Luna Invicta - Episode 35
Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 35.
Luna Invicta, 35. Qui ne nous allait pas du tout, mais bon, les bouteilles étaient là. Et des masques, et voilà, tout ce qu'il fallait, des palmes. C'était absolument extraordinaire.
Et quand on a manifesté le désir de retourner sur le site de Leptis Magna, il a dit non, non, mais on ne vous y allait pas à pied, je vous accompagne, et puis on va vous donner de quoi vous vêtir. Et on avait des sortes, pas de foulard, mais quelque chose sur la tête, on va dire, qui cachait qu'on était plutôt pâle par rapport aux gens d'ici, et surtout des occidentaux. Il avait très peur, j'imagine, effectivement, que la poule aux oeufs d'or soit kidnappée par d'autres personnes. Et il nous a déposé pas loin du rocher où on était la veille, un peu sur une hauteur.
Et nous, on est descendus sur la plage, déjà en maillot, on a laissé nos chaussures sur la plage. Et je n'avais jamais fait de plongée ever. Il se trouve que Sofia et Volodia, on dirait qu'ils faisaient de la plongée tous les week-ends, donc ils ont commencé à me donner des... des tips, il y avait beaucoup d'informations à apprendre sur comment ça fonctionne. Je ne sais pas si vous avez fait de la plongée, c'est assez difficile de respirer, même si les gens disent, ah c'est trop bien, c'est un coup à prendre.
Et il y avait des gestes un peu à apprendre par cœur, et là j'ai eu du mal aussi. Mais bon, voilà, je sais que j'étais avec eux, je me disais, au pire, je remonte, et je vais faire attention de ne pas descendre à, je ne sais pas, 50 mètres sous l'eau. Quand j'ai dit ça, ils ont rigolé, j'ai l'impression qu'il ne faut pas descendre à 50 mètres sous l'eau. Mais bon.
On a... On a plongé un petit peu, c'était une plage vraiment de rochers, qui tombait directement, donc avec les palmes, on les a mis dans l'eau. L'eau était absolument délicieuse, c'était fantastique. Et je dois vous dire quelque chose, c'est que la Libye, c'est un pays en guerre, c'est un pays qui est relativement pollué, mais c'est quand même un pays qui a très peu d'activités touristiques récentes.
Et les eaux de la Méditerranée, telles que je les ai vues à ce moment-là, c'est un peu quand... Certaines personnes ont fait des reportages pendant le Covid, ou juste après le Covid, où il n'y avait plus d'activités touristiques sur des plages ordinaires. Effectivement, les bancs de poissons, les algues, des choses complètement exotiques, enfin, pas exotiques, mais qui existent dans la Méditerranée, mais qu'on ne voit pas si souvent, comme des étoiles de mer, des poulpes, mais vraiment, des mérous énormes qui passaient en banc devant nous, et avec une eau parfaitement transparente. Vraiment, pas un sac plastique, pas une pollution, pas une pollution vraiment très, très claire.
C'était pas la Thaïlande, je ne connais pas la Thaïlande, mais c'était vraiment... J'ai été terrifié et émerveillé. Vraiment, l'eau... Cette plage était merveilleuse quand j'ai mis la tête sous l'eau.
Vraiment, j'ai paniqué, je suis remonté, j'ai enlevé le respirateur. J'ai respiré de l'air, ça on parle par respirateur. Et Volodya m'a re-appris comment faire, il fallait se calmer, parce que... C'est pas facile d'être sous l'eau et de respirer fort, et de comprendre que c'est bon, c'est de l'air que tu peux respirer, ça va passer.
Et aussi, il y a un truc, je ne sais pas si ça vous le fait, moi je suis un peu trouillard, je vous le dis, et quand tu es sous l'eau, tu vois toutes ces choses merveilleuses, des poissons, le ciel qui passe en rayon à travers les petites vagues, mais déjà au niveau son, tu entends ta propre respiration, tu entends des glouglous, tu entends des choses qui... sur le sable, et tu entends aussi des poissons qui, parfois, ils grognent. Et, enfin, surprise, tu entends loin des pouf, c'est un bateau qui passe. Déjà, c'est des bruits un peu aliens, quoi. Mais alors le truc, c'est que, être dans l'eau, même dans l'eau très transparente, tu ne vois pas à 10 mètres.
C'est-à-dire qu'au bout de 10 mètres, il y a une sorte de brouillard bleu magnifique, et parfois, de ce brouillard bleu, arrive un banc de poissons surgit. Et évidemment, quand on a de l'imagination, on se dit, pourquoi pas une créature terrifiante, tu vois. Et vraiment, j'avais le cœur qui... Et vraiment, j'avais le cœur qui...
Il battait un peu fort, je respirais beaucoup, je voyais que je consommais pas mal d'oxygène. Bon, on a fait un petit peu de la visite de poissons. Puis après, on s'est... Quand j'ai commencé à me détendre, je vous avoue, je n'étais pas détendu, mais je faisais bien.
Il m'a fallu vraiment du temps. On a commencé à aller vers les carrés, ce qu'on a interprété à première vue comme des bassins, qui étaient près de l'eau. Et on a découvert quelque chose qui... Qui avait été recensé vite fait, mais dont on ne peut pas comprendre l'ampleur tant qu'on ne l'a pas vu de nos yeux.
C'est qu'effectivement, il y avait les maisons carrées qu'on voyait, qui étaient immergées. C'était la partie immergée d'un immense iceberg totalement immergé. Donc effectivement, des maisons en cascade qui descendaient, on va dire, sous la mer, quoi. Et qui autrefois arrivaient à un rivage qui était quelques mètres plus bas.
Des maisons au plafond bas. Elles étaient pratiquement toutes effondrées. Il n'y avait plus d'ouverture, plus de fenêtres. On voyait aussi des boulets de canon antiques.
On voyait des coques de missiles en métal qui traînaient ici et là. Et on a commencé donc assez machinalement à faire une maison, une deuxième maison. Moi qui avais un petit peu la trouille. Les maisons, c'est quoi ?
C'était des sortes... Imaginez des trous creusés dans la paroi rocheuse. Ça avait une apparence de paroi rocheuse parce qu'avec le temps, il y avait un amoncellement de choses marines qui étaient dessus. Mais ça devait être au début un peu carré, quoi.
Et autant Sophia et Volodya, ils avaient genre des petites lampes sous-marines. Ils rentraient dans les maisons et tout. Moi, j'ai dit jamais je rentre là-dedans. C'est la prison sous-marine affreuse, quoi.
Et on a commencé à faire... Ils avaient perdu du temps à cause de moi et j'en suis désolé. Et même si beaucoup étaient effondrés, il y avait parfois des passages qu'on pouvait dégager. Ce qu'a fait une fois Volodya et c'était un petit peu inquiétant parce que des rochers étaient descendus et puis j'avais...
Sous l'eau, c'était un peu... Moi, j'ai eu peur pour lui, mais bon. Il s'en est sorti et les gros rochers sous l'eau sont quand même beaucoup moins lourds. Donc, il s'en est sorti comme ça.
Après, vraiment, on était... Il y avait 5 mètres sous l'eau. Au maximum, donc c'était assez réglo. On avait parfois des bateaux qui passaient aussi, des petits bateaux qui traçaient une petite ligne.
On ne sait pas, ils étaient très pressés. Et on a fait 70%, je pense, de tout ce qu'il y avait à voir le premier jour. On était claqués. Vraiment, j'étais un gros boulet.
Et quand on est remonté à la surface, je leur ai dit, je suis désolé. Ils m'ont dit, c'est pas grave. Voilà, tu feras la dernière, ça t'apprendra. Et je n'étais pas assuré.
On va en faire une. Qu'est-ce qu'ils ont vu ? C'était des maisons quasiment vides. Dans deux maisons, ils ont trouvé des jars, des amphores, je ne sais pas comment on dit.
En gros, qui étaient sans bouchons. Donc, elles étaient vides. Elles étaient même soudées au mur. Donc, ce n'était pas très intéressant.
Ils ont aussi trouvé des petites choses, des portes de couteaux rouillées. Vous le dire en en priant, mais une fois sur la plage, il a dit, bon, ce n'est pas très intéressant. Et il a rejeté à l'eau. Et Sophia était un petit peu fatiguée.
Elle n'était pas, on va dire, pas pleine d'entrain. Quand on est arrivé, pas sur la plage, mais sur les rochers, justement, on est remonté, on a enlevé nos palmes. Et Volodia a dit, bon, hier, je vous ai dit que j'étais sûr. C'est compliqué quand même.
Et Sophia a dit, tu sais quoi ? En vrai, tu as raison. Tu as dit qu'il fallait en avoir le cœur net. On le fait.
On se doute de ce qu'on va trouver demain. Mais au moins, on l'aura fait. Et quand on remonte, un peu trempé, on a remis nos chaussures et tout. Il y a Ali qui nous attend devant sa voiture.
