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Luna Invicta - Episode 46

Épisode
46
Date
15 août 2026
Durée
33:53
Série
Luna Invicta

Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 46.

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Luna Invicta, 46. Donc le soir tombait, je me baladais dans la rue, mes pas m'ont guidé toujours vers les bords de Seine que j'aime beaucoup, surtout la rive gauche. J'ai longé un petit peu Notre-Dame de Paris, j'ai passé sous la Tour d'Argent, qui n'est pas un restaurant extraordinaire mais j'ai un peu envie un jour d'y aller. C'est parti des restaurants, j'espère qu'il ne fermera pas avant que j'ai l'argent pour y aller un jour.

J'aimerais aussi aller manger au restaurant de la Tour Eiffel, ça ne doit pas être très bon non plus mais en fait ça doit en jeter. Et évidemment un jour peut-être chez Gagnère, j'aimerais bien en tout cas. Après chez Gagnère, le menu ouf, il est à 250 euros, ce que je pourrais me payer en vrai plutôt que d'aller dans des vacances à la con. Mais pour l'instant je n'ai pas...

Enfin je n'avais pas suffisamment d'économie pour faire ça. Peut-être le jour où il ne me restera que 250 euros et c'est terminé, là je les claquerai dans le dernier repas, tu vois, mais bon. Le soir tombait et à un moment j'étais un peu loin donc je commençais à rebousser chemin, voilà. Mais c'était un petit peu non-chalant, parfois je me posais sur un bord des quais, je regardais les péniches passer, je regardais les gens passer, voilà.

Je regardais les oiseaux dans le ciel, c'était un peu... J'étais un peu déconnecté et le temps passe beaucoup mais j'étais aussi déconnecté d'une forme de discipline d'horaire, c'est-à-dire qu'est-ce que j'allais faire ? Rentrer chez moi, jouer à des jeux vidéo, me lever tard, jouer à des jeux vidéo, tu vois. J'ai quand même profité de ce temps pour discuter un petit peu par SMS avec Marie, recoller un petit peu les morceaux.

Et je me suis engagé à la voir le lendemain pour se... Le fameux spectacle de magie, je me suis dit que ça me ferait du bien, ça me commencerait à me cadrer et tout. Et puis je lui en parlerais, elle est maligne, elle m'aiderait. Il était quand même assez tard quand je revenais vraiment.

Et comme dit le mème, si j'avais un euro à chaque fois que ça m'est arrivé dans ma vie, j'en aurais deux. Mais c'est quand même bizarre que ça arrivait deux fois dans ma vie. Je vois un gars qui est en train d'enjamber un pont pour se jeter dans le vide, tu vois. Genre...

Ça arrive très rarement et c'est de tomber deux fois sur moi, je ne sais pas pourquoi, tu vois. Peut-être là, je génère ces gens par la projection de mes incertitudes. Mais en fait, j'ai trouvé ça rigolo. Tu vois, j'ai trouvé le fait que ce soit...

Et je me suis approché de lui, genre avec un grand sourire. Et lui, il me dit, écoutez, j'aimerais bien être seul. Il était tout maigre, le pauvre. Il est même presque osseux du visage, tu vois.

Un visage long. Et je lui dis, non, mais allez-y, sautez. Vous savez, je vais raconter un truc juste avant que vous sautiez. Et il me dit, non, vous n'allez pas me convaincre de ne pas sauter.

J'ai dit, non, non, absolument pas. Je vous raconterai un truc dingo. C'est qu'il n'y a pas, je ne sais pas, quatre ou cinq mois, pas sur ce pont-là, mais un autre. Il y a un gars, il a fait la même chose.

Et il a dit, il est mort ? Pas du tout. Vous savez ce qu'il a fait ? Il a sauté, j'ai sauté.

Et il y a un autre gars qui a sauté aussi. On était trois dans l'eau. Voilà, et personne n'est mort, pour information. Donc, c'est vraiment un très mauvais moyen de se tuer.

Mais allez-y, sautez. Et vous savez, il dit, mais je vais le faire. Et j'ai dit, si vous le faites, ça m'embêterait de vous dire pourquoi. Parce que si vous sautez, je vais sauter aussi, pour vous sauver.

Donc déjà, on sautera tous les deux mouillés, ce sera nul. Et en plus, là, je sors du médecin, j'ai une ordonnance. Et je n'aimerais pas qu'elle se mouille, parce que j'ai vraiment besoin de cette ordonnance. Donc, en fait, vous mettez ma vie en danger, vous comprenez ?

Et il dit, mais... Je ne comprends pas. Je croyais que quand on sautait, on était absorbé, on se noyait et tout. Je dis, ouais, ouais, mais c'est assez compliqué, en vrai.

Ce n'est pas la meilleure technique. Et je dois vous dire quelque chose. Récemment, j'ai aussi fait le Nil. Le Nil, c'est beaucoup plus dangereux.

Je pense que si vous avez un peu d'économie, vous pourriez aller en Égypte et tenter le Nil. Voilà. D'ailleurs, je connais un coin vraiment chelou. Vous aurez vraiment envie de sauter.

Et je rigolais. Vraiment, je rigolais de fou. Et... Il me dit...

