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Luna Invicta - Episode 44

Épisode
44
Date
13 août 2026
Durée
32:32
Série
Luna Invicta

Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 44.

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Luna Invicta 44. Dès le lendemain, on a commencé le grand tour, parce qu'il y avait des choses qui étaient un petit peu balisées. Donc le premier soir, j'ai quand même joué à City of Secrets dans la journée, j'ai vécu ma petite vie, et puis le soir, on a fait un premier jeu, donc un premier tour sur 2b2t de Minecraft. Et je trouve que...

C'est vrai que j'ai appris que Sophia ne jouait pas du tout aux jeux vidéo. Et elle ne savait pas du tout gérer une manette, ou une souris, ou un écran, enfin, pour faire des rapports, j'imagine, mais pas pour... pas pour explorer un jeu, et en vision subjective, donc ça prend un sacré coup. Et en fait, au bout de 2 minutes, où elle vraiment galérait de fou, ce qui s'est passé, c'est qu'on a abandonné, et j'ai dit, je vais un peu la former, et elle est venue le lendemain chez moi, et on a joué à des petits jeux simples. D'abord, on a joué à des jeux un peu lents, en vision subjective, comme The Long Dark, et après, alors qu'il était un peu angoissant, mais voilà, ça lui permet de se repérer, et puis après, un peu des jeux avec une caméra entière de personnes, comme Assassin's Creed, qui sont très permissifs, et en plus très jolis, quand je l'ai montré, Assassin's Creed, par exemple, Origin, où il y avait...

Alors, il y a des choses qui lui faisaient rire, genre dans Assassin's Creed, on a une épée enflammée, par exemple, mais où, je sais pas, on pouvait aller sur un chameau, et hyper vite, tu vois, et on pouvait aussi tuer des gens de façon impunie, ça c'est... Genre, à un moment, elle appuie sur un bouton et elle tue quelqu'un, on était dans Alexandrie, la personne tombe, et elle me dit il se passe rien, et alors, je dis, bah non, mais elle me dit, je viens de tuer quelqu'un, c'est super grave, j'ai dit, bah ouais, si tu restes, tu auras des gardes, elle me dit, mais c'est pas ça, mais, enfin, je veux dire, le poids émotionnel, je veux dire, j'ai tué quelqu'un, il faut que je fasse une psychothérapie, tu vois, et je dis, ah non, c'est pas la philosophie d'Assassin's Creed, c'est pas du tout comme ça que ça marche, voilà, et donc, c'était quand même très rigolo, et puis, bon, les ruines, en fait, ce qui est assez sympa, elle m'a dit, c'est que, tu vois, là, il y a une idée très forte, c'est qu'on est dans l'antiquité égyptienne, et il y a quand même des ruines, et c'est ça, c'est vraiment incroyable, parce que nous, on vit dans un monde où il y a des ruines, mais, enfin, oui, on est un peu dans le passé du futur, mais, là, c'est-à-dire que c'est notre passé très lointain, et pourtant, ils avaient des ruines, c'est quand même vertigineux, là, je dis, ok, et elle tuait, elle s'est mise à tuer plein de gens, en disant, mais, c'est quand même très étrange de tuer des gens, ça te fait plaisir de tuer des gens ? Alors, je dis, je dis non, mais elle dit, regarde, c'est quand même, il y a même un truc psychanalytique, je suis désolé, moi, Freud, j'y crois pas tout ça, mais tu t'approches d'un gars, plaf, tu lui plantes un truc, il, genre, il se secoue un peu, il tombe par terre, il y a un truc, un truc sexuel, tu vois, dans l'assassinat, elle arrivait pas à capter que on pouvait, que dans la plupart des jeux, on tuait des gens, tu vois, genre, vraiment, elle revenait parfois en disant, est-ce que dans l'histoire, on explique pourquoi le gars est un psychopathe et il peut tuer des gens sans aucun remords ? Je dis non.

Et en fait, j'ai réfléchi que, souvent, quand on tue des gens par pelleter dans les jeux, soit c'est des zombies, soit c'est des nazis, soit c'est des stormtroopers, donc c'est un peu des gens identifiés comme méchants, quand tu les tues, ça va, et pas comme des humains, tu vois. Donc, est-ce que derrière le stormtrooper, il y a quelqu'un, ou derrière le nazi, il y a quelqu'un, ou derrière le zombie, finalement, il y a quelqu'un, je ne sais pas. Mais même, finalement, il y a quelque chose d'hyper paradoxal, c'est que en l'écoutant me parler du fait qu'on puisse tuer facilement dans les jeux et que ce soit hyper normalisé, je me suis aperçu qu'il y a des gens, ils avaient plus de mal à tuer des renards ou des tigres dans des jeux que des humains. C'était ce qui était complètement fou.

