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slug: luna-invicta-031
title: "Luna Invicta - Episode 31"
series: "Luna Invicta"
episode: 31
pub_date: 2026-07-31
duration: "36:12"
link: "https://shows.acast.com/fiqtion/episodes/luna-invicta-episode-31"
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# Luna Invicta - Épisode 31

> Publié le 2026-07-31 · Durée : 36:12

J'ai repris connaissance, mais j'allais bien, et j'étais habillé. Je n'étais pas tout nu, donc j'étais dans une sorte de rêve, on va dire, mais pas du tout. Tout était très tangible. Je portais les vêtements que j'avais avant de couler, et j'étais dans une pièce blanche, petite, pas blanche-blanche, genre blanc, mais propre, mais on n'est pas dans 2001, quoi. Enfin, ce qui ressemblait beaucoup à une loge d'acteurs, et je pense que c'était totalement une loge d'acteurs. Donc, je suis sorti, j'étais un peu inquiet quand j'ai mis la main sur la poignée, je me suis dit, qu'est-ce qu'il va y avoir derrière, des choses affreuses, je vis dans un monde de cauchemars, qu'est-ce qu'il se passe ? J'étais dans les coulisses d'une sorte de grand théâtre ou cinéma, et je passe, je contourne sur les côtés, parce qu'il y a un grand rideau très lourd, et effectivement, à ma grande surprise, il y a une grande scène, il y a deux fauteuils, des micros, et il y a des gens qui sont assis, je ne vois pas trop parce que la scène est éclairée, mais pas la salle, et il y a quelqu'un, cheveux longs, lunettes, qui se lève, il a une veste, et il dit, ah non, non, Alexis, venez, on vous attendait, ça tombe bien. Alors, j'avance un petit peu, il me tend la main, je lui serre la main, dans la salle, ça applaudit, et je dis, excusez-moi, il y a peut-être une méprise, vous vous trompez. Alors, il y a quelques rires dans la salle, donc j'ai l'impression d'être un spectacle comique, et la personne, mon hôte, la personne qui vient de me serrer la main, se retourne dans la salle et dit, écoutez, il est très mal à l'aise, mettez-vous à sa place, ne vous moquez pas, les gens qui sont là, ils ne se moquent pas, ils tournent vers moi, les gens qui sont là, ils ne se moquent pas, ils vous aiment bien, ils vous connaissent bien, tout ceci est très perturbant, mais asseyez-vous dans le fauteuil, et on est un petit peu ensemble. Alors, je m'assieds un peu avec surprise, et j'ai dit, vous ne devinerez jamais où j'étais il n'y a pas cinq minutes. Et il me dit, mais on sait, justement, on sait. On va dire, pour faire simple, Alexis, que tu es dans une sorte de rêve, et que tous les gens qui sont dans la salle, y compris moi-même, en fait, on sait beaucoup de choses de ta vie, parce qu'on la suit de près, on aime bien ça, on aime bien tes aventures, on n'est pas du tout dévoyé, on aime bien tes aventures, on veut savoir comment ça va se terminer, et on est très honoré de te recevoir. Comment dire, ce n'est pas tous les jours que quelqu'un franchit la barrière, donc on a fait les choses un peu en grand, et on a mis cette petite scène, et puis, bon, je t'attendais, je répondais aux questions. Et alors, quand il me dit, toi, je dis, mais toi, t'es qui ? Il dit, moi, je fais partie des gens qui fabriquent un peu l'histoire. Alors, quelle histoire ? Il me dit, bah... Ton histoire. Enfin, tu fais quand même des aventures très denses. Nous, on organise un peu ça. Et là, c'est les spectateurs. Alors, évidemment, moi, je dis rien, parce que je ne comprends pas. Et je pense que c'est mon cerveau qui tourne à vide, alors que je suis en train de faire une crise d'épilepsie. Et il me dit, est-ce que t'accepterais de répondre à des questions ? Alors, je dis, bah, pourquoi pas ? Alors, les gens rigolent. Et... Dans la salle, il y a vraiment des gens qui rigolent. Et puis, il y a des autres qui applaudissent et disent, encore une fois, c'est pas méchant. Pourquoi les gens rigolent ? Parce que, bah, t'es quand même un mec très détendu. Tu vis des tas de choses. Et moi, du coup, j'ai un gros sourire. Et je dis, bah, vous m'avez dit... Moi, je crois les gens. Et vous me dites que vous m'aimez bien. Je ne suis pas dans un environnement... La nuit a été compliquée. Donc, au moins, je ne vais pas me faire agresser. Alors, mon interlocuteur dit, ça tombe bien. C'est l'esprit. C'est l'esprit. Donc, est-ce qu'on a des questions dans la salle ? Il y a le projecteur qui allume un petit peu la salle. Et je m'aperçois qu'elle n'est pas méga pleine, ça. Si les gens suivent mes aventures, il n'y en a pas tant que ça. En tout cas, il y a genre 200-300 places dans ce espèce de vieux théâtre. Et je me dis, j'aimerais bien savoir ce qu'il y a... Où est-ce qu'il donne, ce théâtre ? Où est-ce qu'il est, etc. Je regarde un petit peu les... Comment ça s'appelle ? Les panneaux. S'ils sont écrits en anglais, en français. Mais tout le monde