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slug: luna-invicta-047
title: "Luna Invicta - Episode 47"
series: "Luna Invicta"
episode: 47
pub_date: 2026-08-16
duration: "41:08"
link: "https://shows.acast.com/fiqtion/episodes/luna-invicta-episode-47"
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# Luna Invicta - Épisode 47

> Publié le 2026-08-16 · Durée : 41:08

Luna Invicta, 47. Donc, tard dans Paris, une longue balade, mais on n'a pas arrêté de parler, enfin surtout lui, fait une rire. Il marchait d'un bon pas parisien, un pas que j'avais acquis et que j'avais un peu perdu, et quand même je trottinais derrière lui comme un chien. D'ailleurs, il y avait parfois des chiens qui nous regardaient comme s'il y avait un grand gars et un petit gars qui trottinait derrière lui. Il avait une voix à la fois grave et chaleureuse, donc vraiment hyper agréable. Surtout à titre intime, c'est-à-dire que quand il était magicien, il avait des grands éclats de voix quand il faisait ses tours de magie bizarres. Et il avait plein d'anecdotes sur toutes les rues où on est passés. C'est tu que dans cette rue il y avait un alchimiste ? C'est tu que dans cette rue il y a un colonel qui a été assassiné sous mes yeux ? Voilà, c'est tu que... blablabla. Donc c'était assez intéressant, même si à un moment c'était pénible parce que j'avais pas envie d'aller voir un documentaire France 5. Mais bon, on est arrivé dans un lieu que je pensais pas possible parce qu'on est entre les arènes de Luteste, 5e arrondissement, et le jardin des plantes, 5e arrondissement. Et vraiment dans une rue que j'avais jamais prise de ma vie. Au bout de la rue, il y avait un... Déjà la rue elle se tortillait comme un serpent et au bout de la rue il y avait un vendeur de, je sais pas, vinyle vintage, mais genre méga vintage, pas... Genre la boutique était vintage en mode il vendait, il a toujours vendu les mêmes vinyles, mais aujourd'hui c'est de la vintage, vous voyez ce que je veux dire. Mais en tout cas dans cette rue il y avait chose d'extraordinaire, plutôt rare dans Paris Intramuros, quasiment unique dans le quartier, une maison avec un jardin. Une maison avec un jardin, petit jardin, petite maison, et la maison un petit peu en hauteur qui grimpe quasiment sur trois étages. Pour rire, il sonne à la cloche, il rentre, genre le portail du jardin était ouvert, le jardin est vraiment petit, c'est-à-dire qu'il y a trois mètres entre la grille et la porte, deux jardins qui s'étendent sur les côtés avec une espèce de grande grande plante grasse tachetée, une forbiacée, vous voyez, et il rentre en ouvrant la porte d'un grand coup, c'est quelqu'un derrière et il aurait pu être assommé, et on rentre dans une petite maison chaleureuse avec des meubles en bois brut, un patinet ancien, une bibliothèque, des tapis doux au sol, des bas de plafond, on voit que la maison, elle avait vécu les siècles quoi, elle appartenait à un temps où les gens étaient plus petits et lui-même il se baissait toujours un petit peu, et il y avait plusieurs personnes dans la maison, il y avait trois femmes en fait. Et il a dit, je te présente, il a réfléchi A, L et C. Elle s'appelle vraiment avec des lettres, il dit, mais non, voyons, mais je crois qu'elles n'ont pas donné la permission de dire leur nom, donc madame ce sera A, et A en l'occurrence c'était une dame qui était en train de tricoter, et c'était une dame qui devait avoir entre un peu plus de 60 ans, on va dire, peut-être 65 ans, elle, c'était une dame qui avait plutôt 40 ans, et C, c'était une jeune femme plus petite, plus jeune que moi en tout cas, qui avait un beau sourire, et qui regardait la vieille, en tout cas A, en train de tricoter, elle se racontait des histoires à cette heure tardive de la nuit, apparition un petit peu mythologique d'une certaine façon, mais tout était étrange chez Fenrir, et elle était très très aimable, elle dit, oh bonjour, Fenrir nous ramène pas souvent des gens, et elle dit, mais notre ami Alexis, que je vous présente, c'est quelqu'un qui est émerveillé de la vie, c'est Suiza Morar, pour que je l'amène ici, et vous savez quoi, il va me faire à manger, est-ce que vous avez faim ? Elle dit, non, non, on a, on a, on a mangé déjà, elles sont très sympas, elle rigole, il y en a, la jeune, donc C, se lève pour me serrer la main, et Fenrir m'amène dans sa cuisine, qui est quasiment plus grande que le salon, elle est labyrinthique, un petit peu avec des placards et tout, et il dit, Alexis, je vais pas te mentir, je t'ai amené ici pour plusieurs raisons, et l'une d'entre elles, c'est que je sais que tu cuisines, ça m'intéresse, alors je dis, mais comment vous savez tout ça ? Il me dit, en fait, tout se lit sur votre visage, j'ai eu la courtoisie de vous dire que votre prénom, mais je sais tout sur vous, tout, tout, tout, depuis que je vous ai rencontré dans cette église, vous ne souffnez même pas, mais à l'époque, je vous avais appelé Alexis, alors vous m'avez même pas dit votre nom, mais oui, je sais tout, voilà, vous faites quelque chose à manger, alors je fouille un petit peu dans les placards, il