de blague. Et donc, on a pris l'humour comme une petite caractéristique humaine étrange. Et, en fait, on s'est souvent aperçu, par exemple, dans le jeu de mots, que ce qui vous fait rire ou ce qui vous amuse, c'est l'association de deux idées qui ne doivent pas être associées, qui ne sont pas logiques. On associe un mot et un autre qui n'ont pas de sens, mais parce que leur sonorité est concordante, vous les associez. Alors, je dis, oui, c'est une façon extrêmement sérieuse de parler des jeux de mots, mais oui. Il dit, ben, justement, en fait, en ayant du plaisir, en associant des idées qui ne devraient pas être ensemble, vous êtes encouragé structurellement par le fait d'associer des idées qui ne vont pas ensemble, et ça stimule votre créativité, et donc votre capacité à évoluer, donc c'est quelque chose que vous pourriez nous apporter. Alors, je leur dis, vous voulez que je vous raconte des blagues ? Il dit, non, pas du tout. En fait, si vous nous racontiez des blagues, on ne pourrait pas rire, parce que structurellement, ça n'existe pas chez nous. Mais c'est une stratégie extrêmement intéressante qu'on étudie chez vous, c'est pour ça qu'en général, après avoir demandé votre définition, on vous demande votre avis sur l'humour. Je sais que c'est un peu étrange, mais c'est quelque chose de très intéressant. Par exemple, je sais qu'aussi vous faites des rêves, et j'ai pu un petit peu utiliser des souvenirs agréables que vous aviez en vous, pour vous les réanimer sous forme de rêves, et les rêves aussi, c'est un processus qui est en vous, qui reprend tous les éléments de la journée passée, durant votre sommeil, et qui les rassemble parfois de façon très structurée, et parfois, au contraire, de façon très désordonnée. Et en les rassemblant de façon désordonnée, en fait, on crée par l'aléatoire des associations d'idées qui stimulent la créativité. C'est des choses qui nous fascinent un peu chez nous. Donc souvent, on vous pose aussi ces questions-là, mais la question du rêve est assez maîtrisée chez nous, mais la question de l'humour est un peu mystérieuse, on pourrait dire quasi religieuse chez nous. Et j'ai une dernière question, si vous le souhaitez. Et après, on se quittera déjà. Vous pourrez me poser des questions, vous pourrez visiter, si vous voulez. Allez-y, posez votre dernière question. Il me dit « Si vous deviez être le meilleur en quelque chose, vous serez le meilleur en quoi ? » Et je dis franchement, je suis le meilleur en rien. Et je crois que personne n'est meilleur en tout. Il me dit, alors, c'est ce que tout le monde dit. Et c'est marrant parce que souvent, on dit « qui êtes-vous ? » et vous dites « des humains ». C'est juste parce que humain vient de « humilis », vous venez de la Terre. Vous voyez ? Mais ça veut dire aussi que vous êtes humble. Et quand on vous demande « vous êtes meilleur en quoi ? », souvent, vous vous dites « je suis meilleur en rien ». Et ce qui est d'ailleurs intéressant, parce que vous avez des attachements émotionnels très forts au fait de vous comparer, et de peur de sembler arrogant. Par exemple, vous refusez de vous comparer. Vous n'osez dire que vous êtes le meilleur en quelque chose. Or, fatalement, il y a tellement de possibilités possibles. Il y a au moins... Vous êtes 8 milliards d'humains, et il y a peut-être 20 milliards de choses auxquelles vous pouvez être le meilleur. Donc, statistiquement, au moins, il y a quand même pas mal de gens qui sont les meilleurs dans quelque chose de très précis, ne serait-ce que dans la connaissance de vous-même, par exemple. Mais c'est vrai qu'il y a des gens qui peuvent vous connaître plus que vous ne vous connaissez vous-même. C'est un discours très compliqué. Alors, j'ai dit... J'ai dit, écoutez, je vais vous dire quelque chose qui m'est apparu quand on a parlé, et qui... qui n'est pas vrai pour le moment, mais qu'il sera un jour. Je pense que je ne suis le meilleur en rien aujourd'hui, mais j'ai la conviction que je serai le meilleur en quelque chose bientôt. Ça a semblé exciter mon interlocuteur, qui a dit, waouh, très intéressant. Et, est-ce que vous avez une idée de ça ? J'ai dit, je ne sais pas. J'ai une vague... J'ai des vagues visions de voyage, par exemple. Il dit, intéressant. Je vais y méditer, personnellement. En ce qui me concerne, c'est terminé. Donc, moi, je suis là sur mon faux livre. Alors, sur mon folie, cette chambre... Il dit, oui, on a vu ça dans