parle français. Il y a des gens qui sont au moins français. Et il y a une dame qui se lève, qui prend le micro, qui dit bonjour. Alors Alexis, on te connaît très bien. Moi, en tout cas, je t'aime beaucoup. Donc, je vais te poser une question. Je ne veux pas que ça te perturbe. Je voulais te dire, je te souhaite bon courage dans toutes tes aventures. Parce que ce n'est pas facile, ce que tu vis. Mais j'ai l'impression que tout se passe bien. Alors, le présentateur dit, quelle est la question ? Oui. Alors, je vais te poser une question. Alors, je vais te poser une question. Alors, ma question, si elle te dérange, tu n'es pas obligé de répondre. Mais moi, je suis surpris parce que tu aimes beaucoup Sophia. Et bon, je sais qu'elle t'a un petit peu rejetée. Mais il y a quelque chose entre vous. Et dès que tu vois une autre fille, comme par exemple Marie, tu es à fond dessus aussi. Donc, ça se passe comment ? Alors, je prends le micro et je dis... Bon, je ne m'attendais pas à une séance de psychanalyse. Tout le monde rigole encore, les rires. Je dis, en fait, je ne sais pas. Je ne sais pas trop. Comme vous l'avez dit, Sophia, moi, je l'aime beaucoup. Mais on s'est disputé un petit peu hier. Et là, le présentateur, il dit, t'inquiète, je pense que ça va être résolu. Je ne vais pas te le dire. Je ne vais pas te spoiler. Mais je pense que ça va être résolu bientôt. Je dis, ah ouais, vraiment ? C'est chouette. Vous pouvez me dire la suite ou pas ? Vous pouvez me dire quand je meurs. Et là, le présentateur, il ne rigole plus du tout. Et je sais qu'il sait. Tu vois, j'ai... Oh là là, attends. Je vais répondre à votre question. Donc, pourquoi Sophia ? Pourquoi Marie ? Pourquoi pas ? D'ailleurs, j'ai écrit à Anne aussi, souvenez-vous, alors que j'étais avec Marie et Sophia. Moi, je... Mon état actuel, c'est que je ne suis pas en couple. Je ne suis pas avec une seule meuf. Je ne suis même pas en flirt ou je ne sais pas quoi. Genre, il ne se passe rien. Je suis genre célibataire à 100%. Je pourrais être sur Tinder, quoi. D'ailleurs, je suis sur Tinder. Ça fait un moment que je n'ai pas ouvert l'appli. Là encore, il y a des rires, tu vois. Et je ne sais pas. Si toutefois, par exemple, avec Marie... Ça devient très sérieux. On se voit souvent. Et que je l'aime beaucoup. Peut-être que l'image de Sophia dans ma tête diminuera un petit peu. Et puis, je pourrais me mettre en couple avec elle. Moi, je n'attends que ça, de la stabilité. J'ai été seul beaucoup trop longtemps. Donc, elle dit merci. Et elle rappelle, je suis vraiment très fan de vous. Une autre personne se lève. C'est un homme un peu jeune. Il a des cheveux longs, bouclés. Il dit bonjour. Moi aussi, très fan. Je ne vais pas faire part du temps à tout le monde. Je voulais savoir. Est-ce que tu as repris des nouvelles de ton frère ? Ça ne nous a pas été dit, ça. Alors, je dis non. Et là, il y a le présentateur qui dit. Normalement, une information comme ça, si vous ne l'avez pas, c'est qu'il ne l'a pas fait. Et d'accord. Alors, la personne qui pose la question, il dit d'accord. Tu ne l'as pas fait. Mais est-ce que tu vas le faire ? Parce que quand même, tu as sacrifié beaucoup pour lui. Et puis, vous vous êtes retrouvés. Et je pense que c'est important. Parce que tout à l'heure, tu disais que tu étais seul. Mais si vous vous mettez ensemble, c'est comme si tu étais une petite famille. Alors, je dis. C'est vrai. C'est vrai. C'est vrai. C'est une bonne remarque. Je vais le faire. Je vais le faire. Je vais le faire bientôt. Voilà. Et il me pose. Je suis désolé. Une troisième question. Mais moi, je ne veux pas te forcer à le faire. Parce que voilà. Mais tu peux nous dire aussi si tu n'as pas envie de le faire. De toute façon, nous, on n'a pas les moyens de parler aux autres gens. J'ai dit non, non. Mais en vrai, tu as raison. Mais juste, ce qui s'est passé, je pense. Même lui, il a envie de reprendre contact avec moi. On avait dit qu'on se rappellerait. Mais déjà, on a vécu longtemps ensemble. Ça a été une retrouvaille assez intense. Dans des circonstances un peu particulières. On a un peu besoin, je pense, de faire passer un peu de temps. Mais en tout cas, s'il m'apprécie comme moi, je l'apprécie. C'est-à-dire, je ne le prends pas trop pour un fou. Et je serai content de le revoir. Mais pas trop non plus. Vous savez, c'est comme avec vos parents. Vous les aimez bien. Mais au bout de trois jours, vous n'en pouvez plus. Et il y a des gens qui rient dans la salle. Voilà. Donc, quand même. Ça me rassure parce que c'est important pour moi que vous vous remettiez avec votre frère. Et donc, encore une question. Une fille qui se lève. Une jeune femme. Elle a une voix très perçante. Et elle est très timide. Et elle dit... Est-ce que... Alors, moi, il y a quelque chose qui m'intrigue dans