Luna Invicta - Episode 20
Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 20
Luna Invicta 20. Donc le psy remarquable, docteur en psychiatrie, je ne sais pas quoi, docteur Duclos, il me prend. Et deux choses, il me rassure, enfin sur le fond, il me rassure, il me dit écoutez, c'est quelque chose de parfaitement maîtrisé, il faut qu'on se rende compte, etc. Sur le plan de la forme, il me fait une très très mauvaise impression parce qu'il est très dédaigneux.
Genre même, il ne me calcule pas, il dit oui, bien sûr, encore un, pas de problème. Il ne me parle, il ne me considère pas trop et il me donne rendez-vous pour une analyse collective, donc avec d'autres personnes, dans un amphithéâtre. Il me dit amphithéâtre, machin. Rue machin, etc.
Je compte sur vous, hop, il raccroche. Et en gros, moi, je ne suis pas choqué, mais j'ai à peine parlé. Ce qu'il m'a dit, ça aurait pu être sur un répondeur. Je ne me sens pas du tout considéré.
Je me dis même, il ne sait même pas ce que j'ai en fait. Et ça se trouve, je n'ai rien. Et en fait, je ne donnerai pas suite. Je ne vais pas y aller.
Je ne vais pas y aller. Et cette histoire de psy, ça me trotte dans la tête parce que déjà, je ne suis pas... Enfin, je me souviens que quand j'ai eu des problèmes avec mes parents, tout ça, je suis allé voir un psy. Et comme j'étais dans un état second, je parlais, elle parlait, je ne comprenais rien.
Enfin, en gros, j'ai pas l'impression qu'il y ait du placebo pour la psy. C'est-à-dire, si ils utilisent leur technique spéciale ou je ne sais pas quoi, si tu n'écoutes pas, il ne se passe rien, tu vois. J'avais un avis globalement négatif. Néanmoins, comme j'avais un peu de temps libre, j'ai lu sur le sujet.
Et j'ai lu deux informations intéressantes qui sont utiles quand on cherche un psy. C'est que premièrement, c'est comme les plombiers ou les électriciens. Dans ce cas-là, je ne suis plus apte à en parler. Il y en a des bons, il y en a des mauvais.
Il y en a des très mauvais. Il y en a des très, très bons. Il faut trouver le bon. Et il y a même une subtilité.
Il y a des gens qui disent que quelqu'un qui est mauvais pour un est bon pour l'autre. Et ça, en tant qu'électricien, je sais, tu vois, parce que parfois, on est bon sur certains bâtiments. Et donc ça, j'ai bien compris. Et il y a cette idée de oui, ça marche.
Quand ça marche, ça marche. Mais parfois, ça ne marche pas. Voilà. Informations pas très...
Très, très utile. Il se trouve que j'ai lu aussi que les assurances pouvaient payer des séances de psy. Et que j'ai rappelé ma fameuse assurance qui me doit beaucoup d'argent et contre lequel je dois avoir une procédure. Mais bon, la pauvre personne qui était au bout du fil, elle n'était pas au courant et je n'allais pas lui faire chier avec ça.
Mais je lui demande si mon assurance couvrait, enfin l'assurance familiale, on va dire, couvrait des séances de psy. Et il se trouve que oui, j'avais droit à quatre séances de psy dans l'année. Donc si c'est gratuit. Et puis, je peux quand même essayer.
Et je me suis dit que j'avais cet espoir, même genre presque hyper euphorique, que ça résolve tous mes problèmes. Donc j'ai commencé à trouver... Il y en a plein à Paris. Les psys, ça ne manque pas et ils sont souvent libres.
Donc ça, c'est bien aussi. J'ai commencé à faire le tour de l'annuaire. Et à côté de chez moi, il y a une psy qui s'appelle Dr Aubry. Donc j'y vais.
J'ai rendez-vous dans les deux jours. Donc Dr Aubry, d'ailleurs qui prend les gens qu'à certaines heures, certains jours, etc. Minuscule cabinet qui doit être aussi son appartement. La personne me reçoit et ça ne se passe pas très très bien.
Donc je tombe sur la catégorie psy qui ne me va pas. Mais je crois qu'elle ne va à personne. Mais bon, on va en parler. Donc elle est derrière son bureau et elle me regarde.
Je parle, je balance tout. C'est bien, ça me fait un petit entraînement. Et elle n'arrête pas de regarder l'heure comme si elle s'ennuyait. Je me disais vraiment, je dois être quelqu'un de très ennuyeux.
Et à un moment, elle me stoppe et elle dit mais attendez, monsieur. Tous vos problèmes, ça vient peut-être du fait que vous êtes HPI. Alors j'ai dit ah bon, c'est quoi ? Elle m'a dit vous êtes haut potentiel intellectuel.
Et moi, si vous voulez, je peux vous faire un test pour détecter ça. Un test qui coûte 320 euros. Et en fait, ça déterminera si vous avez ce problème. Et c'est quelque chose que je fais vraiment à beaucoup de gens.
Je fais ça surtout aux enfants parce qu'il y a beaucoup d'enfants qui souffrent d'être exclus pour ça. Mais je peux le faire pour vous. Et je dis alors 320 euros, ce n'est pas couvert par l'assurance. Elle dit non, en général non.
Mais si vous êtes diagnostiqué avec ça, on peut vraiment résoudre plein de choses chez vous. J'ai dit je vais y réfléchir et je suis parti. Je dis ce n'est pas grave, ce n'est pas grave. Et là, j'ai eu un rendez-vous avec un certain docteur Halimi.
Et là, j'ai eu un rendez-vous sous une semaine. Donc entre-temps, j'ai encore continué à faire des petites livraisons. C'était rigolo. La vie était belle.
J'ai pas réussi à me mettre aux jeux vidéo. J'ai lu un petit peu. J'ai regardé des séries. Et j'évitais un peu Sophia.
Voilà. En fait, j'étais dans cette période un petit peu étrange où en fait, il faisait chaud. Et je me suis dit si je vais sur les chantiers maintenant, il va faire chaud et tout. Je ne vais pas me battre pour me taquer.
Alors que j'ai un peu d'argent grâce à Sophia, tu vois. Cependant, également, ce n'est pas le bon moment pour aller au Maroc. Donc également, je ne relançais rien à propos de notre futur voyage au Maroc où je devais être un assistant. Et bon, après, même pour les livraisons, ce n'est pas ouf en été parce que les gens, les Parisiens qui se font livrer en général, ils sont dans leur maison secondaire en été.
Mais bon, la vie se passait doucement. Et j'avais besoin. J'avais l'impression de regagner des points de vie. J'en suis reçu par le docteur Halimi, un type vraiment très sympa, un peu exalté.
Et il perd ma confiance tout de suite. En gros, il me dit racontez-moi tout. Et je lui raconte tout. Et il est généreux de son temps, même si c'est l'assurance qu'il paye et que c'est un forfait pas ouf.
Vraiment, il me pose des questions. Il va loin. Je déballe tout sur mes parents, le rêve. Mon frère et tout, quoi.
Je ne dis pas que je me suis fait tabasser par des nazis, mais bon, en gros, on est là. Et il me dit tout le problème vient de votre maladie au cœur. Alors, j'ai dit ah bon ? Eh oui.
Il me dit en fait, le mot maladie. Réfléchissez bien. C'est le mal à dit. Et le mal, il s'incarne sous la forme d'un homme, un homme terrible qui a un couteau et qui le plante dans votre cœur.
Vous comprenez ? Tout est autour de votre cœur. Il va falloir travailler. Sur ce cœur, on va, on va, on va.
Vous voyez, le cœur, c'est le cœur de votre vie. C'est le cœur de votre corps. C'est le cœur du problème. On va travailler là-dessus.
Est-ce que vous comprenez ? J'ai dit OK. J'ai fait semblant d'être exalté. Je suis sorti en mode je ne le reverrai plus jamais.
Et troisième personne. Alors, je fais quelque chose. Je me dis en fait, je fais une connerie. Je vais voir des psychologues.
Je n'avais pas la différence entre psychologue et psychiatre. Mais j'ai dit je vais aller voir un psychiatre. Troisième personne. Troisième personne.
Je vais voir le docteur Morgenstern. Donc, une femme qui me reçoit dans un cabinet. Donc, Morgenstern, contrairement aux deux autres, beaucoup moins sympa. Elle m'écoute.
Et elle dit ce que vous avez. Oui, il faudra de la psychothérapie, c'est sûr. Et il y en a. Il y a du taf.
Ça, on va le faire. Mais dans un deuxième temps. Dans un premier temps, il faut que vous preniez les bons médicaments. Il faut que vous preniez les bons médicaments.
Il faut que vous preniez des anxios. Il faut que vous preniez des antidépresseurs. En fait, vous avez l'air d'être heureux et de profiter de la vie comme ça. Moi, je vois un gars qui peut craquer du jour au lendemain et se passer par la fenêtre.
Ce que je veux dire, quand je dis passer par la fenêtre, vous voyez, des idées noires, ça peut mal se passer. Donc, on va commencer. Je vais vous faire une petite ordonnance. Vous allez prendre ce que je vais vous dire.
On se revoit dans un mois. On fait le point. Dès qu'on a bien ajusté les médicaments, ça peut prendre six mois, ça peut prendre un an. Une fois qu'on est bien, que vous êtes bien dans votre peau, là, on commence la psychothérapie.