a un frigo, et dans le frigo, je vois un régime de, comment s'appelle, de loup-garou, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de viande de bouchée, empaquetée dans des papiers, tu vois, et j'imagine que vous voulez un truc avec de la viande, et il me dit, pas trop cuit, si c'est possible, voire même quasiment cru, ce serait parfait, alors je commence à sortir les choses, donc ce que je lui ai fait ce soir-là, c'est que j'ai trouvé des pommes de terre, je les ai coupées en dés, je les ai fait risoler avec de l'ail, on était parti sur une fricassée, mais il fallait que je fasse quelque chose avec cette viande, et c'est possible cru, et je me suis pensé, je me suis souvenu d'un jour d'un tartare que j'avais mangé, qui était un peu dingo, enfin, le concept était dingo, le goût était pas ouf, parce que moi, je trouve que tous les tartares se ressemblent, tartare italien, tartare italien, c'est genre avec de fromage italien, tu vois, tartare thaïlandais, pareil, en fait c'est tartare, c'est tartare, tu vois, mais donc je vais faire un tartare classique, j'ai trouvé des crâpres, donc je crois que c'est quelque chose qu'il mangeait souvent, et j'ai quand même changé légèrement les choses, j'ai rajouté du piment et du cacao, figurez-vous, du cacao non sucré, piment cacao, ça fait, c'est très étrange, ça écartèle un peu le goût, et dans le tartare qui a un goût un peu neutre de viande, parce qu'on mange en fait le tartare, parce qu'on mange de la viande crue, et voilà, désolé pour les végétariens qui m'écoutent, je sais que c'est un peu pas très agréable à écouter, mais les gens qui aiment le tartare, c'est surtout, ils viennent chercher de la texture, ils viennent chercher le contact de protéines, j'imagine, voilà, donc on on écartèle un petit peu avec d'un côté avec le piment, et de l'autre côté avec le le cacao, mais vraiment très très peu, et très amer, tu vois, et ça donne un bon petit goût, donc j'étais en train de lui préparer ça, on a discuté, et il me dit, t'as vu, elles sont sympa, j'ai dit, ah bon, vous vivez avec ces trois filles tout le temps ? Il me dit ouais, et il me dit d'après toi, d'après toi, je me tape laquelle ? Je rigole, je rougis, je rougis un peu, parce que je m'y attendais pas du tout, je dis, attendez, bah, je sais pas, j'ai pas à vous le dire, et il me dit, vas-y, toi, tu serais ici, tu serais moi, tu coucheras avec laquelle ? Tu sais, il penche sa tête là, avec son voile, là, je vois pas du tout ses yeux, et je réfléchis, je me dis, la jeune me disait rien, elle était vraiment, elle était pas tellement plus jeune que moi, mais vraiment, voilà, et celle qui avait genre 40 ans, elle me disait rien aussi, je la trouvais, en fait, le truc, c'est que, moi, je suis plutôt moyen, j'ai fini d'être jeune, donc, en gros, j'étais plus proche de elle, tu vois, d'ailleurs, c'était bizarre, j'ai dit, excusez-moi, mais pourquoi pas A-B-C, pourquoi A-L-C et pas A-B-C ? Il me dit, ah, c'est comme ça, c'est comme ça, vas-y, redis-moi avec qui tu veux, donc je reviens sur ma réflexion, et je dis, celle qui était un peu, enfin, qui avait 40 ans, c'était un peu la plus proche de moi, théoriquement, mais j'ai l'impression que je me serais un petit peu ennuyé avec elle, donc, il restait la vieille, tu vois, 65 ans, je me suis dit, j'ai peut-être pas envie de coucher avec elle, mais elle pourrait me raconter des histoires, tu vois, ça pourrait être chouette, mais c'était un peu, c'était un peu A qui m'intéressait, tu vois, c'était un peu la chef aussi, ce côté mal-alpha, et je me suis dit, après, si je dis A, il va me dire, hein, vous voulez coucher avec votre mère, voilà, enfin, une tutoyelle, tu veux coucher avec ta mère, je sais pas, il va me sortir des dingueries, donc j'ai dit, j'ai dit L, il me dit, c'est une mauvaise réponse, il me dit, il faut que tu couches avec la personne que tu aimes, et c'est ce que je fais, moi, ben je dis, vous aimez laquelle, et il me dit, ben moi, j'aime les trois, donc, ça le faisait rire, mais bon, et on a un peu discuté, il m'a parlé, il m'a dit, ouais, moi, je suis magicien, je fais d'autres trucs, cette maison, un peu comme toi, putain, encore, il s'est doucé, un peu comme toi, j'ai hérité, voilà, et j'y suis bien, mais la condition, c'est qu'on est un peu une sorte de coloc, tu vois ce que je veux dire, il y a des lits pour tout le monde, tu as vu, il y a trois étages, même si moi, je suis plutôt de nuit, et il a commencé à renifler, il a commencé à bien aimer un petit peu l'ail et les pommes de terre, et je crois qu'il reniflait aussi le steak tartare, et quand c'était terminé, je lui ai tendu deux assiettes, et il a dit, c'est super, et il a pris les deux assiettes, et presque en se dandinant, il était retourné dans le salon, où j'ai pu me poser autour de la table, et la gentille, elle, avait préparé une tisane pour nous tous, et Fenrir, lui, s'était mis en bout de table avec du pain, ses deux assiettes, prêt à manger un steak tartare à une heure du mat', mais bon, voilà, et il me pointe de sa fourchette, tu vois, et il dit, Alexi, je sais tout sur vous, j'ai