l'histoire. Est-ce que vous comptez ouvrir les autres pièces de l'appartement ? Alors, je dis, de mon appartement ? Et je me tourne vers le printemps. Il dit, mais ils savent vraiment tout. Il me dit, ouais. Il me dit, c'est comme ça. Et je dis, mais j'ai juste une question à vous répondre. Est-ce que tous les gens qui vivent des aventures, enfin, tous les gens normaux qui sont dans la rue, tout ça, il y a des gens comme vous qui écoutent leurs aventures et qui ont des questions aussi précises que ça ? Le printemps, il dit, c'est vraiment une bonne question. Et le printemps dit, peut-être même moi, il y a peut-être quelque part une émission sur moi et les gens écoutent mes aventures et ils auraient des questions à me poser. Dans ce cas-là, j'ai envie de dire, alors il se tourne, j'en regarde un peu en l'air et il dit, dans ce cas-là, j'espère que tout ce que j'ai fait, ça vous a plu parce que c'est un peu étrange. Et je suis désolé pour toutes les fois où je vous ai déçus. C'était extrêmement étrange parce qu'il parlait dans le vide et il y a quelques gens qui ont rigolé. En tout cas, moi, Alexis, je réponds. Je dis, je ne suis pas encore à l'aise avec la disparition de mes parents. C'est quelque chose dont j'arrive à parler. J'arrive à dire que je ne suis pas à l'aise. On a beaucoup avancé sur ces sujets-là. Donc, vous connaissez parfaitement mon histoire. Et en termes d'envie, non, je n'ai pas du tout envie d'ouvrir les autres pièces. Je pense que ça va faire plus de mal que de bien. Et je ne sais pas ce que je vais faire de cet appartement. Peut-être que je vais le vendre à un moment et ça va régler tous mes problèmes d'argent. Il y a une autre personne qui se lève, donc un homme, et il dit, c'est une question, mais je ne te juge pas, d'accord, parce que moi, je n'ai pas beaucoup d'amis. Mais il y a quelque chose qui est étrange. Je trouve que tous les amis que tu as, Sam, Dave, etc., ce sont des gens qui sont tous chelous. Et même Volodia, V, maintenant que tu l'appelles Volodia, il est aussi chelou, d'ailleurs. Ce ne sont pas des gens qui ont des métiers normaux et qui font des choses normales. Enfin, voilà. Est-ce que c'est peut-être, il se tourne vers le présentateur, peut-être que c'est dû à la nature de... Parce que c'est en ayant des amis chelous qu'on a des aventures, je ne sais pas. Alors, le présentateur, il dit, on va laisser d'abord Alexis répondre. Je réfléchis et je dis, en fait, on dit qu'on choisit ses amis et pas sa famille. Et en vrai, je n'ai pas vraiment choisi mes amis. Mais je me suis senti moi-même un peu à part, un peu en marge de la société pour le parcours de vie que j'ai fait. Alors qu'avant, j'étais ultra normé et j'avais des amis ultra normaux. Et quand je suis sorti de ce parcours par accident, j'avais du mal à me faire des choses. J'avais du mal à me faire des choses. J'avais du mal à me faire des choses. J'avais du mal à me retrouver avec des amis, des gens un peu normaux. Moi, les gens un petit peu bizarroïdes, j'ai tout de suite une petite attirance. C'est comme ça. Mais après, je ne sais pas, Dave, il n'est pas si anormal que ça. La salle rigole. Ok, d'accord, d'accord. Je suis quand même très surpris par toutes ces questions. Et je commence en fait à entrer dans cette logique de récit de ma vie qu'ils connaissent. Et je dis, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a un auteur derrière ce récit ou est-ce que ce récit, je le vis et finalement, ça vous intéresse un peu comme dans Truman Show. Et le présentateur dit, il y a un auteur, effectivement. Je dis donc, en fait, rien de ce que je fais, y compris là, maintenant, je n'ai pas de liberté dans ma vie. C'est tout décidé d'avance, tous mes mots. En fait, j'ai l'impression d'être libre, mais je ne le suis pas du tout, c'est ça. Tandis que vous, les spectateurs, vous, vous faites ce que vous voulez tous les jours. Alors, il y a le présentateur qui dit, d'accord, mais eux, ils font ce qu'ils veulent, mais vraiment, ils se font chier. Tout le monde rigole. Et je dis, oui, mais moi, ça ne me fait pas rire du tout. Vous êtes en train de me dire que je n'ai aucune liberté. Alors, le présentateur réfléchit un petit peu et il dit, en fait, ce qu'il se passe, oui, a priori, on pourrait considérer que vous êtes le héros d'une aventure qui est écrite par une personne, par un professionnel, et qu'à ce titre, vous avez l'impression d'être libre, mais vous ne l'êtes pas du tout. C'est-à-dire que vous pourriez même être libre, mais toutes les aventures qui vous arriveraient, elles seraient orchestrées, donc vous seriez dans une sorte de jeu de rôle juste pour vous. Et dans ce cas-là, effectivement, vous êtes un homme sans liberté, donc vous êtes un esclave, vous êtes un prisonnier, les choses sont terribles. Et donc, eux, au contraire, qui