vos souvenirs. C'est un peu là où vous habitez. Donc, on l'a recréée. Avec de petites manipulations, de fluctuations quantiques. Mais sinon, vous êtes, effectivement, une coquille vide métallique. Et je dis, je peux voir les autres personnes ou pas ? Oh, vous savez, j'ai d'autres homologues qui sont en train de poser les mêmes questions à vos autres homologues, à vos autres humains. Et c'est mieux de les laisser tranquilles. Mais vous les retrouverez, si vous les aimez. Je dis, d'accord. Et il rajoute, vous les retrouverez presque tous. Il est possible qu'on en garde quelques-uns avec leur accord, bien sûr. Et j'ai dit, et moi, vous pouvez me garder et vous pouvez m'emmener dans les étoiles. Là, il y a un gros silence. Et il dit, non, pas vous. J'ai dit, mais c'est injuste. Il dit, vraiment, un jour, votre espèce ira dans les étoiles. Et croyez-moi, vous êtes bien mieux sur la Terre. D'accord. Et je peux vous demander pourquoi vous me posez ces questions. Et là, il me dit, est-ce que vous voulez avoir la réponse ? Alors, je dis, pourquoi je ne voudrais pas avoir la réponse si je vous pose la question ? Parce que, souvent, les réponses sont très décevantes. Et si je vous donne la réponse, peut-être que vous allez trouver ça pas terrible. Tandis que si vous ne l'avez pas, vous pourrez rêver toute votre vie que vous avez fait une rencontre extraordinaire qui a énormément d'importance. Alors, j'ai dit, je veux bien savoir pourquoi, parce que je veux bien savoir pourquoi, parce que, déjà, je pense que je ne pourrais raconter ça à personne, pas vrai. Alors, libre à vous de raconter à qui vous voulez, mais... Mais, ça nous est égal, vous pouvez le raconter. D'ailleurs, les gens qu'on a rencontrés dans le passé, on en rencontre tout le temps, quasiment chaque nuit. Ils racontent à qui mieux mieux leurs aventures et... Je ne sais pas, vous ne les avez pas entendus, vous voyez. Mais je vais répondre à votre question. Laissez-moi répondre à votre question par une autre. Aujourd'hui, je sais que, par exemple, dans le pays dans lequel vous vivez, donc le pays étant un endroit de la Terre qui appartient à un certain groupe de gens dont vous faites partie, ce qui est très exotique pour nous, donc les règles dans ce pays font que vous votez, c'est-à-dire que vous mettez le nom d'une personne sur un papier, que vous mettez ensuite dans une boîte, et ensuite on compte le nombre de personnes qui ont le plus de noms sur le papier dans les boîtes, et il devient votre président et il décide de beaucoup de choses dans votre pays, on est d'accord. J'ai dit oui. Et il a dit, est-ce que vous trouvez que ce système est bien ? Je dis, bah oui, moi la démocratie, j'aime bien. Et est-ce que vous aimez votre président ? Je dis, pas du tout ! Donc, il dit, c'est quand même paradoxal que vous appréciez une méthode d'élection, et que chaque fois que vous l'appliquez, le résultat ne vous plaît pas. C'est quand même, enfin, vu de l'extérieur, c'est très illogique. Je dirais même qu'on est un petit peu dans un mode de folie. Et je lui dis, mais je pense qu'on a l'espoir qu'un jour ça marche. Oui, mais scientifiquement, c'est un petit peu déficient. Et alors, je vais vous dire, moi, de mon côté, notre côté, on est beaucoup d'individus, on est un peu dématérialisés, mais il faut quand même des gens qui prennent des grandes décisions pour la collectivité, trouver un mode, parce qu'on pourrait fonctionner comme vous, on va dire en démocratie, c'est-à-dire que quand on a des grandes décisions, on pourrait, et on a les moyens très très simples, à la fois de débattre à distance, mais aussi de... mais aussi de... par exemple, de voter comme vous le faites, ce ne seraient pas des boîtes, mais ce serait autre chose, et d'élire un chef, qui, on va dire, au moins arbitrerait les décisions quand nous sommes à égalité. Mais on s'est aperçu que c'était un mode déficient, en tout cas en ce qui concerne notre culture. Quand on vient sur la Terre, on fait quelque chose, on fait une sorte de rituel, qui est de l'ordre du mystique, et c'est tout à fait correct par rapport à notre vision, de la même façon que si demain, pour élire votre chef ou votre président, je ne sais pas, vous regarderiez, vous fassiez des horoscopes, ou vous lanceriez des dés, par exemple, des choses consacrées, des rituels, où il y a un peu de hasard, un peu de choses, j'ai dit, est-ce que c'est moi qui vais devenir votre chef ? Ils