dit, ouais, ok, et dans ma tête, je me dis, putain, il sait quand je me masturbe et tout, et il me dit, je sais quand vous vous masturbez, par exemple, et là, je dis, et là, ça se voit sur mon visage que j'étais en train de penser à ça, et je le déteste, tu vois, et il dit, mais vous savez quoi, en fait, tout le monde se masturbe, et je m'en fous que vous vous masturbiez, vraiment, c'est l'information la moins intéressante en vous, et les filles, elles rigolent, tu vois, et je trouve que c'est pas très élégant, de la part d'une femme de 65 ans, ou d'une fille de 18 ans, de rire sur les habitudes sexuelles d'un homme, mais voilà, bon, c'est comme ça, et il me dit, vous avez un petit problème de médicaments, c'est ça ? J'ai dit, j'essaie de reprendre le contrôle, voilà, j'ai une ordonnance, j'ai pris trop de médicaments, je vais en prendre un peu moins, mais vous savez, c'est compliqué, je me sens pas à l'aise, et donc là, il mange, à chaque fois, il prend un bout de pomme de terre, il soulève un tout petit peu son voile, je vois pas sa tête, et hop, il mange, tu vois, et d'ailleurs, je lui dis, eh, vous pourriez pas, vous pourriez pas me montrer votre visage, comme ça, comme vous savez tout de moi, il dit, mais justement, c'est ça, on est symétrique, vous ne saurez jamais rien de moi, et d'ailleurs, faîtes rire, si ça se trouve, c'est même pas mon nom, et les filles, elles rigolent, et vous ne saurez rien de moi, par contre, moi, je sais tout de vous, et ça, c'est extrêmement intéressant, j'ai dit, c'est hyper intéressant pour vous, moi, je sais rien, mais si, c'est mystérieux, je suis un mec mystérieux, regardez, cette maison, ces femmes, on dirait des personnes tirées de la mythologie grecque, je veux dire, vous racontez ça à un pote, il va jamais vous croire, la vie d'un magicien, c'est ça, la vie d'un magicien, c'est, même dans son intimité, tout est extraordinaire, mais revenons à nos outons, donc, vous voulez reprendre le contrôle, c'est ça, alors, les filles, vous n'avez pas un petit truc pour aider notre ami Alexis ? Alors, il y a la plus jeune qui dit, moi, ça me semble évident, j'ai une solution un peu évidente, et Fédéril a dit, non, on va pas prendre la solution évidente, parce que la solution évidente, elle dévoilerait des choses pour l'auditeur, et je dis, quel auditeur ? C'est quoi, l'auditeur ? Il dit, ben, en fait, là, on est en train de raconter, enfin, vous êtes l'objet d'un récit, et je pense que vous le savez, d'ailleurs, et je dis, une fois, je suis tombé dans le Nil, ouais, moi aussi, j'ai des histoires pas possibles à vous raconter, et je me suis évanoui, et j'étais dans une sorte de théâtre, et j'ai rencontré des gens qui disaient que je faisais partie d'une histoire, il dit, c'est exactement ça, il dit, c'est intéressant, parce que vous avez rencontré des gens, est-ce que vous vous êtes posé la question de savoir si les gens qui écoutent votre histoire sont eux-mêmes les acteurs d'une histoire, que d'autres personnes écouteraient, et ainsi de suite, à l'infini ? Alors, j'ai dit, non, pas vraiment, et il se tourne vers A, et il dit, maintenant, la question se pose, imaginons que quelqu'un écoute l'histoire d'Alexis, en ce moment même, par exemple, imaginons, et imaginons ensuite que cette personne, qu'on va appeler, je sais pas, trouvons-lui un nom, disons, appelons-la Arnaud, Arnaud, il écoute l'histoire d'Alexis, super, quelqu'un lui la raconte, ou elle est enregistrée, peu importe, et lui-même Arnaud, c'est le sujet d'une histoire qui est racontée par une autre personne et qui est écoutée par une autre personne, il est écouté par Julie, par exemple, et ainsi de suite. Est-ce que la chaîne va à l'infini ? Non, l'infini, ça n'existe pas. Ce qui se passe, c'est qu'à un bout de la chaîne, il y a des dieux, ou, peut-être, à un bout de la chaîne, la chaîne, elle se... comment s'appelle ? Elle tourne en rond. C'est-à-dire qu'à un moment, il y a l'histoire de Julie, l'histoire de Nathalie, l'histoire de Paul, etc. Et, à un moment, vous, Alexi, vous allez, je sais pas, être, par exemple, autour de cette table, je vais vous raconter une histoire, et l'histoire que je vais vous raconter, c'est l'histoire d'une personne qui a écouté l'histoire d'une personne, qui a écouté l'histoire d'une personne, etc. et qui, à un moment, écoutait votre histoire. Ça, ça marche en rond, c'est pas mal, non ? Les filles n'avaient pas l'air convaincu, et moi, je comprenais rien à son histoire. Bon, revenons à notre problème. Comment on fait... Donc, oui, on va pas tout dire aujourd'hui, parce qu'on n'est même pas à la moitié de votre merveilleuse histoire, Alexi. Est-ce qu'il y a quelqu'un autour de cette table qui a une solution, quand même ? Vous êtes aussi doué que moi, en tant que magicienne. Alors, A, papillonne un peu des yeux, et elle dit, faîne rire, avec tout le respect qu'on te doit, on n'est pas de la même nature, et nous ne sommes pas des magiciennes, ne parle pas de magie pour nous. Alors, j'ai dit, oui, oui, mais vas-y, dis-lui quelque chose, vas-y, un truc sympa, trouve-y un truc sympa. Elle