vous regardent, les spectateurs, on pourrait penser qu'ils sont parfaitement libres, puisqu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, y compris ne pas regarder vos aventures. Alors, je dis, très bien, vous venez de le dire de façon un peu plus compliquée, mais c'est exactement ce que je pensais. Et le présentateur dit, non, en fait, vous vous trompez. C'est l'inverse qui se passe. Alors, dans l'audience, les gens, ils font quoi ? Ils disent oui, parce que, je ne sais pas si vous êtes au courant, par exemple, des technologies comme l'IA, donc l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle, ce n'est pas simplement ChatGPT qui répond et qui vous fait des blagues ou qui vous fait des petites images. En fait, c'est une technologie qui permet de prévoir le comportement des gens. En prévoyant le comportement des gens, par exemple, dans quel lieu ils vont, on peut prévoir la charge des trains, des métros, des taxis, les circuits, les circuits de voitures, la mobilité dans les villes. Donc ça, on peut prévoir pour les grands nombres de personnes, mais également individuellement. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a des IA qui monitorent certains types de personnes qui sont surveillées, par exemple, par le gouvernement. Et on sait très bien, par exemple, des gens qui sont un peu en marge, qui peuvent basculer dans le terrorisme. En fait, on peut très bien, avec leur activité, juste identifier à quel point ils vont passer à l'acte ou pas. Vraiment à des pourcentages très fins. Alors moi, je dis, mais pourquoi vous racontez ça ? Il me dit, justement, en fait, ces gens qui se prétendent libres, libres d'être dans le terrorisme ou pas, libres de partir un dimanche après-midi à la plage ou pas, ou un samedi après-midi, acheter un livre en ville, par exemple. On pourrait croire que toutes ces décisions, elles sont prises naturellement. Mais aujourd'hui, les IA arrivent à les prédire. Et comme on peut les prédire, un peu comme le philosophe dans votre histoire que vous avez raconté, tous ces gens-là, ils n'ont qu'une illusion de liberté. Alors je dis, d'accord, très bien, fine, c'est bien pour eux. Mais moi, j'ai encore moins de liberté que les autres. Et il dit, en fait, si c'était un... Si vous étiez le produit d'un roman dont l'écrivain avait écrit parfaitement, avait bien pensé votre personnage, avait bien pensé tous les autres personnages, avait bien pensé les péripéties, oui, vous seriez d'autant plus prisonnier qu'à un moment, il y a le mot fin, et c'est la fin de votre vie, et c'est terminé, et il n'y aura plus rien au-delà de ça. Mais en fait, l'œuvre que les gens écoutent en ce moment, parce que c'est une fiction audio, je vous le dis, mais l'œuvre que les gens écoutent à votre sujet, en temps réel, en fait, c'est une œuvre qui est faite dans des circonstances très particulières. C'est une œuvre où, à chaque épisode, il y a en gros une ligne de texte, et l'auteur, qui est aussi la personne qui raconte l'histoire, c'est une personne qui va improviser pendant 30 minutes sur le sujet. Et si vous voulez, dans le cadre de son improvisation, il ne peut pas imaginer... Il ne peut pas imaginer toutes les phrases, toutes les péripéties, toutes les circonstances qui peuvent arriver, il n'y a pas de montage. Donc, c'est d'une traite, d'un seul coup, et il suit bien quelque chose, il suit un schéma, un schéma intuitif. Il puise dans les histoires qu'il voudrait raconter, dans les aventures qu'il voudrait raconter, peut-être même qu'il voudrait vivre, il puise dans ce qu'il a dans sa mémoire, mais 80% du temps, en fait, il laisse son récit vagabonder. Et, à ce titre, le vagabondage de ce récit, cette espèce de dimension aléatoire, peut-être, en fait, vous avez un contrôle dessus, plus que vous ne le penseriez. C'est-à-dire, cet espace de liberté, il est dans l'improvisation du récit, tandis qu'eux, qui ne sont pas les objets d'un récit, ce sont juste des tableaux de nombres, voilà, des matrices mathématiques telles qu'il y en a dans les IA, et qui sont parfaitement prédictibles. Donc, Alexis, contrairement à ces gens dans l'audience, et à un certain philosophe que vous avez sauvé des eaux, eh bien, vous, vous êtes maître de votre destin. Donc, faites attention. Si une voyante mystérieuse vous dit que vous allez vivre 100 000 ans, peut-être que... Enfin, ne tentez pas la mort, parce que si un jour vous désirez la mort, peut-être que vous l'aurez. C'est un discours qu'il m'a présenté, qui était très long, et qui devait de plus en plus obscur au fur et à mesure qu'il en parlait. C'est-à-dire que quand il a commencé à dire tableau de nombres mathématiques, moi, j'étais perdu. Et je commençais à avoir... Enfin, la lumière commençait à descendre un petit peu, je commençais à fermer les yeux, et vraiment, ses