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Luna Invicta - Episode 51

Épisode
51
Date
20 août 2026
Durée
36:09
Série
Luna Invicta

Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 51.

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Luna Invicta 51. J'étais donc dans cette maison virtuelle, je sais pas où, dans ma tête, dans un rêve, dans une autre dimension, peu importe, avec mes alter-egos paniqués et il y avait quelque chose qui était derrière la porte qui tapait très fort. La porte et les murs sont mis à trembler, à devenir très lumineux. J'ai eu le flash blanc que j'avais vu tout à l'heure quand Moirix s'est réveillé dans le jeu vidéo et un peu aveuglé, trois secondes d'aveuglement.

L'aveuglement dans les rêves, ça me faisait penser à quand j'étais petit, je rêvais souvent en noir et blanc, où j'arrivais du mal à rêver de choses, parce que je pense que j'avais du mal à imaginer des choses. Mais quand j'ai repris la vue, j'étais dans un endroit beaucoup plus tranquille, moins chaleureux, même on pourrait dire plus frais, mais d'une certaine façon plus apaisé. C'était une petite église avec des vitraux presque vides et la lumière passait à travers tous les vitraux, comme s'il y avait un soleil juste au dessus de l'église en soi. La porte au bout, la double porte de l'église était fermée.

Et j'ai reconnu cette église qui avait exactement la même dimension, les mêmes proportions que deux autres églises que j'ai que j'ai visité récemment. Je parle évidemment de l'église qui était dans le quatrième arrondissement de Paris, que j'avais trouvé par hasard. Et c'était l'église avec la plante, là où j'avais rencontré F.N. Rear.

Évidemment, elle ressemblait énormément aussi à l'église, la petite église qu'on avait vue au Caire, qui était dédiée à ce saint inconnu qui s'appelait Janus Astrix. Là quand je regarde les vitraux, je vois sur chaque vitraille mes alter-egos. Je vois le père de famille qui est représenté tenant ses deux enfants. Je vois le chirurgien qui tient un scalpel de façon christique, donc ils sont tous présents.

Mais en fait, quand je me retourne et que je vais vers l'hôtel, fatigué, assis sur le piédestal de l'hôtel, vraiment dans une disposition complètement ça fait penser à Chrétien de Troyes ou à ces vieilles légendes arthuriennes. Je vois un homme qui est en tenue de chevalier avec sa cape, qui est fatigué, il est par terre, il se tient, et il a aussi une épée. Mais cet homme, je le connais et je reconnais même son accoutrement parce que je l'ai déjà rencontré, c'est Kalk Seeker, donc la mystérieuse joueur, peut-être hacker, qui cherchait Kalk justement et qui arpentait le jeu et qui m'avait accompagné jusqu'au temple de Moïrix. Et il lève ses yeux vers moi et il dit il n'y a pas Kalk ici.

Il comprend que je l'ai menti. Je regarde au-dessus, donc il y a bien un hôtel avec une croix christique et au-dessus il y a vraiment dans le coeur, il y a un immense vitraille. Et dans ce vitraille, je vois Moïrix. Donc c'est c'est une entité qui tient une sorte d'épée et qui coupe une personne en deux, donc on voit la personne qui a deux demi entités, deux demi, enfin il le coupe de dans le sens de la longueur, mais c'est pas sanglant, c'est juste, c'est presque abstrait.

Et je vois aussi les trois symboles, la main, l'œil, le ciseau. Il y a juste Moïrix et donc maintenant je connais son nom puisque ça s'écrit M-O-I-R-Y. Moïrix. Ce qui est curieux, mais je le note parce que je connais des gens à qui on parlait, Fenrir, Sofia.

Peut-être même Sam. Je pose le regard sur Kalk Seeker et je dis je suis vraiment désolé. J'ai pas voulu te mentir. Après, si Kalk était quelque part, il aurait peut-être fini le jeu, qu'est-ce que t'en penses ?

Et il dit non non mais c'est pas grave. Et puis je sais que tu m'as pas menti, j'avais un point parce que je lui avais menti. Mais il dit je sais que tu m'as pas menti, bien entendu. Je voudrais juste te dire quelque chose, ce n'est pas vraiment moi.