penche un peu la tête, et elle tend la main vers moi, elle la met sur ma joue, c'est un contact vraiment doux, et je m'aperçois qu'elle a des doigts fins et plutôt jeunes, et elle laisse un peu poser son tricot sur la table. Elle me faisait une écharpe. Et elle me dit, vous vous sentez seul, c'est ça ? Alors, je dis, ça fait partie des problèmes, mais là, juste maintenant, j'ai pas trop de problèmes. Et elle me dit, d'accord, je vais vous proposer une solution, mais vous êtes libre ou non de l'apprendre, d'accord ? Alors, je dis, ok. Elle me dit, vous allez rentrer chez vous à pied tout à l'heure, et ce sera vraiment une très belle balade. Regardez de temps en temps le ciel, et vous verrez des étoiles magnifiques. Et quand vous serez pas loin de chez vous, vous allez descendre le regard, et il y aura devant vous une femme, qui aura une robe noire magnifique, des magnifiques yeux dorés. Et cette femme, elle sera ravie de vous suivre chez vous, et de rester chez vous. Et tant qu'elle sera avec vous, vous pourrez garder le contrôle, vous pourrez aller mieux, et vous pourrez un jour oublier que vous avez eu besoin un moment de médicament. Et j'étais là, j'ai dit, elle s'appelle comment ? Elle me dit, écoutez, je pense que je vous en ai dit assez, c'est vraiment très bien. Parce que, les filles, vous lui avez dit juste assez, parce que ça va attirer son attention, vous êtes des magnifiques compteuses, je vous amène sur scène la prochaine fois. Donc on reste un petit peu à dialoguer. Feynerir nous abreuve d'histoire de femmes à robes noires et aux yeux dorés qu'il a rencontrés, en faisant des choses magnifiques dans tous les pays du monde, etc. Et à un moment, il est tard, il y a, elle sait qu'il propose d'aller se coucher. Feynerir dit, eh oui, on doit tous travailler, même si moi, je dois encore faire des choses. Et moi, je me lève, et Feynerir me met la main sur l'épaule et il me dit, mon petit Alexis, c'est pas la dernière fois qu'on se voit, d'accord ? Toutes ces histoires là, de auditeurs, de steak tartare ou de femmes à la robe dorée, ça, c'était les bons moments. On va se revoir un de ces jours, et quand ? C'est vous qui le direz. Un jour, vous allez revenir là, peut-être vous serez perdu dans Paris ou vous trouverez cette maison, peut-être vous direz, eh, je dois revenir, ce sera peut-être dans deux jours, ce sera peut-être demain matin, ce sera peut-être dans deux ans, le temps ne m'intéresse pas. L'important, c'est que vous reviendrez et ce sera le bon moment. Et à ce moment-là, on parlera de diverses choses très intéressantes qui élimineront votre vie, j'aurai des choses intéressantes parce que tout ce que je vous ai dit ce soir, c'était pas très pertinent. Voilà. Vous m'oubliez pas ? Alors je dis, ben, ça va être compliqué de vous oublier. Et il me tape encore comme il le fait avec sa main là sur le torse, et il dit, je vous l'ai pas dit, mais je vous aime bien. Et je m'aperçois qu'il m'a revouvoyé devant les filles ou je sais pas, en tout cas il m'a revouvoyé, mais quand il disait des choses importantes, je crois qu'il me vouvoyait. Voilà. Alors j'ai dit, ben, fin de rire, c'est compliqué de vous comprendre et vous êtes mystérieux, mais je vous déteste pas. Voilà. Et on s'est quitté. Et je suis retourné à pied, et effectivement il y avait des étoiles merveilleuses dans le ciel, alors qu'on était à Paris et qu'il y a beaucoup de lumière artificielle, mais vraiment, on passait une certaine heure, et surtout, pas loin des jardins, il y a quand même moins de lumière. Et le temps était un petit peu frais, mais sans plus. J'avais quand même beaucoup marché, mais je m'étais un peu reposé. J'avais plutôt bien mangé aussi, alors pas chez Vendrier, mais disons que j'avais l'estomac plein. Je suis rentré chez moi à la recherche d'une femme qui pourrait changer ma vie. Et effectivement, je l'ai rencontré alors qu'on était à... j'étais dans ma rue, peut-être à 10 mètres de ma rue. Et j'ai baissé les yeux. Et il y avait vraiment le plus adorable des petits chats, qui étaient juste sous mes yeux. C'était un chat noir, et il avait deux yeux dorés. Et il miaulait, parce que j'imagine qu'il avait faim au soif. Et donc je me suis... J'avais jamais eu de chat dans ma vie. Je sais que c'était mignon, mais je sais que c'était aussi un peu con. J'avais pas trop d'avis sur le sujet. Je me suis accroupi. Il est venu vraiment me faire des câlins. Et je savais qu'il me faisait des câlins parce qu'il voulait à manger et à boire. Et peut-être dormir à un endroit chaud. Et je l'ai pris dans mes bras. Et vraiment, j'ai eu une sorte de déluge d'amour qui m'est rentré dedans. Et j'ai dit, ok, j'ai compris. J'ai compris pourquoi les gens ont décharé. J'ai compris pourquoi c'est trop bien et c'est trop mignon. Et je tombais amoureux en permanence. Toutes les deux minutes que je le regardais, que je le touchais, qu'il me regardait avec ses petits yeux. Donc je suis monté. Je l'ai appelé Luna. Comme Luna Invicta. Je suis rentré chez moi. Il a tout de suite pris ses marques. Quand je suis allé dans la cuisine, il a tout de suite compris. Il