Il est à genoux. Et il y a des gars qui sont armés à côté de lui. D'autres gars, des Libyens. Et Ali...
Ali veut dire un truc. Et il y a le mec qui dit, chut, tu vois. Et en gros, on doit suivre les autres gars. Donc, on suit les autres gars.
On laisse tout notre attirail devant Ali, qui, lui, reste près de sa voiture. Et ensuite, d'autres gars qui nous emmènent dans une autre voiture. On a des armes à feu sous le nez. Et on fait pas long.
Peut-être, je ne sais pas, 6 kilomètres en voiture le long de la côte. Et... Comment dire ? C'est plus...
C'est plus... C'est plus... C'est plus... C'est plus près de là où on était que la maison d'Ali, quoi.
On est reçu par... Dans une villa assez agréable, entourée... Il y a un jardin de roses. Et il y a une fontaine.
Et on est reçu à l'intérieur. Il y a des tapis. Par un type qui est entouré de plein de gens armés. Et qui se présente sous un nom que je vais découvrir plus tard.
Mais je vous le dis d'ores et déjà, comme ça, je l'identifie dans le récit. Le maître des pigeons. Donc, avec beaucoup d'efforts, avec des sbires, des... Sbires divers.
Ils demandent notre identité. Est-ce qu'on a des papiers ? Heureusement, on les avait laissés chez Ali. Si on a de l'argent sur nous, si on a quoi que ce soit, on n'avait quasiment rien.
Puisqu'on allait plonger. Et on avait caché ça bien dans la chambre que vous avez laissé Ali. Et... Donc...
C'est un moment où il y a des gars qui s'adressent à lui en disant le maître des pigeons. Et je dis... Maître des pigeons comme l'animal ? Et alors il dit...
Toi, tu parles arabe ? Je dis un petit peu, un petit peu. Et il me trouve assez sympathique. Donc, on commence à discuter.
Et il dit... Je comprends pas. Expliquez-moi... Pourquoi vous êtes baignés là ?
En particulier. Il n'y a rien à voir. Alors que... Enfin, il y a des ruines.
Les gens, ils viennent pour les ruines. Pourquoi vous êtes venus là ? Comment vous êtes venus là ? Parce que...
Normalement, on a... Les touristes, ils sont déviés un peu plus à l'est ou un peu plus à l'ouest. J'arrive pas à comprendre qu'est-ce que vous faites là. Et donc, je me tourne vers Sophia et V.
Il me dit... Il me demande qu'est-ce qu'on fait. Et là, il y a Sophia qui dit... Regarde derrière lui.
Alors moi, derrière lui, je vois... Genre des ornements. Genre, je vois un bouclier. Tu vois, des trucs un petit peu...
Je sais pas... Romains, tu vois. Et je dis... Ouais.
Et il me dit... En fait, c'est un gars qui récupère des trucs sur site. Et il les vend. C'est un trafiquant.
C'est un trafiquant, tu vois. Et il me dit... Et là, je comprends... Enfin, avec Volodia, on comprend...
Et Sophia, qui a compris avant tout... Que c'est un gars qui récupère des choses et peut-être les vend. Et il pense qu'on a peut-être un trésor, tu vois. Et je dis...
Vous allez faire quoi de nous ? Vous devez devenir quoi ? Alors il dit... Ben, vous êtes venus sur un territoire que je contrôle.
C'est pas le territoire d'Ali, la personne qui vous a accompagné. C'est mon territoire. Donc, je vous ai repris. Et vous m'avez dit...
Vous m'appartenez et je vais vous vendre à la France. La France paye très bien. On est très contents. Et j'ai dit...
Là, je me lève. Parce qu'on était assis. Et j'ai les mains dans le dos. Et je leur dis...
Écoutez... Nous, on cherche des trésors sous la mer. Et on pense qu'on en trouvera un demain. Est-ce que vous voulez qu'on s'arrange genre 50-50 ?
Et le gars, il est genre étonné. Et hyper... Enfin, il n'avait jamais eu cette proposition. Et il dit...
Alors... Vraiment, je lis dans ses pensées parce qu'il est très expressif. Et il réfléchit. Il sort une blague dans un dialecte incompréhensible à ses potes.
Et tout le monde se marre. Et il dit... Ouais, 50-50, c'est très très bien. Écoutez, on va vous laisser là.
Et vous allez nous faire un petit plan. Vous allez nous dire où est-ce que vous cherchez, ce que vous cherchez. Et peut-être on va le trouver pour vous en plus. Comme ça, on fait 50-50, ce sera encore mieux.
Et j'ai compris qu'il a un certain ton de l'ironie. Et que... Je ne sais pas. Je ne sais pas.
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je viens de tout perdre. Mais l'idée de ce plan est quand même intéressante.
Et va nous faire peut-être gagner du temps. Tu vois ? Alors qu'on a les mains dans le dos. Et qu'on est accompagné dans une...
Dans une sorte de bureau. Où il y a des chaises. On peut dormir par terre. Ça va, c'est propre.
C'est une maison classe, tu vois. Il y a Sophia qui dit... Mais pourquoi tu leur as parlé de trésors ? J'ai dit...
Écoute, j'en sais rien. J'ai voulu trouver une idée. Elle dit... Mais maintenant, ils vont plonger.
Ils vont peut-être... Je ne sais pas. Je ne sais pas. Ils vont peut-être trouver le truc qu'on cherchait.
J'ai dit... Mais non. Ils ne savaient même pas ce qu'on cherchait. De toute façon, il n'y a rien.
On commence à s'engueuler très fort. Et on boude tous. Et je dis quand même... On aurait pu s'arranger.
C'est un trafic en dard. Pourquoi tu m'as dit que c'était un trafic en dard ? J'avais l'impression que ça nous menait à une piste. Elle a dit...
Écoute, je n'ai pas d'idée juste là. D'accord ? Donc on commence à... Le ton montait.
On boudait un peu. On se disputait. De l'autre côté de la porte, ça parlait fort aussi en arabe. Et il n'y a que Volodya, qui est toujours laissant son zaguet, super-héros, qui regarde par la fenêtre.
Et qui cherche... Je vois les petits engrenages sous sa tête. Il cherche un plan pour s'enfuir. Et il attend.
Mais il va y avoir quelque chose. On va avoir un ange qui va arriver. C'est-à-dire que... En gros, on a entendu des coups de feu, de fusils automatiques.
Un peu loin au sud. Une fois, deux fois. Et puis, ça a commencé à s'énerver. Et on a entendu des voitures qui étaient à côté de la maison, qui ont commencé à ronfler.
Et Volodya dit... Il y a des gars qui sont partis. On ne sait pas pourquoi. C'est peut-être l'occasion de partir.
Et il frappe à la porte. En mode... Je veux parler à la personne qui est derrière. La personne ouvre.
Il y a un fusil d'assaut. Et Volodya, il dit... Ah, j'aimerais bien aller aux toilettes. Au toilettes.
Vous comprenez, monsieur. Il se fait tout petit. Il rentre la tête dans les épaules. Il a les genoux un peu courbés et tout.
Et le gars, il le regarde. Volodya, qui est très smart. Il a regardé tout s'il y avait des gens autour. Le gars, il n'a pas le temps de dire OK.
Alors que franchement, c'était un bon gars. Et même, il tenait mal son fusil d'assaut. À mon avis, il n'a jamais tiré. Volodya, il lui donne un coup de tête.
Mais le mec ne se relèvera jamais. Le coup de tête. Ça fait... Tu vois.
Genre un gros poc. Et... On commence à courir. Et moi, j'essaie de prendre le fusil d'assaut.
Alors que j'ai les mains attachées derrière. Il dit... Arrête, ça ne sert à rien. Et discrètement, on le suit.
Heureusement, la maison est recouverte de tapis. Donc, ça ne fait aucun bruit. Les gens sont assez excités un peu partout. Et on arrive à un premier étage.
Il y a un balcon en adobe. Et il y a un jardin en bas. Genre un parterre d'iris. Tu vois.
Il y a... Je ne sais pas. Deux petits mètres. Les maisons sont basses.
Et il y a Volodya qui fait... Faites comme moi. Il me chuchote. Et il s'assied sur la...
La petite rambarde. Et il se laisse tomber de deux mètres. Alors, pas la tête en bas. Sur le côté.
Ouaf ! Alors, vu comme il a machi. Mais moi, je lui dis... Mais jamais, jamais je vais sauter ça.
Même si ce n'est pas très haut. Et Sophia, elle dit... Il faut bien que tu fasses un truc pour t'excuser de ta journée où tu as tout raté. Et donc, elle aussi, elle tombe.
Comme elle n'est plus légère. Je pense qu'elle a moins mal. Même si elle souffre un peu. Elle roule.
Et moi, je fais la même chose. Et je m'écrase l'épaule. J'ai ultra mal. Voilà.
Au moment où je suis en train de le faire, j'ai le vertige. Je maudis tout le monde. Je me dis que non seulement on va se faire cueillir juste après. Mais en plus, ils vont nous punir.
