Luna Invicta - Episode 18
Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 18.
Luna Invicta, épisode 18. Je suis resté jusqu'à 21h30 avec Cassandre, qui est de compagnie très agréable et qui a beaucoup de choses à dire. Elle a parlé de livres qu'elle lisait et je lui ai parlé de jeux vidéo auxquels je jouais et surtout de la Cité des Secrets auxquels j'avais envie de jouer, auxquels je pensais beaucoup. Elle souriait un petit peu, un peu comme si elle pensait que je n'allais jamais plus y jouer et que j'allais mourir ce soir.
Je lui ai dit « je vais mourir ce soir », elle m'a dit « non ». Et à partir du moment où elle a dit « non », j'ai commencé à me dire « oh, il y a un vrai danger, je ne sais pas ». En tout cas, on a beaucoup parlé, parce qu'on a parlé plusieurs heures, mais je vais parler d'une chose qui aura son importance par la suite. On a parlé des jeux de combat et puis elle a dit « mais les arts martiaux vous intéressent Alexis ? ».
Alors j'ai dit « ben, j'y connais pas grand-chose ». Alors elle me dit « je vais vous dire quelque chose que personne ne vous dira sur les arts martiaux, c'est que c'est une science mathématique avant tout. C'est une science qui, quand vous donnez un coup sur une autre personne ou sur un sac de sable, en fait les forces qui sont à l'œuvre sont des forces qui sont physiques et mathématiques. C'est pas la rage.
C'est pas l'instinct. C'est pas l'énergie de vivre. Tout ça c'est mathématique. Alors je dis « d'accord ».
Et elle me dit « j'espère que vous n'aurez pas à vous battre jamais dans votre vie, mais un jour vous aurez peut-être besoin de donner un gros coup sur une porte. Alors je vais vous donner un petit truc mathématique. La force d'impact, quand vous donnez un coup, elle suit une équation qu'on appelle l'équation d'énergie cinétique, qui est 1,5, donc 0,5 multiplié par la masse de votre point, qui n'est pas beaucoup, multiplié par la vitesse à laquelle votre point arrive sur la porte, et cette vitesse elle est portée au carré. L'énergie égale 1,5 de mv au carré.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous avez un gros marteau, mais que vous donnez un coup très lent, il ne va rien se passer. Par contre, si vous avez un marteau très petit, et que vous allez très très vite, là, la vitesse, c'est ce qui importe le plus, parce qu'elle augmente avec le carré. Vous comprenez ?
Alors je dis oui, oui. Elle me dit, les arts martiaux mathématiques, ça ne vous intéresse pas trop, c'est ça ? J'ai dit, comme je vous l'ai dit, je n'ai pas trop envie de me battre. On est sortis du McDo, on a marché un petit peu dans le vieux lion.
On s'est assis plusieurs fois, parfois elle ne disait rien. Le soleil s'est couché, et elle m'a accompagné. Un petit peu en bordure, pas loin du moment où Lyon devient le nord de Lyon. Et il commençait à y avoir moins de personnes dans la ville, parce que c'était un quartier déjà pas trop fêtard ou quoi.
On était dans... Enfin, on longeait quand même des grands immeubles, qui auraient pu tout à fait être des immeubles haussmanniens parisiens. Et on est à un coin de rue, elle regarde dans la rue, elle dit, bon, c'est par là. Elle revient dans la rue, on n'est pas encore dans le coin de la rue en question.
Et elle dit, ils sont déjà tous rentrés, moi j'ai attendu un peu, c'est normal. Alors déjà, vous allez prendre ça. Elle me donne un médaillon avec des éclairs qui est absolument affreux. Et elle me dit, vous allez frapper à une porte que je vais vous montrer.
Il y a un gars qui va ouvrir, elle veut lui montrer ce médaillon. C'est un truc nazi, d'accord ? Donc, vous le montrez à ce moment-là, et vous le cachez le reste du temps, et puis après vous me le redonnerez. Alors moi j'ai dit, où est-ce que vous avez trouvé des médaillons nazis ?
Alors elle me dit... Vous voyez ? Mon problème, et le problème avec toutes les langues qui s'appellent Cassandre, c'est que si je vous disais la vérité, vous ne me croiriez pas. Alors, je lui dis, genre vous l'avez pris à Hitler.
Elle me regarde droit dans les yeux, elle me dit, vous ne me croiriez pas, c'est pas la peine que je vous en parle. Ensuite, il va peut-être vous demander un mot de passe, d'accord ? Alors je dis, ok. Et le mot de passe, c'est...
Vous dites, je connais les 14 mots. Ou alors, vous dites, je connais les 14 mots. Et je ne les dirai pas. Ou alors, vous dites, je ne connais pas les 14 mots.
En tout cas, vous essayez de caser 14 mots dans l'histoire, d'accord ? Alors je dis, pourquoi 14 ? Alors elle me dit, c'est comme ça. Je dis, c'est quoi les 14 mots ?
Elle dit, c'est un truc nazi, c'est bon, j'ai déjà dit assez de trucs. Alors je dis, ok, mais je dis juste 14 mots, je ne dis pas genre 14 mots en allemand. Et là, je suis en train de me dire que 14 mots... L'expression 14 mots en allemand devrait être une expression absolument impossible à retenir.
Qui valait mieux que je les dise en français. Elle me regarde droit dans les yeux. Elle me tape un peu sur la poitrine pour vérifier que j'ai bien le médaillon. Ça me fait un peu mal.
Elle ne me dit rien. Moi, je dis quand même, vous pourriez me faire un petit bisou. Un petit bisou de courage. Elle ne me fait pas du tout un petit bisou de courage.
Mais elle me regarde avec une grosse intensité. Et elle me dit, vous allez ressortir vivant. J'ai dit, mais pourquoi vous dites ça ? C'est vachement grave.
Elle me dit, c'est des gens dangereux les nazis. Sinon, on ne serait pas en train de... On ne serait pas sur le sujet si c'était des bisounours. Mais vous allez vous en sortir.
Je vous le dis. Et à partir du moment où je vous l'ai dit, c'est que ce sera la vérité. Ne vous inquiétez pas. OK.
Et je dis, quand je sortirai, j'aurai droit à un petit bisou ou pas ? Elle me dit, n'oubliez pas, vous allez là-bas pour votre frère. C'est votre frère qu'il faut gérer. Donc, je me retourne.
Et je vais vers la porte qu'elle m'a indiquée. Il n'y a personne dans la rue. Et je me dis, quand même, c'est super relou. Et je commence à m'énerver.
Et je dis, quand même, c'est relou. Parce qu'en vrai, je n'ai pas tellement envie de revoir mon frère. Surtout si c'est un nazi. D'accord ?
Et cette meuf, en fait, je m'aperçois qu'elle est hyper intéressante, hyper intelligente ou je ne sais pas quoi. Et je me suis toujours dit, en fait, elle pourrait me faire un petit bisou. Elle ne me le fait même pas. J'étais vraiment très énervé.
J'ai essayé de me calmer un peu quand j'ai frappé à la porte. Et effectivement, il y a un gars. Et alors là, tout de suite, le gars a l'air nazi. C'est fou comme...
On ne voit pas forcément un copain. Un socialiste au visage. Quoique, un socialiste de province, c'est souvent un gars qui a des petites lunettes avec des montures rouges, par exemple. Mais là, ouais.
Coupe en brosse. Mec qui ne prend jamais le soleil. Voilà. Un petit peu de muscu, mais pas trop.
Et il me dit, je ne te connais pas. Et je lui montre le médaillon. Il dit, regarde ici. Il a fait...
Tu vois ? Et... Il me dit... Je ne te connais pas quand même.
Et en plus, il tape sur le médaillon. Ça me fait mal, tu vois. J'étais un peu énervé. Je commence à être très énervé, tu vois.
Et je lui dis, ne me fais pas dire les 14 mots en mode c'est une malédiction, tu vois. Et il dit, bon, tu peux rentrer quand même. C'est ta première fois. Et je dis, ouais.
Il dit, c'est ce qui se passe la première fois. Et donc, je rentre. Il y a une sorte d'antichambre, un peu comme dans une boîte de nuit. Et effectivement, on arrive dans ce qui pourrait être une boîte de nuit.
C'est un grand, grand appartement. Je pense que c'est même deux appartements fusionnés au rez-de-chaussée. Et au-dessus, il y a des sortes de bureaux qui sont vides la nuit. Et ce n'est pas un appartement avec des canapés ou quoi.