Je suis sorti. Et j'ai dit, ça va, en vrai, j'en ai eu pour mon argent cette fois-ci. Il n'y avait pas de délire sur le cœur, tu vois. Mais j'avais cette ordonnance.
Et j'ai pris, quand il y a eu le drame de ma vie, j'ai pris des médicaments. Et les médicaments, j'aime pas ça. Je vous dis pourquoi. Parce qu'on a moins de sensations en fait.
En fait, ce que n'est pas un médicament psychologique, c'est pas un médicament qui vous rend heureux. C'est un médicament qui ne vous rend pas malheureux. Mais la différence, c'est qu'en fait, on n'a plus trop de sensations négatives, mais on n'a pas trop de sensations positives non plus. Et contrairement à ce que je disais, moi, je me sentais plutôt bien, tu vois.
Donc, au bout de trois tentatives, j'ai dit, vous savez quoi ? Je crois que c'est pas fait pour moi, en fait, tout ça. C'est pas bien pour moi. Je vais faire autre chose et je vais continuer ma petite vie.
Donc, je continue ma petite vie. Et je vis ce luxe incroyable de livreur Uber Eats et compagnie. C'est-à-dire que je sélectionne mes missions. C'est-à-dire que parfois, j'ai une mission et je la donne à un autre gars.
Je dis, hé gars, tu veux pas la faire pour moi ? Et il me dit, ouais, mais, enfin, comment dire, comment ça ? Je dis, hé, je te paye, tu l'as fait, tu vois. Je déléguais mes missions et je faisais même pas de marche, tu vois.
Mais les trucs un peu classe, j'y allais pour la curiosité, voilà, pour s'occuper et tout. Et il faut s'occuper quand même. Il faut avoir une activité, sinon je aurais dû prendre les médicaments. Parmi tout ce qui m'est arrivé comme aventure lors de cet été de livraison d'Ellivion, j'en ai une qui est particulièrement marquante et qui a enclenché des choses par la suite.
C'est... Il y avait... C'était... On se rapprochait de la rentrée.
On n'y était pas encore. C'était la dernière semaine d'août. Et il y a des gars qui sont dans le septième arrondissement, un arrondissement que je déteste, qui font une commande de bouteilles de champagne. Genre, laisse-moi une minute de bouteilles de champagne à 22h, tu vois.
Donc je dirais, ça peut être rigolo, donc je prends. Je prends les bouteilles de champagne, je vais dans le septième, dans un quartier qui est quand même très très vide de population, voilà, et immeuble magnifique. Je monte, je prends un ascenseur, le grand luxe, voilà. J'ai une bouteille de champagne dans chaque main.
Je suis avec moi, mon petit sur-survette de livreur, et j'arrive à l'étage où il y a la soirée, et je sens vraiment que l'immeuble, il est vide. Il n'y a que cet étage où il y a la soirée, donc il se lâche bien, tu vois. Il y a la musique, boum, boum, boum, tu vois. Je frappe à la porte une ou deux fois parce qu'ils ne m'entendent pas trop.
Ils m'ouvrent. Et le gars qui m'ouvre, il a un bleu de travail, tu vois. Genre, il a un bleu de travail, il a une clé à molette à la main. Et il dit, hé, comment ça va ?
Et tout. Et il me fait rentrer. Genre, je suis invité, tu vois. Et en fait, je suis dans un appartement de gens très riches et on va dire qui ont les moyens, qui ont en tout cas cet appartement et les moyens de faire des soirées extravagantes et de commander comme ça parce qu'ils ont besoin de bouteilles de champagne, on va dire, de grands crus.
Et ils ont fait un bal costumé, une soirée costumée. Et dans cette soirée costumée, le thème de cette soirée costumée, c'est Prolo. Donc, c'est des gars méga riches qui se tapent un délire, genre, on se déguise en Prolo, tu vois. Genre, le gars, il était habillé en mécanicien, mais je sais pas, il y avait il y avait un mec qui avait un comment ça s'appelle, le truc jaune fluo des boueurs.
Il y avait comment ça s'appelle, il y avait des infirmiers. Voilà. Et quand il m'a ouvert la porte, en livreur Deliveroo, enfin, le mec, il a dit trop smart, Deliveroo, c'est exactement ce qu'il faut. Il y avait aussi des cuisiniers, des choses comme ça.
Trop smart. En plus, j'avais une bouteille dans chaque main. Le mec, il a pas compris, tu vois, c'était un invité. Il a dit, ah, trop bien, le mec, il apporte la bouteille de champagne, c'est urbain, tu vois.
Et donc, je rentre de toute façon dans cette soirée hallucinante et en plus, je me tape vraiment un bon délire parce qu'il y a des petits fours, c'est tellement bon. C'est vraiment rigolo parce qu'il y a des... Je suis dans un espèce d'endroit où il y a une gouvernante et des domestiques. Il y a ces espèces d'enfilades immenses de pièces avec des grandes toiles de personnes que je connais pas, du parquet partout, des meubles capitonnés, un piano à un moment, une grande bévirée qu'ils donnent sur la tour Eiffel, le délire, tu vois.
Et il y a des faux domestiques et il y a des vrais domestiques dedans. Gros délire, mais bon. Et je suis là, je suis en train de me bourrer de... Comment ça s'appelle ?
Du plus beau des... Du meilleur toast que j'ai jamais mangé, un truc avec du saumon fumé, mais c'est tellement bon, tellement bon. Tu me dis, allez, je me fais péter le bide, c'est trop bon. Genre, un petit toast, le beurre parfait, le petit saumon fumé et dessus, des petits oeufs, je sais pas quoi, c'est pas du caire, mais tellement bon.
Et je me sers une coupe de propre champagne que je me suis... que j'ai livré, tu vois. Trop rigolo. Le hold-up, j'ai dit, elle est trop bien. Et avec un peu de chance, je me fais des potes et...
Et qui je vois au milieu de ça ? Je vois une meuf. La meuf, elle est habillée en cendrillon. OK ?
Elle est habillée en cendrillon. Et donc, tu vois, une robe grise, genre, elle est pieds nus, elle a les... Donc, c'est une forme de prolo, tu vois, c'est un peu rigolo. Et elle a des cheveux genre un peu...
Elle a une perruque sur ses cheveux, voilà. Des cheveux longs, un peu gris, tu vois. Et en fait, cette meuf, je la reconnais, c'est Marie. Et elle me voit, et elle me dit, toi, tu vois.
Et moi, je dis, oui. Et en fait, elle se dit, non mais, qu'est-ce qu'il se passe ? Je lui raconte l'histoire de la livraison, elle me dit, incroyable, tout trop rigolo. Et donc, elle pousse le délire un peu loin, elle me présente à tout le monde, tu vois.
Et les gens qui sont présents... Bon, imaginez une soirée de méga riches sur le thème de se déguiser en prolo, c'est pas ouf, humainement, on est d'accord. Mais alors, humainement, ils étaient pas ouf. Ça me déçoit beaucoup, d'ailleurs, de Marie.
J'ai dit, c'est pas ouf, tes amis. Et c'est vrai que ils étaient un peu jeunes, un peu jeunes, en mode ils étaient légèrement plus jeunes que moi. Et ils se la pétaient beaucoup. Genre, c'est moi qui suis le plus riche, oui, mais l'année dernière, j'ai fait ça, j'ai monté telle boîte, j'ai fait tel bénéfice.
Alors, vraiment, toujours, ils parlent en millions, ils vont dans... Ils ont acheté des maisons un peu partout, ils sont tous très, très riches. Et moi, j'avais un petit peu honte, effectivement, c'était compliqué. Après, c'était tellement délirant, c'était un autre monde, tu vois.
Et, de temps en temps, ils s'adressaient à moi, en disant, et toi ? Je dis, comme ça, et Marie, elle me sauvait en me poussant, ah, vas-y, il faut que je te présente à quelqu'un d'autre, et tout. Puis, à un moment, elle me pousse et on va dans une autre pièce. Et là, il n'y a personne dans la pièce.
Et, elle ferme la porte, et elle me dit, regarde, elle me montre, et en fait, sa robe, elle était réversible, et genre, quand tu retournais la robe, alors, elle n'a pas retourné sa robe devant moi, mais quand tu retournais la robe, elle le... C'était une vraie robe magnifique de princesse bleue, tu vois, et en fait, quand tu enlèves sa perruque, elle avait teint ses cheveux en blond, et c'était genre un peu cendrillon, tu vois, sans les choses sûres, mais elle était... Enfin, c'était vachement bien. Moi, elle m'a dit, à minuit, je change tout ça, qu'est-ce que t'en penses ?
Elle me regarde, elle a bu un peu d'alcool, je pense qu'elle a pris de la drogue. Elle me regarde avec des yeux un peu trop brillants, et enfin, ça arrive. Merci, petit Jésus. Enfin, ça arrive, on est contre la porte.
Je la presse contre la porte, et on s'embrasse. C'est genre le long baiser. C'est le baiser, genre, hyper passionné, tu baisses dans trois minutes. Trop bien.
Hyper content. J'étais là, et je vais te dire quelque chose, je... À un moment où je l'embrasse, je l'aime de toutes mes forces. Je suis hyper...
J'ai beaucoup de gratitude. Je dis... Je dis... Je sais pas, c'est cool.
C'est cool. Ma vie est nulle. Je suis un peu triste, et tout, et on s'embrasse. Et en fait, il n'y a rien de plus beau que de s'embrasser quand on s'aime, ou je sais pas quoi.