Et voilà. Et pour le coup, j'avais aussi envie de faire pipi. Mais bon, peu importe. Et on avance dans le jardin.
Et qui on voit ? Genre à 300 mètres. Parce que le jardin, il est... Il a...
Il a... Il est entouré d'un muret. Mais c'est un muret qui empêche les ânes de sauter au-dessus. Nous, on pouvait voir.
Il nous arrivait genre un peu plus haut que le nombril. Tu vois ? Et le... On avance.
Qui on voit à 300 mètres ? La voiture d'Ali. Tu vois ? Et genre, on passe par-dessus le muret.
Il y a Volodia qui nous tient. Qui nous tient avec ses mains d'ardoïe. Il nous fait aller de l'autre côté. On n'a pas réussi à enlever nos...
À nous détacher les mains de l'ando. Parce qu'ils avaient des lanières en plastique zip. Vraiment ultra relou. Et...
Effectivement, qui vient à notre rescousse ? Ali, en personne. Qui a un couteau. Qui vient nous aider.
Qui nous met dans la voiture. Et il dit... Je suis vraiment désolé. Je suis désolé.
Mais c'était le risque à prendre. On s'est fait prendre. Le maître des pigeons, c'est son territoire. Voilà.
Mais... En fait, ce qu'il sait... Alors, lui, il démarre la voiture. On s'en va.
Il dit... Oui, oui, c'est moi. C'est moi qui... Avec des potes, on a tiré loin.
On a fait croire qu'ils étaient attaqués d'un côté par une autre milice qui est au sud-ouest. Et donc, il nous dit... Ce qu'il n'a pas accepté. Et là, c'est intolérable.
Et je vous le dis, c'est intolérable. C'est que vous avez été sous mon toit à l'hospitalité. Vous, Alexis. Vous, vous avez fait à manger à ma famille.
Et on a dansé tous ensemble. Et là, vous êtes sous ma protection. Je veux dire, il n'y a pas de quoi ou qu'est-ce. Si toutefois, il voulait vous prendre, ce qui est possible, on aurait pu négocier.
Je vous en aurais parlé. Et ne vous inquiétez pas, vous auriez été bien traité. Parce que de toute façon, vous auriez été rendu contre rançon. Mais je ne voulais pas.
Je vous dis, je ne voulais pas vous vendre. Et en plus, il se retourne quand il nous parle. Je lui dis, regarde ce qu'il y a devant toi. Ça va à toute vitesse.
Les voitures passent. On entend encore des coups de fusil. Et on retourne dans le petit village sans nom qui était au sud de l'Eptis Magna. On descend.
Les femmes et les enfants pleurent de joie. Comme si on était des gens qui avaient été disparus, tués, revenus à la vie. Et qu'on les avait connus toute notre vie. C'est très émouvant.
Ils nous disent... Le temps qu'il y ait ces effusions. Il y a 3-4 voitures, genre des 4-4 qui arrivent. Avec les gars du Maître des Pigeons.
Les gars de Ali, ils ont aussi des fusils automatiques. Et ça commence à discuter. Genre, non, non, mais vous êtes sur notre territoire. Vous nous avez volé un truc.
C'est vous qui avez volé avant et tout. Et vraiment, ça dure longtemps, longtemps, longtemps. Et nous, on remonte à l'étage. On ne sait pas comment ça va tourner.
On est dans le noir. On récupère passeport, argent liquide, tout ça, téléphone. On les met dans les zips transparents. Zip-lock, ça s'appelle.
Des sacs transparents qu'on voulait utiliser pour... Éventuellement, si on trouvait des bracelets ou des petites choses sous l'eau. On ne sait pas trop comment c'est en train de se magouiller en bas. Sachant que ça crie parfois, de temps en temps.
Parfois, il y a un coup de feu. Et après, le silence. 3h du mat. Et là, je dis... Enfin, on est tous les trois.
Il y a juste le blanc de nos yeux dans le noir. On est prêts à partir. Et je dis, bon, ce qu'on fait, c'est... Volodia, tu retrouves la voiture de Mohamed.
Tu pars en douce. Tu retrouves la voiture de Mohamed. On se donne rendez-vous. Et puis, on part.
Voilà, on retourne en Égypte. Et Volodia et Sophia se regardent. Comme s'ils étaient complices. Comme ils l'ont toujours été, finalement.
Et Sophia, elle dit non. Elle dit quoi ? Je dis quoi ? Elle dit, ben, non, on va retourner.
On va prendre la voiture d'Ali. On va retourner avec les bouteilles sur la plage. Et on va terminer ce qu'on a fait. On va terminer 100%.
Je dis, non, mais la situation a complètement changé. Ils savent où on est. Ils savent qui on est. Ils savent l'argent qu'on représente.
Ils sont littéralement en train de se tirer dessus en l'air, en ne se visant pas. Mais ils pourraient se viser quand même. Et enfin, il y a un peu de... Il y a un peu de...
Il y a un peu de... Il y a un gros problème, là. Enfin, je veux dire, c'est pas le moment de... Et je dis...
Et vous avez vu, en plus. On n'a rien trouvé. Rien de rien. Et il y avait V.
Il dit, mais on n'en est pas sûr. Et vraiment, je me suis réénervé. Et j'ai dit, je sais que j'ai été le boulet de la journée. Et encore, Ali, il nous a kiffés parce que j'ai fait à manger et tout.
N'oubliez pas. Mais là, ce que vous êtes en train de faire, pour moi, c'est un comportement de personne folle. Vous avez un problème. Vous êtes peut-être en syndrome post-traumatique.
Vous ne comprenez pas la gravité des choses. Sophia, elle dit, mais non. Ils vont penser qu'on est là. Tout le monde va penser qu'on est là.
Si Ali ne nous trouve pas, il pensera qu'on a été re-kidnappé. Mais de toute façon, il va peut-être comprendre. On va prendre les bouteilles et tout. On finit.
À 10h, c'est plié. On repart. De toute façon, qu'est-ce que j'allais faire ? Je n'allais pas dire, ben non, j'y vais tout seul, comme d'habitude.
C'est ça, le problème d'être trois. On ne peut pas vraiment discuter. En boudant, j'ai dit, OK, on y va. On est redescendus.
Les enfants, les proches de la famille d'Ali, on leur a dit, je suis tout à l'heure, comme ça. On a retrouvé la voiture. Les bouteilles étaient vides. On a dit, est-ce que vous avez d'autres bouteilles ?
On est revenus. Il y a un gars qui a dit, oui, j'en ai pour les prochains jours. En fait, il en avait trouvé 3 ou 4, 7 pour nous. Il y en avait plein.
On les a chargés très discrètement dans une sorte de petite carriole en bois avec deux roues. Et il y a un enfant, du nom de Malek, 8 ans, pieds nus, petit bonnet sur la tête, qui est monté sur la petite carriole. Elle était tractée par un âne. Et il a fait avancer l'âne, mais tout doucement.
Genre, vraiment, pas de marche, tu vois. Et on était sous un drap. Sous la carriole. Et vraiment, les gens n'ont rien vu.
Surtout, ils n'ont rien entendu. Et ça, c'était assez génial, tu vois. Et en plus, ça continuait la négo. Et ça a été un peu long.
Mais le soleil apparaissait sur l'aube à l'est, sur la mer Méditerranée, quand on revient encore sur la plage, là où il y avait. On remercie Malek. On lui donne vraiment un petit billet, pas trop gros, pas trop petit, pour pas que ça pourrisse sa vie. Et on le remercie.
Il nous sert dans ses bras. Il nous dit qu'on peut revenir un jour. Je ne sais pas s'il imaginait qu'on allait partir sous l'eau et rejoindre l'Europe. Et moi, je dis, tu dis à ton père, Ali, on est là, on revient dans deux heures, on est là, qu'il vienne nous chercher, d'accord ?
Il dit oui, oui, mais au revoir quand même. OK, Malek. Et donc, le soleil se lève, l'eau est froide. Ça, c'est plus le délire.
Je boude un peu, mais je remets. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça.
C'est ça, c'est ça. Et si, comme je boude et que je suis un petit peu en colère, eh bien, on commence à... Enfin, je me sens plus apte à plonger sous l'eau. Quand on plonge tous les trois sous l'eau, on entend distinctement un cri à l'extérieur.
Pas le cri de Malek, rassurez-vous. Mais il y a Volodia qui remonte. Et il voit quelque chose. Et il nous empêche de remonter.
Il dit, on descend, on descend. Il dit, on descend. Il remonte le truc, on descend. Donc, on commence à inspecter la dernière tranche de maison qu'on n'avait pas vue.
Des maisons vides. Moi, je commence à être très à l'aise avec la plongée. Et je commence même à prendre du plaisir. Je trouve ça chouette.
Et j'oublie un petit peu la situation désespérée dans laquelle on est. Pas désespérée, mais relou, quoi. C'est pas la dernière maison, mais c'est un truc à la con, genre l'avant-dernière, tu vois. On descend.