Tout a été poussé sur le côté. C'est genre une buvette de syndicat ou je ne sais pas quoi. En tout cas, il y a de la musique très forte que je ne connais pas, que je ne pourrais pas identifier. Il n'y a que des mecs.
Que des mecs. Et que des mecs qui ressemblent aux mecs de l'entrée, quoi. Et je cherche un peu du regard si c'est à mon frère ou pas. Mais il y a vraiment beaucoup de gens.
Il y a peut-être, je ne sais pas, 50 personnes déjà. Il n'y a pas de discours ni rien. Ils sont en train de boire des coups ou discuter de choses. Et effectivement, le gars qui m'a fait rentrer, il me pousse dans le dos.
Et il dit, c'est à nouveau, c'est sa première fois. Alors, il y a une sorte de 10 ou 15 personnes qui se battent autour de moi. Il dit, première fois, tu es obligé de te battre. Alors, je dis, attendez, c'est un fight club ici ?
Il me dit, elle est vraiment premier degré ? Ben oui. Et tu vas te battre. Alors, je regarde les gens et j'essaie de voir s'il n'y en a pas un petit, tu vois.
Et ils disent, non, non, non, tu vas te battre avec Camille. Alors, Camille, je me suis dit, avec un peu de chance, c'est une meuf, mais il y a très peu de chance. Mais moi, Camille, je pense à Camomille, tu vois. Je pense à un petit gars avec un petit visage poupin, tu vois.
Une petite tétine. Et en fait, je suis en train de me dire, en fait, ce qu'ils ne savent pas, c'est que je ne vais pas me battre. Moi, je n'ai jamais battu et je ne me battrai jamais. Je ne suis pas un violent.
Je ne suis pas dans un fight club. Je suis effectivement la personne qu'il ne faut pas inviter au fight club parce que forcément, ça va être très décevant pour tout le monde. Et la musique est encore plus forte. Et vraiment, l'émotion que je ressens, qui était de la colère.
C'est plutôt, j'ai envie de pleurer. Mais là, je réalise avec un vertige anxieux, hyper fort que je suis au milieu de nazis qui veulent que je me batte avec eux et que je ne peux pas repartir comme ça. Et que même si je repartais, il y aurait peut-être des policiers qui me diraient, mais regardez, vous avez un médaillon nazi autour du cou ou des choses comme ça. Et je déteste, je déteste profondément Cassandre.
Je déteste mon frère, je déteste toute la planète. Voilà, je me dis que... Il faut absolument que lundi, je retourne sur le chantier. Il y a un petit gars qui s'appelle Bastien.
Genre, court sur pattes, tu vois, trapu. Il me regarde droit dans les yeux et il me tient les joues. Et j'ai peur qu'il m'embrasse. Et en fait, pas du tout.
Et il me dit, écoute, Camille, c'est un gros fils de pute. Et c'est un gars, c'est un gars, il fait tous les coups fourrés de la terre. Tous les coups fourrés de la terre, il va te les faire, d'accord ? Donc, toi, il faut que tu sois deux fois plus fils de pute que lui, d'accord ?
Tu vises les yeux, tu vises la gorge. Tu lui mets un coup de pied dans les couilles. Premier truc, d'accord ? Et je lui dis, mais j'ai pas du tout envie de faire ça, tu vois.
Et je me retourne. Et Camille, évidemment, évidemment, Sten d'Indiana Jones. Camille, c'est genre pas le plus gros, mais c'est vraiment... Il est gros.
Il est vraiment genre fat. Genre, il va m'éclater la tête contre le sol. Je vais mourir, tu vois. Il est grand.
Il s'est mis torse nu. Ça devient crypto gay. Et je vais me faire défoncer, tu vois. Et il dit...
Et en fait, les gens l'appellent Don Camillo autour de ça. Et puis, genre, il claque des mains en même temps qu'il y a la musique. Il me fait mal à la tête, tu vois. Et tout ça, tout ce que je vous ai dit, ça s'est passé en cinq secondes.
Je suis rentré cinq secondes plus tard. Il y avait Camille, torse poil, une tête de plus que moi qui était là. Et Camille, il ouvre les bras. Et il me dit, je suis de bonne humeur aujourd'hui, donc tu donnes le premier coup.
Et je voulais pas me battre, mais je me suis dit, j'ai le droit de donner le premier coup. Et que je lui donne un bon coup de pied dans les couilles. Le mec, il va pas se relever. Et soit je m'en vais, soit c'est la fin du match, soit c'est pas la fin du match.
Je peux quand même donner d'autres coups de pied dans les couilles. Et voilà, jusqu'à ce qu'à un moment, tout le temps, il m'a ses limites quand même. Surtout Camille. Et donc, je dis, j'ai vraiment le droit au premier coup gratuit.
Et avec une petite voix qui monte dans les yeux. Et il me dit, bah oui, vas-y. Et tout le monde rigole, tu vois, vas-y. Et vraiment, je prends mon élan, je lui donne un gros coup de pied dans les couilles.
Et il l'arrête avec sa main, tu vois. Et je dis, mais c'est pas... Enfin, j'avais pas le droit au premier coup. Et là, il me donne un coup sur le nez.
Mais vraiment, il me défonce le nez, tu vois. Et je viens de comprendre que c'était un trick, en fait, son histoire de premier coup. C'était... Enfin, tu vois, c'était ça.
Et vraiment... Alors, donc, il me donne un coup, en fait, c'est sur la pommette. Et ça craque jusqu'au nez, tu vois. Et je fais un tour sur ma main.
Tour sur moi-même. J'ai l'impression de perdre des dents. Et je tombe par terre. Je m'éclate la tête, le haut de la tête, sur le sol.
C'est-à-dire une espèce de carrelage que je vois hyper puissant et tout. Et première chose, si ça vous arrive, vous verrez qu'étonnamment, ça fait pas très mal. C'est-à-dire qu'on a une bonne sensation de ce qui est en train de se passer dans le corps. La douleur est présente, mais elle est pas aussi forte qu'on pourrait penser.
Mais gros problème, en fait. Donc déjà, je saigne du nez une fontaine. Je saigne de la lèvre une fontaine. J'ai même, genre, la joue qui est ouverte.
Et... Je me suis pété l'arcade soucière sur le sol. Et j'ai aussi le boîtier. Donc je suis une tête sanguinolente.
Je me relève et j'essuie un petit peu. Alors que tout le monde est en train de se marrer. Il me donne un gros coup de poing dans l'estomac. J'arrive plus à respirer.
Et j'ai plus d'émotions. J'ai plus de colère, plus rien. Je sais que je vais mourir, tu vois. Et j'en veux énormément à Cassandre.
Normalement, Cassandre, souvenez-vous, dans l'Antiquité, elle disait des prophéties que personne ne croyait. Et qui se réalisaient quand même. Elle a... Elle a dit que je ne mourrais pas.
Et je crois que c'est l'inverse. C'est-à-dire, je l'ai cru et ça ne va pas du tout se passer. Mais quand je... Parce qu'il faut quand même que je vois un petit peu...
J'enlève le sang qui coule sur mes yeux, là. D'une blessure que je me suis auto-faite. Qu'est-ce que je vois ? Vraiment, genre...
Parce que maintenant, il y a une espèce de cercle autour de nous, tu vois. Qui s'ouvre. Il y a tout le monde qui nous regarde. En face de moi, derrière Camille, je vois un mec, plus grand que Camille.
Ultra barraque. De fou, tu vois. Genre, il a un bonnet. Et c'est une montagne.
Et ce mec-là, c'est mon frère. C'est Thibaut. Il a complètement changé. Genre, il n'a plus du tout de dread ou de...
Enfin, il est plus tout maigre, tout sec, quoi, tu vois. Le mec fait de la muscu 24-7. Et c'est un nazi, quoi. Je suis en train de tituber.
Et Camille dit... Alors que je suis en train de reprendre mon souffle. C'est vraiment difficile. Bon, là, vraiment, je te laisse un coup parce que je crois que c'est un peu la fin, là, pour toi.
Et... Je ne sais même pas si c'est vrai. Je ne pense pas, mais je vais me faire avoir deux fois. Donc, je ne fais rien, tu vois.