a commencé à tourner autour de moi comme s'il faisait partie d'un rituel magique qui allait faire apparaître la nourriture. J'ai pris un peu de viande. J'ai trouvé une boîte de sardine à l'huile. Donc il a fait le repas de sa vie, le chat. Et une assiette de lait et de l'eau. Et vraiment, Luna s'est jetée sur la bouffe et sur le truc. Elle était tellement heureuse. J'imagine que c'était une chatte parce que sa queue, elle vibrait comme si elle était électrisée. J'étais très content. Je l'ai regardé manger. Ça faisait des petits bruits. C'était vraiment très mignon. J'étais hyper content. Comment on va faire ses besoins ? Il fait falloir que j'aille sur Internet. Mais là, j'étais un peu fatigué quand même. Et puis aussi, c'est un chat, à un moment, il faut le sortir. Il faut qu'il aille dans la rue. Il ne va pas rester dans mon appartement tout le temps. En plus, j'y suis pas tout le temps. C'était une responsabilité, mais chaque seconde, c'était du bonheur. Je n'en revenais pas. Je suis allongé sur mon lit. J'ai commencé à faire des tutos. Je viens d'adopter un chat. Que faire ? J'ai commencé à commander sur Amazon des litières, des trucs comme ça. Je suis allé sur des forums et j'ai vu que ce que j'ai donné ce soir, il ne fallait pas, sinon il allait mourir. J'étais ultra inquiet. Je le regardais. Il continuait à manger comme si sa vie en dépendait. Et à un moment, le téléphone m'est tombé sur la tête. Je me suis réveillé dans la nuit parce que Luna est venue près de moi. J'imagine que j'étais chaud. C'était vraiment super. Qu'est-ce que j'aime ce chat ? Alors que je les connais depuis une heure. Je suis devenu fou. Je me suis réveillé. Luna n'était plus là, mais il y avait des petits poils noirs qui disaient que ce n'était pas un rêve et que ce chat existait. A priori, il était encore dans l'appartement. Je me suis réveillé et il y avait du soleil partout. J'ai regardé un petit peu par la grande fenêtre, double fenêtre que j'avais tant regardé. Je l'ai ouverte et je me suis rappelé de tous ces moments où j'étais dans un coma vivant et que je regardais juste le temps passer. Et j'allais mieux. En fait, pour tout vous dire, je devais prendre un médicament un matin le soir et je n'avais même pas pris celui du soir. Mais il ne fallait pas que j'arrête quand même. J'étais encore habillé de la veille. J'avais dans ma poche l'ordonnance. Donc, je vais sous la douche. Je sors de sous la douche en train de m'essuyer. Et il y a une femme sur mon canapé. Donc, je prends la serviette et je la mets autour de moi. Et cette femme, c'est Cassandre. Et sur ses genoux, elle est à Luna. Et je dis bonjour. Elle me dit bonjour. Je vais m'habiller, je reviens. Donc, je suis allé m'habiller. Je suis revenu. Je lui dis vous voulez un petit déjeuner ? J'avais les cheveux en l'air, je sortais de la douche et j'avais pris juste un tee-shirt et un caleçon. Elle me dit non, non, je préfère me réserver pour midi. Je dis d'accord. Donc, j'ai les cheveux n'importe comment. Et je lui dis, excusez-moi, j'ai laissé la porte ouverte. Elle me dit non, mais bon, voilà. Et elle caresse le chat, elle dit c'est votre chat. J'ai dit, je sais pas. Elle me dit, c'est une très bonne réponse. Parce qu'en fait, les chats choisissent leur maître et pas trop l'inverse. Mais elle a l'air très douce parce qu'elle vous aime bien. Et effectivement, Luna est en train de me regarder en me fixant des yeux. Et je lui dis, vous connaissez les chats ? Elle me dit, ouais, je connais un petit peu. C'est un animal qui a besoin d'amour et de liberté. Même si ces deux concepts ne vont pas forcément ensemble. Et je lui dis, moi j'ai un petit peu peur parce que j'ose pas trop le laisser dans mon appartement. En fait, je connais pas rien sur les chats. Est-ce que vous pensez que... Qu'est-ce que je devais faire ? Elle me dit, écoutez-le, c'est lui qui vous dira. On parle un petit peu et on parle dans la matinée très doucement de chats. Luna, elle adore Cassandre. Ça y est, si toutefois Cassandre la nourrit, je pense que Luna ne calculerait pas, elle partirait tout de suite sur Cassandre. Parce qu'elle savait le caresser au bon endroit, sous les joues, tout ça. Mais de temps en temps, Luna était un peu agacée. Elle venait sur mes genoux à moi. Elle était une chose vivante, intelligente, douce et sensible. Et j'étais vraiment très heureux. Et j'avais oublié encore d'aller à la pharmacie pour prendre mes médicaments. En tout cas, c'était vraiment chouette. Quand le temps avançait, Cassandre m'a dit, je suis venu pour qu'on parle un peu, mais en fait je me suis dit, ce serait sympa si on retournait au McDonald's. Alors je lui dis, ah bon ? Elle dit, non, non, mais j'ai bien aimé le Big Mac, et ça me ferait plaisir de tester autre chose parce que vous m'avez dit qu'on commence par le Big Mac, qu'on termine par le Big Mac. J'imagine qu'il y a un cheminement. J'aimerais bien participer à ça. Et elle parle du Big Mac, ou du McDonald's, comme si c'était un pays lointain et une ressource lointaine. Mais je trouve ça intéressant. Je lui dis, vous savez, ils ne font pas de diabolomante