On descend dans l'avant-dernière maison qui est vraiment très basse. Et qui dispose d'une entrée comme une porte. À part qu'il n'y a pas de porte, tu vois. Sous l'eau.
Et il se passe quelque chose de remarquable, d'extraordinaire. C'est que la... Comment ça s'appelle ? C'est une pièce principale carrée qui est immergée.
Dont on ne voit pas trop... Enfin, qui est recouverte de plein de déchets. Parce que, voilà, ça fait des milliers d'années que c'est là. Et...
Enfin, quand je dis déchets, c'est des... Je sais pas, des petits trucs marins, des petits coraux, des petits... Voilà, qui flottent dans l'air et qui sont par terre, tu vois. Mais en fait, c'est quelque chose qui brille au plafond comme un drap lumineux.
Et quand on remonte, genre de 1 mètre, en fait, il y a de l'air. C'est-à-dire que... Comment dire ? À 30 centimètres, 1 mètre au-dessus de la porte, il y a des escaliers qui montent plusieurs étages.
En fait, il y a de l'air, quoi. Et... Donc, on monte des escaliers de pierre qui sont gravés dans la roche. Et on arrive à un premier étage.
Il y a un autre escalier écroulé qui monte à un hypothétique deuxième étage. Et on est dans une poche d'air sous l'eau. Et je dis, mais comment c'est possible ? Et...
Et en fait, Sophia dit, ben, ce qui s'est passé, c'est que... C'est que, regarde, il n'y a pas de fenêtre. C'est dans une grotte, c'est immergé. Et...
Et... Et... Et... Et...
Et... Et... Et... Et...
Et... Et... Et... Et en fait, quand l'eau est montée au-dessus de l'entrée d'eau qui était là, ben, l'air a été compressé.
Et... Là, on peut respirer pas trop longtemps. On pourra pas rester des jours et des jours. Mais t'as vu ?
Enfin, c'est fou, quoi. Donc, elle a ses palmes. Elle est assise, on va dire, sur un petit rebord, là, qui mène à l'eau. Il y a Volodia qui dit, c'est fou, on est dans une maison peut-être qui a jamais été explorée.
C'est... Peut-être qu'on l'a trouvée, le truc. Alors, j'y rêvais pas. Mais il y a Volodia qui dit, attendez, il faut que je vous explique un truc, d'abord.
Je suis remonté tout à l'heure. Et en fait, les gars du Maître des Pigeons, ils nous ont vus. En fait, le cri qu'on a entendu, c'est qu'ils nous ont vus plonger. Et il y avait deux gars, ils avaient des fusils d'assaut, et ils nous ont...
Enfin, genre, ils criaient, à un moment donné, là. Et il nous faut un plan pour... Il nous faut un plan pour sortir d'ici, quoi. Et...
On fait le point sur nos réserves d'oxygène. Et... On peut encore nager, on va dire, sur les côtés, rejoindre Tripoli, le port de Tripoli, ou ailleurs, je sais pas, avec de longues distances. Mais est-ce qu'ils vont pas nous attendre ?
Ça, c'est quelque chose qu'on tourne en rond. Pendant ce temps-là, Sophia ne calcule plus. Et elle a enlevé ses palmes. Et en fait, elle est en train de farfouiller tout autour.
Et elle découvre un gros rocher. Genre... Un gros rocher un peu schisteux, tu vois. Il y a des tas de petites choses qui traînent.
Genre, le couteau qu'avait trouvé Volodia hier, il y a des choses comme ça. Mais en fait, elle dégage ce petit rocher à un gros mortier. Pour la cuisine. Et à côté, en fait, en cassant toujours assez proprement le calcaire qui a dû s'accumuler, je sais pas, une petite lampe à huile, très mignonne.
Et elle dit... Ça vaut pas grand-chose, mais... Enfin, je suis pas archéologue, mais c'est assez excitant, tu vois. Et elle commence à regarder un petit peu.
Et il y a des petites pièces romaines. Donc, complètement érodées, mais on voit bien, c'est des petites... Il y en a plein, un petit bol, tu vois. Alors, il est aussi recouvert de calcaire.
Et quand on casse le calcaire, je sais pas, il y a peut-être une trentaine de pièces en argent. Le véritable trésor, ou le pseudo-véritable trésor, à un moment, c'est... On prend un peu de recul. On travaille un petit peu...
Comment ça s'appelle ? Le... Un mur qui est aussi recouvert de, je sais pas quoi, de poussière, de particules. Et en fait, il y a une magnifique frise qui apparaît avec une grande étoile, des poissons, c'est vraiment merveilleux.
À ce moment-là, je me souviens qu'il y avait un poulpe qui avait levé sa tentacule et entouré avec sa tentacule la cheville de Volodia, qui avait pas du tout eu peur. Il lui a dit, hey, toi, tu t'en vas ? Voilà. On a eu un rollercoaster d'émotions à ce moment-là.
Parce que, en fait, elle a trouvé un truc qui ressemblait un peu à un scalpel sur le sol, qui était en métal. Un espèce de métal et il y avait un peu de plomb aussi avec. Parce que ça se sent un peu, tu vois. Et elle dit, écoutez, c'est rien, mais c'est incroyable, c'est un stylet.
Donc, la personne qui vivait ici, elle écrivait des choses. Est-ce que... Elle arrive pas à formuler de, est-ce qu'il y a un livre ici ? Tu vois ?
Mais c'est ce qu'elle pense, tu vois. Et on commençait un peu à avoir manqué d'oxygène parce qu'on était dans une sorte de bulle d'air qu'on respirait. Et... Et je me dis, attends, quoi ?
Et, enfin... Et il y a dans un coin encore un gros rocher recouvert de calcaire. Et... Et, en fait, on le casse un peu et il y a un gros coffre.
Et on se dit, dans le coffre, il y a le livre qu'on cherche. Il y a tout. Il y a toute l'explication. Tout, tu vois.
Vraiment, on est quarteur qui découvre la tente de Tancamon. On est à un taux d'adrénaline genre maximum, tu vois. La peur, mais l'excitation. On casse un peu, vraiment, les ferrures.
Tout est rouillé de fou. D'ailleurs, c'est tellement rouillé que on a... On sait un petit peu ce qui va se passer, en fait. On ouvre le coffre et il y avait peut-être un livre dedans, peut-être de l'encre, peut-être un rouleau.
Mais c'est devenu une sorte de masse impossible à déchiffrer, tu vois. Complètement... Complètement molle et qui se transforme en poussière immédiatement au contact. En fait, de l'air nouveau, tu vois.
Elle dit... Sophia nous dit, écoutez, je sais pas, ce serait fou, mais peut-être. C'était ça qu'on cherchait. Et c'est vrai qu'on aurait pas pu le trouver intact, donc c'est pas si grave.
Mais on a bien fait. Tu vois, elle me regarde et je dis, ouais, ouais. Enfin, on a bien fait, mais on n'a rien appris, tu vois. Mais oui.
Et elle... Il y a des... Comment ça s'appelle ? Il y a des tablettes en bois qui sont...
Derrière le coffre. Un peu comme des planches à découper. Mais plutôt minces et avec des tas de traits. Et elle commence à les mettre sous...
Dans les sacs en plastique étanches qu'on avait. Et elle dit ça, ça peut avoir un peu de valeur. On peut peut-être... Il y aura peut-être des mots qu'on va pouvoir comprendre assez intéressants sur ce sujet.
Et... Mais on n'a pas forcément... Il y a quelques tablettes en bois. Pourquoi ?
Parce qu'elle nous dit ce qui se passe, c'est que parfois les gens, ils gravaient des trucs sur du bois. Là, on voit rien, mais... Il y a une chance sur un million. Mais on la prend, la chance sur un million.
On regarde un peu mélancoliquement le coffre pour lequel on était venus, mais... Il faut croire que... On n'était pas dans le bon film, on va dire. Et...
Il y a Volodia qui nous a dit aussi... Moi, j'ai cru. Et... Prends ces...
Prends ces tablettes... Prends ces... Comment ça s'appelle ? Ces morceaux de bois, Sofia.
Et quand... L'analyse, les experts, je sais pas quoi, peut-être même l'intelligence artificielle nous dira qu'il n'y a pas un seul mot à prendre de ces tablettes de bois, dans ce cas-là, je m'avouerai vaincu. Mais pour l'instant, j'y crois. Je me suis dit qu'il avait une sacrée tenacité et que moi, j'aurais tellement abandonné à plein de moments de tout ce projet, mais il lâchera rien et quand on n'aura rien trouvé sur cette tablette de bois, je sais pas, il invoquera les esprits, j'imagine.
Mais on commençait effectivement à mal respirer. Et on n'avait pas de plan. Volodya remet son respirateur et dit, je vais faire un tout petit repérage, je reviens avec un plan. Il est vraiment...