Et ils se moquent tous de moi en disant ça y est, il l'a calmé, il l'a compris. Il a compris, tu vois. Et il me donne des petits coups sans y croire. Ça fait même pas mal, tu vois.
C'est un peu pour faire durer. Tout le monde rigole. Et à un moment, il se retourne pour me narguer. Et je n'ai même pas le courage de le frapper.
Et il se retourne et il me refrappe encore au visage. Et là, je tombe par terre. Et je suis juste fatigué, tu vois. Je suis fatigué.
Et je dis, je m'en fous. Et en fait, mon frère, s'il me laisse me faire tabasser à mort, ben, c'est son problème, quoi. Enfin, il vivra avec ça. Et puis moi, comme j'ai dit, j'ai assez vécu.
Et je... Je me suis... Je me suis... Je me suis...
J'ai juste... Je suis resté par terre, le dos au sol, avec le sang partout. Et des gens m'ont traîné. Ils m'ont assis sur une table.
Ils m'ont pas retapé, mais ils m'ont un peu lavé. Genre, il y a un mec qui a ouvert une bouteille de bière et il m'a lavé le visage avec la bière. Ils sont tous revenus plus ou moins à leur... à leur...
à leurs occupations. Mais il y a deux, trois gars qui sont un peu de mon calibre, pas trop grands. Je pense qu'ils étaient... qu'ils s'étaient pris des dérouillés aussi. Ils ont commencé à dire, ben voilà, t'es nôtre, t'as fait le rite de passage.
Tu sais, un jour, c'est toi qui frapperas un gars, tu vois. Et Camille, c'est un bon gars, en fait. Et c'est le premier... C'est le premier à taper ces connards d'Antifa quand ils nous chargent en manif et tout.
Et vraiment, voilà, il va falloir que tu viennes à la muscu. On va t'apprendre à te battre et tout. Et tu verras... Tu verras, on va...
On va faire des trucs bien, tu vois. Genre, ils étaient un peu chauds. Et j'étais... Comment dire ?
J'étais... J'étais en état second, en fait. Je comprenais pas, tu vois. Et même, en plus, j'avais en face de moi des nazis et ils m'avaient l'air sympa, tu vois.
Vraiment, la perte de repère était totale, tu vois. Et, en fait, entre le moment où ils m'ont allongé, ils m'ont nettoyé à la bière et que... et que j'ai émergé de cette espèce de musique dégueulasse et tout ça, il s'était passé, en fait, une heure et demie. Et j'avais complètement perdu la notion du temps et tout. Et j'étais en train de me dire, j'ai peut-être une hémorragie cérébrale interne ou quoi.
Parce que j'avais... Je voyais rouge à l'intérieur de l'œil et en plus du sang qui coulait encore. Et j'avais... Enfin, ça faisait boum dans ma tête, genre, toutes les cinq secondes, ce qui est pas raccord avec le battement sanguin ou je sais pas quoi.
En fait, je me suis dit, je vais pas mourir comme ça, mais je vais mourir bientôt, en vrai, tu vois. Je pensais qu'à ça. Et je voulais juste partir, j'avais envie de pleurer. Et là, il y a...
Je vois mon frère qui passe, qui jette un regard sur moi, genre, un peu au ralenti, tu vois. Et il sort, en fait, avec un vieux gars. Il sort, tu vois. Et donc, je dis, écoutez les gars, je vais prendre l'air, je reviens.
Et je sors. Et... En fait... Enfin, je sors, je respire de l'air.
Je sais même plus pourquoi je suis sorti. Et je m'aperçois que j'ai du mal à marcher, donc je m'appuie sur le mur. La porte se referme. Il y a Cassandre qui vient tout de suite.
Elle apparaît de nulle part, comme c'est en habitude. Et elle dit, waouh, ça va ? Alors, je dis, non, pas du tout, ça va pas du tout. Et je crois que j'ai une hémorragie cérébrale, je crois que je vais mourir.
Alors, elle... Elle pousse un peu sur mon front et tout. Et elle me dit... Elle m'a donné des petites claques, genre, pour me réveiller.
Et elle me dit, est-ce que vous entendez distinctement mes mots ? Alors, je dis, oui. Et là, je me dis, c'est-à-dire, elle me vouvoie tout le temps. Elle me dit, écoutez bien ce que je vais vous dire.
Alors, je dis, j'écoute. Vous n'allez pas mourir ce soir, d'accord ? Vous n'allez pas mourir ce soir, ni demain matin. Je vous le promets.
Je dis, ok, mais quoi ? Elle me dit, faites-moi confiance. Je vous le dis. C'est la vérité.
Est-ce que vous y croyez du fond de votre âme ? Je dis, bon, j'en sais pas trop. Moi, je crois que vous en êtes persuadé. Alors, elle dit, ça suffira.
Et maintenant, vous me suivez. Et elle me suit. J'ai du mal à marcher, donc elle me porte à moitié. Et je me dis qu'à chaque fois que je la rencontre, il m'arrive des histoires de dingue, mais bon.
Et il y a mon frère, donc mec de, je sais pas, il a grandi depuis l'époque, mais il a dû prendre, je sais pas, en plus, il a ses muscles, il a l'espèce de ranger qui lui donne une taille incroyable. Il se tient droit comme s'il avait fait la Légion étrangère, quoi. Vladimir II, quoi. Et il est avec un vieux gars, tu vois.
Et elle me dit, je suis vraiment désolé que vous ayez vu rentrer. Parce que finalement, vous voyez, il nous tombe tout cuit. Et là, dans la rue, je dis, bah, vous pensez que je devrais aller le voir ? Et elle me dit, non, non.
Il faut aller voir où il va, parce que là, il est avec le chef de la cellule de Lyon. Et, bah, en fait, ce gars-là, il prend un des gars de temps en temps et il l'amène chez lui, quoi. Et je dis, il l'amène chez lui pour l'initiat des secrets de nazis ou est-ce qu'ils vont coucher ensemble ? Elle me regarde, elle me dit, elle me dit, d'après vous, qu'est-ce qu'ils vont faire ?
Je sais pas, ils vont tuer des gens ? Ils vont créer des camps de concentration ? Non. Mais vous étiez sur la bonne piste au début.
Donc, ils marchent un peu, mais pas trop, trop. Et on passe deux rues, deux quartiers, et heureusement, parce que moi, j'ai du mal à respirer, je suis pas bien, tu vois. Et en plus, là, je sais pas si ça vous... Je sais pas si vous vous êtes déjà fait tabasser, mais sur le coup, on a pas mal.
Et parce qu'on a beaucoup d'adrénaline qui monte, et l'adrénaline, ça nous fait oublier la douleur. Et tout d'un coup, ça tombe, ou on s'habitue, je sais pas quoi. Et là, tout d'un coup, on a mal, mais de partout. Et là, je marchais, j'avais l'air frais, je me disais, je vais vivre, tu vois.
Et j'avais la douleur qui montait, j'avais mal. Et il y a... Vraiment, il y a le plus bel immeuble qui existe sur les quai de Saône qui était là. Il rentre dedans.
Nous, on est devant... Donc, on l'essuie, on est devant un digicode à la con, tu vois. Je m'assieds sur les quelques marches qui montent à la maison. Et...
Enfin, dans cet immeuble. Et elle me dit, bon, je vais essayer de ouvrir ce digicode. Ensuite, on va voir votre frère. Et ce qui est très important, Alexis, c'est que il faut que vous parliez à votre frère et vous lui...
En fait, c'est lui le problème. C'est pas le grand manitou des nazis, d'accord ? C'est lui le problème. Je dis, bah, ok.
Et... Elle trifouille un peu le digicode. Elle arrive, je ne sais pas comment, à ouvrir le digicode. Elle regarde les boîtes aux lettres.
Pour moi, c'est que des noms genre Morel, Dupont, etc. Elle arrive à trouver l'étage. On monte à l'étage. Je comprends rien.