au McDo. Elle dit, non, non, mais je suis prête. Je vous invite. Je lui dis, dites donc, vous sortez l'argent, c'est incroyable. Vous m'invitez au McDonald's. J'avais le choix entre McDo-Rue de Rennes ou le McDo-Rue de la Harpe. Le problème de la Rue de Rennes, c'est que c'est vraiment le McDo des gens qui prennent la guerre Montparnasse. Il est genre en méga plein. Et celui de la Rue de la Harpe, il a toute la concurrence des restos de la Rue de la Harpe, justement. Donc il attend ça d'être moins plein, plus du tout des tarifs étudiants. En tout cas, ils ne tiennent pas la route face au kebab, tu vois, par exemple. Donc on est remonté un petit peu du côté du Musée de Cluny et enfin, ces grandes rues, la Rue Saint-Michel, etc. Et on s'est retrouvé, on est rentré au McDonald's. Alors, une chose d'abord, parce que je sais que vous êtes en train, et moi aussi, de m'inquiéter sur Luna. Luna, j'ai décidé de faire la Rue de Cluny. C'est-à-dire que, vous savez quoi, Josef, j'ai laissé ma porte en trouverte, comme ça elle irait en haut, en bas. Et en fait, on peut aller depuis mon appartement, quand on peut les escalier, jusque sur les toits. Donc Luna irait sur les toits et après elle reviendrait. Ça serait mon chat de garde. Puis s'il y a des gens qui viennent me cambrioler, ils viennent me cambrioler. Mais en général, quand on voit une porte voilà où j'en étais, de Luna. Donc on est allé au McDonald's de Boulard Saint-Germain, Rue de l'Arp, et on est monté au premier étage. Mon ami Cassandre a pris, alors je lui ai conseillé de prendre un Royal Cheese, qui est surprenamment simple pour le nom quand même assez ronflant de Royale. Est-ce qu'il mérite son titre de noblesse, le Royale ? Je ne sais pas. Parce qu'aujourd'hui il y a une grande diversité, une grande inventivité dans les hamburgers. Mais quand il est sorti, c'était quand même un hamburger le plus lourd à l'époque. Aujourd'hui il y a le 280. C'était un burger qui avait pas mal de sauce pour compenser le steak, donc c'était encore plus lourd. Il avait un goût très prononcé à cause des cornichons. Et évidemment, c'est un peu le hamburger de Hollywood, puisqu'on en a parlé dans Pulp Fiction par exemple. Et on en a souvent parlé. C'est une... Il évoque d'ailleurs le problème qui a fait en sorte qu'il a été la cause malheureuse que des fusées se crachent, qu'en Amérique et en Europe, il y a le système métrique et pas le système métrique, ce qui fait qu'il y a des incompréhensions fondamentales. Donc c'était pour quelqu'un qui cherche l'unité des questionnements, c'était un hamburger assez central. Donc voilà, petite frite royalties pour Cassandre. Je lui ai dit, tu sais quoi, on l'a pas fait la dernière fois, moi je vais prendre un fleuri, tu prendras un sundae caramel, mais tout à l'heure, et le sundae, toujours caramel. Je regarde droit dans le... Toujours caramel le sundae. Elle me dit, pourquoi tu prends pas de sundae ? Et j'ai dit, moi je prends le Big Mac, je suis en fin de course, et je prends un fleuri parce que j'aime bien ça. On se pose à l'étage et elle mange, elle dit, mais c'est vachement bon. Elle dit, moi, habituellement, je mange pas de viande, mais la dernière fois, j'ai mangé ce Big Mac et je dois dire, ça m'a fait un peu du bien. Donc je suis content d'en remanger un petit peu. Et en fait, c'est un peu le McDonald's, on va dire, c'est un peu notre endroit. Vous voyez ce que je veux dire ? Et je lui dis, j'ai connu plus romantique, mais ça me va tout à fait. Ce qui l'a fait rire, mais elle, elle prenait toutes les choses au sérieux. Voilà. Et je pense que quand elle riais, c'était plus pour manifester une forme d'incompréhension quand je faisais une plaisanterie, mais peu importe. Elle me dit, est-ce que vous êtes prêt pour une longue histoire ? Ou est-ce que vous voulez que je commence par la fin ? Alors j'ai dit c'est long, elle me dit c'est très long. Est-ce que vous allez me demander un truc genre il va falloir que j'aille en Indonésie genre dans une dictature et je vais prendre des risques avec ma vie ? Et elle me répond vraiment en premier degré, non. Ok. Je vous écoute. D'accord. Donc elle me dit, vous connaissez l'homéopathie ? Alors je dis, c'est le truc des plantes ? Elle me dit oui, mais en fait le produit phare de l'homéopathie, il fut un temps, c'était une forme de sucre dilué. Donc de l'eau et du sucre. Et je dis, ah bon ? Et les gens prennent ça et ils soignent ? Elle me dit c'est compliqué. C'est pas du tout un médicament. Mais l'effet placebo, parfois, je vous dis ça c'est un bonbon magique, ça vous soigne et vous êtes soignés. Oui, c'est le pouvoir de l'esprit sur le corps. Mais donc l'homéopathie c'était ça. Et en France, on a notamment les laboratoires Boiron qui vendaient énormément d'homéopathies et de la publicité. Vous avez déjà entendu parler à la télévision, etc. Et comme vous le savez peut-être, sous l'investiture du président Macron, ça me perturbe un peu le président Macron, mais bon, peu importe, le président Macron, l'homéopathie a été déremboursée. C'est-à-dire qu'autrefois l'homéopathie était remboursée par