Et elle me dit, étant donné que le meurtre punit de 30 ans de réclusion criminelle, le meurtre punit de 30 ans de prison, c'est quelque chose de courant, quid quid, c'est un mot qu'elle utilise souvent, quid des agressions sexuelles ou des viols. Alors, je dis, ah non, il n'y a jamais de viol dans les jeux vidéo, ça ne se fait pas, en tout cas, pas dans les jeux vidéo, je ne connais aucun jeu vidéo où il y a ça, tu vois. Elle dit, ah bon ? Et donc, ça n'existe pas ?

Je dis, bah, en fait, s'il y avait un jeu où on pouvait faire ça, il serait interdit. Alors, elle dit, c'est vraiment hyper étrange parce qu'il y a un renversement des valeurs, c'est-à-dire que nous, dans la réalité, quand il y a une agression sexuelle ou un viol, il y a une condamnation, mais la condamnation n'est jamais équivalente à celle d'un meurtre, tandis que là, le meurtre est très banalisé. C'est très intéressant, elle note des choses, tu vois. Elle note, comment ça, mais en tout cas, elle avait pris un peu le coup et on a commencé à refaire le grand tour, cette fois-ci, ça ne me plaisait pas trop, j'aime pas trop Minecraft, et en fait, ça a été vraiment extraordinaire.