J'ai l'impression qu'il y a des choses qui m'échappent dans tout ça. Imaginez-moi mec normal il n'y a pas trois heures et absolument la gueule défoncée et qu'il y a mal partout dans un putain d'ascenseur lyonnais avec les inconnus qui met son bonnet et qui ouvre la porte je veux sonner elle me met la main sur le poignet elle me dit surtout pas elle me regarde, elle me dit un demi de MV carré, vous vous en souvenez ? Alors je dis, ouais, l'énergie cinétique et là elle donne un méga coup de pied très rapide, pour le coup sur la serrure qui s'ouvre d'un coup, la porte s'ouvre tellement fort, boum, qu'elle revient un petit peu en arrière, tu vois et on rentre et là, en fait, on a une scène un peu inattendue, mais ce n'est pas ce que vous pensez donc le vieux gars qui s'appelle Alexandre, dont le surnom était Alexandre le Grand le vieux gars est assis sur une chaise il a été saucissonné avec du scotch et il y a mon frère qui est debout, qui n'est pas du tout saucissonné, lui, et qui est plutôt l'artisan du saucissonnage et il a un couteau à la main et il était sur le point d'égorger façon taliban ce gars-là alors comme Cassandre rentre comme une furie lui, il s'arrête et ensuite, comme je viens derrière, là, il pose un petit peu le poignard, parce que je pense que le fait que je le vois dans un relais nazi il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête il a dû le faire carburer un petit peu, et là que je l'ai suivi et tout, que je sois rentré il doit réfléchir à deux fois et en plus, il se dit, bon j'imagine qu'il se dit que si il fait un acte de meurtre devant un témoin, il sera obligé de tuer les témoins vu que c'est un gars qui a l'air de tuer régulièrement il se dit peut-être il se dit peut-être qu'il pourrait me tuer, mais enfin, je suis son frère, quoi, tu vois et de façon assez théâtrale, Cassandre pointe son index vers lui, et il dit Thibaut, vous allez arrêter tout de suite votre frère est là on est venu vous chercher et maintenant c'est de terminer les meurtres, d'accord alors je dis avec surprise, mais attends, Cassandre en fait, mon frère tue des nazis, c'est ça ? ça change tout, hein alors elle dit, ben non, ça change pas tout je veux dire, on ne tue personne surtout pas des nazis, alors Thibaut il dit, ben si moi je suis d'avis que les nazis doivent mourir alors Alexandre commence à s'énerver et à dire, espèce de traître t'étais là depuis le début, c'est toi qui les as tous tués et tout, il lui donne un coup de poing mais genre, ça a dû lui enfin, je ne sais pas s'il va encore manger l'année qui suit, quoi, je crois le mec, il le sèche, de toute façon il allait le tuer, mais je ne sais pas s'il a encore envie, mais le mec, genre, il tombe dans les pommes immédiatement, et je crois qu'il en a pour trois semaines et il y a Thibaut qui dit, est-ce que ça dérange quelqu'un ? et il dit, est-ce que ça dérange quelqu'un ? que je tue des nazis, si, et qu'Ascente dit, oui, je pense que ça me dérange, moi en particulier il lève encore son poing géant pour lui donner un gros coup et qu'elle s'envole parce qu'elle fait 30 grammes la meuf, elle se téléporte, genre, elle va tellement vite elle fait un pas de côté, le poing tombe nulle part, et elle donne le petit coup, genre, très rapide, là où il faut derrière la nuque, et il commence à voir flou, tu vois elle lui donne un petit coup, là où il faut, sur le poignet et le poignet retombe par terre, elle le récupère et elle le jette, genre, par la fenêtre tu vois, moi j'étais en train de dire il y a peut-être un gars qui attend sous la fenêtre mais bon, peu importe et elle dit Thibaut je n'aime pas les nazis comme vous mais moi, j'ai l'espoir qu'un jour ils s'arrêtent d'être nazis, et même s'ils sont nazis jusqu'à la fin de leur jour ils ont le droit à la vie c'est très important, quand vous tuez quelqu'un, vous cassez de façon irrémédiable quelque chose quelque chose dont vous sur lequel vous n'avez aucun pouvoir, et Thibaut vous avez vous avez pris l'apparence des nazis pour pouvoir tuer des nazis, mais en tuant des nazis vous devenez un nazi elle dit ça de façon extrêmement claire, alors que nous deux, les deux frères on est vraiment, genre, pas en état d'entendre quoi que ce soit, tu vois et elle dit, maintenant on va tous être raisonnables et on va partir d'ici elle traîne mon frère, alors qu'elle pèse 30 grammes et que lui, il est un petit peu il a du mal à reprendre ses esprits tu vois, mais il marche un peu comme un vomi tu vois, elle le traîne dehors elle ferme la porte elle me regarde droit dans les yeux, elle dit vous, vous allez appeler la police dans quelques temps pour afin qu'ils prennent soin d'Alexandre on va vous expliquer à la police que c'est un gars qui détient une collection de de souvenirs nazis un peu partout, qu'il cherche, il doit avoir des armes et tout, ça va ça va pas arranger son cas et vous suggérez que vous avez eu ça parce que vous avez un ami qui est dans un club néo-nazi d'accord, vous avez tout noté alors je dis, ça fait beaucoup quand même et donc, on descend par les escaliers elle pousse mon frère dans les escaliers il roule comme une boule, les gens commencent à sortir et tout et elle dit il y a un voisin qui sort qui dit, mais qu'est-ce que c'est que ce raffut elle lui donne une gifle, elle dit, appelez la police et donc moi, je suis aussi en train d'appeler la police en expliquant tout ça, tu vois et en disant en fait, c'est un téléphone que j'ai trouvé par terre en mode, c'est pas moi, tu vois c'est n'importe quoi tout est très confus et on est dans la rue et je dis quand même, la police va arriver, elle me dit c'est la police, n'exagérez pas elle nous traîne elle traîne en tout cas à mon frère dans une sorte de parc qui est fermé, elle défonce l'entrée on s'assied sur un banc elle me regarde dans les yeux elle regarde regarde mon arcade social elle dit, oh, c'est pas grand chose faites le point, vous deux elle soulève un peu le menton de Thibaut qui est vraiment un espèce de géant par rapport à elle, qui est toute petite et elle dit, vous savez, vous maintenant le grand chef des nazis, il sait que c'est vous qui avez tué des nazis, donc vous allez vous calmer et vous allez penser à une reconversion je suis sûr qu'il y a des tas de métiers qui vous attendent et qui sont très bien et profitez-en pour parler avec votre frère il y a plein d'affaires en suspens vous concernant et ensuite, elle revient vers moi et elle dit, vous savez, le courage, c'est pas de pas avoir peur le courage, c'est d'affronter ses peurs alors, je pense que vous n'avez pas vraiment affronté vos peurs vous êtes largement, complètement inconscient mais à un moment, vous vous êtes fait tabasser et vous n'avez pas eu le choix, et vous l'avez fait je suis désolé que ce soit arrivé je n'aime pas la violence et après, elle a dit, je suis désolé et elle m'a fait un petit bisou sur le front elle est partie et moi j'étais à côté de mon frère et il m'a dit, c'est qui cette folle ? et j'ai dit, en vrai, je ne sais pas du tout et il m'a dit, comment tu m'as retrouvé ? et là, je lui ai expliqué un peu tout je passe les passages sur les ovnis et Sophia, et Dodo et les clowns tueurs, etc et je dis en gros ce qui s'est passé et en fait, à partir du moment où je parle je commence à tout balancer tout ce qui s'est passé mes deux ans à VGT et je me dis, je ne sais pas Deliveroo, les chantiers tout comme moi et ma vie aujourd'hui et je lui ai dit aussi que je ne l'aime pas particulièrement qu'il ne me manque pas particulièrement mais que ma famille, c'est juste lui et que je ne sais pas ça m'a semblé important et que en vrai, je trouve ça plutôt cool qu'il tue des nazis mais je pense que Cassandre a raison pour le faire pour le faire pour le faire pour l'idée de ne pas le faire et il dit, ouais et je lui demande comment tu en es arrivé là ? pourquoi tu fais ça ? et il ne dit rien mais à un moment, il se lève et il va mieux il n'a plus le regard flou et il dit, je ne suis pas tout à fait d'accord avec je ne suis pas tout à fait d'accord avec Cassandre, je crois que tu es un mec très courageux tu es un mec très courageux et moi pas trop et il dit, ouais je vais devoir partir d'ici parce que les néonazis ont plein de défauts mais ils ont la qualité d'être plutôt dangereux donc je vais réfléchir à tout ça je vois que tu n'as pas trop changé de numéro alors j'ai dit, en fait, je vais devoir me séparer de mon téléphone parce que j'ai appelé avec mon téléphone sans réfléchir, tu vois mais je dis, toi, tu ne changes pas de numéro il me dit, non je dis, je t'appellerai alors je t'enverrai un message en restant en contact et il me dit, ok et là, je me rappelle d'une chose très importante et je lui dis, attends il faut que je te dise encore une chose