Il passait pas beaucoup de temps, déjà parce que je pense que nous aussi, on commençait à avoir un peu des maux de tête parce que on manquait d'oxygène, donc on a... On a remis aussi nos respirateurs un petit peu pour économiser. Et V a émergé de l'eau quelques minutes après et il nous a dit c'est bon, vous inquiétez pas, j'ai un plan. ...
Luna Invicta, 35. Qui ne nous allait pas du tout, mais bon, les bouteilles étaient là. Et des masques, et voilà, tout ce qu'il fallait, des palmes. C'était absolument extraordinaire. Et quand on a manifesté le désir de retourner sur le site de Leptis Magna, il a dit non, non, mais on ne vous y allait pas à pied, je vous accompagne, et puis on va vous donner de quoi vous vêtir. Et on avait des sortes, pas de foulard, mais quelque chose sur la tête, on va dire, qui cachait qu'on était plutôt pâle par rapport aux gens d'ici, et surtout des occidentaux. Il avait très peur, j'imagine, effectivement, que la poule aux oeufs d'or soit kidnappée par d'autres personnes. Et il nous a déposé pas loin du rocher où on était la veille, un peu sur une hauteur. Et nous, on est descendus sur la plage, déjà en maillot, on a laissé nos chaussures sur la plage. Et je n'avais jamais fait de plongée ever. Il se trouve que Sofia et Volodia, on dirait qu'ils faisaient de la plongée tous les week-ends, donc ils ont commencé à me donner des... des tips, il y avait beaucoup d'informations à apprendre sur comment ça fonctionne. Je ne sais pas si vous avez fait de la plongée, c'est assez difficile de respirer, même si les gens disent, ah c'est trop bien, c'est un coup à prendre. Et il y avait des gestes un peu à apprendre par cœur, et là j'ai eu du mal aussi. Mais bon, voilà, je sais que j'étais avec eux, je me disais, au pire, je remonte, et je vais faire attention de ne pas descendre à, je ne sais pas, 50 mètres sous l'eau. Quand j'ai dit ça, ils ont rigolé, j'ai l'impression qu'il ne faut pas descendre à 50 mètres sous l'eau. Mais bon. On a... On a plongé un petit peu, c'était une plage vraiment de rochers, qui tombait directement, donc avec les palmes, on les a mis dans l'eau. L'eau était absolument délicieuse, c'était fantastique. Et je dois vous dire quelque chose, c'est que la Libye, c'est un pays en guerre, c'est un pays qui est relativement pollué, mais c'est quand même un pays qui a très peu d'activités touristiques récentes. Et les eaux de la Méditerranée, telles que je les ai vues à ce moment-là, c'est un peu quand... Certaines personnes ont fait des reportages pendant le Covid, ou juste après le Covid, où il n'y avait plus d'activités touristiques sur des plages ordinaires. Effectivement, les bancs de poissons, les algues, des choses complètement exotiques, enfin, pas exotiques, mais qui existent dans la Méditerranée, mais qu'on ne voit pas si souvent, comme des étoiles de mer, des poulpes, mais vraiment, des mérous énormes qui passaient en banc devant nous, et avec une eau parfaitement transparente. Vraiment, pas un sac plastique, pas une pollution, pas une pollution vraiment très, très claire. C'était pas la Thaïlande, je ne connais pas la Thaïlande, mais c'était vraiment... J'ai été terrifié et émerveillé. Vraiment, l'eau... Cette plage était merveilleuse quand j'ai mis la tête sous l'eau. Vraiment, j'ai paniqué, je suis remonté, j'ai enlevé le respirateur. J'ai respiré de l'air, ça on parle par respirateur. Et Volodya m'a re-appris comment faire, il fallait se calmer, parce que... C'est pas facile d'être sous l'eau et de respirer fort, et de comprendre que c'est bon, c'est de l'air que tu peux respirer, ça va passer. Et aussi, il y a un truc, je ne sais pas si ça vous le fait, moi je suis un peu trouillard, je vous le dis, et quand tu es sous l'eau, tu vois toutes ces choses merveilleuses, des poissons, le ciel qui passe en rayon à travers les petites vagues, mais déjà au niveau son, tu entends ta propre respiration, tu entends des glouglous, tu entends des choses qui... sur le sable, et tu entends aussi des poissons qui, parfois, ils grognent. Et, enfin, surprise, tu entends loin des pouf, c'est un bateau qui passe. Déjà, c'est des bruits un peu aliens, quoi. Mais alors le truc, c'est que, être dans l'eau, même dans l'eau très transparente, tu ne vois pas à 10 mètres. C'est-à-dire qu'au bout de 10 mètres, il y a une sorte de brouillard bleu magnifique, et parfois, de ce brouillard bleu, arrive un banc de poissons surgit. Et évidemment, quand on a de l'imagination, on se dit, pourquoi pas une créature terrifiante, tu vois. Et vraiment, j'avais le cœur qui... Et vraiment, j'avais le cœur qui... Il battait un peu fort, je respirais beaucoup, je voyais que je consommais pas mal d'oxygène. Bon, on a fait un petit peu de la visite de poissons. Puis après, on s'est... Quand j'ai commencé à me détendre, je vous avoue, je n'étais pas détendu, mais je faisais bien. Il m'a fallu vraiment du temps. On a commencé à aller vers les carrés, ce qu'on a interprété à première vue comme des bassins, qui étaient près de l'eau. Et on a découvert quelque chose qui... Qui avait été recensé vite fait, mais dont on ne peut pas comprendre l'ampleur tant qu'on ne l'a pas vu de nos yeux. C'est qu'effectivement, il y avait les maisons carrées qu'on voyait, qui étaient immergées. C'était la partie immergée d'un immense iceberg totalement immergé. Donc effectivement, des maisons en cascade qui descendaient, on va dire, sous la mer, quoi. Et qui autrefois arrivaient à un rivage qui était quelques mètres plus bas. Des maisons au plafond bas. Elles étaient pratiquement toutes effondrées. Il n'y avait plus d'ouverture, plus de fenêtres. On voyait aussi des boulets de canon antiques. On voyait des coques de missiles en métal qui traînaient ici et là. Et on a commencé donc assez machinalement à faire une maison, une deuxième maison. Moi qui avais un petit peu la trouille. Les maisons, c'est quoi ? C'était des sortes... Imaginez des trous creusés dans la paroi rocheuse. Ça avait une apparence de paroi rocheuse parce qu'avec le temps, il y avait un amoncellement de choses marines qui étaient dessus. Mais ça devait être au début un peu carré, quoi. Et autant Sophia et Volodya, ils avaient genre des petites lampes sous-marines. Ils rentraient dans les maisons et tout. Moi, j'ai dit jamais je rentre là-dedans. C'est la prison sous-marine affreuse, quoi. Et on a commencé à faire... Ils avaient perdu du temps à cause de moi et j'en suis désolé. Et même si beaucoup étaient effondrés, il y avait parfois des passages qu'on pouvait dégager. Ce qu'a fait une fois Volodya et c'était un petit peu inquiétant parce que des rochers étaient descendus et puis j'avais... Sous l'eau, c'était un peu... Moi, j'ai eu peur pour lui, mais bon. Il s'en est sorti et les gros rochers sous l'eau sont quand même beaucoup moins lourds. Donc, il s'en est sorti comme ça. Après, vraiment, on était... Il y avait 5 mètres sous l'eau. Au maximum, donc c'était assez réglo. On avait parfois des bateaux qui passaient aussi, des petits bateaux qui traçaient une petite ligne. On ne sait pas, ils étaient très pressés. Et on a fait 70%, je pense, de tout ce qu'il y avait à voir le premier jour. On était claqués. Vraiment, j'étais un gros boulet. Et quand on est remonté à la surface, je leur ai dit, je suis désolé. Ils m'ont dit, c'est pas grave. Voilà, tu feras la dernière, ça t'apprendra. Et je n'étais pas assuré. On va en faire une. Qu'est-ce qu'ils ont vu ? C'était des maisons quasiment vides. Dans deux maisons, ils ont trouvé des jars, des amphores, je ne sais pas comment on dit. En gros, qui étaient sans bouchons. Donc, elles étaient vides. Elles étaient même soudées au mur. Donc, ce n'était pas très intéressant. Ils ont aussi trouvé des petites choses, des portes de couteaux rouillées. Vous le dire en en priant, mais une fois sur la plage, il a dit, bon, ce n'est pas très intéressant. Et il a rejeté à l'eau. Et Sophia était un petit peu fatiguée. Elle n'était pas, on va dire, pas pleine d'entrain. Quand on est arrivé, pas sur la plage, mais sur les rochers, justement, on est remonté, on a enlevé nos palmes. Et Volodia a dit, bon, hier, je vous ai dit que