En tout cas, je l'ai toujours un peu aimé, je suis content, et je l'aime beaucoup, et voilà. Donc, j'ai beaucoup d'amour qui est surgi en moi, et tout. Elle, elle m'embrasse, mais comme une folle. Je remonte sa jupe, il va se passer ce qui va se passer, d'accord ?
Et... De l'autre côté, on entend les éclats de voix, et tout. Et un gars qui raconte que il a acheté une très belle maison sur une île, tu vois, et qu'on est tous invités, et tout le monde dit, oui, la maison sur une île, et tout. Et elle me regarde droit dans les yeux.
Elle me dit, t'as vu ? Ils sont tous en train de se la péter, et à dire qu'ils sont les meilleurs, et tout. Toi, t'es... T'es juste le livreur, mais ce soir, le livreur, tu vas te taper la fille la plus belle de la soirée, et ils ne le sauront jamais.
Ils rêvent de me baiser, moi, et c'est toi qui vas me baiser ce soir, tu vois. Vraiment, très valorisant. Je l'ai beaucoup aimé, à ce moment-là, j'ai dit, alors je me suis dit, grave, cette phrase dans ta tête, ça te servira toujours, tu vois. Et donc, je continue à l'embrasser, je continue à faire ce que j'étais en train de faire, c'est-à-dire à la peloter de partout, etc.
Et elle me dit, Alexis, t'es un mec incroyable, t'es un mec incroyable. Partout où tu vas, tu vis des aventures. Putain, Alexis, t'as tué ces russes à Marseille. Putain, Alexis, t'as défoncé ce nazi.
Mais Alexis, mais, je sais pas ce que t'es, si t'es un agent secret, ou je sais pas quoi, mais t'es un mec incroyable, t'es toujours là où on t'attend pas, avec les meilleures excuses. Et là, j'ai débandé, mais en une seconde, et je remonte, je remonte, j'étais à genoux, et je remonte, je la regarde droit dans les yeux, et je dis, attends, j'ai tué des russes, moi ? Alors, j'ai tué personne. Elle me dit, bah si, moi, elle me dit, je suis désolé, t'es pas au courant des trois russes à Marseille ?
Ça fait trois fois que je t'en parle. Alors, j'ai dit, alors, il y a peut-être des russes qui sont morts, mais je suis pas du tout au courant. Elle me dit, te fiche pas de moi, j'étais relevé GPS, tu étais exactement au même endroit où étaient ces russes, et chaque fois que tu les as rencontrés, on les a retrouvés morts ensuite. T'es en train de te foutre de ma gueule ?
Et je dis, mais, bah du tout, et là, je suis révélation totale, Vladimir, qui a tué tout le monde, tu vois. Et je dis, ah, ok, et elle me dit, et le mec, le nazi, non seulement t'as relevé GPS, il montre que t'étais là-bas, mais en plus, t'as appelé, t'as appelé le téléphone. En fait, t'es pote avec le tueur de nazi. Tu vas pouvoir nous dire qui c'est et tout, c'est trop bien.
Alors, je dis, vous dire, mais t'es qui ? Elle me dit, te fous pas de ma gueule. T'es venu me voir directement, tu m'as offert à manger, tu m'as séduite, tu m'as fait tout déballer sur ma vie. Tu sais très bien qui je suis.
Et je la regarde, et vraiment, elle est tombée de ouf. Je dis, franchement, je sais pas qui t'es. Et elle me dit, et elle voit que je suis hyper sincère, et elle me dit, bah, moi, je crois que je sais pas qui t'es non plus. Et, euh, on était tellement sous le choc, on est revenus dans la salle où ils étaient en train de faire la fête, et je suis parti.
Je suis rentré chez moi. Je me suis allongé dans le lit. À un moment, j'ai eu cette pensée de Vladimir, il va tuer des gens. Et je me suis rendormi, et j'ai rêvé que je tuais des gens.
Du coup, on n'est pas venu me tuer. Et le lendemain, j'ai dit, il me reste une séance de psy gratuite, donc je vais la faire. Je m'en fous, je m'en bats les couilles, je prends n'importe qui, je le fais. Je trouve un psy que c'est bel, Vasseur.
Et je le prends pas un peu au hasard, parce que Vasseur, Vasseur, c'est un peu le psy des stars, célébrités et tout. Et quand j'appelle, on me dit tout de suite, désolé, il n'y a pas de séance de libre. Je dis, mais non, on peut se voir même dans 3 mois. Elle me dit, mais même dans 10 ans, il n'y aura pas de séance de libre.
Et je dis, allez, s'il vous plaît. Et là, je ne sais pas pourquoi, elle switch un peu. Mon interlocutrice, qui s'appelle Sylvie, parce que ce nom va être important par la suite. Elle dit, enfin, on peut vous prendre, si vous voulez, ce soir, à 19h, mais par contre, il ne faudra pas rester longtemps.
Je dis, s'il fait ça en 2 minutes, moi, ça me va, tu vois. Et en fait, moi, je crois que je suis quelqu'un de sensible et je suis choqué facilement. Et dès que je tombe en état de choc, je m'assieds sur un fauteuil et le temps passe à la vitesse de la lumière. Et en fait, ces journées sont passées.
Voilà, ces journées sont passées. Et il y a beaucoup de choses qui me choquaient. Le fait que j'ai failli faire l'amour avec Marie, ça ne s'est pas fait. Et le fait qu'il y avait cette histoire complètement, dingo, de Vladimir et que Vladimir, maintenant, voulait aller au Maroc avec, bref.
Je me pointe chez Vasseur, qui est dans le 16e arrondissement de Paris. Le mec, il a 3 étages. C'est un complexe psychiatrique, je ne sais pas quoi, de méga riche. Je me dis, qu'est-ce que je fais là ?
J'espère qu'il prend l'assurance. Sylvie, une meuf, cheveux courts, blonds, à 5 ans de la retraite, qui est là, qui me sourit, mais j'ai l'impression qu'elle va me manger. Et je suis reçu à 20h30, donc une heure et demie de retard, chez le psychiatre, psychiatre, psychanalyste, psychologue, monsieur docteur Vasseur. Docteur Vasseur, qui est un gars fatigué d'une longue journée, assez jeune par rapport à ce que j'ai vu.
Il doit avoir 40 balais, quoi. Et j'ouvre la porte, il me dit, vous êtes qui ? Je me dis, je m'appelle Alexis Oudou, il dit, ok, mais on n'a pas rendez-vous. J'ai dit, bah si.
Alors je ferme la porte derrière moi, pour être sûr qu'il ne m'éjecte pas. Il regarde dans son emploi du temps, et il dit, oh putain. Il dit, vous avez vu Sylvie ? Elle fait tout pour me faire chier.
Elle a pris le rendez-vous, je ne sais pas quand est-ce que vous avez appelé, elle a pris le rendez-vous ce matin, et elle l'a calé au dernier moment, pour que je parte encore plus tard. Parce qu'elle me déteste, et moi aussi je la déteste, c'est une vraie salope. Il dit ça, et... Il décroche, il prend son téléphone, il dit, ah Sylvie...
Il est vachement gentil. Est-ce que c'est possible de décaler un slot, et tout, etc. Et là, elle dit un truc, il raccroche, il me regarde, et il dit, salope, salope, salope, à côté du truc. Bon, voilà, ok.
Ça donnait le ton, et je me suis dit, je vais être encore une déception psychanalytique, je pense. Il me dit, écoutez, je ne peux pas vous prendre. Je ne peux pas vous prendre. Et en fait, je ne pourrais même pas, si vous avez un problème, je ne peux pas faire un suivi, parce que je viens d'accepter un poste, je deviens, figurez-vous, alors il se la pète un peu, je deviens responsable de l'antenne psychiatrie à Alzheimer City.
Alors, je sais ce que vous allez dire, c'est de l'arnaque pure, mais vous savez quoi ? Je sors d'un divorce, j'en peux plus, je suis essoré, et maintenant c'est la thune, la thune, la thune. Et d'ailleurs, quand j'aurai rempli mon portefeuille de thunes, je pense que je rouvrirai mes consultations, et vous pourrez venir, dans mon jacuzzi à Miami, où il y aura deux meufs, avec des seins complètement faux, qui seront de part et d'autre de moi, et là, vous pourrez me raconter tous vos problèmes. Et je dis, et je pourrais rentrer dans le jacuzzi ?
Et il dit, vous pourrez même toucher les meufs à ce prix-là. Et donc, comme j'ai un peu rigolé, il se détend, il dit, assiez-vous deux minutes, on va voir ce que je peux faire. Mais je suis trop cher pour vous, je vous le dis tout de suite. Mais en deux mots, pendant que je réfléchis comment faire chez Sylvie, alors je dis, c'est quoi le problème avec Sylvie ?
Il dit, comme je suis muté, je vais fermer le cabinet, elle, elle fait la gueule parce qu'elle voudrait être mutée là-bas, parce que vous savez, à Alzheimer's City, on est ultra bien payé. Et je dis, mais vous avez dit que, vous avez l'air de dire que c'est un peu de l'arnaque, à Alzheimer's City, parce que moi, j'ai un oncle là-bas. Il me dit, oh, ben c'est des, c'est une maison de retraite très honnête, mais c'est Boiron qui a fait tout ça. Vous savez, Boiron, vous savez ce que c'est Boiron ?