Luna Invicta, épisode 18. Je suis resté jusqu'à 21h30 avec Cassandre, qui est de compagnie très agréable et qui a beaucoup de choses à dire. Elle a parlé de livres qu'elle lisait et je lui ai parlé de jeux vidéo auxquels je jouais et surtout de la Cité des Secrets auxquels j'avais envie de jouer, auxquels je pensais beaucoup. Elle souriait un petit peu, un peu comme si elle pensait que je n'allais jamais plus y jouer et que j'allais mourir ce soir. Je lui ai dit « je vais mourir ce soir », elle m'a dit « non ». Et à partir du moment où elle a dit « non », j'ai commencé à me dire « oh, il y a un vrai danger, je ne sais pas ». En tout cas, on a beaucoup parlé, parce qu'on a parlé plusieurs heures, mais je vais parler d'une chose qui aura son importance par la suite. On a parlé des jeux de combat et puis elle a dit « mais les arts martiaux vous intéressent Alexis ? ». Alors j'ai dit « ben, j'y connais pas grand-chose ». Alors elle me dit « je vais vous dire quelque chose que personne ne vous dira sur les arts martiaux, c'est que c'est une science mathématique avant tout. C'est une science qui, quand vous donnez un coup sur une autre personne ou sur un sac de sable, en fait les forces qui sont à l'œuvre sont des forces qui sont physiques et mathématiques. C'est pas la rage. C'est pas l'instinct. C'est pas l'énergie de vivre. Tout ça c'est mathématique. Alors je dis « d'accord ». Et elle me dit « j'espère que vous n'aurez pas à vous battre jamais dans votre vie, mais un jour vous aurez peut-être besoin de donner un gros coup sur une porte. Alors je vais vous donner un petit truc mathématique. La force d'impact, quand vous donnez un coup, elle suit une équation qu'on appelle l'équation d'énergie cinétique, qui est 1,5, donc 0,5 multiplié par la masse de votre point, qui n'est pas beaucoup, multiplié par la vitesse à laquelle votre point arrive sur la porte, et cette vitesse elle est portée au carré. L'énergie égale 1,5 de mv au carré. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si vous avez un gros marteau, mais que vous donnez un coup très lent, il ne va rien se passer. Par contre, si vous avez un marteau très petit, et que vous allez très très vite, là, la vitesse, c'est ce qui importe le plus, parce qu'elle augmente avec le carré. Vous comprenez ? Alors je dis oui, oui. Elle me dit, les arts martiaux mathématiques, ça ne vous intéresse pas trop, c'est ça ? J'ai dit, comme je vous l'ai dit, je n'ai pas trop envie de me battre. On est sortis du McDo, on a marché un petit peu dans le vieux lion. On s'est assis plusieurs fois, parfois elle ne disait rien. Le soleil s'est couché, et elle m'a accompagné. Un petit peu en bordure, pas loin du moment où Lyon devient le nord de Lyon. Et il commençait à y avoir moins de personnes dans la ville, parce que c'était un quartier déjà pas trop fêtard ou quoi. On était dans... Enfin, on longeait quand même des grands immeubles, qui auraient pu tout à fait être des immeubles haussmanniens parisiens. Et on est à un coin de rue, elle regarde dans la rue, elle dit, bon, c'est par là. Elle revient dans la rue, on n'est pas encore dans le coin de la rue en question. Et elle dit, ils sont déjà tous rentrés, moi j'ai attendu un peu, c'est normal. Alors déjà, vous allez prendre ça. Elle me donne un médaillon avec des éclairs qui est absolument affreux. Et elle me dit, vous allez frapper à une porte que je vais vous montrer. Il y a un gars qui va ouvrir, elle veut lui montrer ce médaillon. C'est un truc nazi, d'accord ? Donc, vous le montrez à ce moment-là, et vous le cachez le reste du temps, et puis après vous me le redonnerez. Alors moi j'ai dit, où est-ce que vous avez trouvé des médaillons nazis ? Alors elle me dit... Vous voyez ? Mon problème, et le problème avec toutes les langues qui s'appellent Cassandre, c'est que si je vous disais la vérité, vous ne me croiriez pas. Alors, je lui dis, genre vous l'avez pris à Hitler. Elle me regarde droit dans les yeux, elle me dit, vous ne me croiriez pas, c'est pas la peine que je vous en parle. Ensuite, il va peut-être vous demander un mot de passe, d'accord ? Alors je dis, ok. Et le mot de passe, c'est... Vous dites, je connais les 14 mots. Ou alors, vous dites, je connais les 14 mots. Et je ne les dirai pas. Ou alors, vous dites, je ne connais pas les 14 mots. En tout cas, vous essayez de caser 14 mots dans l'histoire, d'accord ? Alors je dis, pourquoi 14 ? Alors elle me dit, c'est comme ça. Je dis, c'est quoi les 14 mots ? Elle dit, c'est un truc nazi, c'est bon, j'ai déjà dit assez de trucs. Alors je dis, ok, mais je dis juste 14 mots, je ne dis pas genre 14 mots en allemand. Et là, je suis en train de me dire que 14 mots... L'expression 14 mots en allemand devrait être une expression absolument impossible à retenir. Qui valait mieux que je les dise en français. Elle me regarde droit dans les yeux. Elle me tape un peu sur la poitrine pour vérifier que j'ai bien le médaillon. Ça me fait un peu mal. Elle ne me dit rien. Moi, je dis quand même, vous pourriez me faire un petit bisou. Un petit bisou de courage. Elle ne me fait pas du tout un petit bisou de courage. Mais elle me regarde avec une grosse intensité. Et elle me dit, vous allez ressortir vivant. J'ai dit, mais pourquoi vous dites ça ? C'est vachement grave. Elle me dit, c'est des gens dangereux les nazis. Sinon, on ne serait pas en train de... On ne serait pas sur le sujet si c'était des bisounours. Mais vous allez vous en sortir. Je vous le dis. Et à partir du moment où je vous l'ai dit, c'est que ce sera la vérité. Ne vous inquiétez pas. OK. Et je dis, quand je sortirai, j'aurai droit à un petit bisou ou pas ? Elle me dit, n'oubliez pas, vous allez là-bas pour votre frère. C'est votre frère qu'il faut gérer. Donc, je me retourne. Et je vais vers la porte qu'elle m'a indiquée. Il n'y a personne dans la rue. Et je me dis, quand même, c'est super relou. Et je commence à m'énerver. Et je dis, quand même, c'est relou. Parce qu'en vrai, je n'ai pas tellement envie de revoir mon frère. Surtout si c'est un nazi. D'accord ? Et cette meuf, en fait, je m'aperçois qu'elle est hyper intéressante, hyper intelligente ou je ne sais pas quoi. Et je me suis toujours dit, en fait, elle pourrait me faire un petit bisou. Elle ne me le fait même pas. J'étais vraiment très énervé. J'ai essayé de me calmer un peu quand j'ai frappé à la porte. Et effectivement, il y a un gars. Et alors là, tout de suite, le gars a l'air nazi. C'est fou comme... On ne voit pas forcément un copain. Un socialiste au visage. Quoique, un socialiste de province, c'est souvent un gars qui a des petites lunettes avec des montures rouges, par exemple. Mais là, ouais. Coupe en brosse. Mec qui ne prend jamais le soleil. Voilà. Un petit peu de muscu, mais pas trop. Et il me dit, je ne te connais pas. Et je lui montre le médaillon. Il dit, regarde ici. Il a fait... Tu vois ? Et... Il me dit... Je ne te connais pas quand même. Et en plus, il tape sur le médaillon. Ça me fait mal, tu vois. J'étais un peu énervé. Je commence