En fait, je suis vachement seul. Et ça fait très longtemps que je n'ai pas parlé à quelqu'un. Mais j'ai l'impression que vous êtes un peu dingo. Alors, j'ai dit, je suis vraiment quelqu'un de sain d'esprit.

Après, si j'étais dingo, je dirais ça aussi. Mais en ce moment, je prends des... Je prends des sortes d'euphorisons. L'égo, c'est de la drogue, mais c'est donné par le médecin.

C'est pour ça que c'est mon ordonnance. Donc, j'ai vraiment envie que ça se passe bien. Vous voyez ce que je veux dire ? Et il me dit, ça vous fait du bien.

J'ai dit, mais vous ne pouvez pas savoir. Et j'ai un truc à vous dire. Vous savez, le gars qui a essayé de se tuer, il a encore envie aujourd'hui. Donc, c'était une mauvaise passe.

Et il me dit, vraiment, vous savez, j'en peux plus. Je suis au bout du rouleau. Genre, il dit, j'ai plus la force. J'ai plus la force, tu vois.

Et il commence à lâcher un peu et je le rattrape. Je dis, plus la force de quoi ? Il dit, j'ai juste plus la force et tout. J'ai dit, vous allez manger ?

Il me dit, mais pourquoi vous me parlez de ça ? Non, je n'ai pas mangé. Et je dis, venez, je vous fais à manger. Et il est passé de l'autre côté.

Et je pense que ça lui faisait plaisir qu'on se tienne un peu, que je le remette sur ses pieds, tout ça, etc. Et je dis, vous savez, combien de gens se jettent d'un pont ? Ça arrive souvent. Et il me dit, il y a quelques dizaines par an.

Je dis, comment vous savez ça ? Il me dit, parce que, comme vous l'avez dit, je n'étais pas sûr de mourir. Je ne voulais pas me rater, mais je ne voulais pas que ça fasse mal trop non plus. Et je n'avais pas envie aussi que, si je me jette, par exemple, de l'arc de triomphe, que je sois, qu'il y ait mon sang partout.

Je voulais juste disparaître. Et je pense que, en fait, c'était apaisant pour moi d'imaginer que l'eau se referme sur moi. Je dis, ah ouais, ok, vous avez vachement étudié le truc et tout. Et donc, je commence, on va tranquillement chez moi.

Il est grand, il est un peu plus vieux, il doit avoir 40 ans. Et donc, il est un peu tout maigre, il tremble un peu aussi. Et donc, on monte le bel escalier qu'il mène à mon appart. Et il enlève son manteau, je le mets dans le salon, je vais dans la cuisine et je commence.

Alors, je regarde un peu. J'ai été très occupé par les médicaments et par les jeux vidéo, donc je n'ai pas trop de choses dans le frigo. Mais en gros, je commence à faire une grosse omelette avec huit oeufs, une omelette digne de Louis XVI. Vraiment, je mets un quart de beurre dans la poêle.

Ça commence à... Les oeufs, je les bats bien mousseux pour faire l'omelette à la con. On l'a des japonais sur TikTok, le truc un peu sexy, tu vois. Je trouve de la ciboulette un peu défraîchie.

Je fais aussi, dans une autre poêle, je fais revenir des coutons frottés à l'ail avec des petites herbes de Provence. Voilà, ça peut être bien. Je les incorpore dans l'omelette pour que ce soit gourmand. Tu vois, il vient me voir et il me dit...

Vous êtes pas... Enfin, vous êtes assez sympa. Je lui dis merci. Il me dit...

Tu sais, il se met, genre, près de moi et regarde l'omelette qui est en train de se faire. Il me dit, vous allez pas, genre, me tuer ou vendre mes organes ou un truc comme ça ? Et je lui dis... Bah, si je vous tue, c'est tout bénef pour vous, puisque vous étiez partis comme ça.

Et il commence à rigoler. Il dit, ouais, c'est vrai. Tu vois, on rigole un peu. Et il me dit...

En fait, c'est dur parce que ma vie, c'est rien du tout. J'ai rien réussi à faire. J'ai dit, ah bon ? Et j'ai dit...

J'ai dit... J'ai dit... J'ai dit... J'ai dit...

J'ai dit... Je suis sûr que si on creuse, vous avez fait plus de trucs que moi. Alors après, moi, je suis plus jeune, je triche un peu. Il me dit...

Non, non, en fait... Bah, je fais un boulot à la con. Il n'y a jamais de femme qui a voulu se mettre avec moi. Du coup, je n'aurai pas d'enfant non plus.

J'ai perdu mes parents. Je suis vraiment tout seul, quoi. Et puis, je n'ai pas trop d'amis, mais c'est un peu de ma faute. J'ai dit...

Bah, pareil. Pareil, mais plus. Et donc, il rigole. Il dit...

Quand même, monsieur, vous avez... Quand même, monsieur, vous avez... Quand même, monsieur, vous avez... Quand même, monsieur, vous avez un très bel appartement.

J'ai dit... Ouais, ouais, bah, justement, mes parents, ils sont morts. C'était là où ils étaient. Il y a quelques pièces qui sont fermées.

C'est un peu... C'était un peu tendre. C'était assez agréable. Et après, ils se...