la sécurité sociale. J'ai dit, ah bon ? Donc quand on achetait de l'eau et du sucre, on était remboursé par la sécurité sociale. Elle me dit, oui, c'est le cas. Puisque c'était un prix considéré comme un médicament, mais sous le président Macron, ça a été déremboursé. Donc là, les laboratoires Boiron, ils sont retrouvés dans une situation un petit peu étonnante. C'est qu'à la fois, ils avaient énormément de cash parce qu'ils avaient vendu très cher et en plus financé par la sécurité sociale de l'eau et du sucre pendant des années. Et ils n'avaient aucun avenir parce que c'était à la fois ça allait plus être déremboursé. Donc ça allait moins se vendre. Mais en plus, à partir du moment où l'État disait ce n'est pas des médicaments, c'était un coût extrêmement dur à leur image. Et si l'homéopathie traditionnelle avec des plantes était encore considérée, là, les produits en particulier étaient un petit peu mis au banc. Et là, les laboratoires Boiron ont eu un retournement de situation absolument extraordinaire. C'est que leur période de réflexion est entrée en même temps qu'un scandale des maisons de retraite, des maisons coréens. C'est-à-dire qu'on s'est aperçu que les gens étaient mal traités dans ces maisons de retraite. Et ils ont décidé d'investir sans compter tout leur argent, un peu comme dans Jurassic Park, à l'édification d'une immense ville qui s'appelait Planète B, baie comme Boiron, en Meuse. Ils ont fait quelque chose d'immense. Ils ont construit sur des champs où il n'y avait absolument rien du tout. Rien. C'était des champs en friche ou quelques champs de colza ou quatre ou cinq vaches. Vraiment, ils ont acheté des immenses terrains pour une bouchée de pain. Ils ont planté des éoliennes partout. Ils ont créé une immense cité aux proportions titanesques, qui s'appelle Planète B, qui était une cité qui accueillait des maisons de retraite. Et cette cité, vous connaissez le nom, puisqu'en fait, très rapidement, le nom a supplanté Planète B dans l'usage courant, même si aujourd'hui, on signe des contrats avec Planète B. Là où Boiron a pris de ses erreurs, c'est qu'au lieu de faire du Corian ou une maison de retraite en maximisant les coûts, ils se sont dit, on va faire la meilleure maison de retraite du monde, le paradis sur Terre. Et on va essayer de gagner de l'argent en vendant justement ce paradis. Et donc, ils ont créé une immense cité concentrique, un peu comme l'Atlantide des temps passés, où sur l'anneau extérieur, il y a vraiment un paradis reconstitué avec des lacs artificiels, des animaux et de somptueuses villas où sont accueillis les résidents. Ensuite, il y a un anneau intérieur dans lequel il y a du personnel, du personnel à la fois des infirmiers, des médecins, etc. Mais aussi, vous verrez des gardes armés parce que c'est un lieu de détention aussi. Alors je dis, ah bon, c'est un lieu de détention ? Oui, j'y viens dans deux minutes. Et au milieu, il y a un centre de recherche avec une immense tour un peu panoptique qui montre toute la vue sur l'Atlantide des vieux. Vous avez entendu parler d'Alzheimer City, j'imagine ? Alors je dis, oui, j'ai un oncle, et oui. Il dit, en fait, autrefois, on travaillait toute notre vie pour avoir une retraite. Et aujourd'hui, les gens accumulent de l'argent dans l'espoir d'avoir une place à Alzheimer City. Parce que, effectivement, là où ils font de l'argent, c'est que ils ont des coûts de fonctionnement qui sont élevés parce qu'il y a un standing très élevé. Mais aujourd'hui, il y a énormément de gens qui sont très vieux et qui sont très riches. Ou même moins riches, mais qui vont faire en sorte d'être pris en charge par Planète B. En plus, c'est un lieu extrêmement sécurisé. Et il y a aussi ce problème des enfants qui n'ont pas envie d'avoir leurs parents à leur charge. Ou des enfants qui n'ont pas envie de voir leurs parents qui ont vieilli, qui radotent, etc. Et ça les déculpabilise de savoir qu'ils sont dans le meilleur endroit du monde d'une certaine façon. Donc, en fait, c'est toujours plein. Et ça se remplit. En fait, c'est une cité qui est en train d'augmenter en taille en permanence. Ils achètent des terrains. Ils construisent des éoliennes. Pourquoi ? Parce que la cité est autonome énergiquement, énergétiquement. Et ils se sont dit comment faire de l'argent ? Comment faire plus d'argent ? Parce que ça marche très bien. Là, ils sont en train de se refaire. Comment faire encore plus d'argent ? Dans ma tête, j'étais en train de penser que je connaissais un autre gars qui était à Alzheimer's City. C'était Vasseur. Et elle dit déjà, ils sont tombés dans leur ancien travers. Ils commencent à dire, et c'est pour ça que c'est là que le nom Alzheimer's City est arrivé, c'est qu'ils commencent à dire qu'ils ont peut-être des traitements spéciaux qui pourraient diminuer les maladies liées à l'âge, notamment l'Alzheimer. On ne change pas la nature profonde des gens, tu vois. Mais ils ont décidé aussi de gagner de l'argent autrement. Je suppose que vous n'êtes pas familier avec la prison. Mais il faut voir que une maison de retraite où il y a des personnes