C'est-à-dire, je ne peux pas vous raconter, il faut le vivre pour le croire, mais vraiment, on est... Tout ça, c'est virtuel, et c'était dans Minecraft, tu vois, mais il y a ce côté complètement fou d'être entouré en permanence d'une sorte d'armée de gardes du corps qui te protège, avec des gens qui meurent et tout à côté de toi, et que tu as un gars hyper fort à côté de toi, qui t'explique, qui te dit, voilà, on est là, tu as l'impression d'avoir les mortiers ou les missiles qui te tombent dessus et qui te dit, voilà, il se passe ça, là, il y a un volcan, il est là depuis toujours, et vous voyez, il y a des déformations, les gens sont en train de construire en temps réel, regardez là-bas, il y a une citadelle, cette citadelle a été construite il y a tant d'années, et avec des exploits de gens, des combats et tout, et Sofia qui disait, mais est-ce qu'on a écrit un livre là-dessus ? Il disait, ben non, mais vous, quand vous allez mourir, si vous ne l'écrivez pas, ça va être perdu, il dit, ben oui, elle dit, mais ce n'est pas possible, on ne peut pas laisser faire ça, tu vois, voilà, donc elle était très concernée, et donc ça, c'était assez intéressant, à l'inverse, quand on a fait le grand tour de World of Warcraft, c'était beaucoup moins trépidant, c'était beaucoup plus calme, on était à dos de monture, c'était quand même assez majestueux, il y avait beaucoup, beaucoup de lore, et là, inversement, il a dit, là, c'est très documenté, ça appartient à une licence, ce n'est pas quelque chose d'émergent, donc, et je sais, alors je n'étais pas avec elle à ce moment-là, parce qu'elle était chez elle, et moi, j'étais chez moi, mais en gros, elle disait souvent, moins vite, je prends des notes, envoyer son personnage qui ne bougeait plus, tu vois, et donc, ça avait l'air de l'intéresser, d'ailleurs, elle m'a même dit à un moment, qu'elle avait, c'était quelques jours après, elle m'a dit qu'elle avait l'idée de créer un laboratoire académique pour l'étude des civilisations émergentes dans les même eaux, pour ne pas que ça se perde, et surtout, il y avait des leçons à tirer, elle me dit, bien sûr, il y a des, on peut étudier à titre informatif, ça peut intéresser des tas de gens, qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là, mais même, tu vois, d'une façon extrêmement pratique, il y a un serveur virtuel, dans lequel il y a une sorte de ligne de front permanente de combat qui est en train de se faire avec de la construction, mais je veux dire, ça, l'armée, elle te paye des millions, genre, c'est trop intéressant, tu vois, elle était ultra motivée, elle a dit, tu sais quoi, je suis sûr que même Nordstar, il financerait ce laboratoire, et elle a voulu l'appeler l'Institut National de Sociologie des Univers Persistants, donc ça, c'est son gros projet, l'Institut National de Sociologie des Univers Persistants, et je me suis aperçu, quelques jours après, j'ai dit, hé, l'Institut National de Sociologie des Univers Persistants, ton projet, ça fait un sup, j'ai rigolé, et elle rigolait pas du tout, elle disait, ouais, comme insupportable, j'ai dit, oui, exactement, moi, je dis, un sup, elle dit, écoute, c'est très bien, parce que quand le, comment ça s'appelle, l'acronyme, ça rappelle un truc, souvent, les gens, ils s'en souviennent, et on a des meilleurs financements, elle était très motivée. Je vais pas trop parler de tous les mondes qu'on a fait, je voudrais juste parler d'une dernière chose, qui est Active World, donc le fameux Active World, qui était célèbre par la présence de Hitomi Fujiko, une espèce d'être mystérieux qui était dedans, donc quand on est arrivé dans Active World, c'était, on est allé à 6h du matin, donc moi, il faut me faire lever à 6h du matin, ok, tu vois, compliqué, parce que il fallait que ça rentre dans un bon endroit pour le, enfin, un bon time slot pour le Japon, et on rentre dans ce monde qui est, c'est très bizarre, Active World, c'est un monde crépusculaire avec des grandes constructions inachevées, j'ai pas la rêve, mais tout de suite, Sophia l'a dit, ah bah c'est de Chirico, bien sûr, voilà, ok, très bien, donc effectivement, il y a un côté surréaliste à la Dali, j'ai appris ce que c'était de Chirico par la suite, et on s'est un peu baladé, et Hitomi Fujiko nous attend, enfin, pas nous attend, elle est probablement apparaître à un endroit, et on nous raconte toute l'histoire qu'un jour, il y a un YouTuber qui a rencontré Hitomi Fujiko, et c'est devenu un creepypasta sur Reddit, etc., et en fait, on s'éparpille un peu, et j'ai un j'ai un gros coup de stress, alors il y avait vraiment, c'est le même mot, donc un même mot créatif à la Minecraft, où il y avait, genre, personne, personne, on s'est éparpillé, enfin, plutôt, je me suis éloigné, et même, on avait un peu le micro sur Discord, et un des orgas a dit, vas-y, tu peux remonter la colline, on t'attend, et tout, et j'ai dit, non, non, mais c'est bon, en vrai, moi, Fujiko, je m'en fous, je me balade un peu, tu vois, et donc, je me suis baladé, je suis arrivé près d'une rivière, et il y avait quelqu'un, et je me dis, est-ce que c'est Hitomi Fujiko, alors je dis, est-ce que vous êtes Hitomi Fujiko, et la personne me dit, non, je suis et je dis, vous êtes souvent sur ActiveWorld, et la personne me dit, j'y suis depuis une heure, je dis, ok, et là, elle me dit, vous connaissez un gars qui s'appelle Calc, j'ai dit, encore, elle me dit, vous l'avez rencontré, j'ai dit, non, mais j'ai rencontré des gens qui le cherchent, c'est LAC, c'est ça, exactement, c'est LAC, et alors, la lame rouge, vous êtes quoi, pourquoi vous le cherchez, elle dit, moi, je suis un, hmm, disons que je suis un hacker, et je dis, normalement, les hackers et les specs sont des hackers, alors, ok, moi, je suis quelqu'un qui se balade sur l'internet, attends, vous êtes un hacker ou pas ? et là, la lame rouge, elle me dit, non, alors, je dis, elle, parce que la lame rouge, elle avait une apparence un peu féminine, et, je ne sais pas non plus savoir, on ne se tape pas par écrit, je dis, en fait, tu es un hacker ou pas ? elle me dit, non, d'accord, très bien, pourquoi vous cherchez Calc ? et elle dit, hmm, c'est un ami, et donc, vous pensez qu'il est dans les MMO, parce que je l'ai rencontré, dans City of Secrets, ah, je vois qu'il cherche dans City of Secrets, non, enfin, peut-être qu'il est dans un MMO, ça, l'endroit où on est, c'est un MMO, c'est ça, nous, on appelle ça un monde limite, ok, si, à quoi, si je trouve Calc, à quoi il ressemblera ? bah, il sera peut-être comme vous, comme moi, d'accord, et donc, il faut que j'aille chercher Calc, partout, elle dit, ah, vous pourriez m'aider, ce serait vraiment extraordinaire, vous êtes vraiment extrêmement gentil, j'ai dit, ah, moi, je ne promets pas de faire ça à temps plein, mais si je le trouve, c'est cool, et alors, si je le trouve, je fais quoi ? elle fait, hmm, ok, est-ce que vous savez envoyer un e-mail ? j'ai dit, oui, et bien, si vous le trouvez, est-ce que vous pouvez m'envoyer un e-mail ? lamerouge at gmail.com ah, attendez, non, plutôt, lamerouge 987 at gmail.com et là, je commence à flipper, parce que moi, mon pseudo sur City of Secrets, c'était Alexis987, et je me demandais s'il se passait un truc, tu vois, et, je lui dis, je pensais avoir plus sur votre groupe, et elle me dit, pff, c'est compliqué, mais je voulais vous dire quelque chose, alors là, j'écoute, enfin, j'écoute, je lis, j'attends, merci beaucoup, et c'est tout.