Je dis, je n'ai pas du tout ce que c'est. Il me dit, Boiron, c'est les médicaments homéopathiques, c'est des trucs qui ne marchent pas, c'est du sucre, tu vois. Et quand ils ont été interdits, il y a quelques années, ils avaient tout un tas de thunes et ils ne pouvaient plus faire du sucre pour le vendre. Donc ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont racheté une zone immense, un terrain incroyable dans la Creuse, et ils ont créé un putain d'énorme parc de maison de retraite.
Une sorte de Jurassic Park du vieux, tu vois, et en fait, comme toute la France veut se débarrasser de ses vieux, tous les gens qui ont au moins un CSP+, ils balancent tous leurs parents là-bas avec la certitude que c'est le paradis pour les vieux. Et ils font des trucs chelous, genre comment augmenter la vie, la durée de vie, tout ça, etc. Bah je vais là-bas, parce que déjà, avoir un bon médecin là-bas, ça ne leur fera pas de mal, et aussi parce que c'est ultra bien payé, et maintenant j'en ai marre. J'en ai marre.
J'en ai marre des gens comme vous, voilà. Donc, c'est quoi le problème ? Je lui dis, écoutez, comme on n'a pas trop de temps, je voudrais juste savoir, il y a le docteur Duclos... Dès que je dis Duclos, il se referme, tu vois.
Il me dit quoi, le docteur Duclos ? Je dis, le docteur Duclos, c'est un bon docteur ? Il me dit, ouais, c'est un très bon docteur. Je dis, arrêtez !
Il me dit, je suis désolé. Moi, je dis que je suis le meilleur, et quand je dis que je suis le meilleur, je mens. Il y a un mec qui est plus fort que moi, c'est Duclos. Il est, d'ailleurs, il bosse pour l'armée, non ?
Je dis, j'en sais rien. Bah, c'est un gars, c'est un... c'est un ponte. Il est très, très bon. Il a écrit, il est bon.
J'ai dit, ouais, mais moi, je l'ai eu au téléphone. Alors, il me dit, vous, vous l'avez appelé, vous l'avez eu au téléphone ? J'ai dit, ouais, je l'ai eu au téléphone. Il me dit, ok.
Et donc, il vous a dit quoi ? Je dis, il m'a parlé... Enfin, il avait l'air complètement perché. Ah, ouais !
Il est perché ! Il est complètement perché. Mais, il est bon. Donc, vous me conseillez de l'appeler.
Il dit, je vais vous garder 15 minutes, d'accord ? Vous allez me raconter tout. Alors, je raconte tout. Mon frère, le cardiaque, la mort de mes parents, il y rêve.
Et il me dit, vous avez envie de vous venger de votre frère ? Alors, je dis, non. Pourtant, il a dit... Il a voulu que vos parents meurent et ils sont morts.
J'ai dit, j'y pense un peu. Et votre frère, vous ne pensez pas qu'en tuant des nazis, il a envie de... Il a envie de se venger d'un truc ? J'ai dit, dit comme ça, ça a l'air évident, mais, ouais.
Il me dit, je ne peux pas épiloguer, mais Duclos, il a écrit un très bon bouquin qui s'appelle La violence comme virus. Il dit, et c'est pas faux, que la plupart de nos manies obsessionnelles, c'est comme des virus. On les attrape. On les contacte avec les autres.
Il y a une période d'incubation. Après, ils se développent en nous et on les transmet à d'autres. La violence, entre autres. Si votre père est violent et qu'il vous tabasse, à un moment, vous allez tabasser des gens ou vous allez trouver des gens violents à qui être.
C'est ce que vous-même, vous tabassez des gens. C'est très difficile de rompre tout ça, mais bon. Et puis, ça marche. La volonté de vengeance, c'est pareil.
Voilà ce que je vous propose. Vous allez rappeler Duclos parce que c'est pas un con. Et même si moi, je suis un connard, je suis obligé d'admettre que il va forcément vous donner un bon conseil. Donc, vous allez l'appeler sur tout.
Si vous n'avez plus l'avoir, c'est un peu un honneur. Ensuite, il griffonne un truc et me donne. Il me dit il y a un truc qu'on appelle, alors c'est pas son vrai nom, c'est un séminaire sur la violence, mais on appelle ça entre nous le club de la vengeance anonyme. Donc, en fait, c'est comme les alcooliques anonymes et on voit que des gens qui ont des problèmes avec la vengeance pour les aider à expulser tout ça, vous voyez.
Donc, c'est dirigé par un certain Attali. D'accord. Donc, vous allez là-bas. Docteur Attali, vous venez de ma part.
Il va vous recevoir. Vous restez un peu et vous voyez comment gérer ça, d'accord. Et il vous aidera. En échange, j'aimerais que vous me rendiez un petit service.
Alors, j'ai dit, je vous écoute. Ce qu'on va faire, vous allez sortir tout à l'heure. Vous allez parler à Sylvie. D'accord.
Et vous allez lui embobiner, je sais pas quoi, parce que moi, j'ai besoin de prendre un truc, une valise, mon sac qui est dans la salle d'attente. Enfin, à côté, à côté d'elle, tu vois. Et vous l'embrouillez, vous captez son attention. Moi, je retourne dans ce bureau-là où on est.
Vous revenez. Et on fait genre, on fait une session hyper longue. Et elle, elle peut pas partir tant qu'on n'a pas terminé. C'est pour la faire chier.
Mais ce qu'on va faire, vous et moi, c'est regarder une issue de secours dans ce bureau. On sortira par l'issue de secours. Enfin, je vais sortir d'abord. Je sortirai pendant que vous l'embrouillez.
Et après, vous re-rentrez dans le bureau. Il y aura la clé. Vous pourrez sortir. Et elle, elle va rester jusqu'à 23h.
Et ça la fera chier. Ça lui fera les pieds. Tiens. Ha !
Alors, j'ai dit, ok. Et donc, je suis sorti pour aller vous parler à Sylvie. Donc, je lui dis, j'ai dû sortir parce qu'il a un appel avec un patient, etc. Est-ce que...
Alors, elle commence à me dire, ah bon, un appel. Il peut passer par standard. Je lui dis, c'était sur son mobile. Alors, c'est peut-être sa femme.
Je sais pas. Elle me dit... Elle commence à tout me balancer sur... Vous savez qu'il a trompé sa femme.
Du coup, il y a un divorce. C'est un salaud et tout. Je dis... Ah bon ?
Ah ouais, ouais, ouais. Et j'ai vu que il a tendance à avoir des petits noms d'oiseaux pour les femmes. C'est comme ça. Elle me dit, il est terrible.
Alors, je l'entends, derrière, en train de prendre sa valise, je sais pas quoi. Et... Je parle un peu avec elle. Et j'attends qu'il soit bien parti.
Et comme il m'a fait chier et qu'il l'a traité de salope dans son dos, je pense que... Enfin, comment dire ? Moi, je suis plutôt du côté des employés que des patrons. Donc, quand je vois un mec qui maltraite son employé, voilà, ça me pète les couilles.
Donc, dès que je suis sûr qu'il y soit parti, je lui dis, en fait, il m'a demandé de vous occuper. Et là, il a fait semblant de partir. Et il vous a traité au moins 15 fois de salope dans votre dos. Elle me dit, mais ça, je le sais.
J'ai dit, mais si vous voulez, moi, je vous le mets par écrit. Comme ça, vous lui faites un prud'homme et vous récupérez tout l'argent qu'il a pas donné à sa meuf. Elle me dit, oh, mais vous feriez ça ? J'ai dit, mais bien sûr.
Elle dit, donc, vous signerez et après, vous auriez au tribunal. J'ai dit, mais bien sûr. Et donc, elle commence à m'inoder un petit peu. Elle me dit, vous êtes vraiment un type bien et tout.
Est-ce que vous avez une amoureuse ? J'ai dit, bah non. Et même si j'ai 10 ans de moins qu'elle, j'ai dit, bah non. Et donc, je commence à écrire le truc, tu vois, sur son bureau.
Elle me dit, on pourrait prendre un verre ensemble, si vous voulez, passer la soirée et tout. Et vraiment, elle me drague de fou, tu vois. Et quand je signe la feuille, elle la prend. Et elle me dit, mais on peut faire ça qu'après le prud'homme, vous comprenez.
Parce que si on sait qu'on sort avant, votre papier, il n'aura plus de valeur. Vous voyez ce que je veux dire ? Je comprends qu'elle m'a manipulé à 2000%. Tu sais quoi ?
Je m'en fous. En vrai, je n'ai pas fait ça pour coucher avec elle. Et puis, je ne la connais même pas. Et puis, elle a l'air quand même compliquée, cette personne.
Donc, j'ai dit, bon courage. Et je suis sorti en disant que ce monde était un monde de fous et que je me réservais le droit d'aller ou pas au prud'homme, finalement. Parce que je savais, il fallait que je médite sur le sujet. Et puis, je me dis que peut-être d'ici là, je serais devenu milliardaire.
Moi aussi, je serais dans un jacuzzi avec des meufs, avec des faux seins. Et que la condition de ma maltraitance des employés m'importerait moins. Je suis allé me coucher avec des pensées beaucoup plus douces. Avec le recul, Marie me manquait un petit peu.
Mais dès le lendemain matin, décidé à résoudre mon problème de cauchemar et de rencontrer cette espèce de mec complètement perché, j'ai pris rendez-vous avec... J'ai appelé le docteur Duclos qui m'a redonné, comme si j'étais un mec qui n'avait pas appelé auparavant les mêmes coordonnées. Et l'après-midi même, j'avais rendez-vous dans son fameux amphithéâtre.