à être très énervé, tu vois. Et je lui dis, ne me fais pas dire les 14 mots en mode c'est une malédiction, tu vois. Et il dit, bon, tu peux rentrer quand même. C'est ta première fois. Et je dis, ouais. Il dit, c'est ce qui se passe la première fois. Et donc, je rentre. Il y a une sorte d'antichambre, un peu comme dans une boîte de nuit. Et effectivement, on arrive dans ce qui pourrait être une boîte de nuit. C'est un grand, grand appartement. Je pense que c'est même deux appartements fusionnés au rez-de-chaussée. Et au-dessus, il y a des sortes de bureaux qui sont vides la nuit. Et ce n'est pas un appartement avec des canapés ou quoi. Tout a été poussé sur le côté. C'est genre une buvette de syndicat ou je ne sais pas quoi. En tout cas, il y a de la musique très forte que je ne connais pas, que je ne pourrais pas identifier. Il n'y a que des mecs. Que des mecs. Et que des mecs qui ressemblent aux mecs de l'entrée, quoi. Et je cherche un peu du regard si c'est à mon frère ou pas. Mais il y a vraiment beaucoup de gens. Il y a peut-être, je ne sais pas, 50 personnes déjà. Il n'y a pas de discours ni rien. Ils sont en train de boire des coups ou discuter de choses. Et effectivement, le gars qui m'a fait rentrer, il me pousse dans le dos. Et il dit, c'est à nouveau, c'est sa première fois. Alors, il y a une sorte de 10 ou 15 personnes qui se battent autour de moi. Il dit, première fois, tu es obligé de te battre. Alors, je dis, attendez, c'est un fight club ici ? Il me dit, elle est vraiment premier degré ? Ben oui. Et tu vas te battre. Alors, je regarde les gens et j'essaie de voir s'il n'y en a pas un petit, tu vois. Et ils disent, non, non, non, tu vas te battre avec Camille. Alors, Camille, je me suis dit, avec un peu de chance, c'est une meuf, mais il y a très peu de chance. Mais moi, Camille, je pense à Camomille, tu vois. Je pense à un petit gars avec un petit visage poupin, tu vois. Une petite tétine. Et en fait, je suis en train de me dire, en fait, ce qu'ils ne savent pas, c'est que je ne vais pas me battre. Moi, je n'ai jamais battu et je ne me battrai jamais. Je ne suis pas un violent. Je ne suis pas dans un fight club. Je suis effectivement la personne qu'il ne faut pas inviter au fight club parce que forcément, ça va être très décevant pour tout le monde. Et la musique est encore plus forte. Et vraiment, l'émotion que je ressens, qui était de la colère. C'est plutôt, j'ai envie de pleurer. Mais là, je réalise avec un vertige anxieux, hyper fort que je suis au milieu de nazis qui veulent que je me batte avec eux et que je ne peux pas repartir comme ça. Et que même si je repartais, il y aurait peut-être des policiers qui me diraient, mais regardez, vous avez un médaillon nazi autour du cou ou des choses comme ça. Et je déteste, je déteste profondément Cassandre. Je déteste mon frère, je déteste toute la planète. Voilà, je me dis que... Il faut absolument que lundi, je retourne sur le chantier. Il y a un petit gars qui s'appelle Bastien. Genre, court sur pattes, tu vois, trapu. Il me regarde droit dans les yeux et il me tient les joues. Et j'ai peur qu'il m'embrasse. Et en fait, pas du tout. Et il me dit, écoute, Camille, c'est un gros fils de pute. Et c'est un gars, c'est un gars, il fait tous les coups fourrés de la terre. Tous les coups fourrés de la terre, il va te les faire, d'accord ? Donc, toi, il faut que tu sois deux fois plus fils de pute que lui, d'accord ? Tu vises les yeux, tu vises la gorge. Tu lui mets un coup de pied dans les couilles. Premier truc, d'accord ? Et je lui dis, mais j'ai pas du tout envie de faire ça, tu vois. Et je me retourne. Et Camille, évidemment, évidemment, Sten d'Indiana Jones. Camille, c'est genre pas le plus gros, mais c'est vraiment... Il est gros. Il est vraiment genre fat. Genre, il va m'éclater la tête contre le sol. Je vais mourir, tu vois. Il est grand. Il s'est mis torse nu. Ça devient crypto gay. Et je vais me faire défoncer, tu vois. Et il dit... Et en fait, les gens l'appellent Don Camillo autour de ça. Et puis, genre, il claque des mains en même temps qu'il y a la musique. Il me fait mal à la tête, tu vois. Et tout ça, tout ce que je vous ai dit, ça s'est passé en cinq secondes. Je suis rentré cinq secondes plus tard. Il y avait Camille, torse poil, une tête de plus que moi qui était là. Et Camille, il ouvre les bras. Et il me dit, je suis de bonne humeur aujourd'hui, donc tu donnes le premier coup. Et je voulais pas me battre, mais je me suis dit, j'ai le droit de donner le premier coup. Et que je lui donne un bon coup de pied dans les couilles. Le mec, il va pas se relever. Et soit je m'en vais, soit c'est la fin du match, soit c'est pas la fin du match. Je peux quand même donner d'autres coups de pied dans les couilles. Et voilà, jusqu'à ce qu'à un moment, tout le temps, il m'a ses limites quand même. Surtout Camille. Et donc, je dis, j'ai vraiment le droit au premier coup gratuit. Et avec une petite voix qui monte dans les yeux. Et il me dit, bah oui, vas-y. Et tout le monde rigole, tu vois, vas-y. Et vraiment, je prends mon élan, je lui donne un gros coup de pied dans les couilles. Et il l'arrête avec sa main, tu vois. Et je dis, mais c'est pas... Enfin, j'avais pas le droit au premier coup. Et là, il me donne un coup sur le nez. Mais vraiment, il me défonce le nez, tu vois. Et je viens de comprendre que c'était un trick, en fait, son histoire de premier coup. C'était... Enfin, tu vois, c'était ça. Et vraiment... Alors, donc, il me donne un coup, en fait, c'est sur la pommette. Et ça craque jusqu'au nez, tu vois. Et je fais un tour sur ma main. Tour sur moi-même. J'ai l'impression de perdre des dents. Et je tombe par terre. Je m'éclate la tête, le haut de la tête, sur le sol. C'est-à-dire une espèce de carrelage que je vois hyper puissant et tout. Et première chose, si ça vous arrive, vous verrez qu'étonnamment, ça fait pas très mal. C'est-à-dire qu'on a une bonne sensation de ce qui est en train de se passer dans le corps. La douleur est présente, mais elle est pas aussi forte qu'on pourrait penser. Mais gros problème, en fait. Donc déjà, je saigne du nez une fontaine. Je saigne de la lèvre une fontaine. J'ai même, genre, la joue qui est ouverte. Et... Je me suis pété l'arcade soucière sur le sol. Et j'ai aussi le boîtier. Donc je suis une tête sanguinolente. Je me relève et j'essuie un petit peu. Alors que tout le monde est en train de se marrer. Il me donne un gros coup de poing dans l'estomac. J'arrive plus à respirer. Et j'ai plus d'émotions. J'ai plus de colère, plus rien. Je sais que je vais mourir, tu vois. Et j'en veux énormément à Cassandre. Normalement, Cassandre, souvenez-vous, dans l'Antiquité, elle disait des prophéties que personne ne croyait. Et qui se réalisaient quand même. Elle a... Elle a dit que je ne mourrais pas. Et je crois que c'est l'inverse. C'est-à-dire, je l'ai cru et ça ne va pas du tout se passer. Mais quand je... Parce qu'il faut quand même que je vois un petit peu... J'enlève le sang qui coule sur mes yeux, là. D'une blessure que je me suis auto-faite. Qu'est-ce que je vois ? Vraiment, genre... Parce que maintenant, il y a une espèce de cercle autour de nous, tu vois. Qui s'ouvre. Il y a tout le monde qui nous regarde. En face de moi, derrière Camille, je vois un mec, plus grand que Camille. Ultra barraque. De fou, tu vois. Genre, il a un bonnet. Et c'est une montagne. Et ce mec-là, c'est mon frère. C'est Thibaut. Il a complètement changé. Genre, il n'a plus du tout de dread ou de... Enfin, il est plus tout maigre, tout sec, quoi, tu vois. Le mec fait de la muscu 24-7. Et c'est un nazi, quoi. Je suis en train de tituber. Et Camille dit... Alors que je suis en train de reprendre mon souffle. C'est vraiment difficile. Bon, là, vraiment, je te laisse un coup parce que je crois que c'est un peu la fin, là, pour toi. Et... Je ne sais même pas si c'est vrai. Je