ont dit, non, aucun humain ne deviendra notre chef, mais l'idée, c'est que on va sur des planètes, on va vers des espèces qui sont encore matérielles, vous êtes faites en viande, il y a plein de bactéries en vous, plein de viande, plein de déchets, donc pour nous, c'est... On espère que vous ne resterez pas dans cet état, que votre conscience ne sera pas attachée à toute cette viande, on va dire, dans les millénaires qui vont suivre, aujourd'hui, vous êtes prisonnier, c'est tant pis, mais ce n'est pas grave, votre espèce aura un destin brillant, j'imagine. Donc nous, on va sur ces planètes-là, et en fait, on récupère des gens qui sont un petit peu pas les meilleurs de votre génération, mais les meilleurs dans des domaines particuliers. Par exemple, on prend le plus sage d'entre vous, et la personne la moins sage d'entre vous. On prend le plus intelligent, et on prend le plus stupide. On prend le plus fort physiquement apte, et le moins fort physiquement. Donc on a plusieurs pôles par rapport à ça, et après, on a un petit rituel, je ne peux pas vous donner les détails, mais de ce rituel, il émerge, on va dire, un vainqueur, d'une certaine façon, et ce vainqueur nous permet de décider pendant une grande durée temporelle sur quel axe on va prendre nos décisions. Alors la première chose, bizarrement, la première chose qui me vient en tête, je ne pense pas du tout à un battle royal, je dis, pourquoi, par exemple, vous pensez que le plus bête, que le plus bête, bon, imaginons que le plus bête gagne, ou le plus violent, vous allez avoir un dirigeant qui sera très bête, et là, il me dit, mais avoir un dirigeant bête, parfois, c'est très très bien, parce que nous, on cherche à évoluer, et une personne qui a une vue hyper court-termiste, ou égoïste, ou peu documentée, ou instinctive, et non pas réfléchie, c'est quelqu'un qui va prendre des décisions différentes de celles qu'on a apprises jusqu'à présent. Et peut-être qu'elles vont nous permettre d'explorer des choses qu'on n'a pas vues jusqu'à présent. Donc pour nous, quand, effectivement, la bêtise sort vainqueur, et malheureusement, elle sort souvent vainqueur, c'est une voie qu'on nous prenons. Je sais que c'est contre-intuitif en vous, mais imaginez un instant que la mentalité des humains change totalement, et que ce soit l'homme le plus sage du monde qui soit élu, non pas président de la France, de votre pays, mais président de toute votre planète. Quelles sont les décisions qu'il va prendre ? La première décision, face au réchauffement climatique et aux problèmes écologiques, ça va être de diminuer la consommation. Fortement. Ça va être de restreindre la croissance de la population, parce que plus il y a d'humains, plus il y a des problèmes écologiques. Ça va être donc de favoriser une sorte de repli, de repli aussi technologique, économique, et de population. Je n'émets aucune opinion positive ou négative sur ce sujet, pour supprimer la souffrance humaine. Mais ce faisant, il va y avoir un développement scientifique, par exemple, beaucoup plus faible. Parce que s'il y a moins de moyens économiques globaux, fatalement, il y aura moins de moyens économiques alloués à la science, par exemple. Peut-être même plus d'économies du tout. Donc, on va... La science sera tournée, par exemple, vers l'abolition de la souffrance humaine, vers, peut-être, l'exploration de choses propres à ce qu'on pourrait appeler votre royaume intérieur que vous ne connaissez pas encore. Mais ça va vous éloigner, par exemple, de l'exploration spatiale, et donc des étoiles, et donc de là où nous sommes actuellement. Et ça ne veut pas dire que ce sera une bonne ou une mauvaise chose. Simplement, vous aurez choisi un destin parmi d'autres. Et ce destin que je viens de vous dire, c'est-à-dire la limitation absolue de la souffrance humaine au prix de sa croissance, par exemple, c'est une voie que beaucoup d'entre vous adoreraient, mais c'est une voie qui, peut-être, serait critiquée au regard de l'histoire dans les siècles futurs. Donc, on ne sait pas... Aujourd'hui, en dépit de notre avancement technologique et sociétal, et sur beaucoup de sciences qui ne vous sont pas encore apparues, on a mis par jeu, par une forme de mysticisme ultime, de fonctionner comme ça. Et parfois, ça fonctionne. Et j'ai dit... Et moi, vous m'avez pris parce que j'étais le meilleur dans quelque chose. Alors, il dit, c'est vrai que les personnes qu'on rassemble