Luna Invicta 20. Donc le psy remarquable, docteur en psychiatrie, je ne sais pas quoi, docteur Duclos, il me prend. Et deux choses, il me rassure, enfin sur le fond, il me rassure, il me dit écoutez, c'est quelque chose de parfaitement maîtrisé, il faut qu'on se rende compte, etc. Sur le plan de la forme, il me fait une très très mauvaise impression parce qu'il est très dédaigneux. Genre même, il ne me calcule pas, il dit oui, bien sûr, encore un, pas de problème. Il ne me parle, il ne me considère pas trop et il me donne rendez-vous pour une analyse collective, donc avec d'autres personnes, dans un amphithéâtre. Il me dit amphithéâtre, machin. Rue machin, etc. Je compte sur vous, hop, il raccroche. Et en gros, moi, je ne suis pas choqué, mais j'ai à peine parlé. Ce qu'il m'a dit, ça aurait pu être sur un répondeur. Je ne me sens pas du tout considéré. Je me dis même, il ne sait même pas ce que j'ai en fait. Et ça se trouve, je n'ai rien. Et en fait, je ne donnerai pas suite. Je ne vais pas y aller. Je ne vais pas y aller. Et cette histoire de psy, ça me trotte dans la tête parce que déjà, je ne suis pas... Enfin, je me souviens que quand j'ai eu des problèmes avec mes parents, tout ça, je suis allé voir un psy. Et comme j'étais dans un état second, je parlais, elle parlait, je ne comprenais rien. Enfin, en gros, j'ai pas l'impression qu'il y ait du placebo pour la psy. C'est-à-dire, si ils utilisent leur technique spéciale ou je ne sais pas quoi, si tu n'écoutes pas, il ne se passe rien, tu vois. J'avais un avis globalement négatif. Néanmoins, comme j'avais un peu de temps libre, j'ai lu sur le sujet. Et j'ai lu deux informations intéressantes qui sont utiles quand on cherche un psy. C'est que premièrement, c'est comme les plombiers ou les électriciens. Dans ce cas-là, je ne suis plus apte à en parler. Il y en a des bons, il y en a des mauvais. Il y en a des très mauvais. Il y en a des très, très bons. Il faut trouver le bon. Et il y a même une subtilité. Il y a des gens qui disent que quelqu'un qui est mauvais pour un est bon pour l'autre. Et ça, en tant qu'électricien, je sais, tu vois, parce que parfois, on est bon sur certains bâtiments. Et donc ça, j'ai bien compris. Et il y a cette idée de oui, ça marche. Quand ça marche, ça marche. Mais parfois, ça ne marche pas. Voilà. Informations pas très... Très, très utile. Il se trouve que j'ai lu aussi que les assurances pouvaient payer des séances de psy. Et que j'ai rappelé ma fameuse assurance qui me doit beaucoup d'argent et contre lequel je dois avoir une procédure. Mais bon, la pauvre personne qui était au bout du fil, elle n'était pas au courant et je n'allais pas lui faire chier avec ça. Mais je lui demande si mon assurance couvrait, enfin l'assurance familiale, on va dire, couvrait des séances de psy. Et il se trouve que oui, j'avais droit à quatre séances de psy dans l'année. Donc si c'est gratuit. Et puis, je peux quand même essayer. Et je me suis dit que j'avais cet espoir, même genre presque hyper euphorique, que ça résolve tous mes problèmes. Donc j'ai commencé à trouver... Il y en a plein à Paris. Les psys, ça ne manque pas et ils sont souvent libres. Donc ça, c'est bien aussi. J'ai commencé à faire le tour de l'annuaire. Et à côté de chez moi, il y a une psy qui s'appelle Dr Aubry. Donc j'y vais. J'ai rendez-vous dans les deux jours. Donc Dr Aubry, d'ailleurs qui prend les gens qu'à certaines heures, certains jours, etc. Minuscule cabinet qui doit être aussi son appartement. La personne me reçoit et ça ne se passe pas très très bien. Donc je tombe sur la catégorie psy qui ne me va pas. Mais je crois qu'elle ne va à personne. Mais bon, on va en parler. Donc elle est derrière son bureau et elle me regarde. Je parle, je balance tout. C'est bien, ça me fait un petit entraînement. Et elle n'arrête pas de regarder l'heure comme si elle s'ennuyait. Je me disais vraiment, je dois être quelqu'un de très ennuyeux. Et à un moment, elle me stoppe et elle dit mais attendez, monsieur. Tous vos problèmes, ça vient peut-être du fait que vous êtes HPI. Alors j'ai dit ah bon, c'est quoi ? Elle m'a dit vous êtes haut potentiel intellectuel. Et moi, si vous voulez, je peux vous faire un test pour détecter ça. Un test qui coûte 320 euros. Et en fait, ça déterminera si vous avez ce problème. Et c'est quelque chose que je fais vraiment à beaucoup de gens. Je fais ça surtout aux enfants parce qu'il y a beaucoup d'enfants qui souffrent d'être exclus pour ça. Mais je peux le faire pour vous. Et je dis alors 320 euros, ce n'est pas couvert par l'assurance. Elle dit non, en général non. Mais si vous êtes diagnostiqué avec ça, on peut vraiment résoudre plein de choses chez vous. J'ai dit je vais y réfléchir et je suis parti. Je dis ce n'est pas grave, ce n'est pas grave. Et là, j'ai eu un rendez-vous avec un certain docteur Halimi. Et là, j'ai eu un rendez-vous sous une semaine. Donc entre-temps, j'ai encore continué à faire des petites livraisons. C'était rigolo. La vie était belle. J'ai pas réussi à me mettre aux jeux vidéo. J'ai lu un petit peu. J'ai regardé des séries. Et j'évitais un peu Sophia. Voilà. En fait, j'étais dans cette période un petit peu étrange où en fait, il faisait chaud. Et je me suis dit si je vais sur les chantiers maintenant, il va faire chaud et tout. Je ne vais pas me battre pour me taquer. Alors que j'ai un peu d'argent grâce à Sophia, tu vois. Cependant, également, ce n'est pas le bon moment pour aller au Maroc. Donc également, je ne relançais rien à propos de notre futur voyage au Maroc où je devais être un assistant. Et bon, après, même pour les livraisons, ce n'est pas ouf en été parce que les gens, les Parisiens qui se font livrer en général, ils sont dans leur maison secondaire en été. Mais bon, la vie se passait doucement. Et j'avais besoin. J'avais l'impression de regagner des points de vie. J'en suis reçu par le docteur Halimi, un type vraiment très sympa, un peu exalté. Et il perd ma confiance tout de suite. En gros, il me dit racontez-moi tout. Et je lui raconte tout. Et il est généreux de son temps, même si c'est l'assurance qu'il paye et que c'est un forfait pas ouf. Vraiment, il me pose des questions. Il va loin. Je déballe tout sur mes parents, le rêve. Mon frère et tout, quoi. Je ne dis pas que je me suis fait tabasser par des nazis, mais bon, en gros, on est là. Et il me dit tout le problème vient de votre maladie au cœur. Alors, j'ai dit ah bon ? Eh oui. Il me dit en fait, le mot maladie. Réfléchissez bien. C'est le mal à dit. Et le mal, il s'incarne sous la forme d'un homme, un homme terrible qui a un couteau et qui le plante dans votre cœur. Vous comprenez ? Tout est autour de votre cœur. Il va falloir travailler. Sur ce cœur, on va, on va, on va. Vous voyez, le cœur, c'est le cœur de votre vie. C'est le cœur de votre corps. C'est le cœur du problème. On va travailler là-dessus. Est-ce que vous comprenez ? J'ai dit OK. J'ai fait semblant d'être exalté. Je suis sorti en mode je ne le reverrai plus jamais. Et troisième personne. Alors, je fais quelque chose. Je me dis en fait, je fais une connerie. Je vais voir des psychologues. Je n'avais pas la différence entre psychologue et psychiatre. Mais j'ai dit je vais aller voir un psychiatre. Troisième personne. Troisième personne. Je vais voir le docteur Morgenstern. Donc, une femme qui me reçoit dans un cabinet. Donc, Morgenstern, contrairement aux deux autres, beaucoup moins sympa. Elle m'écoute. Et elle dit ce que vous avez. Oui, il faudra de la psychothérapie, c'est sûr. Et il y en a. Il y a du taf. Ça, on va le faire. Mais dans un deuxième temps. Dans un premier temps, il faut que vous preniez les bons médicaments. Il faut que vous preniez les bons médicaments. Il faut que vous preniez des anxios. Il faut que vous preniez des antidépresseurs. En fait, vous avez l'air d'être heureux et de profiter de la vie comme ça. Moi, je vois un gars qui peut craquer du jour au lendemain et se passer par la fenêtre. Ce que je veux dire, quand je dis passer par la fenêtre, vous voyez, des idées noires, ça peut mal se passer. Donc, on va commencer. Je vais vous faire une petite ordonnance. Vous allez prendre ce que je vais vous dire. On se revoit dans un mois. On fait le point. Dès qu'on a bien ajusté les médicaments, ça peut prendre six mois, ça peut prendre un an. Une fois qu'on est bien, que vous êtes bien dans votre peau, là, on commence la psychothérapie. Je suis sorti. Et j'ai dit, ça