Ok, et la personne, après, ça tournait un petit peu en rond, tu vois, donc, j'avais, enfin, ma théorie, c'est qu'elle ne parlait pas forcément français, mais elle m'a dit, elle s'est adressée à moi en français. On est remonté, on s'est retrouvés, et Sophia avait parlé avec Itomi Fujiko, elle était extrêmement exaltée de cette rencontre, en tout cas, il y en avait une qui fait beaucoup le grand tour des Big Five de l'agence de voyage. On est ressortis, et j'ai fait, comment dire, c'était 11h du matin, j'étais un peu fatigué, on s'est reposés, enfin, moi, je me suis reposé, j'ai demandé à... à Sophia, éventuellement, que je ne sois pas là pour les deux dernières fois, parce que en vrai, bon, j'avais fait le tour, j'avais plutôt envie de jouer à un nouveau jeu, et la rencontre...

En fait, aller dans MMO, dans MMO vide, c'est vraiment très inquiétant. C'est un peu comme ce truc qu'il y a sur les internets, qui s'appelle les espaces liminaux ou les backrooms, vraiment, ça me fait un peu peur, quoi. C'est des endroits tout vides, et quand t'as un type comme l'âme rouge qui apparaît et qui te fait vachement peur, tu vois, c'est... ça m'a laissé un mauvais... une mauvaise... un mauvais sentiment.

Et Sophia m'a dit, moi, j'ai peut-être des amis qui seraient intéressés, est-ce qu'ils peuvent prendre ta place ? J'ai dit, mais bien sûr, ça n'a aucun problème, voilà. Et elle me dit, je te tiens au courant, je reste en relation avec l'agence de voyage, sinon, toutefois, ils avancent dans City of Secrets. Et en fait, j'avais aussi très envie de jouer à City of Secrets, j'avais un peu l'addiction, voilà.

Donc, j'ai quand même fait une sieste, j'étais complètement en décalage, j'ai fait une sieste. Je suis descendu dans un Libanais emporté pas loin. Alors, j'ai rien contre les Libanais, j'adore le Liban, je parle arabe, tu vois. Un jour, il n'y aura plus la guerre dans ce pays-là, et j'irai, je kifferai.

J'adore la cuisine libanais, genre les falafels, tout ça, vraiment le falafel frais, avec la petite galette qui est faite sur l'espèce de crêpire bretonne bombée, là, tu vois, j'adore. Vraiment, j'adore. Et j'adore tremper mes falafels. Mes falafels dans de l'juice, dans de la sauce blanche, tu vois, j'adore tout, tu vois.

Mais, je trouve que les Libanais restaurants, c'est de l'arnaque. Je trouve que c'est méga cher. Tu sais, les Libanais, genre, le medze, t'as tout emporté, en fait, je trouve ça toujours un peu cher. Même si c'est chouette, tu vois, mais par contre, le Libanais emporté, pour moi, c'est une tuerie.

J'adore, je... Il y en a, je dis pas les noms, parce que je les dirai un jour, mais il y en a, voilà. En tout cas, j'ai pris mon petit falafel, et en fait, quand je... Donc, je suis...

Dans le 6e, pas loin du 5e, il y a quand même beaucoup d'étudiants. Et il y avait des étudiants qui sortaient du musée de Cluny, et ils parlaient de l'ouverture de l'éclipse, qui était la méga boîte. Et en fait, c'était ce soir. Et en fait, je me rappelle, je dis, ah putain, c'est ce soir, l'éclipse.

Donc, j'ai dit, heureusement que j'ai annulé le voyage, tu vois. Donc, je suis... J'ai mangé, je me suis préparé, donc je regarde. C'est bien un ticket d'entrée, c'est cool.

Et j'envoie un SMS à Audrey. Et elle dit, je lui dis à ce coup, elle dit, ouais, on y va, ça va être trop bien et tout, c'est cool, on va pouvoir se revoir et tout. J'ai dit, je suis moi, donc j'ai dit, est-ce qu'il y aura Léa ? Et elle me dit, il y aura Léa, smile.

Puis après, genre, elle commence à taper, il y a les trois petits points, ça dure trop longtemps. Mais il y a juste une petite phrase qui dit, tu sais que Léa, elle est en couple. J'ai dit, ouais. Et après, elle a rigolé, elle a fait...

Elle a dit, est-ce que tu peux pas... Tu passes par chez nous parce que... Est-ce que tu passes par chez nous ? Tu passes par chez nous parce que tu nous avais parlé de sandwich miraculeux, voilà, tu les as bien vendus, donc nous, on a un peu envie de savoir, tu vois.