Je suis en train de retourner l'omelette et tout. Et puis, on va la manger, en fait, à même la poêle, tous les deux, dans la cuisine, tu vois. Et puis, il me dit... En fait, moi, je suis pianiste.

Et je suis... Enfin, je ne suis pas pianiste. Mon vrai métier, c'est... Je suis dans l'administration.

J'ai un boulot de fonctionnaire. Mais moi, en fait, j'ai fait des études de pianiste. Et j'étais plutôt bon. Et j'ai toujours voulu composer.

Et j'ai fait des petites compositions. Mais les gens, ils disaient que c'était bien. Mais c'était... C'était...

Je vais dire des amis, mais des gens qui étaient autour de moi, tu vois. Mais ma mère disait que c'était joli. Mais elle écoutait autre chose, en vrai, tu vois. Et même moi, je ne trouve pas ça ouf.

Donc, je n'ai jamais été un bon compositeur. Mais j'aurais voulu faire quelque chose. J'aurais voulu faire même un Crazy Frog, tu vois. Et je disais, c'était pas mal, Crazy Frog.

Et Crazy Frog, il dit, ouais. Non, mais en fait, j'aurais voulu faire un vrai truc. Qu'on chantonne dans la rue. Que les gens, ils l'écoutent le matin sous la douche.

Et ils soient heureux, tu vois. Et même si je l'ai voulu de tout mon cœur, ça ne s'est pas fait. Je dis, je ne crois pas qu'on décide de ces choses. Je crois que c'est des gens qui décident pour nous.

Pour ce type de choses. Mais vous avez essayé, monsieur, tu vois. Il était... Et ils me disent que moi, ce qui m'a fait vraiment du mal, c'est l'IA, en fait.

Parce que l'IA, elle est arrivée. Et quand elle est arrivée, l'IA, pour faire de la musique, elle était vraiment nulle. Vraiment, elle faisait de la musique, mais nulle. Déjà, on savait que c'était l'IA.

Et c'était vraiment très fade. Et je dis, bah alors... Et il me dit, ça s'est un peu amélioré. Maintenant, l'IA, elle a mon niveau.

Et vraiment, et en fait, quand j'écoute de l'IA, je me suis mis à écouter quelqu'un qui était nul comme moi. Et ça m'a fait beaucoup de mal, en fait. Et là, je me suis dit, en fait, t'es né. Et tout ce qui est autour de toi, t'es en train de te dire que tu ne sers à rien, tu vois.

Et c'est vraiment dur, c'est dur. Je n'avais pas trop quoi lui dire, et je lui ai dit, en fait, il faut croire aux secondes chances. Et les secondes chances, elles arrivent peut-être parfois à 90 ans, tu vois. Et moi, je ne vais pas vous raconter toute ma vie, mais en gros, à un moment, il m'est arrivé quelque chose de très grave.

Et c'est comme si j'étais dans un coma. Et quand je me suis réveillé, j'ai eu une seconde chance. Et je vais vous dire quelque chose. Je n'ai encore rien fait de cette seconde chance.

Mais je suis conscient qu'elle est là. Et en fait, quand je lui ai dit ça, ça m'a fait énormément de bien. Et je me suis dit, en fait, on devrait peut-être, entre personnes malades de la tristesse, se parler un peu. Et ça m'a fait penser qu'il y a hyper longtemps, quand je suis allé voir pour la première fois des psys, on m'avait encouragé à un cercle de paroles sur la vengeance.

Je me suis mis dans un petit coin de ma tête, et je me suis dit, oh, je ne sais pas, mais à tout doux, j'ai noté, cercle de la vengeance, les rappeler. Parce que je me suis dit, ça me ferait peut-être du bien. Donc on a mangé, on a un peu discuté. Je lui ai dit, écoutez, vous allez dormir sur le canapé.

Je vous demande juste un truc, si vous voulez vous suicider, vous sortez, vous ne faites pas ça chez moi. Il dit, non, mais c'est bon, j'ai bien mangé, c'était vraiment très très bon. Parce que j'ai mis beaucoup de beurre. J'ai dit, écoutez, c'est chouette.

Et il me dit, si une fois j'ai un coup de bouse, je peux vous appeler ? Je dis, ouais, vous appelez, et surtout, vous insister. Vraiment, si je vous raccrochonnais, parce que, par exemple, je suis poursuivi par des nazis, tu vois, ils rigolent. Ils savaient.

Ou que, je ne sais pas, je suis avec une très belle femme, vous insister et vous venez ici. Et, je ne sais pas, vous squattez dans le couloir. En fait, ce n'est pas normal. Si je ne réponds pas, c'est que ce n'est pas normal, d'accord ?

On rigole. En fait, c'était... Récemment, j'ai dit, quand j'avais rencontré Audrey, qui m'avait maquillée, elle m'avait un peu touchée et tout. J'avais dit, 10 ans de thérapie.

Là, c'est pareil. Je parlais à ce gars-là, 10 ans de thérapie, c'était trop bien. Et je pense que ça lui a fait aussi 10 ans de thérapie. Bref, il était à se coucher, je suis allé me coucher aussi.