ne pense pas, mais je vais me faire avoir deux fois. Donc, je ne fais rien, tu vois. Et ils se moquent tous de moi en disant ça y est, il l'a calmé, il l'a compris. Il a compris, tu vois. Et il me donne des petits coups sans y croire. Ça fait même pas mal, tu vois. C'est un peu pour faire durer. Tout le monde rigole. Et à un moment, il se retourne pour me narguer. Et je n'ai même pas le courage de le frapper. Et il se retourne et il me refrappe encore au visage. Et là, je tombe par terre. Et je suis juste fatigué, tu vois. Je suis fatigué. Et je dis, je m'en fous. Et en fait, mon frère, s'il me laisse me faire tabasser à mort, ben, c'est son problème, quoi. Enfin, il vivra avec ça. Et puis moi, comme j'ai dit, j'ai assez vécu. Et je... Je me suis... Je me suis... Je me suis... J'ai juste... Je suis resté par terre, le dos au sol, avec le sang partout. Et des gens m'ont traîné. Ils m'ont assis sur une table. Ils m'ont pas retapé, mais ils m'ont un peu lavé. Genre, il y a un mec qui a ouvert une bouteille de bière et il m'a lavé le visage avec la bière. Ils sont tous revenus plus ou moins à leur... à leur... à leurs occupations. Mais il y a deux, trois gars qui sont un peu de mon calibre, pas trop grands. Je pense qu'ils étaient... qu'ils s'étaient pris des dérouillés aussi. Ils ont commencé à dire, ben voilà, t'es nôtre, t'as fait le rite de passage. Tu sais, un jour, c'est toi qui frapperas un gars, tu vois. Et Camille, c'est un bon gars, en fait. Et c'est le premier... C'est le premier à taper ces connards d'Antifa quand ils nous chargent en manif et tout. Et vraiment, voilà, il va falloir que tu viennes à la muscu. On va t'apprendre à te battre et tout. Et tu verras... Tu verras, on va... On va faire des trucs bien, tu vois. Genre, ils étaient un peu chauds. Et j'étais... Comment dire ? J'étais... J'étais en état second, en fait. Je comprenais pas, tu vois. Et même, en plus, j'avais en face de moi des nazis et ils m'avaient l'air sympa, tu vois. Vraiment, la perte de repère était totale, tu vois. Et, en fait, entre le moment où ils m'ont allongé, ils m'ont nettoyé à la bière et que... et que j'ai émergé de cette espèce de musique dégueulasse et tout ça, il s'était passé, en fait, une heure et demie. Et j'avais complètement perdu la notion du temps et tout. Et j'étais en train de me dire, j'ai peut-être une hémorragie cérébrale interne ou quoi. Parce que j'avais... Je voyais rouge à l'intérieur de l'œil et en plus du sang qui coulait encore. Et j'avais... Enfin, ça faisait boum dans ma tête, genre, toutes les cinq secondes, ce qui est pas raccord avec le battement sanguin ou je sais pas quoi. En fait, je me suis dit, je vais pas mourir comme ça, mais je vais mourir bientôt, en vrai, tu vois. Je pensais qu'à ça. Et je voulais juste partir, j'avais envie de pleurer. Et là, il y a... Je vois mon frère qui passe, qui jette un regard sur moi, genre, un peu au ralenti, tu vois. Et il sort, en fait, avec un vieux gars. Il sort, tu vois. Et donc, je dis, écoutez les gars, je vais prendre l'air, je reviens. Et je sors. Et... En fait... Enfin, je sors, je respire de l'air. Je sais même plus pourquoi je suis sorti. Et je m'aperçois que j'ai du mal à marcher, donc je m'appuie sur le mur. La porte se referme. Il y a Cassandre qui vient tout de suite. Elle apparaît de nulle part, comme c'est en habitude. Et elle dit, waouh, ça va ? Alors, je dis, non, pas du tout, ça va pas du tout. Et je crois que j'ai une hémorragie cérébrale, je crois que je vais mourir. Alors, elle... Elle pousse un peu sur mon front et tout. Et elle me dit... Elle m'a donné des petites claques, genre, pour me réveiller. Et elle me dit, est-ce que vous entendez distinctement mes mots ? Alors, je dis, oui. Et là, je me dis, c'est-à-dire, elle me vouvoie tout le temps. Elle me dit, écoutez bien ce que je vais vous dire. Alors, je dis, j'écoute. Vous n'allez pas mourir ce soir, d'accord ? Vous n'allez pas mourir ce soir, ni demain matin. Je vous le promets. Je dis, ok, mais quoi ? Elle me dit, faites-moi confiance. Je vous le dis. C'est la vérité. Est-ce que vous y croyez du fond de votre âme ? Je dis, bon, j'en sais pas trop. Moi, je crois que vous en êtes persuadé. Alors, elle dit, ça suffira. Et maintenant, vous me suivez. Et elle me suit. J'ai du mal à marcher, donc elle me porte à moitié. Et je me dis qu'à chaque fois que je la rencontre, il m'arrive des histoires de dingue, mais bon. Et il y a mon frère, donc mec de, je sais pas, il a grandi depuis l'époque, mais il a dû prendre, je sais pas, en plus, il a ses muscles, il a l'espèce de ranger qui lui donne une taille incroyable. Il se tient droit comme s'il avait fait la Légion étrangère, quoi. Vladimir II, quoi. Et il est avec un vieux gars, tu vois. Et elle me dit, je suis vraiment désolé que vous ayez vu rentrer. Parce que finalement, vous voyez, il nous tombe tout cuit. Et là, dans la rue, je dis, bah, vous pensez que je devrais aller le voir ? Et elle me dit, non, non. Il faut aller voir où il va, parce que là, il est avec le chef de la cellule de Lyon. Et, bah, en fait, ce gars-là, il prend un des gars de temps en temps et il l'amène chez lui, quoi. Et je dis, il l'amène chez lui pour l'initiat des secrets de nazis ou est-ce qu'ils vont coucher ensemble ? Elle me regarde, elle me dit, elle me dit, d'après vous, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Je sais pas, ils vont tuer des gens ? Ils vont créer des camps de concentration ? Non. Mais vous étiez sur la bonne piste au début. Donc, ils marchent un peu, mais pas trop, trop. Et on passe deux rues, deux quartiers, et heureusement, parce que moi, j'ai du mal à respirer, je suis pas bien, tu vois. Et en plus, là, je sais pas si ça vous... Je sais pas si vous vous êtes déjà fait tabasser, mais sur le coup, on a pas mal. Et parce qu'on a beaucoup d'adrénaline qui monte, et l'adrénaline, ça nous fait oublier la douleur. Et tout d'un coup, ça tombe, ou on s'habitue, je sais pas quoi. Et là, tout d'un coup, on a mal, mais de partout. Et là, je marchais, j'avais l'air frais, je me disais, je vais vivre, tu vois. Et j'avais la douleur qui montait, j'avais mal. Et il y a... Vraiment, il y a le plus bel immeuble qui existe sur les quai de Saône qui était là. Il rentre dedans. Nous, on est devant... Donc, on l'essuie, on est devant un digicode à la con, tu vois. Je m'assieds sur les quelques marches qui montent à la maison. Et... Enfin, dans cet immeuble. Et elle me dit, bon, je vais essayer de ouvrir ce digicode. Ensuite, on va voir votre frère. Et ce qui est très important, Alexis, c'est que il faut que vous parliez à votre frère et vous lui... En fait, c'est lui le problème. C'est pas le grand manitou des nazis, d'accord ? C'est lui le problème. Je dis, bah, ok. Et... Elle trifouille un peu le digicode. Elle arrive, je ne sais pas comment, à ouvrir le digicode. Elle regarde les boîtes aux lettres. Pour moi, c'est que des noms genre Morel, Dupont, etc. Elle arrive à trouver l'étage. On monte à l'étage. Je comprends rien. J'ai l'impression qu'il y a des choses qui m'échappent dans tout ça. Imaginez-moi mec normal il n'y a pas trois heures et absolument la gueule défoncée et qu'il y a mal partout dans un putain d'ascenseur lyonnais avec les inconnus qui met son bonnet et qui ouvre la porte je veux sonner elle me met la main sur le poignet elle me dit surtout pas elle me regarde, elle me dit un demi de MV carré, vous vous en souvenez ? Alors je dis, ouais, l'énergie cinétique et là elle donne un méga coup de pied très rapide, pour le coup sur la serrure qui s'ouvre d'un coup, la porte s'ouvre tellement fort, boum, qu'elle revient un petit peu en arrière, tu vois et on rentre et là, en fait, on a une scène un peu inattendue, mais ce n'est pas ce que vous pensez donc le vieux gars qui s'appelle Alexandre, dont le surnom était Alexandre le Grand le vieux gars est assis sur une chaise