Et elle m'a donné son adresse. Et je pense qu'elle me draguait un peu et je pense que j'aurais totalement dû la draguer à ce moment-là, mais peu importe. Quand on m'a parlé de sandwich, j'ai été focus sur les sandwichs. À la base, je voulais faire un sandwich, un peu un club sandwich, pain de mie, poulet rôti, et alors je voulais le twister, comme ils disent dans Top Chef, avec du brie et du miel.

Tu vois. Mais... Je me suis dit, elles sont jeunes, c'est peut-être des végétariennes, tu vois. Donc, j'ai...

Je suis allé au Franprix, là, et j'ai acheté un truc qui est... C'est une sorte de jambon, mais c'est fait avec des haricots blancs. Donc ça ressemble à... Ça n'a pas tout à fait le goût du poulet.

Mais c'est... En tout cas, ça a la texture, tu vois. Et ce que j'ai fait, c'est que, donc, pain de mie, un sandwich, pain de mie, ce blanc de poulet, j'ai mis du brie, j'ai mis du miel, j'ai mis de la roquette, j'ai mis de la mayo, j'ai mis pas mal de beurre, c'est mon secret. N'importe quoi, tu rajoutes du beurre, c'est bon.

Et le truc, évidemment, c'est que le pain de mie, je l'ai fait revenir dans la poêle, dans la poêle avec du... avec du beurre, et aussi des herbes de Provence. Et j'en ai fait deux ou trois comme ça, et le dernier, j'ai fait une petite surprise, j'ai remplacé le miel par de la confiture de figue, que j'aime beaucoup. Donc, c'était pas trop mal. Je me suis permis, j'avais pas dit que j'apporterais un dessert, mais j'ai préparé un petit saladier, et dedans, je fais une petite ganache montée, au chocolat, vraiment, alors, déjà végétarienne, ensuite, très légère, et la ganache, tout le monde aime la ganache au chocolat, moi, je la mange, tu vois.

Mais en plus, elle est montée, donc elle est plus légère que la normale, donc c'est chouette. On peut manger sans culpabilité. Donc, bien chargée. Alors, j'ai quand même pris un petit look, parce que je me suis dit, si je vais en boîte de nuit après, boîte de nuit, ce terme des années 80, si je vais en boîte de nuit, donc j'ai pris, j'avais des sortes de rangers noirs que j'avais un peu trop grandes pour moi, mais qui m'allaient quand même à la limite, parce que de toute façon, c'était très inconfortable que j'avais pris chez mon frère un pantalon noir et une chemise noire.

Genre, j'étais prêt pour l'espace fétiche, qui était le dernier endroit où j'avais envie d'aller. J'étais plutôt, genre, je pensais à un truc danse électro, éventuellement le métal, mais alors la techno, pour moi, c'est boum boum, tu vois. Et donc, je vais chez Audrey, qui est genre ultra loin. Je suis avec mon saladier dans le RER, et genre, elle est à Noisiel, tu vois.

Et donc, en plus, je suis avec mon saladier et un GPS dans la main pour trouver la maison dans Noisiel et je dois avancer dans des quartiers et tout. Mais alors, c'est intéressant parce que c'est pas bagnolet, tu vois. C'est des petits lotissements, très calmes, chacun avec un jardin devant, un chien dans le jardin, tu vois. C'est pas la maison phénix du French Dream, mais c'est le lotissement, tu vois.

Le lotissement un peu ancien, des années 60-70, quoi. Mais en tout cas, je trouve, et il y avait déjà plein de... Enfin, plein. Il y avait cinq filles, là-bas, qui me voient, et j'arrive avec les sandwiches.

Je dis, ah, mais si j'avais su, j'aurais fait plus de sandwiches. Elles sont là, oh, les sandwiches, incroyable ! La ganache montée, incroyable, mais tchiki et tout. Et donc, elles sont toutes trop sympas avec moi.

Et vraiment, ça m'a fait trop plaisir. J'avais un sourire, je pense. Vraiment, cette attention et cette espèce de tendresse, cette tendresse émerveillée qu'on m'a apportée, vraiment, en trois secondes, ça m'a redonné. C'est dix ans de thérapie, tu vois.

J'étais trop content. Je manque d'amour. Voilà, c'est comme ça. Et donc, elles étaient en train de...

Parce que, souvenez-vous, Audrey, c'était une maquilleuse et c'était toutes des maquilleuses. Elles étaient toutes en train de se maquiller pour la soirée. Et d'ailleurs, elles me voient toutes en noir. Elles touchent la chemise.

Elles me disent, mais t'es toute en noir, mais ils ne vont pas te laisser rentrer. Il y a une meuf qui s'appelle Agnès. Elle me dit, mais attends, l'éclipse, c'est le Berghain. Je dis, c'est quoi le Berghain ?

Elle se marre toute. Elle dit, mais tu ne peux pas rentrer comme ça. Tu ne vas pas pouvoir rentrer. Ils vont te jeter, tu comprends ?