Et au lendemain, je lui ai dit, non, non, mon gars, tu ne parles pas. Tu ne parles pas, tu ne parles pas. Je lui ai fait... On a fait griller des petites tranches de brioche, juste assez pour que ça sente très bon dans l'appartement.

On a fait des chocolats chauds, comme si on était des gamins. On a recouvert ça de confiture de figues, qui me restait des sandwiches de l'autre jour. Et... Et c'était juste cool, quoi.

Voilà, c'était juste cool, on ne s'est pas dit grand-chose. Et je lui ai dit, tu as sorti un CD ? Il a dit, non, non, moi, je suis sur Bandcamp. Je lui ai dit, vas-y, envoie-moi ton Bandcamp.

Et puis, promis, je l'écouterai. Et tu sais quoi ? Je vais l'écouter. Ta musique nulle, je vais l'écouter jusqu'à ce que je l'aime.

Alors, il a rigolé. Et il dit, non, ne te forces pas quand même. Je lui ai dit, tu sais, quand il n'y avait pas l'Internet, on allumait la radio, on avait de la musique à chier, mais elle passait en boucle et à un moment, on l'aimait, tu vois. Donc, c'est comme ça que ça marche.

Donc, il rigole et puis, on s'est quittés sur ces bonnes phrases-là. La journée est passée tout doucement. J'ai re-rempli le frigo avec toujours le cash de la pièce en or, là. J'ai joué à City of Secrets et ils avaient beaucoup avancé.

Le groupe des Luna Invicta était maintenant très, très grand. Et il y avait plein, ils étaient arrivés très loin dans des tas d'endroits. Moi, j'étais à la ramasse. Donc, surtout, j'avais un petit cheval.

Donc, c'était plutôt une mule parce qu'on a des montures de plus en plus prestigieuses. Il y avait des gens qui montaient sur des ours ou des griffons. Moi, j'avais une petite mule qui trottinait. J'ai remonté à un canyon merveilleux, un canyon de roches rouges où il y avait le vent qui traçait des dessins dans le sable.

J'ai traversé aussi une immense forêt dans des couloirs sécurisés par les Luna Invicta, vraiment avec des grands arbres qui recouvraient par leur fondaison. Des grands nuages dérivants. C'était vraiment très beau. Je n'avais plus grand-chose à faire parce qu'ils avaient fait tout le boulot.

Et je m'approchais de la fameuse cité des secrets. J'ai passé un très, très bon moment. Mais j'avais une petite alarme parce qu'il ne fallait pas. Je ne voulais pas faire l'incident diplomatique et de ne pas ghoster Marie.

Et j'ai mis un petit peu les petits plats dans les grands. Je me suis bien habillé. J'ai pris un jean noir. Je n'ai pas pris un jean normal.

J'ai pris un jean noir élégant. J'ai mis une chemise blanche. Comme ça, j'étais à moitié sûr qu'on me prenne pour un serveur. Et j'ai pris une petite veste.

Et j'y suis arrivé un quart d'heure en avance. Devant un espèce, alors je n'ai plus le nom, un espèce de paradis latin slash Lido, où il y a des meufs qui dansent les seins nus et il y a des spectacles et tout. Mais alors, pas du tout au paradis latin ou Champs-Elysées. Vraiment plutôt un terminus de métro.

Mais bon, c'était cool quand même. Et elle était ravie de me voir et elle m'a même dit très élégant. J'ai dit écoute, il faut que je me fasse pardonner. En plus, je crois que je suis invité ce soir.

Elle dit c'est tout à fait vrai et on fait un petit petit que une fille latente. Il y a plein de gens qui sont plutôt plus âgés que nous, voire même deux fois plus âgés. Elle me dit avec un œil un peu pétillant. Je crois que tu as vécu plein d'aventures et tu as plein de choses à me raconter.

J'ai l'impression que tu sais tout sur moi, ce que je dois vraiment raconter. Et je dis, elle m'a dit Moi, je vois certaines choses. Je peux savoir, par exemple, où est ton téléphone. Mais ce que tu fais à cet endroit-là, par exemple, au Caire, ça, j'aimerais bien le savoir.

Surtout à un moment, j'ai l'impression que le téléphone est allé sous l'eau. Je dis, on ne te cache rien du tout. Mais ça me donnait un petit côté James Bond et on est rentré dans cet endroit à moitié éclairé. J'ai eu l'impression un petit peu vague que j'ai déjà vu.

C'est-à-dire que j'étais persuadé d'être allé là et d'avoir vécu ça à ce moment-là. Au moment où je suis rentré. Donc, des petites tables rondes. On allait nous servir un petit repas.

Et devant une grande scène éclairée avec des tas de spectacles. C'est un truc un peu, j'allais dire, de touriste. C'est un truc de touriste de base, mais c'est un truc de touriste moins fortuné que ceux qui vont sur les Champs-Elysées. D'ailleurs, il n'y avait pas de Chinois, par exemple.

Il n'y avait que des touristes français, plutôt. Le repas n'était pas ouf. Il y avait une très honnête salade de chèvre chaud. Après, j'ai eu confit de canard avec des frites.