j'étais sûr. C'est compliqué quand même. Et Sophia a dit, tu sais quoi ? En vrai, tu as raison. Tu as dit qu'il fallait en avoir le cœur net. On le fait. On se doute de ce qu'on va trouver demain. Mais au moins, on l'aura fait. Et quand on remonte, un peu trempé, on a remis nos chaussures et tout. Il y a Ali qui nous attend devant sa voiture. Il est à genoux. Et il y a des gars qui sont armés à côté de lui. D'autres gars, des Libyens. Et Ali... Ali veut dire un truc. Et il y a le mec qui dit, chut, tu vois. Et en gros, on doit suivre les autres gars. Donc, on suit les autres gars. On laisse tout notre attirail devant Ali, qui, lui, reste près de sa voiture. Et ensuite, d'autres gars qui nous emmènent dans une autre voiture. On a des armes à feu sous le nez. Et on fait pas long. Peut-être, je ne sais pas, 6 kilomètres en voiture le long de la côte. Et... Comment dire ? C'est plus... C'est plus... C'est plus... C'est plus... C'est plus près de là où on était que la maison d'Ali, quoi. On est reçu par... Dans une villa assez agréable, entourée... Il y a un jardin de roses. Et il y a une fontaine. Et on est reçu à l'intérieur. Il y a des tapis. Par un type qui est entouré de plein de gens armés. Et qui se présente sous un nom que je vais découvrir plus tard. Mais je vous le dis d'ores et déjà, comme ça, je l'identifie dans le récit. Le maître des pigeons. Donc, avec beaucoup d'efforts, avec des sbires, des... Sbires divers. Ils demandent notre identité. Est-ce qu'on a des papiers ? Heureusement, on les avait laissés chez Ali. Si on a de l'argent sur nous, si on a quoi que ce soit, on n'avait quasiment rien. Puisqu'on allait plonger. Et on avait caché ça bien dans la chambre que vous avez laissé Ali. Et... Donc... C'est un moment où il y a des gars qui s'adressent à lui en disant le maître des pigeons. Et je dis... Maître des pigeons comme l'animal ? Et alors il dit... Toi, tu parles arabe ? Je dis un petit peu, un petit peu. Et il me trouve assez sympathique. Donc, on commence à discuter. Et il dit... Je comprends pas. Expliquez-moi... Pourquoi vous êtes baignés là ? En particulier. Il n'y a rien à voir. Alors que... Enfin, il y a des ruines. Les gens, ils viennent pour les ruines. Pourquoi vous êtes venus là ? Comment vous êtes venus là ? Parce que... Normalement, on a... Les touristes, ils sont déviés un peu plus à l'est ou un peu plus à l'ouest. J'arrive pas à comprendre qu'est-ce que vous faites là. Et donc, je me tourne vers Sophia et V. Il me dit... Il me demande qu'est-ce qu'on fait. Et là, il y a Sophia qui dit... Regarde derrière lui. Alors moi, derrière lui, je vois... Genre des ornements. Genre, je vois un bouclier. Tu vois, des trucs un petit peu... Je sais pas... Romains, tu vois. Et je dis... Ouais. Et il me dit... En fait, c'est un gars qui récupère des trucs sur site. Et il les vend. C'est un trafiquant. C'est un trafiquant, tu vois. Et il me dit... Et là, je comprends... Enfin, avec Volodia, on comprend... Et Sophia, qui a compris avant tout... Que c'est un gars qui récupère des choses et peut-être les vend. Et il pense qu'on a peut-être un trésor, tu vois. Et je dis... Vous allez faire quoi de nous ? Vous devez devenir quoi ? Alors il dit... Ben, vous êtes venus sur un territoire que je contrôle. C'est pas le territoire d'Ali, la personne qui vous a accompagné. C'est mon territoire. Donc, je vous ai repris. Et vous m'avez dit... Vous m'appartenez et je vais vous vendre à la France. La France paye très bien. On est très contents. Et j'ai dit... Là, je me lève. Parce qu'on était assis. Et j'ai les mains dans le dos. Et je leur dis... Écoutez... Nous, on cherche des trésors sous la mer. Et on pense qu'on en trouvera un demain. Est-ce que vous voulez qu'on s'arrange genre 50-50 ? Et le gars, il est genre étonné. Et hyper... Enfin, il n'avait jamais eu cette proposition. Et il dit... Alors... Vraiment, je lis dans ses pensées parce qu'il est très expressif. Et il réfléchit. Il sort une blague dans un dialecte incompréhensible à ses potes. Et tout le monde se marre. Et il dit... Ouais, 50-50, c'est très très bien. Écoutez, on va vous laisser là. Et vous allez nous faire un petit plan. Vous allez nous dire où est-ce que vous cherchez, ce que vous cherchez. Et peut-être on va le trouver pour vous en plus. Comme ça, on fait 50-50, ce sera encore mieux. Et j'ai compris qu'il a un certain ton de l'ironie. Et que... Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je viens de tout perdre. Mais l'idée de ce plan est quand même intéressante. Et va nous faire peut-être gagner du temps. Tu vois ? Alors qu'on a les mains dans le dos. Et qu'on est accompagné dans une... Dans une sorte de bureau. Où il y a des chaises. On peut dormir par terre. Ça va, c'est propre. C'est une maison classe, tu vois. Il y a Sophia qui dit... Mais pourquoi tu leur as parlé de trésors ? J'ai dit... Écoute, j'en sais rien. J'ai voulu trouver une idée. Elle dit... Mais maintenant, ils vont plonger. Ils vont peut-être... Je ne sais pas. Je ne sais pas. Ils vont peut-être trouver le truc qu'on cherchait. J'ai dit... Mais non. Ils ne savaient même pas ce qu'on cherchait. De toute façon, il n'y a rien. On commence à s'engueuler très fort. Et on boude tous. Et je dis quand même... On aurait pu s'arranger. C'est un trafic en dard. Pourquoi tu m'as dit que c'était un trafic en dard ? J'avais l'impression que ça nous menait à une piste. Elle a dit... Écoute, je n'ai pas d'idée juste là. D'accord ? Donc on commence à... Le ton montait. On boudait un peu. On se disputait. De l'autre côté de la porte, ça parlait fort aussi en arabe. Et il n'y a que Volodya, qui est toujours laissant son zaguet, super-héros, qui regarde par la fenêtre. Et qui cherche... Je vois les petits engrenages sous sa tête. Il cherche un plan pour s'enfuir. Et il attend. Mais il va y avoir quelque chose. On va avoir un ange qui va arriver. C'est-à-dire que... En gros, on a entendu des coups de feu, de fusils automatiques. Un peu loin au sud. Une fois, deux fois. Et puis, ça a commencé à s'énerver. Et on a entendu des voitures qui étaient à côté de la maison, qui ont commencé à ronfler. Et Volodya dit... Il y a des gars qui sont partis. On ne sait pas pourquoi. C'est peut-être l'occasion de partir. Et il frappe à la porte. En mode... Je veux parler à la personne qui est derrière. La personne ouvre. Il y a un fusil d'assaut. Et Volodya, il dit... Ah, j'aimerais bien aller aux toilettes. Au toilettes. Vous comprenez, monsieur. Il se fait tout petit. Il rentre la tête dans les épaules. Il a les genoux un peu courbés et tout. Et le gars, il le regarde. Volodya, qui est très smart. Il a regardé tout s'il y avait des gens autour. Le gars, il n'a pas le temps de dire OK. Alors que franchement, c'était un bon gars. Et même, il tenait mal son fusil d'assaut. À mon avis, il n'a jamais tiré. Volodya, il lui donne un coup de tête. Mais le mec ne se relèvera jamais. Le coup de tête. Ça fait... Tu vois. Genre un gros poc. Et... On commence à courir. Et moi, j'essaie de prendre le fusil d'assaut. Alors que j'ai les mains attachées derrière. Il dit... Arrête, ça ne sert à rien. Et discrètement, on le suit. Heureusement, la maison est recouverte de tapis. Donc, ça ne fait aucun bruit. Les gens sont assez excités un peu partout. Et on arrive à un premier étage. Il y a un balcon en adobe. Et il y a un jardin en bas. Genre un parterre d'iris. Tu vois. Il y a... Je ne sais pas. Deux petits mètres. Les maisons sont basses. Et il y a Volodya qui fait... Faites comme moi. Il me chuchote. Et il s'assied sur la... La petite rambarde. Et il se laisse tomber de deux mètres. Alors, pas la tête en bas. Sur le côté. Ouaf ! Alors, vu comme il a machi. Mais moi, je lui dis... Mais jamais, jamais je vais sauter ça. Même si ce n'est pas très haut. Et Sophia, elle dit... Il faut bien que tu fasses un truc pour t'excuser de ta journée où tu as tout raté. Et donc, elle aussi, elle tombe. Comme elle n'est plus légère. Je pense qu'elle a moins mal. Même si elle souffre un peu. Elle roule. Et moi, je fais la même chose. Et je m'écrase l'épaule. J'ai ultra mal. Voilà. Au moment où je suis en train de le