Alors, ils réfléchissent à comment faire. Et à un moment, il y a une fille, elle dit, voilà ce qu'on va faire. On va te faire un immense tatouage sur le torse et un immense tatouage sur le dos. Et vraiment, elle se chauffe trop pour ça.

Donc, j'enlève ma chemise et je dois dire quelque chose qui n'est pas aux normes de 2026. Moi, j'ai des poils sur le torse. J'ai des poils. C'est quelqu'un que les hommes de mon âge en 2026, ils se rasent les poils.

Alors, pas tous. Et elles sont là. Il y a même une meuf qui dit, il y a des poils. Et il y en a une autre qui dit, mais arrête, tu ne vas pas.

Enfin, je veux dire, les poils, c'est bien. Tu vois, elle commence à s'embrouiller sur l'affaire des poils. Et elle dit, néanmoins, comme on va te faire un super dessin sur le torse, est-ce que tu es d'accord pour qu'on trace tes poils ? Et la meuf qui ne met pas les poils, elle dit, ah, mais il a des poils dans le dos aussi.

Et je dis, mais c'est bon, ça va. Et vraiment, la meuf qui fait des remarques sur les poils, Lola, vraiment, elle se fait prendre entre quatre yeux par Agnès. Elle dit, t'arrêtes, t'arrêtes, t'arrêtes de parler des poils, t'es problématique. Lola, t'es problématique.

Donc, j'ai dit, hé, on se détend, il n'y a aucun problème. Vous allez me raser et vous allez me tatouer, ça va être trop bien. Et je sais qu'il y a des gens solitaires qui se font, tu sais, il y a des gens qui sont très, très seuls dans la vie. Et ils vont chez le coiffeur ou chez le médecin juste pour se faire toucher.

Et ce n'était pas des caresses ou des gestes sexuels, mais vraiment se faire raser les poils, puis se faire dessiner des trucs sur le torse et le ventre. Je me suis bien fait toucher. Je me suis fait le plein, là. C'était vraiment très, très chouette.

Ce n'était pas du tout sexuel, mais c'était vraiment genre trop bien. Et en plus, je fermais les yeux et j'imaginais genre une scène un peu christique ou royale. J'imaginais une peinture magnifique qui représentait un roi de l'ancien temps avec des servantes qui s'occupaient de lui. Voilà, je me suis senti très valorisé.

Et en tout cas, ils m'ont rasé tous mes poils et ce n'était pas désagréable, à part que j'avais l'air vraiment d'un oeuf, quoi. Je ne m'étais jamais vu comme ça. Et après, ils ont commencé... Alors, sur le ventre, ils m'ont dessiné une énorme lune parce que l'éclipse, tu vois, et la lune, elle avait un visage un peu maléfique, tu vois.

Alors, c'était un croissant de lune, avec un visage maléfique. Et dans le dos, c'est pareil, ils ont fait un soleil noir maléfique, tu vois, genre recto verso. Et elle dit, donc toi, tu vas garder ta chemise parce que, voilà, on va arriver le soir. Et quand tu es devant l'entrée, tu me donnes ton ticket et surtout, tu enlèves ta chemise, tu vois, parce que tu montres que tu es un gars cool et que tu as préparé un truc.

Je dis, mais j'ai le droit de rentrer torse nu. Elle dit, t'inquiète, tu as un tatouage, c'est comme si tu étais habillé, c'est trop bien. Alors, je dis, mais ça partira un jour. Elle me dit, ouais.

Et elle touche un peu mon... Autour du cou, j'avais l'amulette égyptienne, mais qui représente un croissant de lune, justement. Elle dit, waouh, mais c'est trop stylé, ce truc. Et il y a Lola qui dit, t'es musulman ?

J'ai dit, non, je ne suis pas musulman, mais je suis protégé par Allah. Genre, hyper sérieusement. Et toutes les filles, ça les a vachement calmées. Elle dit, non, mais en fait, t'es musulman ou quoi ?

Et j'ai dit, non, non, juste, j'ai eu des problèmes avec des démons. Voilà. J'ai rencontré un sorcier musulman et il m'a donné cette amulette et Allah me protège. Et vraiment, pareil, elle me disait, mais t'es musulman en fait.

J'ai dit, pas du tout. Mais de toute façon, même si j'étais musulman, ça ne changerait quoi ? Et là, ils ont dit, rien du tout. Et il m'a dit, pas très bien alors, tout va bien.