C'est une copie de moi là. Alors j'ai dit quoi ? Et il me dit, ce qu'il s'est passé, c'est tu es rentré dans le temple et j'ai compris qu'il fallait que je te suive, j'ai essayé de te suivre, mais je suis arrivé dans une instance où il fallait intégrer trois données, c'est ça. J'ai dit, ouais c'est ce qu'il s'est passé, on appuie sur les dalles quoi.

Oui et ça fait vraiment beaucoup d'itérations donc avec quelques amis, on a créé une sorte de boucle. Et j'ai pu, il y avait un exploit qui me permettait de rentrer rapidement dans l'instance. Donc on a fait plein d'instances en force brute pour trouver la solution. Mais quand on a trouvé la solution, toi tu étais, enfin comment dire, il y avait quelque chose qui était en train de se passer, c'est à dire qu'il y avait un programme qui envoyait un message de façon visuelle, c'est ça ?

Et j'ai dit oui, visuelle, c'était des flash blancs. Il dit exactement, pour moi c'était pas des flash blancs mais parce que je je ne vivais pas comme toi, mais j'ai compris que ça partait et on a décrypté ces messages. Ces messages qui sont dans le jeu inscrits sous le nom de la langue des dieux. Et j'ai pu me copier dedans.

Donc ce que la personne que tu as là, c'est pas vraiment le calque-seeker, je suis diminué, mais je voulais juste te dire que enfin si j'avais trouvé calque, je lui aurais passé un message, mais là c'est un peu trop tard. J'ai dit tu sais, je joue souvent aux jeux vidéo et j'ouvrirais l'œil. Si je te trouve ce calque, je te retrouve ici, je te recontacte, il se lève et il dit merci c'est vraiment extrêmement noble de ta part et ce qui était très digne, parce que c'était genre un chevalier, des temps anciens qu'il me parlait, et je lui dis et tu sais je veux dire un truc, c'est que je suis désolé, j'aurais aimé que tu m'aides. Qu'est-ce que tu as fait alors ?

J'étais dans un autre endroit et maintenant je suis là. Et calque qui regarde autour de lui, il dit, pour tout dire, je sais absolument pas où on est parce que pour moi je me suis inséré dans un message et après le message, je sais pas où il est allé. Alors que moi je savais un petit peu que c'était dans ma tête, tu vois, et je lui dis je suis désolé parce que, enfin je me sentais un peu coupable, voilà, et il dit c'est pas grave, moi j'ai eu une copie à un moment, le, comment ça s'appelle, le logiciel, le programme, le hardware, l'ordinateur ou la console dans laquelle nous sommes actuellement, on va s'éteindre et la copie disparaîtra, t'inquiète pas. Et l'important c'est que tu nous aides et ça c'est quelque chose d'énorme et même on te remerciera si ça arrive.

J'ai dit, oh, vous êtes un groupe ? Il dit oui, on est un groupe. Il dit oui, j'ai rencontré la lame rouge. Il dit, oh, tu as rencontré la lame rouge, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup mais qui est un petit peu violent.

Je dis, ah bon ? Oui, oui, elle a ce nom là. Et je dis, maintenant on fait quoi ? On passe par la porte ?

Il dit, moi j'en sais rien, je suis juste là. C'est comme ça que je peux matérialiser ma diminution. Bon, j'ai dit, ok. Et je lui mets la main, il s'assied, je lui mets la main chaleureuse sur l'épaule et puis, pas très à l'aise, je pars.

Et la porte s'ouvre, là encore, un dernier flash blanc et je suis sur mon lit. Et là, j'ai l'air d'être sur mon lit. Il fait jour dehors. Et là, je retate et c'est vraiment la vraie réalité.

C'est pas là où j'étais, je vais à la fenêtre, il y a les voitures qui passent, il y a les gens qui s'engueulent, la télé est allumée, la console marche. Donc je suis pas dans l'espèce de rêve lynchien. Je suis à nouveau là où il fallait. Je suis là où il fallait.

Je suis là où il fallait. Je suis à nouveau là où il fallait être. Donc ça, c'est la bonne nouvelle. Et il y a une nouvelle un petit peu étrange.