dernières paroles, c'était un murmure, et comme s'il m'hypnotisait que je m'endormais, effectivement, je me suis endormi. Je ne sais pas ce qu'est devenue cette scène de théâtre, et où est-ce qu'elle était, mais je me suis réveillé dans la bassine pleine d'eau tiède, avec Volodia, qui lui me secouait un petit peu, en mode « Réveille-toi, réveille-toi ! » Et il y avait le Sahir, et sa femme, et ses enfants, qui étaient là, qui nous regardaient alors qu'on était à poil, et le Sahir a dit quelque chose, et la traductrice a dit « C'est bon, ils sont revenus, ils ont rencontré les anges, et le divin, et maintenant, ils sont purifiés à nouveau. » Elle m'a pris la main, et effectivement, je n'avais plus la marque, et je n'avais plus d'ailleurs de boue sur moi, mais je n'avais plus la marque noire dans la main. Et je l'ai vue, cette marque noire, et Véossi, et si on avait eu 1000 euros, je pense qu'on les aurait donnés, parce que c'était quand même très utile. À travers la fenêtre, on voyait le petit matin qui commençait à luire, quoi. On s'est séchés, on a remis nos vêtements, le Sahir a continué à nous parler, et on a continué à nous dire « Ça ne suffit pas, je suis désolé, mais je vais également vous donner des talismans protecteurs. » Alors, moi, je me suis dit « Mais je n'ai plus d'argent. » Et il y a, comment ça s'appelle, Volodia, qui donne la billette de 50 euros qu'elle a mis sur le truc hier, donc là, on était vraiment à sec, de chez à sec, il va falloir rentrer à pied, sans taxi ni rien. Et il le prend, mais c'est plus important. Alors, c'est des talismans, c'est une sorte, c'est comme un pendentif, ou un médaillon, disons un pendentif, quelque chose qu'on met autour du cou, c'était une petite corde, et c'était une lune avec une étoile, donc le symbole de l'islam. Et sur la lune, il y avait un vers du Coran que je serais bien incapable de vous lire et de vous traduire, parce qu'il était en écriture tarabiscotée. Et en tout cas, le Saïr nous dit, je vais arrêter de dire la traductrice, le Saïr nous dit, via la traductrice, il nous dit, « Ces talismans, ils vous protégeront des agents du mal qui vous ont maudits hier. Il faut toujours les garder sur vous, toujours, la nuit, quand vous prenez votre douche, tout le temps, tout le temps, quoi qu'il arrive, vous allez à l'hôpital, vous le gardez avec vous, c'est d'accord ? » Alors on fait oui, oui, oui, très bien. Il dit, « Je vais faire un certain nombre de prières pour que les anges et les bons esprits protègent ces talismans, mais il va falloir faire un sacrifice. » Encore de l'argent ? Non. « Il va falloir faire un sacrifice, il va falloir que vous sacrifiez un souvenir qui vous est très cher, et ce souvenir qui vous fait du bien, qui a beaucoup de bonheur, on va le mettre dans le talisman. » Alors, je réfléchis, j'ai pas d'idée, et veillez à réfléchir aussi, puis à un moment, je dis, faute de mieux, vraiment. J'ai des bons souvenirs, mais je me suis dit, c'est quoi le souvenir de fou qui m'aiderait trop ? Et j'aimerais que vous ne vous moquiez pas, d'accord ? Je vais vous dire, moi, mon souvenir qui m'a rendu très heureux, je suis allé piocher quand j'avais, genre, je sais pas, 12 ans. Voilà, c'était un très bon souvenir, d'accord ? Donc, c'était sur ma PlayStation 2, et j'avais acheté un jeu dont tout le monde parlait, qui s'appelait GTA San Andreas. Et j'y ai joué, et il y avait mon frère qui était pas loin. Et mon frère était à côté de moi, et c'était cool, c'était une présence rassurante, et j'étais jeune, et je savais que c'était un jeu pas interdit pour les gens de mon âge, et déjà, c'était un petit peu excitant, et c'était GTA San Andreas, et en fait, GTA San Andreas, c'est un jeu vidéo, c'est un open world, et on est dans Los Angeles, alors, aujourd'hui, si vous le regardez, vous allez le trouver pas très joli, ou je sais pas quoi, mais j'étais catapulté dans une sorte de Los Angeles, et, donc, j'étais un héros qui se faisait tabasser par des flics, qui devaient rentrer chez lui, et on est dans une rue, et on prend un vélo, un BMX, et on se balade dans Los Angeles, et j'ai trouvé ça, mais genre, fabuleux, c'était incroyable, alors, j'aurais pas cru que 10 ans, 12 ans, 14 ans plus tard, j'allais être sur le vélo à Paris pour gagner ma vie, ce serait pas du tout rigolo, mais là, d'avoir dans ma petite télé Los Angeles qui est reproduite comme une maquette, et d'être en vélo, et d'avoir des gens qui parlent avec nous, et d'avoir des voitures, et un peu plus tard, je sais que j'ai pris une voiture, et qu'il y avait une grosse lune dans le ciel, et que j'écoutais Dépêche Mode sur une radio, avec une DJ, ah si, je m'en souviens, elle s'appelait la DJ Sage, elle s'appelait, et qui avait une voix grave, et sexy, et je longeais une plage, et sur la plage, il y avait une