Et d'ailleurs, je les ai vus manger ma ganache avec gourmandise et à répéter, mais tu sais, nous, on n'a rien contre les musulmans, tu vois. Et j'ai dit, ok, parce que je n'arrivais pas à leur faire croire que j'avais un truc genre musulman autour du cou et que je n'étais pas musulman. Alors que, bon, enfin, je ne sais pas, et que je parlais arabe, mais bon, c'est vrai que ça commençait à faire un faisceau d'indices. Mais bon, en tout cas, on a repris le RER, mais pendant une durée infinie parce que Noisiel, c'est à l'extérieur de Paris et là, on allait à l'autre côté, donc vraiment dans l'autre sens, à Saint-Germain-en-Laye, pas loin d'un château, pas loin d'un château de Monte-Cristo, mais aussi à côté d'une forêt.

Enfin, voilà, il y a une grande forêt, mais bon, c'était en marge de la ville de Saint-Germain-en-Laye. Il y avait du monde, mais genre, ils avaient distribué des invités à tout le monde et en fait, c'était tellement, tellement fort, enfin, comment dire, tellement un gros truc. Déjà, la ville commençait à s'animer de plein de gens, plein de jeunes gens qui avançaient dans la ville, qui étaient un peu stylés d'ailleurs et donc, eux-mêmes, les gens dans leur maison qui n'étaient pas au courant, ils jetaient un oeil, tu vois, ils sortaient dans leur jardin et tout et des queues, des queues immenses, bon, ils séparaient, ils séparaient les queues, etc. Et effectivement, en marge de la ville, derrière des terrains vagues, etc.

Mais, on commençait à entendre le début d'une musique qui est assez forte et je pense que, je ne sais pas si l'éclipse va durer longtemps, mais en tout cas, forcément, il y allait avoir des problèmes de voisinage. Mais ça allait être, enfin, de loin, on sentait que ça allait être tough du siècle, c'est-à-dire, bon, il y avait des gars relous, mais il y avait plein de gens, ils faisaient la queue, ils étaient là, ça criait d'excitation, tu vois, il se passait des trucs, des gens étaient un peu déguisés, ils étaient chauds, il y avait même des gens qui dansaient, qui avaient sorti des trucs de son et ils dansaient, genre, alors qu'on ne les mettait même pas dans la queue ou quoi. Et on commence à faire la queue et il se passe exactement ça, c'est-à-dire, enfin, on va dire 20 mètres avant l'arrivée, vraiment, où je dois donner mon ticket. On est séparés de plein de façons, mais notre petit groupe reste ensemble.

J'enlève ma... Il fait un peu froid, il y a un petit vent frais, tu vois, parce que, la nuit est tombée, genre, il doit être 22h30, j'enlève ma chemise et j'ai ces deux gros tatouages très stylés, faux tatouages, bien sûr, et les gens le regardent et il y a même des gars qui me demandent des selfies et tout et j'étais vachement fier, c'était trop bien parce que c'était quand même fait par des maquilleuses professionnelles, tu vois, et genre, quand on me prenait en photo, il y avait Audrey et Agnès et Lola et les autres qui disaient, ah, vas-y, tag moi sur la photo, je vais retweeter ou je vais re-rehearser, instagrammer, tu vois, parce que c'était leur oeuvre et c'était trop bien et j'étais content et c'est vraiment, ça fait partie de mes bons souvenirs, tu vois, mais la soirée qui allait s'annoncer allait être absolument mémorable, j'annonce. Donc, je passe devant les gars de l'entrée, tu vois, donc on me bip, en vrai, il n'y a pas du tout de contrôle sur les vêtements ou quoi, il vérifie que tu n'es pas genre à poil ou, mal lavé, tu vois, mais c'est tout, en fait, j'aurais pu rentrer totalement avec ma chemise, mais cela dit, comme j'étais stylé et que les gens m'avaient vu comme ça et que les gens me regardaient et que ça me faisait plaisir, eh bien, j'ai continué à rester torse nu et on a commencé, on est allé à l'espace Mon Objectif où on est allé danser donc à l'espace Electro Dance qui était vraiment chouette, vraiment, je suis rentré, il y avait des gens qui sautaient, il y avait de la musique, il y avait de la bonne musique, tu vois, enfin, genre, qui donnait envie de danser, donc c'était l'objectif atteint et vraiment, je me suis mis et j'étais dedans et je me sentais hyper heureux, là encore, dix ans de thérapie, genre, on oublie tout, on oublie les, on oublie comment ça s'appelle, on oublie les antidépresseurs, j'étais vraiment ultra heureux de me défouler, non pas à faire du vélo comme un con à livrer des gens un gras qui ne donnait pas de pourboire, mais à sauter pour le plaisir dans de la musique trop forte et c'était trop bien et on criait et tout le monde criait, c'était trop fort et même dans la soirée, j'ai croisé Léa et son mec, Fabien, trop sympa, le mec trop sympa, donc Léa, Léa d'ailleurs qui me regarde, qui me check, tu vois, genre, elle check un peu et je vois qu'il n'y aurait pas eu Fabien dans sa vie, elle aurait dit oui et ça me fait plaisir, et j'étais vraiment, genre, heureux, libéré de tout, libéré de ma solitude ou quoi et c'était trop bien et Fabien m'a dit, Léa m'a parlé de toi et t'es un chic type, et pareil, j'ai dit, yes, c'est vrai, je me suis dit, est-ce qu'ils vont me proposer un plan à trois ou pas ? C'est resté un peu dans ma tête, tu vois, genre, pourquoi pas, tu vois, genre, moi j'adore Léa, t'as un peu le coup de foudre, t'as un crush comme ça et si elle aime Fabien, ça doit être un mec bien, je ne sais pas ce qu'il avait derrière la tête et ce que j'ai fait, c'est que j'ai posé ma main sur la joue de Fabien devant Léa, en la regardant, genre, en lui envoyant un regard de défi, Fabien rigole et genre, il me fait un hug et après, il met sa main sur la joue de Léa et elle met sa main sur ma joue et elle me tire la langue et c'était un peu rigolo, on a bien dansé, c'était compliqué de trouver à boire parce qu'il y avait vraiment beaucoup de gens mais bon, on a quand même bu, les clips, c'était là pour faire de l'argent, truc monumental, c'était dingo, je veux dire, pourquoi mon pote ne peut pas Dave, il ne fait pas ce type de dinguerie, tu vois, genre, c'était trop bien.