C'était pas mauvais. Et une tarte tatin en dessert qui n'était pas ouf. Je suis un peu un maniaque de la tarte tatin. Il faudrait que je vous en parle un jour.

Quitte à vraiment rendre fou les gens. C'est-à-dire... Un jour, je n'en suis pas fier. Mais parfois, on me sert une tarte tatin.

La vraie bonne tarte tatin, ce n'est pas une tarte surgelée. C'est une tarte qui est faite maison, avec les bonnes pommes coupées. Pas trop grosses, pas trop fines. C'est un peu compliqué.

Il faut qu'elle soit bien caramélisée. Il faut qu'elle soit servie chaude. Avec pas du tout une boule de glace, même très bonne. Si on vous sert une tarte tatin avec une boule de glace, c'est warning.

C'est comme servir un coca en canette dans un resto. Tu sais que tu n'es pas au bon endroit. Il faut mettre... De la crème fraîche, bien froide, avec le chaud de la tarte tatin.

Et là, on peut commencer à goûter. Et on n'est pas sûr d'avoir une bonne tarte tatin. Mais il y a un niveau de préparation qui n'existe d'ailleurs presque pas dans aucun restaurant. Ou alors, il faudra vraiment aller dans les gros gastros qui vont te servir une tarte tatin déstructurée à la con.

Mais finalement, je pense que peut-être le plat le plus rare du monde, c'est une vraie tarte tatin. Tu devrais faire un truc de tarte tatin. C'est ça que je pensais. Mais bon, alors que Marie me posait des questions.

Sur l'Egypte et tout ça. On a eu des spectacles. Alors, on a eu des spectacles de magie. J'ai été servi pour ça.

J'ai adoré. Alors, il y a des gens... On était un petit peu en retrait. Et ça m'ennuie un peu parce que...

En fait, il y a eu deux spectacles de close-up. Et j'étais... J'aurais voulu tirer les cartes, tu vois. Mais c'était épatant, même de loin.

C'est-à-dire, genre... On prend... Il y a quelqu'un qui prenait une carte. Il nous la montrait.

C'était genre le 5 de cœur, tu vois. Et... Il remélangeait. Et en fait, toutes les cartes étaient blanches.

Sauf le 5 de cœur qu'il avait pris. C'était... Enfin, je trouvais ça ouf, tu vois. Moi, j'étais épaté comme un enfant.

Avec des étoiles dans les yeux. Et ça faisait rire Marie, tu vois. Marie qui, elle... Quand il y avait des spectacles de danse qui ne m'intéressaient pas trop.

C'était... Je la regardais. Et en fait, j'ai retrouvé ce profil d'aventurière. Prête à foncer.

Mais aussi fatiguée d'avoir vécu trop d'aventures. Évidemment, mystérieuse qui ne disait rien. Et je me demandais... Et je me demandais...

Et je me demandais... Qu'est-ce qu'elle faisait dans ma vie ? Mais j'étais content qu'elle soit là. Et je me suis dit aussi...

Putain, mais pourquoi ? Pourquoi j'ai eu ces problèmes ? Pourquoi j'ai joué aux jeux vidéo ? Au lieu d'être avec elle.

Au lieu de l'appeler tous les jours. Au lieu même de lui dire qu'elle est belle, tu vois. Et quand je pense à ça... Je pose ma fourchette, tu vois.

J'étais en train de manger du confit de canard. Et il y avait un spectacle. Une sorte de tableau. Il y avait un décor.

Il y avait des gens qui dansaient. Et l'ambiance, c'était... Des danseuses en... En robe pourte noire, quoi.

Et lampadaire. Les toits de Paris. Tu vois, le cliché parisien, quoi. Et je lui ai dit...

Écoute, Marie... T'es vraiment une belle fille, quoi. Et elle me regarde. Et je lui dis...

Et en fait, je suis trop bête de t'avoir ghosté. Et je suis trop bête, en fait, de pas t'appeler tous les jours. Je suis bête. Est-ce que tu comprends à quel point je suis bête ?

Et elle met sa main sur ma main. Et elle dit... Tu es vraiment très bête. Ça, je le sais.

Et... Ce qui était mignon, mais pas ouf non plus. Voilà. Je veux quand même parler de deux tours de magie qui m'ont retourné.

Il y en a un qui est très important. Mais l'autre, il était quand même très important. Donc, en gros... Parce que moi, je pensais qu'il y avait des complices.

Mais je pense pas qu'il y ait des complices, en vrai. Puisque c'était un gars qui était derrière nous. Donc, il y avait un couple, genre vraiment 60 ans, qui était juste devant nous. Et le magicien arrive.

Et j'avais le cœur qui bat. Je dis... Moi, moi, moi, tu vois. Prends-moi.

Et donc, il dit... Il dit... Il dit... Il dit...

Il dit... Monsieur, je vais vous demander de me donner un objet qui est à vous. Parce que... Un objet qui est vraiment à vous.

Et le petit vieux, là, il était un peu gros. Il commence à enlever sa montre. Et il dit... Est-ce que c'est une montre qui résiste un peu au choc ou pas ?

Il dit... Ouais, ouais, allez-y. Il dit... Vraiment ?

Et... Il prend la montre dans sa main. Et là... Il la balance par terre.