va, en vrai, j'en ai eu pour mon argent cette fois-ci. Il n'y avait pas de délire sur le cœur, tu vois. Mais j'avais cette ordonnance. Et j'ai pris, quand il y a eu le drame de ma vie, j'ai pris des médicaments. Et les médicaments, j'aime pas ça. Je vous dis pourquoi. Parce qu'on a moins de sensations en fait. En fait, ce que n'est pas un médicament psychologique, c'est pas un médicament qui vous rend heureux. C'est un médicament qui ne vous rend pas malheureux. Mais la différence, c'est qu'en fait, on n'a plus trop de sensations négatives, mais on n'a pas trop de sensations positives non plus. Et contrairement à ce que je disais, moi, je me sentais plutôt bien, tu vois. Donc, au bout de trois tentatives, j'ai dit, vous savez quoi ? Je crois que c'est pas fait pour moi, en fait, tout ça. C'est pas bien pour moi. Je vais faire autre chose et je vais continuer ma petite vie. Donc, je continue ma petite vie. Et je vis ce luxe incroyable de livreur Uber Eats et compagnie. C'est-à-dire que je sélectionne mes missions. C'est-à-dire que parfois, j'ai une mission et je la donne à un autre gars. Je dis, hé gars, tu veux pas la faire pour moi ? Et il me dit, ouais, mais, enfin, comment dire, comment ça ? Je dis, hé, je te paye, tu l'as fait, tu vois. Je déléguais mes missions et je faisais même pas de marche, tu vois. Mais les trucs un peu classe, j'y allais pour la curiosité, voilà, pour s'occuper et tout. Et il faut s'occuper quand même. Il faut avoir une activité, sinon je aurais dû prendre les médicaments. Parmi tout ce qui m'est arrivé comme aventure lors de cet été de livraison d'Ellivion, j'en ai une qui est particulièrement marquante et qui a enclenché des choses par la suite. C'est... Il y avait... C'était... On se rapprochait de la rentrée. On n'y était pas encore. C'était la dernière semaine d'août. Et il y a des gars qui sont dans le septième arrondissement, un arrondissement que je déteste, qui font une commande de bouteilles de champagne. Genre, laisse-moi une minute de bouteilles de champagne à 22h, tu vois. Donc je dirais, ça peut être rigolo, donc je prends. Je prends les bouteilles de champagne, je vais dans le septième, dans un quartier qui est quand même très très vide de population, voilà, et immeuble magnifique. Je monte, je prends un ascenseur, le grand luxe, voilà. J'ai une bouteille de champagne dans chaque main. Je suis avec moi, mon petit sur-survette de livreur, et j'arrive à l'étage où il y a la soirée, et je sens vraiment que l'immeuble, il est vide. Il n'y a que cet étage où il y a la soirée, donc il se lâche bien, tu vois. Il y a la musique, boum, boum, boum, tu vois. Je frappe à la porte une ou deux fois parce qu'ils ne m'entendent pas trop. Ils m'ouvrent. Et le gars qui m'ouvre, il a un bleu de travail, tu vois. Genre, il a un bleu de travail, il a une clé à molette à la main. Et il dit, hé, comment ça va ? Et tout. Et il me fait rentrer. Genre, je suis invité, tu vois. Et en fait, je suis dans un appartement de gens très riches et on va dire qui ont les moyens, qui ont en tout cas cet appartement et les moyens de faire des soirées extravagantes et de commander comme ça parce qu'ils ont besoin de bouteilles de champagne, on va dire, de grands crus. Et ils ont fait un bal costumé, une soirée costumée. Et dans cette soirée costumée, le thème de cette soirée costumée, c'est Prolo. Donc, c'est des gars méga riches qui se tapent un délire, genre, on se déguise en Prolo, tu vois. Genre, le gars, il était habillé en mécanicien, mais je sais pas, il y avait il y avait un mec qui avait un comment ça s'appelle, le truc jaune fluo des boueurs. Il y avait comment ça s'appelle, il y avait des infirmiers. Voilà. Et quand il m'a ouvert la porte, en livreur Deliveroo, enfin, le mec, il a dit trop smart, Deliveroo, c'est exactement ce qu'il faut. Il y avait aussi des cuisiniers, des choses comme ça. Trop smart. En plus, j'avais une bouteille dans chaque main. Le mec, il a pas compris, tu vois, c'était un invité. Il a dit, ah, trop bien, le mec, il apporte la bouteille de champagne, c'est urbain, tu vois. Et donc, je rentre de toute façon dans cette soirée hallucinante et en plus, je me tape vraiment un bon délire parce qu'il y a des petits fours, c'est tellement bon. C'est vraiment rigolo parce qu'il y a des... Je suis dans un espèce d'endroit où il y a une gouvernante et des domestiques. Il y a ces espèces d'enfilades immenses de pièces avec des grandes toiles de personnes que je connais pas, du parquet partout, des meubles capitonnés, un piano à un moment, une grande bévirée qu'ils donnent sur la tour Eiffel, le délire, tu vois. Et il y a des faux domestiques et il y a des vrais domestiques dedans. Gros délire, mais bon. Et je suis là, je suis en train de me bourrer de... Comment ça s'appelle ? Du plus beau des... Du meilleur toast que j'ai jamais mangé, un truc avec du saumon fumé, mais c'est tellement bon, tellement bon. Tu me dis, allez, je me fais péter le bide, c'est trop bon. Genre, un petit toast, le beurre parfait, le petit saumon fumé et dessus, des petits oeufs, je sais pas quoi, c'est pas du caire, mais tellement bon. Et je me sers une coupe de propre champagne que je me suis... que j'ai livré, tu vois. Trop rigolo. Le hold-up, j'ai dit, elle est trop bien. Et avec un peu de chance, je me fais des potes et... Et qui je vois au milieu de ça ? Je vois une meuf. La meuf, elle est habillée en cendrillon. OK ? Elle est habillée en cendrillon. Et donc, tu vois, une robe grise, genre, elle est pieds nus, elle a les... Donc, c'est une forme de prolo, tu vois, c'est un peu rigolo. Et elle a des cheveux genre un peu... Elle a une perruque sur ses cheveux, voilà. Des cheveux longs, un peu gris, tu vois. Et en fait, cette meuf, je la reconnais, c'est Marie. Et elle me voit, et elle me dit, toi, tu vois. Et moi, je dis, oui. Et en fait, elle se dit, non mais, qu'est-ce qu'il se passe ? Je lui raconte l'histoire de la livraison, elle me dit, incroyable, tout trop rigolo. Et donc, elle pousse le délire un peu loin, elle me présente à tout le monde, tu vois. Et les gens qui sont présents... Bon, imaginez une soirée de méga riches sur le thème de se déguiser en prolo, c'est pas ouf, humainement, on est d'accord. Mais alors, humainement, ils étaient pas ouf. Ça me déçoit beaucoup, d'ailleurs, de Marie. J'ai dit, c'est pas ouf, tes amis. Et c'est vrai que ils étaient un peu jeunes, un peu jeunes, en mode ils étaient légèrement plus jeunes que moi. Et ils se la pétaient beaucoup. Genre, c'est moi qui suis le plus riche, oui, mais l'année dernière, j'ai fait ça, j'ai monté telle boîte, j'ai fait tel bénéfice. Alors, vraiment, toujours, ils parlent en millions, ils vont dans... Ils ont acheté des maisons un peu partout, ils sont tous très, très riches. Et moi, j'avais un petit peu honte, effectivement, c'était compliqué. Après, c'était tellement délirant, c'était un autre monde, tu vois. Et, de temps en temps, ils s'adressaient à moi, en disant, et toi ? Je dis, comme ça, et Marie, elle me sauvait en me poussant, ah, vas-y, il faut que je te présente à quelqu'un d'autre, et tout. Puis, à un moment, elle me pousse et on va dans une autre pièce. Et là, il n'y a personne dans la pièce. Et, elle ferme la porte, et elle me dit, regarde, elle me montre, et en fait, sa robe, elle était réversible, et genre, quand tu retournais la robe, alors, elle n'a pas retourné sa robe devant moi, mais quand tu retournais la robe, elle le... C'était une vraie robe magnifique de princesse bleue, tu vois, et en fait, quand tu enlèves sa perruque, elle avait teint ses cheveux en blond, et c'était genre un peu cendrillon, tu vois, sans les choses sûres, mais elle était... Enfin, c'était vachement bien. Moi, elle m'a dit, à minuit, je change tout ça, qu'est-ce que t'en penses ? Elle me regarde, elle a bu un peu d'alcool, je pense qu'elle a pris de la drogue. Elle me regarde avec des yeux un peu trop brillants, et enfin, ça arrive. Merci, petit Jésus. Enfin, ça arrive, on est contre la porte. Je la presse contre la porte, et on s'embrasse. C'est genre le long baiser. C'est le baiser, genre, hyper passionné, tu baisses dans trois minutes. Trop bien. Hyper content. J'étais là, et je vais te dire quelque chose, je... À un moment où je l'embrasse, je l'aime de toutes mes forces. Je suis hyper... J'ai beaucoup de gratitude. Je dis... Je dis... Je sais pas, c'est cool. C'est cool. Ma vie est nulle. Je suis un peu triste, et tout, et on