sont déjà très avancées dans certaines choses. Votre ami V, par exemple, est drôlement intelligent. Je dis, oui, c'est vrai, il est drôlement intelligent. On dirait que c'est un mec qui a les muscles, mais il est vachement intelligent. Et oui, oui, c'est plein de choses. Et je dis même... Moi, j'ai toujours pensé que j'étais... Genre le mec... Enfin, lui, les muscles, donc forcément, j'étais le cerveau, mais il est bon, lui. Et je dis, et moi, je suis quoi ? Et il me dit, ne le prenez pas mal. Mais parmi tous les pôles possibles, les pôles possibles de choix des gens, dans le cadre de notre rituel, il y a aussi des gens qu'on prend au hasard. Il y a aussi le facteur hasard, c'est-à-dire des directions sociétales ou des décisions à l'échelle galactique qui sont prises au hasard. Parce que le hasard parfois permet des choses. Un peu comme l'humour, par exemple, qui permet l'association d'idées au hasard. Alors, je dis... Alors, j'étais un peu déçu. Je dis, ah bon, je suis pris au hasard ? Donc, j'ai dit, tout ce qu'il y a en moi, ma seule valeur, c'est que j'étais le gars qui était là. Et il dit, ben, souvent, la bonne personne au bon endroit, ça change l'histoire. Et vous étiez effectivement là. Et j'ai dit, donc, vous allez me... Vous allez me mettre dans votre rituel et tout. Et il me dit, ben non, vous n'êtes pas retenu. J'ai dit, donc, non seulement vous m'avez pris au hasard, mais en plus, je ne suis même pas assez bon au hasard. Et il dit, effectivement, vous n'êtes pas une personne qui est assez au hasard dans l'histoire humaine pour pouvoir vous prendre. Je ne peux pas en dire. Je ne peux pas en dire plus. J'étais un peu... Alors, vraiment, c'était pire que s'il m'avait dit que j'étais le pire de je ne sais pas quoi. J'étais un petit peu... Mais bon, moi, j'étais détendu. Je ne souffrais plus. Moi, je n'étais pas le pire froussard, par exemple. C'est ce que je disais. J'ai dit, bon, ben, je crois qu'on s'est tout dit. J'étais un peu vexé. Et là, il me dit, oui, on va vous ramener dans votre voiture. Voilà. J'ai une petite chose à vous dire et j'aimerais vous rassurer parfaitement. Est-ce que j'ai votre confiance ? C'est ce qu'il dit. J'ai dit, moi, je fais confiance aux gens, même quand ils ne sont pas humains. J'ai confiance aux extraterrestres, même aux clowns-tueurs récemment. C'est récent. Et donc, il en prend note parce qu'il ne comprend pas ce que c'est que l'humour. Il dit, d'accord, vous faites confiance aux clowns-tueurs. Je dis, cela dit, quand je serai dans la voiture avec tout le monde, là, là, je dirais, OK, ils tiennent parole. C'est des good guys. Il dit, ben, justement, en fait, on va garder l'un d'entre vous. On va garder Dorian. Et je dis, c'est parce que c'est le plus bête, c'est ça ? Il me dit, non, ce n'est pas le plus bête, Dorian. Mais on va le garder avec nous. Ne vous inquiétez pas, on en prendra grand soin. Beaucoup plus que toutes les instances, peut-être, qui auraient pu en prendre soin et qui, manifestement, au regard de son histoire, ont été déficientes de bout en bout. Et sachez que je pense qu'il sera très heureux et il va avoir un très bel avenir, très intéressant. Alors, ben, je dis, mais attendez, il est d'accord, enfin, vous le ramenez. Et, en fait, je n'ai pas pu terminer parce que, une fois de plus, c'est comme si j'avais fermé les yeux. En tout cas, je n'ai plus vu les choses, bien que j'avais les yeux grand ouverts. Et je me suis comme réveillé dans la voiture. Voiture, place arrière, à côté du V, à côté d'Iskander. On s'est un peu réveillé et je crois qu'on avait vécu un peu le même truc et qu'on n'allait pas du tout en parler. Et Iskander, il dit on est d'accord que Dodo, il ne reviendra pas. Et le V, il a dit ouais. J'ai regardé l'heure, il était genre 4h du mat' et à l'est, la nuit devenait un petit peu bleu, sombre plutôt que noir. Et Iskander a dit bon, ben, on y va. Il a allumé le contact. La voiture est partie. Il y a d'autres voitures qui sont parties. On avait tous envie de partir loin et rapidement. Et quand il y a des questions non répondues, trop bizarres, des expériences trop bizarres dans la tête, parfois il faut des années, des années, des années, des années, pour ne serait-ce même pas en parler, mais genre avoir un dialogue intérieur à ce sujet-là. En tout cas, on est parti. On a un peu fui la scène, en espérant que les extraterrestres aient dit vrai et aient bien pris soin de Dorian.