âgées, même si elles ont payé, même si elles sont consentantes quand elles y rentrent, au bout d'un moment, ils deviennent des prisonniers. Ce sont des véritables centres de détention. C'est-à-dire que quand vous avez une personne qui perd la mémoire, qui a l'Alzheimer, qui se retrouve dans un lit et tout d'un coup, il ne le reconnaît plus et qui veut rentrer chez lui, il se lève, il commence à essayer de sortir et il est en fait, il est tout seul dans la rue au milieu d'une région qu'il ne connaît pas, au milieu d'un pays qu'il ne connaît pas. Dans ce cas-là, il faut des gardes, si possible, armés parce qu'il peut être en danger, qui viennent le récupérer, qui viennent le ramener chez lui contre son gré. Donc, et parce qu'il y a aussi des pathologies, par exemple, de la psychiatrie, qui surviennent avec l'âge, la démence par exemple, on est dans littéralement des prisons, des centres de détention et aujourd'hui, tous les organismes en France qui s'occupent des centres de détention prennent aussi en compte Alzheimer City. Alors je dis OK et elle me dit il y a aussi un autre problème, c'est qu'aujourd'hui, en France, les prisons sont pleines. Il y a 200% de taux d'occupation à la prison de centre pénitentiaire de Toulouse, au moment où je vous parle. Ça veut dire que on a trop de gens dans les prisons et non seulement on en a trop mais en plus, les ministres de l'intérieur qui se succèdent n'arrêtent pas de dire il faut mettre encore plus de gens en prison. Il faut 10 ans. Est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Je ne dis pas du tout. Elle me dit Alzheimer City a commencé à accepter des prisonniers et contre rémunération. C'est à dire que à court terme, c'est moins cher pour l'Etat de mettre un prisonnier à Alzheimer City que de construire une prison. A long terme, évidemment, c'est beaucoup moins cher de construire sa prison. Mais comme les budgets sont court terme que les ministres changent, ils fonctionnent tous en long, en court terme. Quand ces prisonniers sont arrivés, qu'est-ce qu'ils se sont dit les propriétaires d'Alzheimer City pour gagner encore plus d'argent ? Ils ont commencé à les faire travailler. C'est à dire qu'ils faisaient des travaux d'intérêt généraux pour avoir une petite rémunération. Alors je dis c'est des prisonniers qui s'occupent des vieux et elle me dit entre autres c'est pas aussi simple que ça. Mais c'est ça l'idée. Maintenant, je viens à ce qui nous intéresse. Les prisonniers, même s'ils sont d'affreux tueurs ou des escrocs abominables ou des voyous, c'est des gens qui ont droit à la vie en France. Parce que comme vous le savez, je suis opposé à la mort des gens, y compris à la mort des gens les plus terribles. Alors je dis oui, il est nazi, par exemple. Et il se trouve que quelque chose m'a mis la puce à l'oreille parce que je regardais ces flux de prisonniers et ils reçoivent plus de prisonniers que leur capacité. Alors pourquoi pas ? La prison de Toulouse était à 200% de taux d'occupation. Mais il y a des prisonniers dont on n'entend plus parler. Genre, on sait plus où ils sont. En gros, il y a une contradiction dans les dossiers. A la fois, les établissements pénitentiaires français disent qu'ils sont à Alzheimer's City et Alzheimer's City dit, ah non, il n'est plus chez nous. Mais comme ça arrange tout le monde, que tout le monde économise de l'argent ou gagne de l'argent, et qu'on a des criminels affreux qui disparaissent, ça arrange tout le monde. En gros, vous êtes en train de dire que c'est un peu comme un camp de concentration. C'est-à-dire, on met des prisonniers dans un endroit et ils sont tués. Elle a dit, je ne dis pas ça. Mais, c'était une de mes hypothèses. Mais, je me suis renseigné sur vous, Alexis, et des personnes qui vous ressemblent. Oui, vous allez voir tout de suite dans une seconde. Et des choses, des liens se sont mis à se créer entre plusieurs idées complètement paradoxales et extrêmement stupéfiantes. Et aujourd'hui, j'ai une hypothèse, mais je ne vais même pas la formuler, je ne la formulerai même pas dans les jours qui viennent, parce que vous allez avoir la même idée. Et cette idée, elle est tellement terrifiante et incroyable que ce n'est pas la peine de la dire. Il faut la constater quand on en sera sûr à 200%. Mais je voulais vous parler d'un prisonnier en particulier, dont on n'a plus de nouvelles depuis des mois, qui rentrait à Alzheimer's City et qui me préoccupe, évidemment, et que vous connaissez. J'ai dit, ah bon ! Elle me dit, elle me tend un dossier. Elle me dit, j'ai tous les dossiers, mais là, je vous ai apporté celui-là en particulier. Je vous dis juste, je sais que vous êtes quelqu'un de sensible, attendez-vous à avoir un petit choc, mais je suis là pour vous. Et sachez que vous êtes en sécurité avec moi, d'accord ? Alors je rigole un peu, je m'essuie la bouche, je dis, ah bon, on va voir ça. Je regarde le dossier, j'ouvre le dossier, et là, méga-choc. Genre, méga-choc je suis, je suis stupéfait, je suis livide. Le gars dont il y a la photo, là, sur le dossier, c'est le gars qui venait dans mes rêves pour me poignarder.