très belle sorte de fête foraine magnifique, et en fait, c'est un sou, c'est un souvenir, genre, mais de joie intense, d'émerveillement, d'émerveillement d'enfant, en fait, que je n'ai plus depuis, aujourd'hui, depuis, j'ai vu des choses merveilleuses, j'ai vu le Nil, j'ai vu la beauté de la mer en Grèce, par exemple, qui est parfaitement transparente au lever du soleil, j'ai vu des choses naturelles et magnifiques, mais j'ai un émerveillement incroyable de ce truc, et donc, je le racontais en français, mais le Seyir l'a genre capturé dans l'air, tu vois, il l'a mis dans le talisman, et c'est vrai que, je ne sais pas s'il l'a vraiment pris et mis dans le talisman, mais une fois que je l'avais dit, j'ai l'impression qu'il m'a apporté moins de bonheur, tu vois, donc j'ai quand même pris le talisman et je l'ai mis sur moi, et je dis, allez, à toi, Volodia, raconte ton souvenir et tout, et il commence à le raconter en russe, ou en, ouais, en russe, je ne sais pas ce que c'est dans son dialecte, quoi, et je dis, non, non, vas-y, j'ai envie de savoir, tu as entendu mon souvenir, et je veux savoir ton souvenir, alors il soupire, il m'envoie un regard, et il dit, ok, je vais te le raconter, bah, c'est pas grand-chose, en vrai, il me dit, moi, mon plus beau souvenir, il date évidemment d'avant la guerre, et même d'avant des tas de choses, le service militaire, les études et tout, j'étais, je ne sais pas, j'étais comme toi, j'avais 10 ans, 12 ans, et en fait, on est allé en vacances en famille au bord de la mer Noire, dans un joli petit village, et, je ne sais pas, on avait, en fait, on louait, on louait une maison, c'était une maison de famille, je crois qu'elle appartenait à ma tante, c'était une maison avec un petit jardin, avec un étage, mais en fait, ce qui se faisait à chaque fois, parce qu'on y allait 3 ans ou 4 ans de suite, c'est qu'on déposait, on arrivait en voiture, on déposait les affaires dans la maison, et en fait, on allait, on allait en courant vers la mer, mon frère et moi, et en fait, quand il dit mon frère, il commence à avoir la voix avec des trémolos, tu vois, et puis, et puis il me disait, ouais, et puis on voit la mer, et on se jette dedans, et puis il se met, et là, V, se met à pleurer devant moi, mais vraiment, les larmes, et genre, une cascade, quoi, il se met à pleurer, genre, il pleure, il pleure, il pleure, et en fait, je m'aperçois qu'il a aussi un problème avec son frère, ou sa famille, ou je sais pas quoi, il les a peut-être tous perdus, et jamais j'en parlerai avec lui, et voilà, et puis, il raconte des trucs, et là, il se remet à parler en russe, il parle, j'imagine, de la mer, de son frère, de sa famille, et de tout ce qu'il faisait, et à un moment, il dit, et on mangeait du poisson grillé, et il pleurait, il se met encore à pleurer, à pleurer, à pleurer, et, alors que là, il est en train de s'engloter et tout, et que vraiment, tout le monde, les femmes, les enfants, tout le monde le regarde, moi aussi, genre, dans le silence, on se dit, mais qu'est-ce qu'il arrive, parce qu'il est costaud, tu vois, il y a le saïr qui prend son souvenir, il le met dans le talisman, et il donne le talisman à V, et, voilà, pendant qu'il sèche les larmes, je remercie, je remercie, mille fois, mille fois, tout le monde, merci, vous savez quoi, saïr, sa famille, nous allons partir, et un jour, je reviendrai, je reviendrai, et je vous redonnerai tout ce que vous m'avez donné, merci, j'ai le talisman, j'en avais besoin. On sort, et un peu comme, comment dire, la lumière qui fait fondre la neige, la lumière du matin, nos talismans, la nuit, peut-être aussi mon voyage, un peu, dans cette scène de théâtre, a fait fondre tout le truc nul qu'on avait, vu la veille, c'est-à-dire les ombres pressantes ou je ne sais pas quoi, et on est sur une petite route de terre, vraiment, qui donne sur le Nil, c'est-à-dire que vraiment, on marche, on fait deux mètres, on est dans le Nil, dans les bords du Nil, où il y a même quelques roseaux, quelques oiseaux, etc., on est dans le Caire, mais c'est pourtant le Nil, tu vois, et tout est magnifique, tout est beau, et les gens courent autour de nous, ou nous proposent des trucs, ils nous sourient, ils nous parlent, vraiment, on est passé de l'enfer au paradis, tu vois, et on est, enfin, moi, je ne suis pas musulman, je ne penserai jamais, franchement, je suis plutôt catholique, tu vois, mais vraiment, genre, le pouvoir de Dieu nous avait sauvés, tu vois, et j'ai dit, je suis allé à, je suis allé vers V, et je lui ai dit, dis-moi, tu as perdu connaissance dans la petite baignoire, là, tout à l'heure ? Il me dit oui, et je dis, tu as rêvé de quelque chose ? Est-ce que tu as rêvé d'un théâtre ? Et il a un regard un peu étrange, tu vois, donc il ne me dit pas tu as le regard, le regard qui se dit