Et ça fait un gros plaf ! Elle tombe en mille morceaux. Et le mec... Tu vois ?

Il dit... Non, non, je plaisante. C'est une autre montre. Voilà.

Il montre. Il avait vraiment la montre dans sa main. Il avait cassé une fausse montre. Et ça avait déjà ri beaucoup de gens.

Et moi, j'étais bien parti. J'adore ça. Je suis un fanboy de ces trucs. Tu vois ?

Et donc... Il la met... Il relève ses manches. Il la met dans un foulard.

Il plie le foulard. Pla, pla, pla, pla, pla. Il fait tâter le foulard à la femme et au mari. Et même à un autre gars.

Tu vois ? Il dit... Il y a bien la montre dans le foulard. Tout le monde dit...

Oui, oui, tu vois ? Moi, je dis... Je peux tâter. Il dit...

Ah, monsieur veut tâter. Alors, je descends. Je tâte. Et vraiment...

Et je fais attention, moi. Il y a vraiment la montre, le bracelet et tout dedans. OK. Et...

Il fait... Genre, il déplie le foulard. Et la montre disparaît. Moi, je suis là...

Waouh ! Incroyable, tu vois ? Oh ! Mais je devais avoir une tête, mais...

Genre, de mec épaté. Alors que vraiment, c'est la base. Mais... Vous trouvez que ce tour est nul.

Mais il va se passer un truc. C'est qu'il demande... Que le serveur apporte un plateau de fruits. Et il y a un plateau de fruits.

Et il dit... Monsieur, choisissez un fruit. Et là, le gars, il choisit une orange. Une très belle orange brillante, là.

Donc, le mec, il ouvre l'orange. Et dans l'orange, il y avait la montre. Et j'étais là... Incroyable, tu vois ?

Et Marie, vraiment... Elle se marre. Elle dit... Mais vraiment, t'as un très bon but.

Mais je dis... Mais la montre, elle est rentrée dans l'orange. Mais comment c'est possible ? Tu vois ?

Alors qu'en vrai, quand on prend un peu de recul sur mon histoire, j'ai vu des trucs quand même beaucoup plus dingues. Tu vois ? Mais là, j'étais... J'étais...

J'étais emporté. Et on mange cette fameuse tarte tatin pas ouf. Et arrive sur la scène, là. Il est tard, tu vois ?

Il est genre 23h. Je me dis que si ça dure longtemps, on va louper le dernier métro. Mais je peux payer un Uber. Et puis peut-être, on va rentrer chez elle.

Ou peut-être, elle va trouver un lieu intéressant. Et peut-être, ça va bien se passer, tout ça. Et donc, il y a le monsieur loyal, là, qui avance sur la scène. Et il dit...

Aujourd'hui, nous avons un nouveau magicien. Un magicien. Un magicien, paraît-il, extraordinaire. Qui nous vient d'un lointain pays du Nord, où il était le maître de tous les magiciens.

Sous un tonnerre d'applaudissements, veuillez accueillir Fenrir, le grand magicien. Fenrir, que je connaissais. Et donc, les gens applaudissent. Et Fenrir, que j'avais rencontré dans une petite église dans Paris.

Donc, un gars avec un long manteau noir, cette espèce de chaîne chelou, année 90, pour tenir son portefeuille qu'il a. Et évidemment, son grand chapeau noir, avec son voile, là, qui fait qu'on ne voit pas son visage, qui tombe comme si c'était un apiculteur. Et c'est marrant, parce qu'à l'époque, je me suis un peu dit... En fait, le mec, il est fou.

C'est comme Batman, tu vois, qui s'est déguisé en chauve-souris. C'est un truc de dingo, tu vois. Eh bien... Mais en fait, le type, juste, il se préparait pour son costume, tu vois.

Et peut-être, si on avait reconnu son visage... Et peut-être, j'ai pensé au film aussi, avec les jumeaux, là, comment ils s'appellent ? Le Prestige. Où il fallait qu'ils maintiennent une mascarade.

Peut-être qu'il y a deux gars qui ont le même visage, tu vois, et tout. Mais j'étais content de le revoir, parce que je le connaissais. Et j'ai dit à Marie, ce gars-là, il est incroyable. Alors que je n'avais jamais vu cet homme de magie.

Mais j'ai dit, il est incroyable. Je le connais, et tout. C'est ouf, tu vois. Et donc, il dit...

Il dit... Aujourd'hui... Il prend la parole. Fédérir dit, aujourd'hui, avec les images de synthèse, avec l'IA, avec les hologrammes, on peut faire faire n'importe quoi.

Vous savez qu'il y a un truc. Moi, je fais de la vraie magie. J'ai envie de faire de la vraie magie pour vous. Et j'ai envie de faire de la magie la plus anecdotique.

Mais qui est totalement inexplicable. Et aujourd'hui, je vais faire quelque chose... Il n'y aura presque rien. Mais croyez-moi, je vous regarde tous à travers ce voile.

Je vous regarde tous. Croyez-moi. Jusqu'au dernier de vos jours, sur votre lit de mort, vous vous poserez la question, comment Fédérir, le grand magicien, a fait pour faire ce tour ? Et vous n'aurez pas la réponse.