faire, j'ai le vertige. Je maudis tout le monde. Je me dis que non seulement on va se faire cueillir juste après. Mais en plus, ils vont nous punir. Et voilà. Et pour le coup, j'avais aussi envie de faire pipi. Mais bon, peu importe. Et on avance dans le jardin. Et qui on voit ? Genre à 300 mètres. Parce que le jardin, il est... Il a... Il a... Il est entouré d'un muret. Mais c'est un muret qui empêche les ânes de sauter au-dessus. Nous, on pouvait voir. Il nous arrivait genre un peu plus haut que le nombril. Tu vois ? Et le... On avance. Qui on voit à 300 mètres ? La voiture d'Ali. Tu vois ? Et genre, on passe par-dessus le muret. Il y a Volodia qui nous tient. Qui nous tient avec ses mains d'ardoïe. Il nous fait aller de l'autre côté. On n'a pas réussi à enlever nos... À nous détacher les mains de l'ando. Parce qu'ils avaient des lanières en plastique zip. Vraiment ultra relou. Et... Effectivement, qui vient à notre rescousse ? Ali, en personne. Qui a un couteau. Qui vient nous aider. Qui nous met dans la voiture. Et il dit... Je suis vraiment désolé. Je suis désolé. Mais c'était le risque à prendre. On s'est fait prendre. Le maître des pigeons, c'est son territoire. Voilà. Mais... En fait, ce qu'il sait... Alors, lui, il démarre la voiture. On s'en va. Il dit... Oui, oui, c'est moi. C'est moi qui... Avec des potes, on a tiré loin. On a fait croire qu'ils étaient attaqués d'un côté par une autre milice qui est au sud-ouest. Et donc, il nous dit... Ce qu'il n'a pas accepté. Et là, c'est intolérable. Et je vous le dis, c'est intolérable. C'est que vous avez été sous mon toit à l'hospitalité. Vous, Alexis. Vous, vous avez fait à manger à ma famille. Et on a dansé tous ensemble. Et là, vous êtes sous ma protection. Je veux dire, il n'y a pas de quoi ou qu'est-ce. Si toutefois, il voulait vous prendre, ce qui est possible, on aurait pu négocier. Je vous en aurais parlé. Et ne vous inquiétez pas, vous auriez été bien traité. Parce que de toute façon, vous auriez été rendu contre rançon. Mais je ne voulais pas. Je vous dis, je ne voulais pas vous vendre. Et en plus, il se retourne quand il nous parle. Je lui dis, regarde ce qu'il y a devant toi. Ça va à toute vitesse. Les voitures passent. On entend encore des coups de fusil. Et on retourne dans le petit village sans nom qui était au sud de l'Eptis Magna. On descend. Les femmes et les enfants pleurent de joie. Comme si on était des gens qui avaient été disparus, tués, revenus à la vie. Et qu'on les avait connus toute notre vie. C'est très émouvant. Ils nous disent... Le temps qu'il y ait ces effusions. Il y a 3-4 voitures, genre des 4-4 qui arrivent. Avec les gars du Maître des Pigeons. Les gars de Ali, ils ont aussi des fusils automatiques. Et ça commence à discuter. Genre, non, non, mais vous êtes sur notre territoire. Vous nous avez volé un truc. C'est vous qui avez volé avant et tout. Et vraiment, ça dure longtemps, longtemps, longtemps. Et nous, on remonte à l'étage. On ne sait pas comment ça va tourner. On est dans le noir. On récupère passeport, argent liquide, tout ça, téléphone. On les met dans les zips transparents. Zip-lock, ça s'appelle. Des sacs transparents qu'on voulait utiliser pour... Éventuellement, si on trouvait des bracelets ou des petites choses sous l'eau. On ne sait pas trop comment c'est en train de se magouiller en bas. Sachant que ça crie parfois, de temps en temps. Parfois, il y a un coup de feu. Et après, le silence. 3h du mat. Et là, je dis... Enfin, on est tous les trois. Il y a juste le blanc de nos yeux dans le noir. On est prêts à partir. Et je dis, bon, ce qu'on fait, c'est... Volodia, tu retrouves la voiture de Mohamed. Tu pars en douce. Tu retrouves la voiture de Mohamed. On se donne rendez-vous. Et puis, on part. Voilà, on retourne en Égypte. Et Volodia et Sophia se regardent. Comme s'ils étaient complices. Comme ils l'ont toujours été, finalement. Et Sophia, elle dit non. Elle dit quoi ? Je dis quoi ? Elle dit, ben, non, on va retourner. On va prendre la voiture d'Ali. On va retourner avec les bouteilles sur la plage. Et on va terminer ce qu'on a fait. On va terminer 100%. Je dis, non, mais la situation a complètement changé. Ils savent où on est. Ils savent qui on est. Ils savent l'argent qu'on représente. Ils sont littéralement en train de se tirer dessus en l'air, en ne se visant pas. Mais ils pourraient se viser quand même. Et enfin, il y a un peu de... Il y a un peu de... Il y a un peu de... Il y a un gros problème, là. Enfin, je veux dire, c'est pas le moment de... Et je dis... Et vous avez vu, en plus. On n'a rien trouvé. Rien de rien. Et il y avait V. Il dit, mais on n'en est pas sûr. Et vraiment, je me suis réénervé. Et j'ai dit, je sais que j'ai été le boulet de la journée. Et encore, Ali, il nous a kiffés parce que j'ai fait à manger et tout. N'oubliez pas. Mais là, ce que vous êtes en train de faire, pour moi, c'est un comportement de personne folle. Vous avez un problème. Vous êtes peut-être en syndrome post-traumatique. Vous ne comprenez pas la gravité des choses. Sophia, elle dit, mais non. Ils vont penser qu'on est là. Tout le monde va penser qu'on est là. Si Ali ne nous trouve pas, il pensera qu'on a été re-kidnappé. Mais de toute façon, il va peut-être comprendre. On va prendre les bouteilles et tout. On finit. À 10h, c'est plié. On repart. De toute façon, qu'est-ce que j'allais faire ? Je n'allais pas dire, ben non, j'y vais tout seul, comme d'habitude. C'est ça, le problème d'être trois. On ne peut pas vraiment discuter. En boudant, j'ai dit, OK, on y va. On est redescendus. Les enfants, les proches de la famille d'Ali, on leur a dit, je suis tout à l'heure, comme ça. On a retrouvé la voiture. Les bouteilles étaient vides. On a dit, est-ce que vous avez d'autres bouteilles ? On est revenus. Il y a un gars qui a dit, oui, j'en ai pour les prochains jours. En fait, il en avait trouvé 3 ou 4, 7 pour nous. Il y en avait plein. On les a chargés très discrètement dans une sorte de petite carriole en bois avec deux roues. Et il y a un enfant, du nom de Malek, 8 ans, pieds nus, petit bonnet sur la tête, qui est monté sur la petite carriole. Elle était tractée par un âne. Et il a fait avancer l'âne, mais tout doucement. Genre, vraiment, pas de marche, tu vois. Et on était sous un drap. Sous la carriole. Et vraiment, les gens n'ont rien vu. Surtout, ils n'ont rien entendu. Et ça, c'était assez génial, tu vois. Et en plus, ça continuait la négo. Et ça a été un peu long. Mais le soleil apparaissait sur l'aube à l'est, sur la mer Méditerranée, quand on revient encore sur la plage, là où il y avait. On remercie Malek. On lui donne vraiment un petit billet, pas trop gros, pas trop petit, pour pas que ça pourrisse sa vie. Et on le remercie. Il nous sert dans ses bras. Il nous dit qu'on peut revenir un jour. Je ne sais pas s'il imaginait qu'on allait partir sous l'eau et rejoindre l'Europe. Et moi, je dis, tu dis à ton père, Ali, on est là, on revient dans deux heures, on est là, qu'il vienne nous chercher, d'accord ? Il dit oui, oui, mais au revoir quand même. OK, Malek. Et donc, le soleil se lève, l'eau est froide. Ça, c'est plus le délire. Je boude un peu, mais je remets. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. Et si, comme je boude et que je suis un petit peu en colère, eh bien, on commence à... Enfin, je me sens plus apte à plonger sous l'eau. Quand on plonge tous les trois sous l'eau, on entend distinctement un cri à l'extérieur. Pas le cri de Malek, rassurez-vous. Mais il y a Volodia qui remonte. Et il voit quelque chose. Et il nous empêche de remonter. Il dit, on descend, on descend. Il dit, on descend. Il remonte le truc, on descend. Donc, on commence à inspecter la dernière tranche de maison qu'on n'avait pas vue. Des maisons vides. Moi, je commence à être très à l'aise avec la plongée. Et je commence même à prendre du plaisir. Je trouve ça chouette. Et j'oublie un petit peu la situation désespérée dans laquelle on est. Pas désespérée, mais relou, quoi. C'est pas la dernière maison, mais c'est un truc à la con, genre l'avant-dernière, tu vois. On descend. On descend dans l'avant-dernière maison qui est vraiment très basse. Et qui dispose d'une entrée comme une porte. À part qu'il n'y a pas de porte, tu vois. Sous l'eau. Et il se passe quelque chose de remarquable, d'extraordinaire. C'est que la... Comment ça s'appelle ? C'est une pièce principale carrée qui est immergée. Dont on ne voit pas trop... Enfin, qui est recouverte de plein de déchets. Parce que, voilà, ça fait des milliers d'années que c'est là. Et... Enfin, quand je dis déchets, c'est des... Je sais pas, des petits trucs marins, des petits coraux, des petits... Voilà, qui flottent dans l'air et qui sont par terre, tu vois. Mais en fait, c'est quelque chose qui brille au plafond comme un drap lumineux. Et quand on remonte, genre de 1 mètre, en fait, il y a de l'air. C'est-à-dire que... Comment dire ? À 30 centimètres, 1 mètre au-dessus de la porte, il y a des escaliers qui montent plusieurs étages. En fait, il y a de l'air, quoi. Et... Donc, on monte des escaliers de pierre qui sont gravés dans la roche. Et on arrive à un premier étage. Il y a un autre escalier écroulé qui monte à un hypothétique deuxième étage. Et on est dans une poche d'air sous l'eau. Et je dis, mais comment c'est possible ? Et... Et en fait, Sophia dit, ben, ce qui s'est passé, c'est que... C'est que, regarde, il n'y a pas de fenêtre. C'est dans une grotte, c'est immergé. Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et... Et en fait, quand l'eau est montée au-dessus de l'entrée d'eau qui était là, ben, l'air a été compressé. Et... Là, on peut respirer pas trop longtemps. On pourra pas rester des jours et des jours. Mais t'as vu ? Enfin, c'est fou, quoi. Donc, elle a ses palmes. Elle est assise, on va dire, sur un petit rebord, là, qui mène à l'eau. Il y a Volodia qui dit, c'est fou, on est dans une maison peut-être qui a jamais été explorée. C'est... Peut-être qu'on l'a trouvée, le truc. Alors, j'y rêvais pas. Mais il y a Volodia qui dit, attendez, il faut que je vous explique un truc, d'abord. Je suis remonté tout à l'heure. Et en fait, les gars du Maître des Pigeons, ils nous ont vus. En fait, le cri qu'on a entendu, c'est qu'ils nous ont vus plonger. Et il y avait deux gars, ils avaient des fusils d'assaut, et ils nous ont... Enfin, genre, ils criaient, à un moment donné, là. Et il nous faut un plan pour... Il nous faut un plan pour sortir d'ici, quoi. Et... On fait le point sur nos réserves d'oxygène. Et... On peut encore nager, on va dire, sur les côtés, rejoindre Tripoli, le port de Tripoli, ou ailleurs, je sais pas, avec de longues distances. Mais est-ce qu'ils vont pas nous attendre ? Ça, c'est quelque chose qu'on tourne en rond. Pendant ce temps-là, Sophia ne calcule plus. Et elle a enlevé ses palmes. Et en fait, elle est en train de farfouiller tout autour. Et elle découvre un gros rocher. Genre... Un gros rocher un peu schisteux, tu vois. Il y a des tas de petites choses qui traînent. Genre, le couteau qu'avait trouvé Volodia hier, il y a des choses comme ça. Mais en fait, elle dégage ce petit rocher à un gros mortier. Pour la cuisine. Et à côté, en fait, en cassant toujours assez proprement le calcaire qui a dû s'accumuler, je sais pas, une petite lampe à huile, très mignonne. Et elle dit... Ça vaut pas grand-chose, mais... Enfin, je suis pas archéologue, mais c'est assez excitant, tu vois. Et elle commence à regarder un petit peu. Et il y a des petites pièces romaines. Donc, complètement érodées, mais on voit bien, c'est des petites... Il y en a plein, un petit bol, tu vois. Alors, il est aussi recouvert de calcaire. Et quand on casse le calcaire, je sais pas, il y a peut-être une trentaine de pièces en argent. Le véritable trésor, ou le pseudo-véritable trésor, à un moment, c'est... On prend un peu de recul. On travaille un petit peu... Comment ça s'appelle ? Le... Un mur qui est aussi recouvert de, je sais pas quoi, de poussière, de particules. Et en fait, il y a une magnifique frise qui apparaît avec une grande étoile, des poissons, c'est vraiment merveilleux. À ce moment-là, je me souviens qu'il y avait un poulpe qui avait levé sa tentacule et entouré avec sa tentacule la cheville de Volodia, qui avait pas du tout eu peur. Il lui a dit, hey, toi, tu t'en vas ? Voilà. On a eu un rollercoaster d'émotions à ce moment-là. Parce que, en fait, elle a trouvé un truc qui ressemblait un peu à un scalpel sur le sol, qui était en métal. Un espèce de métal et il y avait un peu de plomb aussi avec. Parce que ça se sent un peu, tu vois. Et elle dit, écoutez, c'est rien, mais c'est incroyable, c'est un stylet. Donc, la personne qui vivait ici, elle écrivait des choses. Est-ce que... Elle arrive pas à formuler de, est-ce qu'il y a un livre ici ? Tu vois ? Mais c'est ce qu'elle pense, tu vois. Et on commençait un peu à avoir manqué d'oxygène parce qu'on était dans une sorte de bulle d'air qu'on respirait. Et... Et je me dis, attends, quoi ? Et, enfin... Et il y a dans un coin encore un gros rocher recouvert de calcaire. Et... Et, en fait, on le casse un peu et il y a un gros coffre. Et on se dit, dans le coffre, il y a le livre qu'on cherche. Il y a tout. Il y a toute l'explication. Tout, tu vois. Vraiment, on est quarteur qui découvre la tente de Tancamon. On est à un taux d'adrénaline genre maximum, tu vois. La peur, mais l'excitation. On casse un peu, vraiment, les ferrures. Tout est rouillé de fou. D'ailleurs, c'est tellement rouillé que on a... On sait un petit peu ce qui va se passer, en fait. On ouvre le coffre et il y avait peut-être un livre dedans, peut-être de l'encre, peut-être un rouleau. Mais c'est devenu une sorte de masse impossible à déchiffrer, tu vois. Complètement... Complètement molle et qui se transforme en poussière immédiatement au contact. En fait, de l'air nouveau, tu vois. Elle dit... Sophia nous dit, écoutez, je sais pas, ce serait fou, mais peut-être. C'était ça qu'on cherchait. Et c'est vrai qu'on aurait pas pu le trouver intact, donc c'est pas si grave. Mais on a bien fait. Tu vois, elle me regarde et je dis, ouais, ouais. Enfin, on a bien fait, mais on n'a rien appris, tu vois. Mais oui. Et elle... Il y a des... Comment ça s'appelle ? Il y a des tablettes en bois qui sont... Derrière le coffre. Un peu comme des planches à découper. Mais plutôt minces et avec des tas de traits. Et elle commence à les mettre sous... Dans les sacs en plastique étanches qu'on avait. Et elle dit ça, ça peut avoir un peu de valeur. On peut peut-être... Il y aura peut-être des mots qu'on va pouvoir comprendre assez intéressants sur ce sujet. Et... Mais on n'a pas forcément... Il y a quelques tablettes en bois. Pourquoi ? Parce qu'elle nous dit ce qui se passe, c'est que parfois les gens, ils gravaient des trucs sur du bois. Là, on voit rien, mais... Il y a une chance sur un million. Mais on la prend, la chance sur un million. On regarde un peu mélancoliquement le coffre pour lequel on était venus, mais... Il faut croire que... On n'était pas dans le bon film, on va dire. Et... Il y a Volodia qui nous a dit aussi... Moi, j'ai cru. Et... Prends ces... Prends ces tablettes... Prends ces... Comment ça s'appelle ? Ces morceaux de bois, Sofia. Et quand... L'analyse, les experts, je sais pas quoi, peut-être même l'intelligence artificielle nous dira qu'il n'y a pas un seul mot à prendre de ces tablettes de bois, dans ce cas-là, je m'avouerai vaincu. Mais pour l'instant, j'y crois. Je me suis dit qu'il avait une sacrée tenacité et que moi, j'aurais tellement abandonné à plein de moments de tout ce projet, mais il lâchera rien et quand on n'aura rien trouvé sur cette tablette de bois, je sais pas, il invoquera les esprits, j'imagine. Mais on commençait effectivement à mal respirer. Et on n'avait pas de plan. Volodya remet son respirateur et dit, je vais faire un tout petit repérage, je reviens avec un plan. Il est vraiment... Il passait pas beaucoup de temps, déjà parce que je pense que nous aussi, on commençait à avoir un peu des maux de tête parce que on manquait d'oxygène, donc on a... On a remis aussi nos respirateurs un petit peu pour économiser. Et V a émergé de l'eau quelques minutes après et il nous a dit c'est bon, vous inquiétez pas, j'ai un plan. ...