Je vais faire pipi, j'ai vraiment ultra envie de faire pipi. Et alors que je suis assis sur les toilettes en train de regarder le téléphone, c'est pas très hygiénique, mais c'est comme ça, je m'aperçois avec une extrême surprise que je suis resté. Donc je me suis endormi, on va dire, je sais pas, vers 3 heures du mat. Et en fait, un jour entier a passé et je suis le surlendement.

Et c'est pour ça que j'avais probablement très envie de faire pipi, mais j'avais pas bu non plus, donc c'était pas, voilà. Et je sais pas du tout, j'ai pas trop faim non plus. Et quand je marche, et quand je, comment dire, en fait, j'ai l'impression que mes, c'est un peu comme si tout mon corps avait été endormi, ralenti. Il y a beaucoup de choses qui marchent lentement, même j'ai la vision qui, parfois elle a des, elle a des sautes de FPS, si vous voyez ce que je veux dire.

Et j'ai l'impression que tout mon corps se relève. Et j'étais tellement endormi que je m'aperçois même pas de cette lenteur. Et je dois vraiment, genre, m'étirer, voilà. J'étais dans une sorte de coma hyper ralenti, c'était très étrange.

Je bois, je fais pipi, je bois, je fais pipi. Je me fais un petit peu à manger, un mini sandwich basique. Et je regarde les messages. Et j'ai deux appels.

Un de Dave et l'autre de Sofia. On commence par Dave, comme ça, on va dire après l'effort, le réconfort. Je suis épuisé. Quand je l'appelle, là, genre, on est le matin, je suis fatigué.

Et il me dit, hey, comment ça va? Tu réponds plus au téléphone. Je suis plus ton ami. Qu'est-ce qui se passe?

Et tu sais, plein d'énergie, plein de trucs à dire. Et je vois, il me parle et il me parle à d'autres personnes en même temps, on dirait qu'il est derrière un chantier, je sais pas quoi. Et je lui dis, ça me fait plaisir de t'entendre. Est-ce que tout va bien?

Il dit, est-ce que tout va bien? Mais c'est à moi que je dois dire ça. C'est à toi que je dois dire ça. Parce que là, en ce moment, je suis en train de me démener pour ta fortune, ton entreprise.

On est en train de faire un grand truc. Et je dis, ah ouais. Et là, je me souviens que j'avais signé un papier. Il m'avait dit que j'étais maire de quelque chose.

Et je dis, il y a une ville, ça? Il dit, oui, Miracleville. Miracleville, est-ce ça? Est-ce ça?

C'est une entreprise avant tout. C'est pour ça le papier que je t'ai signé. C'est un... T'es le président, tu vois.

D'aucun dirait un homme de paille. Mais en fait, t'es un mec hyper consistant. T'es pas un homme de paille, pas vrai? Je dis, c'est quoi un homme de paille?

Il me dit, bref, écoute, très important. Est-ce que t'as eu un coup de fil de l'URSAF, des impôts, un mec du FISC, tu vois? Ce genre de gens administratifs, ténueux, géniaires. Un huissier peut-être?

Alors je dis, non, pas à ma connaissance. Et bien, il dit, tu sais quoi? Tous les matins où tu te lèves et t'as pas eu un huissier qui est passé à 6 heures du matin ou les polices qui tombent brûlé à ta porte, tu voudrais dire c'est vraiment un monde merveilleux et tu vois, tu verras, tu déprimerais beaucoup moins. Ok, d'accord, très bien, merci Dave.

Et il dit, si ça arrive, je te dis un truc, si un huissier qui arrive, t'es pas là, ok? Il dit, mais comment je peux savoir? Il dit, tu regardes dans ton judas. C'est à ça, tu vois?

Si il est en costume cravate et qu'il a un papier à la main, genre tu réponds pas, ok? Ça, c'est la première règle. La deuxième règle, il va laisser un papier et genre tu l'as jamais reçu, ok? C'est important.

Ensuite, deuxième règle, si t'as l'URSAF ou pas qui t'appelle, tu dis, est-ce que je peux vous rencontrer? Tu prends rendez-vous et t'y vas pas. C'est très important, tu vois? Je dis, mais ça m'a pas l'air sain comme pratique.

Il dit, mais c'est des trucs que je te donne comme ça, tu sais? Mais ça n'arrivera pas. De toute façon, je te donne des trucs, mais ça n'arrivera pas. Et je vais te dire, ça te dirait un petit cadeau?