s'embrasse. Et en fait, il n'y a rien de plus beau que de s'embrasser quand on s'aime, ou je sais pas quoi. En tout cas, je l'ai toujours un peu aimé, je suis content, et je l'aime beaucoup, et voilà. Donc, j'ai beaucoup d'amour qui est surgi en moi, et tout. Elle, elle m'embrasse, mais comme une folle. Je remonte sa jupe, il va se passer ce qui va se passer, d'accord ? Et... De l'autre côté, on entend les éclats de voix, et tout. Et un gars qui raconte que il a acheté une très belle maison sur une île, tu vois, et qu'on est tous invités, et tout le monde dit, oui, la maison sur une île, et tout. Et elle me regarde droit dans les yeux. Elle me dit, t'as vu ? Ils sont tous en train de se la péter, et à dire qu'ils sont les meilleurs, et tout. Toi, t'es... T'es juste le livreur, mais ce soir, le livreur, tu vas te taper la fille la plus belle de la soirée, et ils ne le sauront jamais. Ils rêvent de me baiser, moi, et c'est toi qui vas me baiser ce soir, tu vois. Vraiment, très valorisant. Je l'ai beaucoup aimé, à ce moment-là, j'ai dit, alors je me suis dit, grave, cette phrase dans ta tête, ça te servira toujours, tu vois. Et donc, je continue à l'embrasser, je continue à faire ce que j'étais en train de faire, c'est-à-dire à la peloter de partout, etc. Et elle me dit, Alexis, t'es un mec incroyable, t'es un mec incroyable. Partout où tu vas, tu vis des aventures. Putain, Alexis, t'as tué ces russes à Marseille. Putain, Alexis, t'as défoncé ce nazi. Mais Alexis, mais, je sais pas ce que t'es, si t'es un agent secret, ou je sais pas quoi, mais t'es un mec incroyable, t'es toujours là où on t'attend pas, avec les meilleures excuses. Et là, j'ai débandé, mais en une seconde, et je remonte, je remonte, j'étais à genoux, et je remonte, je la regarde droit dans les yeux, et je dis, attends, j'ai tué des russes, moi ? Alors, j'ai tué personne. Elle me dit, bah si, moi, elle me dit, je suis désolé, t'es pas au courant des trois russes à Marseille ? Ça fait trois fois que je t'en parle. Alors, j'ai dit, alors, il y a peut-être des russes qui sont morts, mais je suis pas du tout au courant. Elle me dit, te fiche pas de moi, j'étais relevé GPS, tu étais exactement au même endroit où étaient ces russes, et chaque fois que tu les as rencontrés, on les a retrouvés morts ensuite. T'es en train de te foutre de ma gueule ? Et je dis, mais, bah du tout, et là, je suis révélation totale, Vladimir, qui a tué tout le monde, tu vois. Et je dis, ah, ok, et elle me dit, et le mec, le nazi, non seulement t'as relevé GPS, il montre que t'étais là-bas, mais en plus, t'as appelé, t'as appelé le téléphone. En fait, t'es pote avec le tueur de nazi. Tu vas pouvoir nous dire qui c'est et tout, c'est trop bien. Alors, je dis, vous dire, mais t'es qui ? Elle me dit, te fous pas de ma gueule. T'es venu me voir directement, tu m'as offert à manger, tu m'as séduite, tu m'as fait tout déballer sur ma vie. Tu sais très bien qui je suis. Et je la regarde, et vraiment, elle est tombée de ouf. Je dis, franchement, je sais pas qui t'es. Et elle me dit, et elle voit que je suis hyper sincère, et elle me dit, bah, moi, je crois que je sais pas qui t'es non plus. Et, euh, on était tellement sous le choc, on est revenus dans la salle où ils étaient en train de faire la fête, et je suis parti. Je suis rentré chez moi. Je me suis allongé dans le lit. À un moment, j'ai eu cette pensée de Vladimir, il va tuer des gens. Et je me suis rendormi, et j'ai rêvé que je tuais des gens. Du coup, on n'est pas venu me tuer. Et le lendemain, j'ai dit, il me reste une séance de psy gratuite, donc je vais la faire. Je m'en fous, je m'en bats les couilles, je prends n'importe qui, je le fais. Je trouve un psy que c'est bel, Vasseur. Et je le prends pas un peu au hasard, parce que Vasseur, Vasseur, c'est un peu le psy des stars, célébrités et tout. Et quand j'appelle, on me dit tout de suite, désolé, il n'y a pas de séance de libre. Je dis, mais non, on peut se voir même dans 3 mois. Elle me dit, mais même dans 10 ans, il n'y aura pas de séance de libre. Et je dis, allez, s'il vous plaît. Et là, je ne sais pas pourquoi, elle switch un peu. Mon interlocutrice, qui s'appelle Sylvie, parce que ce nom va être important par la suite. Elle dit, enfin, on peut vous prendre, si vous voulez, ce soir, à 19h, mais par contre, il ne faudra pas rester longtemps. Je dis, s'il fait ça en 2 minutes, moi, ça me va, tu vois. Et en fait, moi, je crois que je suis quelqu'un de sensible et je suis choqué facilement. Et dès que je tombe en état de choc, je m'assieds sur un fauteuil et le temps passe à la vitesse de la lumière. Et en fait, ces journées sont passées. Voilà, ces journées sont passées. Et il y a beaucoup de choses qui me choquaient. Le fait que j'ai failli faire l'amour avec Marie, ça ne s'est pas fait. Et le fait qu'il y avait cette histoire complètement, dingo, de Vladimir et que Vladimir, maintenant, voulait aller au Maroc avec, bref. Je me pointe chez Vasseur, qui est dans le 16e arrondissement de Paris. Le mec, il a 3 étages. C'est un complexe psychiatrique, je ne sais pas quoi, de méga riche. Je me dis, qu'est-ce que je fais là ? J'espère qu'il prend l'assurance. Sylvie, une meuf, cheveux courts, blonds, à 5 ans de la retraite, qui est là, qui me sourit, mais j'ai l'impression qu'elle va me manger. Et je suis reçu à 20h30, donc une heure et demie de retard, chez le psychiatre, psychiatre, psychanalyste, psychologue, monsieur docteur Vasseur. Docteur Vasseur, qui est un gars fatigué d'une longue journée, assez jeune par rapport à ce que j'ai vu. Il doit avoir 40 balais, quoi. Et j'ouvre la porte, il me dit, vous êtes qui ? Je me dis, je m'appelle Alexis Oudou, il dit, ok, mais on n'a pas rendez-vous. J'ai dit, bah si. Alors je ferme la porte derrière moi, pour être sûr qu'il ne m'éjecte pas. Il regarde dans son emploi du temps, et il dit, oh putain. Il dit, vous avez vu Sylvie ? Elle fait tout pour me faire chier. Elle a pris le rendez-vous, je ne sais pas quand est-ce que vous avez appelé, elle a pris le rendez-vous ce matin, et elle l'a calé au dernier moment, pour que je parte encore plus tard. Parce qu'elle me déteste, et moi aussi je la déteste, c'est une vraie salope. Il dit ça, et... Il décroche, il prend son téléphone, il dit, ah Sylvie... Il est vachement gentil. Est-ce que c'est possible de décaler un slot, et tout, etc. Et là, elle dit un truc, il raccroche, il me regarde, et il dit, salope, salope, salope, à côté du truc. Bon, voilà, ok. Ça donnait le ton, et je me suis dit, je vais être encore une déception psychanalytique, je pense. Il me dit, écoutez, je ne peux pas vous prendre. Je ne peux pas vous prendre. Et en fait, je ne pourrais même pas, si vous avez un problème, je ne peux pas faire un suivi, parce que je viens d'accepter un poste, je deviens, figurez-vous, alors il se la pète un peu, je deviens responsable de l'antenne psychiatrie à Alzheimer City. Alors, je sais ce que vous allez dire, c'est de l'arnaque pure, mais vous savez quoi ? Je sors d'un divorce, j'en peux plus, je suis essoré, et maintenant c'est la thune, la thune, la thune. Et d'ailleurs, quand j'aurai rempli mon portefeuille de thunes, je pense que je rouvrirai mes consultations, et vous pourrez venir, dans mon jacuzzi à Miami, où il y aura deux meufs, avec des seins complètement faux, qui seront de part et d'autre de moi, et là, vous pourrez me raconter tous vos problèmes. Et je dis, et je pourrais rentrer dans le jacuzzi ? Et il dit, vous pourrez même toucher les meufs à ce prix-là. Et donc, comme j'ai un peu rigolé, il se détend, il dit, assiez-vous deux minutes, on va voir ce que je peux faire. Mais je suis trop cher pour vous, je vous le dis tout de suite. Mais en deux mots, pendant que je réfléchis comment faire chez Sylvie, alors je dis, c'est quoi le problème avec Sylvie ? Il dit, comme je suis muté, je vais fermer le cabinet, elle, elle fait la gueule parce qu'elle voudrait être mutée là-bas, parce que vous savez, à Alzheimer's City, on est ultra bien payé. Et je dis, mais vous avez dit que, vous avez l'air de dire que c'est un peu de l'arnaque, à Alzheimer's City, parce que moi, j'ai un oncle là-bas. Il me dit, oh, ben c'est des, c'est une maison de retraite très honnête, mais c'est Boiron qui a fait tout ça. Vous savez, Boiron, vous savez ce que c'est Boiron ? Je dis, je n'ai pas du tout ce que c'est. Il me dit, Boiron, c'est les médicaments homéopathiques, c'est des trucs qui ne