je ne te dis pas tout, et là, il dit non, je n'ai pas rêvé. Mais moi, je sais qu'il a rêvé, mais de quoi, je ne sais pas, voilà, moi, j'aurais bien aimé savoir, mais bon, peu importe. Donc, on est en train de marcher avec nos vêtements à moitié mouillés de la veille, tu vois, après avoir vécu une aventure un peu extraordinaire, et il me dit, écoute, Alexis, moi, j'ai un cas de conscience, c'est que là, j'ai fait un rite musulman, et je pense qu'on n'avait pas le choix parce qu'il s'est passé des trucs vraiment mystérieux qui faisaient peur, mais moi, je dois te dire quelque chose, Alexis, c'est important, je suis orthodoxe. Je suis orthodoxe, et je ne peux pas, enfin, il faut que j'aille me confesser parce que là, j'ai livré mon âme à des gens musulmans, et je suis perdu. En fait, moi, tu sais, je fais des trucs, je n'ai pas peur, et il se remet à pleurer. Alors, j'attends. Un mec qui s'effondre en larmes, en disant, je n'ai pas peur. Mais bon, voilà. Donc, on marche, il sèche ses larmes, il dit, non, c'est juste un petit souvenir qui est remonté. Mais il dit, oui, là, on va retourner à l'hôtel pour retrouver Sophia, mais avant ça, il faut que j'aille me confesser, c'est important, sinon, je ne pourrais rien faire. Je ne suis plus protégé par Dieu, est-ce que tu comprends ? Je ne dis pas de problème, mais j'ai dit, j'aimerais juste te dire quelque chose. Habituellement, moi, je te mets dans les ennuis parce que je te raconte des histoires, je t'ai embauché pour Sophia, on s'est mis dans cette histoire-là. Mais depuis hier, entre la folie du jeu, la course-poursuite et aujourd'hui, l'orthodoxisme, tu es vraiment un peu... Tu as tes problèmes aussi. Il dit, c'est ça l'habit. C'est moi qui me gère tes problèmes parfois, et toi, c'est le gère qui gère mes problèmes. Donc, il s'exprime bizarrement, mais moi aussi. Mon téléphone qui a un petit peu séché avec un message de Sophia, mais le passons pour le moment, qui a bien résisté à l'eau du Nil, vraiment, la performance des téléphones dans cette histoire, est extraordinaire. J'aurais dû, d'ailleurs, demander à des gens dans le théâtre, peut-être de me sponsoriser, je ferais des produits sponsorisés, comme dans Truman Show, mais peu importe, on continue. Donc, j'arrive à trouver une église. Je dis, pas orthodoxe, mais catholique, ça va ? Il dit, ouais, ça va. Et donc, je guide, on retourne dans des petits impasses, mais quand il y a la lumière du soleil, tout est différent. En plus, là, il s'achaufait, nos vêtements s'échettent, on fumait un peu, c'était bien. On arrive sur une minuscule place entourée de maisons au milieu de nulle part, sur une place qui n'a pas de nom, des rues qui n'ont pas de nom, et il y a une église devant nous qui n'a pas de nom. Petite église, vraiment, genre, je sais pas, on aurait dit une église romane, mais en gros, elle n'était pas plus haute qu'une maison, avec, si, quand même, le clocher en plus, tu vois, mais vraiment, en termes de taille, pas plus haute qu'une maison, et des vitraux sur les côtés, voilà. Et on rentre, on frappe, alors c'est fermé, on frappe et tout, il y a quelqu'un qui dit, mais qu'est-ce qui... C'est pas ouvert maintenant, et c'est quelqu'un qui passe devant, et je dis, excusez-nous, je suis désolé, c'est une urgence, mon ami a besoin de se confesser, et c'est urgent. Je rigolais, mais alors la personne qui m'a vu ça, qui d'ailleurs était musulman, il a dit, il a pris ça vachement au sérieux, tu vois. Et quelqu'un est venu ensuite, un prêtre, il était en soutane et tout, et il dit, vous avez besoin d'une confession rapide, et je dis, ou, enfin, plus urgent, que rapide, voilà. C'est mon ami, je vais vous laisser avec lui, donc il nous ouvre un petit peu. C'est donc une église catholique, alors, est-ce que c'est une église romane ou pas, c'est une église dont je ne reconnais pas, il est tout le style, après je ne suis pas un maître en architecture, sol dallé de noir et de blanc, des petits bancs de bois pour la prière, un hôtel très normal, et évidemment, un petit confessionnal sur le côté, en bois, et ils s'enferment tous les deux là-dedans, et juste avant, il y a j'entends V qui explique un petit peu, alors, il parle en anglais, et aussi un peu en latin, et il dit, voilà, moi je suis orthodoxe, mais j'aimerais que vous me confessiez quand même en attendant de faire une confession auprès d'un père confesseur de l'église orthodoxe, nous n'avons pas la même église, mais je pense que nous avons le même dieu, et j'ai besoin que vous me purifiez par rapport à un rite musulman, je respecte les musulmans, et je ne dis rien contre les musulmans, mais je, j'ai un petit souci avec ça, voilà. Donc peut-être que vous allez pouvoir apaiser ma peine, et vraiment, il sent qu'il en a gros sur la patate, donc le père, il lui met la main sur