Vous irez voir les plus grands magiciens du monde entier. Vous leur direz ce qui s'est passé ce soir. Et ils vous diront, il a triché. Il avait un truc.

Mais vous savez que je n'ai pas de truc. Parce que la magie que je vais faire ce soir vous concerne. Là, il nous a sué. Moi, je pouvais donner ma vie pour lui.

Je veux savoir la suite, tu vois. Et il dit, je vais faire un truc très simple. Je vais tout simplement deviner vos prénoms. Quand vous avez acheté au billet, vous n'avez pas donné vos noms-prénoms.

Vous avez des invités, vous avez des plus 1. Même s'il y a un moment où vous avez une réservation. Moi, je suis capable de deviner le prénom de n'importe qui parce que je lis absolument dans les pensées. OK.

J'aimerais bien avoir ça, tu vois. Et Marie, elle rigole. Elle dit, j'aimerais bien avoir ça aussi, tu vois. Parce que je pense qu'elle avait ce côté où elle stalkait les gens de plein de façons différentes comme une hackeuse.

Et donc, si cette magie existait, ça l'aiderait beaucoup. Donc, il prend quelqu'un. Il dit, qui est volontaire ? Moi, moi, moi, tu vois.

Et il me voit. Il dit, non, toi, je te connais. Est-ce qu'il y a un autre volontaire ? Et je suis entré.

Je lui ai dit, justement, on se connaît. Vas-y, fais-le-moi. Et donc, il prend une autre personne. Donc, c'est encore un vieux gars, tendre, grisonnante, plutôt sportif, grand, vieux, beau, tu vois.

Il monte sur scène. Et il dit, monsieur, on ne s'est jamais rencontrés. Alors, il dit, moi, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'il y a.

Moi, je vous le dis. On ne s'est pas rencontrés. Tout le monde rigole. Et, je vais pénétrer dans votre pensée.

Vous pouvez penser ce que vous voulez. Et je vais deviner quel est votre prénom. Alors, tout le monde attend. Il se concentre.

Il tend la main. Il a une main gantée de noir, tu vois. Il tend la main. Il y a une sorte d'instant magnétique.

On attend. Et il dit, ça commence par un S. Et là, le gars, il fait, non, OK. M comme Maurice.

Il dit, non, toujours pas. OK. Donc, les gens rigolent. Mais, il a l'air vraiment de forcer, tu vois.

Moi, je commençais à être un peu déçu. Il y avait quelque chose qui se brisait en moi, tu vois. Il dit, et là, il fait, Jean, Jean, oui. Le mec, il fait, oui, oui, Jean, Jean, Jean, Jean, Jean, Jean.

Et il dit, non, il y a encore un truc. OK. Jean-Michel, il dit, non, d'accord. Jean-Baptiste, alors.

Et voilà, il se retourne dans la scène et personne n'applaudit. Il dit, vous pouvez revenir à votre place. C'était quand même extraordinaire. Et alors, il y a des gens qui disent, ben non, ce n'était pas extraordinaire.

Tu t'es trompé partout. Il dit, oui, mais à un moment, j'ai trouvé. Est-ce que vous pourriez applaudir, s'il vous plaît, quand même ? Je suis un artiste, j'ai fait ma prestation.

Est-ce que vous pourriez applaudir ? Alors, on a des applaudissements extrêmement mous. Il dit, non, applaudissez plus que ça. Applaudissez, applaudissez.

C'est la dernière fois que je fais un tour de magie. Je prends ma retraite, s'il vous plaît. Il y a des gens qui disent, ben ouais, heureusement que tu prends ta retraite, ce n'est pas faire de magie, tu vois. Et allez, soyez sympa.

Voilà, tu vois, il a joué un peu comme ça. Et puis, il y a des gens qui commencent à applaudir de bon cœur. Il dit, ah, ça me fait plaisir. Ça me fait plaisir.

Il commence à rentrer dans le restaurant. Il met sa main sur l'épaule de la femme de Jean-Baptiste et il dit, Françoise, ça me fait plaisir que vous applaudissez. Et là, il fait, tu vois, mais c'était son prénom. Et là, les gens, ils applaudissent, tu vois, et il commence, il passe dans toute la salle, il met la main sur l'épaule, il dit, merci Sophie, merci Julien, merci Thomas, merci Elodie, merci Karim, merci Antoine, merci Isabelle.

Et en fait, à chaque fois, c'est les bons numéros et les gens, ils applaudissent, ils sont comme des fous et moi, je suis là, tu vois. Évidemment, il arrive sur notre table, il passe, il dit, eh Alexis, ça va bien depuis la dernière fois, voilà. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à l'époque, je savais déjà votre prénom avant que je vous parle, voilà. Et il met la main sur l'épaule de Marie et il dit, et alors Cécile, passez une bonne soirée avec mon ami Alexis.

Elle dit, ah, vous vous êtes trompé, je m'appelle Marie. Il se pose et il dit, non, vous vous appelez Cécile. Et ça la contrarie vachement et il passe à une autre, tu vois, et merci Karim, et merci Nicolas, et merci Romain, et merci Hugo. Et il retourne sur la scène, sous vos applaudissements, il s'incline, tout le monde applaudit de fou, le rideau tombe, incroyablement bien fichu, c'était super, à part Marie qui est en face de moi, qui tire une tronche pas possible.