marchent pas, c'est du sucre, tu vois. Et quand ils ont été interdits, il y a quelques années, ils avaient tout un tas de thunes et ils ne pouvaient plus faire du sucre pour le vendre. Donc ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont racheté une zone immense, un terrain incroyable dans la Creuse, et ils ont créé un putain d'énorme parc de maison de retraite. Une sorte de Jurassic Park du vieux, tu vois, et en fait, comme toute la France veut se débarrasser de ses vieux, tous les gens qui ont au moins un CSP+, ils balancent tous leurs parents là-bas avec la certitude que c'est le paradis pour les vieux. Et ils font des trucs chelous, genre comment augmenter la vie, la durée de vie, tout ça, etc. Bah je vais là-bas, parce que déjà, avoir un bon médecin là-bas, ça ne leur fera pas de mal, et aussi parce que c'est ultra bien payé, et maintenant j'en ai marre. J'en ai marre. J'en ai marre des gens comme vous, voilà. Donc, c'est quoi le problème ? Je lui dis, écoutez, comme on n'a pas trop de temps, je voudrais juste savoir, il y a le docteur Duclos... Dès que je dis Duclos, il se referme, tu vois. Il me dit quoi, le docteur Duclos ? Je dis, le docteur Duclos, c'est un bon docteur ? Il me dit, ouais, c'est un très bon docteur. Je dis, arrêtez ! Il me dit, je suis désolé. Moi, je dis que je suis le meilleur, et quand je dis que je suis le meilleur, je mens. Il y a un mec qui est plus fort que moi, c'est Duclos. Il est, d'ailleurs, il bosse pour l'armée, non ? Je dis, j'en sais rien. Bah, c'est un gars, c'est un... c'est un ponte. Il est très, très bon. Il a écrit, il est bon. J'ai dit, ouais, mais moi, je l'ai eu au téléphone. Alors, il me dit, vous, vous l'avez appelé, vous l'avez eu au téléphone ? J'ai dit, ouais, je l'ai eu au téléphone. Il me dit, ok. Et donc, il vous a dit quoi ? Je dis, il m'a parlé... Enfin, il avait l'air complètement perché. Ah, ouais ! Il est perché ! Il est complètement perché. Mais, il est bon. Donc, vous me conseillez de l'appeler. Il dit, je vais vous garder 15 minutes, d'accord ? Vous allez me raconter tout. Alors, je raconte tout. Mon frère, le cardiaque, la mort de mes parents, il y rêve. Et il me dit, vous avez envie de vous venger de votre frère ? Alors, je dis, non. Pourtant, il a dit... Il a voulu que vos parents meurent et ils sont morts. J'ai dit, j'y pense un peu. Et votre frère, vous ne pensez pas qu'en tuant des nazis, il a envie de... Il a envie de se venger d'un truc ? J'ai dit, dit comme ça, ça a l'air évident, mais, ouais. Il me dit, je ne peux pas épiloguer, mais Duclos, il a écrit un très bon bouquin qui s'appelle La violence comme virus. Il dit, et c'est pas faux, que la plupart de nos manies obsessionnelles, c'est comme des virus. On les attrape. On les contacte avec les autres. Il y a une période d'incubation. Après, ils se développent en nous et on les transmet à d'autres. La violence, entre autres. Si votre père est violent et qu'il vous tabasse, à un moment, vous allez tabasser des gens ou vous allez trouver des gens violents à qui être. C'est ce que vous-même, vous tabassez des gens. C'est très difficile de rompre tout ça, mais bon. Et puis, ça marche. La volonté de vengeance, c'est pareil. Voilà ce que je vous propose. Vous allez rappeler Duclos parce que c'est pas un con. Et même si moi, je suis un connard, je suis obligé d'admettre que il va forcément vous donner un bon conseil. Donc, vous allez l'appeler sur tout. Si vous n'avez plus l'avoir, c'est un peu un honneur. Ensuite, il griffonne un truc et me donne. Il me dit il y a un truc qu'on appelle, alors c'est pas son vrai nom, c'est un séminaire sur la violence, mais on appelle ça entre nous le club de la vengeance anonyme. Donc, en fait, c'est comme les alcooliques anonymes et on voit que des gens qui ont des problèmes avec la vengeance pour les aider à expulser tout ça, vous voyez. Donc, c'est dirigé par un certain Attali. D'accord. Donc, vous allez là-bas. Docteur Attali, vous venez de ma part. Il va vous recevoir. Vous restez un peu et vous voyez comment gérer ça, d'accord. Et il vous aidera. En échange, j'aimerais que vous me rendiez un petit service. Alors, j'ai dit, je vous écoute. Ce qu'on va faire, vous allez sortir tout à l'heure. Vous allez parler à Sylvie. D'accord. Et vous allez lui embobiner, je sais pas quoi, parce que moi, j'ai besoin de prendre un truc, une valise, mon sac qui est dans la salle d'attente. Enfin, à côté, à côté d'elle, tu vois. Et vous l'embrouillez, vous captez son attention. Moi, je retourne dans ce bureau-là où on est. Vous revenez. Et on fait genre, on fait une session hyper longue. Et elle, elle peut pas partir tant qu'on n'a pas terminé. C'est pour la faire chier. Mais ce qu'on va faire, vous et moi, c'est regarder une issue de secours dans ce bureau. On sortira par l'issue de secours. Enfin, je vais sortir d'abord. Je sortirai pendant que vous l'embrouillez. Et après, vous re-rentrez dans le bureau. Il y aura la clé. Vous pourrez sortir. Et elle, elle va rester jusqu'à 23h. Et ça la fera chier. Ça lui fera les pieds. Tiens. Ha ! Alors, j'ai dit, ok. Et donc, je suis sorti pour aller vous parler à Sylvie. Donc, je lui dis, j'ai dû sortir parce qu'il a un appel avec un patient, etc. Est-ce que... Alors, elle commence à me dire, ah bon, un appel. Il peut passer par standard. Je lui dis, c'était sur son mobile. Alors, c'est peut-être sa femme. Je sais pas. Elle me dit... Elle commence à tout me balancer sur... Vous savez qu'il a trompé sa femme. Du coup, il y a un divorce. C'est un salaud et tout. Je dis... Ah bon ? Ah ouais, ouais, ouais. Et j'ai vu que il a tendance à avoir des petits noms d'oiseaux pour les femmes. C'est comme ça. Elle me dit, il est terrible. Alors, je l'entends, derrière, en train de prendre sa valise, je sais pas quoi. Et... Je parle un peu avec elle. Et j'attends qu'il soit bien parti. Et comme il m'a fait chier et qu'il l'a traité de salope dans son dos, je pense que... Enfin, comment dire ? Moi, je suis plutôt du côté des employés que des patrons. Donc, quand je vois un mec qui maltraite son employé, voilà, ça me pète les couilles. Donc, dès que je suis sûr qu'il y soit parti, je lui dis, en fait, il m'a demandé de vous occuper. Et là, il a fait semblant de partir. Et il vous a traité au moins 15 fois de salope dans votre dos. Elle me dit, mais ça, je le sais. J'ai dit, mais si vous voulez, moi, je vous le mets par écrit. Comme ça, vous lui faites un prud'homme et vous récupérez tout l'argent qu'il a pas donné à sa meuf. Elle me dit, oh, mais vous feriez ça ? J'ai dit, mais bien sûr. Elle dit, donc, vous signerez et après, vous auriez au tribunal. J'ai dit, mais bien sûr. Et donc, elle commence à m'inoder un petit peu. Elle me dit, vous êtes vraiment un type bien et tout. Est-ce que vous avez une amoureuse ? J'ai dit, bah non. Et même si j'ai 10 ans de moins qu'elle, j'ai dit, bah non. Et donc, je commence à écrire le truc, tu vois, sur son bureau. Elle me dit, on pourrait prendre un verre ensemble, si vous voulez, passer la soirée et tout. Et vraiment, elle me drague de fou, tu vois. Et quand je signe la feuille, elle la prend. Et elle me dit, mais on peut faire ça qu'après le prud'homme, vous comprenez. Parce que si on sait qu'on sort avant, votre papier, il n'aura plus de valeur. Vous voyez ce que je veux dire ? Je comprends qu'elle m'a manipulé à 2000%. Tu sais quoi ? Je m'en fous. En vrai, je n'ai pas fait ça pour coucher avec elle. Et puis, je ne la connais même pas. Et puis, elle a l'air quand même compliquée, cette personne. Donc, j'ai dit, bon courage. Et je suis sorti en disant que ce monde était un monde de fous et que je me réservais le droit d'aller ou pas au prud'homme, finalement. Parce que je savais, il fallait que je médite sur le sujet. Et puis, je me dis que peut-être d'ici là, je serais devenu milliardaire. Moi aussi, je serais dans un jacuzzi avec des meufs, avec des faux seins. Et que la condition de ma maltraitance des employés m'importerait moins. Je suis allé me coucher avec des pensées beaucoup plus douces. Avec le recul, Marie me manquait un petit peu. Mais dès le lendemain matin, décidé à résoudre mon problème de cauchemar et de rencontrer cette espèce de mec complètement perché, j'ai pris rendez-vous avec... J'ai appelé le docteur Duclos qui m'a redonné, comme si j'étais un mec qui n'avait pas appelé auparavant les mêmes coordonnées. Et l'après-midi même, j'avais rendez-vous dans son fameux amphithéâtre.