l'épaule, il dit, ne t'inquiète pas, mon fils, avec un petit accent arabe, tu vois, on va s'occuper de toi, tu vois, donc il rentre tous les deux dans le confessionnal, moi, j'ai pas envie de prier, parce que j'ai pas envie de, j'ai pas envie de psychoter, je sais pas trop quoi faire, donc je commence à envoyer un message à Sophia, qui d'ailleurs commence par m'engueuler, en disant, alors, elle m'envoie un pavé, genre je dis, salut Sophia, voilà, et elle m'envoie un méga pavé, qui dit, ok, on s'est disputé hier, et c'était pas clair et tout, etc, mais c'est pas une raison pour faire des trucs comme disparaître et pas laisser de message, et moi, à un moment, j'ai voulu te retrouver pour qu'on se mette un peu au point, parce que je te déteste pas quand même, et il était genre 11h du soir, et t'es pas rentré, et je suis resté réveillé jusqu'à 3h du matin, et t'étais pas rentré, et j'ai pas dormi de la nuit, ok, et alors vraiment, pavé méga long, voilà, qui me disait, en gros, en fait, tu boudais, tu t'es vengé que parce que je sais pas de quoi, et tu fais exprès de me ghoster, et je suis ultra inquiète, tu vois, alors j'ai commencé à dire, je te présente mes excuses, je n'ai pas voulu te ghoster, il s'est passé une aventure qui est trop longue à expliquer maintenant, est-ce que ça te dirait de prendre nos bagages dans un taxi et de nous retrouver devant une église, et parce que, comme ça, je pourrais te raconter tout ça, voilà, etc, donc j'ai eu un long message, et depuis le confessionnal, j'entends encore, j'avais pleuré, au moins, je crois qu'il a pas pleuré de toute sa vie, en tout cas, je l'ai pas vu pleurer depuis que je le connais des mois et des mois, au moins qu'il m'a pas eu pleurer trop non plus, je pense, mais là, il y a un truc, on a ouvert les vannes, et il s'est passé un truc, mais bon, donc, moi, je me balade un peu dans l'église, et je remarque un truc pas anodin, qui pourrait me faire croire que toute cette histoire elle est écrite, c'est que les vitraux ne sont pas du tout des vitraux catholiques, ce sont des vitraux artistiques, on va dire, mais pourtant anciens, et ça me rappelle l'église que j'avais vue, je sais pas si c'était dans le 4ème arrondissement de Paris, j'avais rencontré un gars chelou qui était habillé tout en noir, où il y avait, voilà, et donc là, c'était où il y avait le jardin d'Éden, voilà, c'est ça et donc là, c'était un, ça m'a un peu effrayé, parce que c'était un vitrail, et il y avait deux hommes sur ce vitrail qui étaient vraiment similaires, comme des jumeaux, et ça m'a fait penser à la rencontre d'hier avec le synarchos et je me suis dit, j'ai pas trop envie enfin, est-ce que je suis dans l'église du synarchos est-ce qu'on est pas, est-ce qu'il y a pas genre un diable qui va sortir du confessionnal, et à un moment je vais ouvrir les portes et tout ce rêve merveilleux en fait c'était qu'on était en enfer pour nous tourmenter à nouveau, mais il y avait quand même un beau soleil à travers les vitraux et j'entendais d'ailleurs des exclamations dehors, les klaxons, un cesson des voitures, etc. Et je vois sur je vois sur le vitrail donc ces deux hommes identiques et c'est très intéressant parce que à gauche il ouvre une porte qui est donc verticale, et à droite il ouvre une autre porte, mais les deux portes se font face donc c'est un peu comme si ils ouvraient chacun une porte de leur côté et que les deux portes se rejoignaient d'une certaine façon et qu'il n'y avait pas de pièce entre, c'était un peu rigolo et il est marqué en dessous les mots, qui sont incompréhensibles pour moi, Janus et en dessous Asterix alors Janus je sais que c'est une sorte de duo de visages je me suis dit tiens, ça ferait plaisir à ça ferait plaisir à Sofia de, comment ça s'appelle peut-être de m'expliquer quelle histoire sera derrière et je me suis dit que ce serait une bonne façon de me réconcilier avec elle ça dure un peu donc je vais sortir sur la place parce que je me dis qu'elle va peut-être arriver en taxi d'une minute à l'autre et je me sens fort et cette histoire de synarchos me tourne un peu dans la tête et j'ai l'idée un peu saugrenue de regarder encore la photo où je me trouvais moche parce que là je pense que rien au monde parce que j'ai le moral et j'ai pas besoin d'être beau ou moche, je m'en fous tout d'un coup donc je vais ressortir la photo du synarchos que j'ai pris en selfie de moi, que j'ai envoyé à Sam etc qui m'avait un peu perturbé pour conjurer le sort et maintenant en plus je suis protégé par mon amulette donc je sors, je m'assieds sur les marches de la petite église je regarde la photo et la photo a changé la photo est un peu pareille mais elle est un peu différente et ce que je vois est je garde l'adjectif de ce que je vois pour la prochaine fois parce que ça vous en dirait trop déjà