Je voulais donc ensuite aller à l'espace métal parce que, parce que, parce que pourquoi pas, tu vois, j'avais envie d'avoir un concert et en plus, l'espace métal, il était en plein air, tu vois, genre, c'était vraiment très grand, voilà, il y avait un, et donc, pour passer de l'espace métal à l'espace, il fallait passer par l'espace fétiche, fétiche cuir et donc, je rentre dans cet espace, tu vois, la techno, boum, boum, boum, boum, et les gens, ils dansent, tu vois, et ils dansent de façon un peu étrange, tu vois, comment ça s'appelle, dans l'espace dance électro, ça sautille un peu, tu vois, ça fait des gestes, tandis que techno, ils sont fermement ancrés au sol. Par contre, ça bouge les épaules, ça bouge les hanches, tu vois, c'est un peu la danse de l'armée, quoi. Mais voilà, en fait, quand je suis rentré dedans, j'avais quand même des espèces de vibrations régulières parlées à une, à une partie de moi qui avait toujours été, qui boudait, et qui disait « Hey, c'est bien, ça me détend ce bruit-là, je reste un peu, tu vois. » Et les gens étaient effectivement en cuir, en fétiche, parfois ils avaient des harnais et tout, ou des colliers, ou des badines, tu vois, ou des casquettes en cuir, voilà. C'est marrant parce que je pensais casquettes en cuir, nazis, et mon frère, et je vois un gars qui ressemble à mon frère, et vraiment, vraiment, même format et tout, un peu comme moi, torse nu, mais vraiment, genre, genre costaud, tu vois, genre.

Et ce gars-là, il était en train de rouler une pelle monumentale en mode, vraiment, il fourre sa langue juste dans l'estomac du gars et vice-versa, à un autre gars, tu vois, contre un mur. Alors, il dansait un petit peu tout en se roulant des pelles, et, je dis, ok, je dis, cool, c'est bien, il sème et tout, et il y a une voix qui me dit, c'est ton frère, c'est ton frère qui est en train de rouler une pelle à un mec. Et je suis en train de me dire, mais non, il est en Italie, il est malade, s'il était venu à Paris, il m'en aurait parlé, il devrait avoir des cicatrices de partout, et surtout, enfin, te souviens-toi, il a embrassé Adarchi à un concert, il est hétérosexuel, si ton frère était gay, eh, c'est pas grave, c'est comme les meufs avec les musulmans, tu vois, c'est pas grave, ben là, pareil, c'est pas grave si il est gay, tu serais surpris qu'il t'ait pas dit ça, mais il t'a pas dit non plus qu'il tuait des nazis pour rigoler, donc, ça va, et je vais vers l'espace métal, et vraiment, j'ai besoin de vérifier. J'ai besoin de vérifier.

Donc, je fais le retour en arrière, c'était devenu encore plus chaud, genre, le type qui ressemble à mon frère a été en train de peloter les fesses du gars qu'il était en train d'embrasser avec la langue tout au fond, et genre, il le soulevait, parce qu'il est capable de soulever n'importe quoi, des camions, tu vois, donc, un gars, c'est possible, et plus je m'approche, plus il ressemble à mon frère, tu vois. Je lui mets la main sur l'épaule, je dis, hey, et il donne un coup, un coup, laisse-moi tranquille, je dis, hey ! Il se retourne, genre, saoulé, et le gars, c'était Thibaut, c'était mon frère.