J'ai un petit cadeau pour toi. Ben, j'ai dit, ça dépend, c'est quoi? Parce que là, tu viens de me parler de beaucoup d'administration. J'ai un piano, un très beau piano pour toi.

Là, je viens de le récupérer dans une maison et je me dis, il serait vraiment génial chez toi. Et je dis, un piano, mais c'est quoi? Ça prend de la place ou pas? Il me dit, ouais, c'est un putain de piano à queue de fou, quoi.

Je regarde mon salon, je vois, il n'y a pas trop la place. Et en plus, le salon, il a la même taille que le Alexi Droguet, guitariste que j'avais vu. Et je sais qu'il avait tout enlevé. Il n'y avait que ce piano et un tapis, quoi, et quelques toiles au mur.

Et je lui dis... Je lui dis, ben non, je n'ai pas la place. Désolé, pour un piano à queue, ce n'est pas possible. Il me dit, arrête, je sais que tu as la place.

Je sais que tu as la place. Et je vais te le faire livrer, est-ce que tu es là mardi? J'ai dit, non, mais en un, je ne vais pas jouer du piano. Je ne veux pas de piano et je n'ai pas la place d'un piano.

Il me dit, je vais te dire un truc, d'accord? C'est entre toi et moi. Mais je sais que tu as du mal avec les meufs, on est d'accord? Une meuf, tu leur dis que tu es pianiste, mais genre...

Enfin, tu sais, j'ai vu une étude hier. Une meuf sur sept, tu lui dis que tu es pianiste, elle te baisse. Réfléchis pas, no brain, tu vois. Et là, c'est la science qui parle.

Moi, qui suis-je pour discuter la science? Une meuf sur sept, tu vas dans la rue. Il y a 21 meufs, il y en a trois qui veulent te baiser. Incroyable.

C'est magique, tu vois, ce truc. Et je lui dis... Là, tu me surprends. Pourquoi le piano et tout?

Mais mec, si tu peux faire de la musique avec tes mains, t'imagines ce que tu pourrais faire avec leurs clitoris. Tu comprends? Ça les rend dingue. Ça les rend dingos, c'est le vrai truc, tu vois.

Et je dis, c'est un bon argument, mais en vrai, tu sais, je suis dans un bar parisien, piano à queue, quand même, tu vois. Et il me dit, bon, mardi matin, d'accord, il faut que tu sois là pour leur ouvrir la porte, tout ça. Je dis, non, non, j'ai pas le temps, en plus, j'ai un chat. Et il me dit, mardi matin, plaf, il raccroche.

Et moi, j'ai bien l'intention, mardi matin, d'être là. Tant pis pour son piano. Même si j'ai réfléchi à cette histoire de pianiste, de meuf et tout, mais voilà. Donc, je suis assez content parce que, un peu comme une princesse, ma petite Luna passe par la porte qui est perpétuellement ouverte maintenant de mon appart.

Et elle fait comme ça, parce que genre une petite rébellion, parce que je l'ai pas nourrie pendant un jour, mais je pense qu'elle a dû me lécher le visage et me vérifier. Comment dire ? Dormir peut-être à mes côtés, ou j'en sais rien, peut-être qu'elle était chez un voisin qui lui a donné à manger, lui. Mais j'ai dit, oui, excuse-moi, je suis désolé.

J'ai fait de longues excuses, etc. Et j'étais en train d'ouvrir le ton quand j'ai rappelé Sofia aussi. Et Sofia me dit, mais alors, tu réponds plus ? Je dis, j'étais en train de faire un truc hier, et j'ai eu à peine de me réveiller, je suis désolé, qu'est-ce que tu veux ?

Elle me disait peut-être un peu tard, mais je voulais t'inviter au Louvre. Je dis, cool, pour le visiter. Non, non, parce que j'ai une amie qui fait des rayons X sur les œuvres et tout. Et en fait, je vais passer la tablette de bois qu'on a trouvé à Leptis Magna.

Ça te dirait d'en être, parce que tu fais partie des gens qui l'ont trouvé. Et là, j'ai mon cœur qui se sert un petit peu parce que je pense à Volodia, et à qui on a vécu des choses intenses. Je l'aimais beaucoup, il a disparu, tu vois. Et je dis, il y a Volodia ?