il a été saucissonné avec du scotch et il y a mon frère qui est debout, qui n'est pas du tout saucissonné, lui, et qui est plutôt l'artisan du saucissonnage et il a un couteau à la main et il était sur le point d'égorger façon taliban ce gars-là alors comme Cassandre rentre comme une furie lui, il s'arrête et ensuite, comme je viens derrière, là, il pose un petit peu le poignard, parce que je pense que le fait que je le vois dans un relais nazi il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête, il a sa tête il a dû le faire carburer un petit peu, et là que je l'ai suivi et tout, que je sois rentré il doit réfléchir à deux fois et en plus, il se dit, bon j'imagine qu'il se dit que si il fait un acte de meurtre devant un témoin, il sera obligé de tuer les témoins vu que c'est un gars qui a l'air de tuer régulièrement il se dit peut-être il se dit peut-être qu'il pourrait me tuer, mais enfin, je suis son frère, quoi, tu vois et de façon assez théâtrale, Cassandre pointe son index vers lui, et il dit Thibaut, vous allez arrêter tout de suite votre frère est là on est venu vous chercher et maintenant c'est de terminer les meurtres, d'accord alors je dis avec surprise, mais attends, Cassandre en fait, mon frère tue des nazis, c'est ça ? ça change tout, hein alors elle dit, ben non, ça change pas tout je veux dire, on ne tue personne surtout pas des nazis, alors Thibaut il dit, ben si moi je suis d'avis que les nazis doivent mourir alors Alexandre commence à s'énerver et à dire, espèce de traître t'étais là depuis le début, c'est toi qui les as tous tués et tout, il lui donne un coup de poing mais genre, ça a dû lui enfin, je ne sais pas s'il va encore manger l'année qui suit, quoi, je crois le mec, il le sèche, de toute façon il allait le tuer, mais je ne sais pas s'il a encore envie, mais le mec, genre, il tombe dans les pommes immédiatement, et je crois qu'il en a pour trois semaines et il y a Thibaut qui dit, est-ce que ça dérange quelqu'un ? et il dit, est-ce que ça dérange quelqu'un ? que je tue des nazis, si, et qu'Ascente dit, oui, je pense que ça me dérange, moi en particulier il lève encore son poing géant pour lui donner un gros coup et qu'elle s'envole parce qu'elle fait 30 grammes la meuf, elle se téléporte, genre, elle va tellement vite elle fait un pas de côté, le poing tombe nulle part, et elle donne le petit coup, genre, très rapide, là où il faut derrière la nuque, et il commence à voir flou, tu vois elle lui donne un petit coup, là où il faut, sur le poignet et le poignet retombe par terre, elle le récupère et elle le jette, genre, par la fenêtre tu vois, moi j'étais en train de dire il y a peut-être un gars qui attend sous la fenêtre mais bon, peu importe et elle dit Thibaut je n'aime pas les nazis comme vous mais moi, j'ai l'espoir qu'un jour ils s'arrêtent d'être nazis, et même s'ils sont nazis jusqu'à la fin de leur jour ils ont le droit à la vie c'est très important, quand vous tuez quelqu'un, vous cassez de façon irrémédiable quelque chose quelque chose dont vous sur lequel vous n'avez aucun pouvoir, et Thibaut vous avez vous avez pris l'apparence des nazis pour pouvoir tuer des nazis, mais en tuant des nazis vous devenez un nazi elle dit ça de façon extrêmement claire, alors que nous deux, les deux frères on est vraiment, genre, pas en état d'entendre quoi que ce soit, tu vois et elle dit, maintenant on va tous être raisonnables et on va partir d'ici elle traîne mon frère, alors qu'elle pèse 30 grammes et que lui, il est un petit peu il a du mal à reprendre ses esprits tu vois, mais il marche un peu comme un vomi tu vois, elle le traîne dehors elle ferme la porte elle me regarde droit dans les yeux, elle dit vous, vous allez appeler la police dans quelques temps pour afin qu'ils prennent soin d'Alexandre on va vous expliquer à la police que c'est un gars qui détient une collection de de souvenirs nazis un peu partout, qu'il cherche, il doit avoir des armes et tout, ça va ça va pas arranger son cas et vous suggérez que vous avez eu ça parce que vous avez un ami qui est dans un club néo-nazi d'accord, vous avez tout noté alors je dis, ça fait beaucoup quand même et donc, on descend par les escaliers elle pousse mon frère dans les escaliers il roule comme une boule, les gens commencent à sortir et tout et elle dit il y a un voisin qui sort qui dit, mais qu'est-ce que c'est que ce raffut elle lui donne une gifle, elle dit, appelez la police et donc moi, je suis aussi en train d'appeler la police en expliquant tout ça, tu vois et en disant en fait, c'est un téléphone que j'ai trouvé par terre en mode, c'est pas moi, tu vois c'est n'importe quoi tout est très confus et on est dans la rue et je dis quand même, la police va arriver, elle me dit c'est la police, n'exagérez pas elle nous traîne elle traîne en tout cas à mon frère dans une sorte de parc qui est fermé, elle défonce l'entrée on s'assied sur un banc elle me regarde dans les yeux elle regarde regarde mon arcade social elle dit, oh, c'est pas grand chose faites le point, vous deux elle soulève un peu le menton de Thibaut qui est vraiment un espèce de géant par rapport à elle, qui est toute petite et elle dit, vous savez, vous maintenant le grand chef des nazis, il sait que c'est vous qui avez tué des nazis, donc vous allez vous calmer et vous allez penser à une reconversion je suis sûr qu'il y a des tas de métiers qui vous attendent et qui sont très bien et profitez-en pour parler avec votre frère il y a plein d'affaires en suspens vous concernant et ensuite, elle revient vers moi et elle dit, vous savez, le courage, c'est pas de pas avoir peur le courage, c'est d'affronter ses peurs alors, je pense que vous n'avez pas vraiment affronté vos peurs vous êtes largement, complètement inconscient mais à un moment, vous vous êtes fait tabasser et vous n'avez pas eu le choix, et vous l'avez fait je suis désolé que ce soit arrivé je n'aime pas la violence et après, elle a dit, je suis désolé et elle m'a fait un petit bisou sur le front elle est partie et moi j'étais à côté de mon frère et il m'a dit, c'est qui cette folle ? et j'ai dit, en vrai, je ne sais pas du tout et il m'a dit, comment tu m'as retrouvé ? et là, je lui ai expliqué un peu tout je passe les passages sur les ovnis et Sophia, et Dodo et les clowns tueurs, etc et je dis en gros ce qui s'est passé et en fait, à partir du moment où je parle je commence à tout balancer tout ce qui s'est passé mes deux ans à VGT et je me dis, je ne sais pas Deliveroo, les chantiers tout comme moi et ma vie aujourd'hui et je lui ai dit aussi que je ne l'aime pas particulièrement qu'il ne me manque pas particulièrement mais que ma famille, c'est juste lui et que je ne sais pas ça m'a semblé important et que en vrai, je trouve ça plutôt cool qu'il tue des nazis mais je pense que Cassandre a raison pour le faire pour le faire pour le faire pour l'idée de ne pas le faire et il dit, ouais et je lui demande comment tu en es arrivé là ? pourquoi tu fais ça ? et il ne dit rien mais à un moment, il se lève et il va mieux il n'a plus le regard flou et il dit, je ne suis pas tout à fait d'accord avec je ne suis pas tout à fait d'accord avec Cassandre, je crois que tu es un mec très courageux tu es un mec très courageux et moi pas trop et il dit, ouais je vais devoir partir d'ici parce que les néonazis ont plein de défauts mais ils ont la qualité d'être plutôt dangereux donc je vais réfléchir à tout ça je vois que tu n'as pas trop changé de numéro alors j'ai dit, en fait, je vais devoir me séparer de mon téléphone parce que j'ai appelé avec mon téléphone sans réfléchir, tu vois mais je dis, toi, tu ne changes pas de numéro il me dit, non je dis, je t'appellerai alors je t'enverrai un message en restant en contact et il me dit, ok et là, je me rappelle d'une chose très importante et je lui dis, attends il faut que je te dise encore une chose