Et je dis, mais qu'est-ce qu'il y a qui ne va pas ? Il dit, il est complètement con ce gars, je m'appelle Marie. J'ai dit, tu es sûr que tu t'appelles Marie ? Parce que, comment dire, tu sais, tu es bien mystérieuse, tu caches plein de trucs, ça se trouve, tu t'appelles Cécile, mais bon, ce n'est pas grave, tu sais, moi ça ne me dérange pas.

Elle dit, mais c'est qui cet enfoiré qui dit le nom des gens ? Et comment il sait ? Tu vois, elle était, mais genre bouleversée. Et là, j'ai compris que Marie, en fait, elle s'appelait Cécile.

Bon, pour moi, je vais continuer d'appeler Marie parce que ça a l'air de la gêner. Et en vrai, qu'elle s'appelle Marie ou Cécile, c'est pareil pour moi, même si Cécile, c'est un petit peu vieux pour elle, je ne comprends pas. D'ailleurs, quand on est sortis, j'ai dit, les gens, ils s'égaillaient un petit peu, ils prenaient le taxi, ils tournaient en bus pour briser leur propre voiture, tu vois. Et on était devant le truc, elle était un peu énervée, tu vois.

Elle s'est allumée une cigarette, je ne savais même pas qu'elle fumait, genre nerveuse. Et je lui dis, tu sais, Cécile, c'est joli, ça veut dire la joie, je crois. Elle me dit, mon nom, c'est Marie, OK ? Et je dis, OK.

Et elle me dit, j'aimerais bien savoir son truc. Et on l'a attendu un peu, et il est sorti. Et il dit, ah, le couple de rêve. Et il avait encore son, tu vois, son attirail, tu vois.

Et elle dit, je ne m'appelle pas Cécile, je m'appelle Marie. Et il dit, je m'en fous. Racontez-vous tous les preuves. Moi, j'expose de rire.

Parce qu'il dit, je m'en fous. Et il dit, racontez-vous toutes les bêtises que vous voudrez, et surtout, croyez-y bien fort. Moi, ça m'est égal. J'ai juste fait mon métier, votre nom.

Je n'ai pas envie de vous contrailler. J'ai envie que Alexis, mon ami, il passe une bonne soirée. Alors, elle dit, entre nous, c'est quoi votre truc ? Comment vous avez fait pour savoir le nom de tout le monde ?

Et il dit, vous avez sérieusement attendu un magicien à la sortie d'un cabaret en disant la phrase donnez-moi votre truc alors que littéralement, si je vous dis mon truc, j'ai plus qu'à arrêter mon métier. Et elle lui dit, écoutez, connaître les noms des gens, c'est vraiment un tour de merde. D'accord ? Donc, vous pouvez nous le dire.

Et moi, Fennrir, ce n'est pas votre nom, j'imagine. Je peux vous dire quelque chose. Je suis capable de retrouver votre nom à vous et de vous causer des ennuis. Alors, il dit, ah, écoutez, j'aimerais bien avoir ça.

Et, ça l'a vraiment contrarié. Et elle dit, dernier avertissement, c'est quoi votre truc ? Il se penche sur elle et il dit, vous voulez savoir mon truc ? Et il dit, comme disait l'autre, le truc, c'est qu'il n'y a pas de truc.

Et là, elle était ultra énervée. Ultra énervée. Elle s'est retournée vers moi, elle a fait, et elle a expiré. Elle a dit, écoute, on a peut-être des plans pour ce soir, mais ce ne sera pas possible, j'ai un problème.

Donc, on se reparle bientôt. Et elle part, genre, d'un pas très vif, à tel point que je n'aurais pas envie de la suivre. Énervée, tu vois, genre, dans une direction. Même pas le métro, rien.

Elle avait besoin de se calmer. Elle était énervée, tu vois. Et je me retourne vers Fennrir, j'ai dit, moi, en tout cas, j'ai été épaté. Et il me tape avec son poing, enfin, sa main, qui a un gant noir, là, sur la poitrine, sur le cœur, tu vois.

Et il dit, mais Alexis, vous, vous avez bon cœur, méfiez-vous de cette Cécile, elle va vous embobiner. Je lui ai dit, c'est vrai, puisque on s'aime bien. Alors, il dit, moi, je ne doute pas que vous l'aimez bien. Il regarde en l'air et il dit, il fait bon ce soir, même si l'hiver arrive.

Ça vous dirait de marcher un petit peu avec moi ? Oui. Et je lui ai dit la phrase que le gars que j'avais récupéré chez moi m'a dit. J'ai dit, mais vous n'allez pas, genre, me tuer ou un truc comme ça ?

Et il dit, promis ce soir, je ne vous tuerai pas. Allez, viens, on y va. Il a cessé de me, vous voyez, et on est remonté ensemble dans les rues de Paris sans se dire grand-chose. Il marchait d'un pas tranquille, c'était une grande présence familière, un peu comme un membre de ma famille qui m'aurait protégé et on est allé dans un endroit très intéressant.