Il me dit, ben non, il répond pas. J'ai dit, on devrait peut-être écrire à son oncle. Elle me dit, ben son oncle, il répond pas non plus. Donc elle a essayé quand même.

J'espère qu'il va repopper dans nos vies de façon ultra soudaine comme il l'a fait un jour. Mais oui, et on pense tous les deux à la guerre en Russie et en Ukraine, tu vois, donc c'est un peu dur. Peut-être qu'il est sur le champ de bataille, peut-être qu'il est mort, je sais pas, c'est difficile quand même pour des gens que t'aimes bien, c'est un peu dur, il y a cette baisse de silence mutuelle vertigineux. Et je dis, il y a un peu de temps, il y a deux heures d'ici qu'on se retrouve.

Et elle me dit, on se retrouve là-bas à 14 heures. Je dis, non, non, vas-y, on peut y aller à midi, je fais un petit truc à manger et on fait un pique-nique. Elle me dit, c'est exactement ce que j'imaginais, et donc ma petite Luna, elle mange son thon. Moi, je prépare un petit truc très simple.

Donc je fais du riz, après je fais des boulettes de riz, donc je mélange avec des œufs battus, de la chaplure, un peu de fromage, je mets des herbes, je les refais frire, c'est toujours un peu gras, et je fais une petite sauce à côté. C'est vraiment bon comme ça, mais je fais une petite sauce piquante, genre un peu énervée, tu vois, mais un petit peu sucrée aussi. Un truc de fou. Et en dessert, j'ai de la super chantilly de chez Grom, et je sais pas, je vais passer à la boulangerie, prendre un gros fondant au chocolat, tu vois, et on fera un dip de chantilly fondant au chocolat.

Et en plus, c'est VG. Ça va être trop bien, parce que quand on rencontre quelqu'un, on ne sait jamais si c'est VG ou pas. Donc je pars avec mon sac à dos, je fais un dernier câlin à Luna, je lui dis que je l'aime, et je pars au jour. Je retrouve sur place Sophia, quasiment à 10 mètres de l'endroit, j'ai fait un pique-nique avec Anne il y a quelque temps, et en fait, elle me dit, j'ai pas hyper faim, on pourrait aller au labo tout de suite et manger après.

Je dis ok, donc on traverse le jardin, enfin l'esplanade qui est entre le jardin des Tuileries et le Louvre, on va porter des lions, et on doit donner notre identité, etc. Sur le chemin, on discute un peu, elle me dit, t'es encore dans ton jeu vidéo là ? Alors j'ai dit, bah c'est à moi de poser la question, tu m'en parles plus, alors qu'on est allé dans une agence et tout, mais elle m'a dit, moi, en fait, City of Secrets, j'ai trouvé ça hyper fort, et je me suis renseigné, parce que je pensais qu'ils avaient volé mes travaux, enfin volé, ils les ont acheté d'une certaine façon, mais ils les avaient exploité pour faire quelque chose, mais le palmyrien, tout ça, c'est une super idée, mais après, ils ont utilisé des langues fictives faites par des espèces de chars latins, donc tout l'intérêt scientifique s'écroule à ce moment-là. Par contre, les mondes virtuels qu'on a visités, comme World of Warcraft ou Active World, c'est hyper intéressant, et je suis en pleine fondation de l'INSUP, le laboratoire des mondes persistants, et elle me dit, toi, t'as continué, j'ai dit, écoute, je vais te raconter un truc fou, mais j'ai, enfin, elle ne le dit pas, d'accord, mais j'ai rencontré Moïrix, elle dit, waouh, Moïrix, alors ils l'ont modélisé comment, j'ai dit, ça ressemble à une boule de lumière, je crois que c'était comme ça.

D'accord, et tu as pu lui parler, parce qu'attention, selon les mythes hyperboréens, les dieux hyperboréens ne parlent que la langue des dieux, qui est une langue cryptique, incompréhensible au mortel, tout ça, j'ai dit, ouais, j'ai peut-être vu ça, et elle me dit, c'est marrant parce que Moïrix, ça fait partie des dieux magiques, il y en a quelques-uns dans l'histoire, c'est des dieux, mais c'est le cas aussi, finalement, de Yahweh, et Yahweh, Yahweh, le dieu des catholiques, le dieu juif, ce sont des dieux qui n'ont de pouvoir que s'ils ont des croyants. Donc Yahweh dit, tu vas créer un pays Israël, et les gens vont croire en moi, et je serai plus fort que les autres dieux, tu vois. Et Moïrix, c'était le cas, c'est-à-dire que la légende raconte, contrairement à d'autres dieux, comme, je sais pas, Aurélien Thalassarque, c'est le dieu de la vie, donc il préexiste aux hommes, mais Moïrix, il a cette idée de dire qu'il faut créer un temple, et parce que le temple sera beau, Moïrix apparaîtra. Et en fait, Moïrix, en particulier, un peu comme Yahweh, qui avait besoin d'un pays tout entier, il fallait construire un temple, puis une ville, puis un état tout autour, et de grandes contrées domestiquées par les fidèles de Moïrix, pour avoir droit à sa naissance, finalement, au milieu du temple, tu vois.

Alors, je dis, waouh ! C'est intéressant, c'est le dieu du peut-être, c'est ça ? Et elle dit exactement. Et j'ai dit, ça te dit quelque chose, l'église des premiers hommes ?

Et là, à ce moment-là, donc la collaboratrice Lucie vient de voir, elle me dit, euh, je crois pas. Et Lucie, donc, Lucie, c'est l'ami de Sophia. Sophia, elle est là, une pochette, une grosse pochette, comme un truc de peintre, là, le tableau, enfin, j'imagine la plaque de bois. Et donc, on rencontre Lucie, qui est vraiment très contente, toute fine, vraiment, des fois, je dis, elle est toute fine, là, elle est vraiment très fine, genre, et elle est habillée vraiment impeccablement, un peu comme si le tailleur, c'était l'uniforme des gens du Louvre.

Et on descend, en fait, il y a trois étages dans le Louvre, et là, on descend au sous-sol, on passe par une porte, elle dit, là, vous rentrez dans les endroits un petit peu interdits, il y a des badges, et on rentre dans cette espèce de cité souterraine qui existe sous le Louvre, où il y a, j'imagine, plein de réserves, avec des copies de la Joconde, ou je sais pas quoi, mais aussi plusieurs laboratoires, où les gens restent, mais aussi analysent les œuvres en les passant à des machines, et c'est justement une de ces machines qu'on va rencontrer. Donc on rentre dans une grande salle, où il y a un petit logo radioactif sur le côté, et dans cette grande salle blanche, elle est blanche, elle est souterraine, vraiment, mais elle est très encombrée de plein de machines différentes. Et Sofia ouvre sa espèce de pochette-malette dans laquelle se trouve encore une pochette-malette, et dans laquelle se trouve quelque chose pour protéger cette espèce de vieux morceau de bois qu'on avait récupéré dans une espèce de maison engloutie, et elle le pose sur la table, et elles sont toutes les deux en mode waaaah, super super classe, super beau, moi je vois juste des petits trucs, et Sofia explique le contexte, comment la trouver, et qu'est-ce qu'on essaie de trouver dedans, et elle montre quelque chose en haut à gauche, c'est écrit à l'envers, et c'est vraiment des petits traits, enfin, tu me montrais une planche avec des petits traits, je dis, ouais, il y a une griffe de chat, et elle dit, non, non, regarde, quand on complète cette lettre, et cette lettre, cette lettre, donc Lucie, elle dit, ah, c'est de l'ébreu, moi je ne connais pas, elle dit, c'est Avner, ça veut dire qu'il y a le mot Avner dessus. Je dis, ok, elle me dit, hé, je vois quand même, Alexis, Avner, Avner, c'est la famille des érudits qui vivaient là, donc, alors, peut-être, ça parle d'Avner, mais peut-être c'était signé Avner.

Je dis, ok, mais il y a d'autres mots ou pas ? Et elle dit, mais non, c'est la machine, elle va nous les donner. Donc, elle met une espèce de scanner, géant, et le scanner, il commence à avancer tout de suite, ça fait beaucoup de bruit, et donc, elle papote un petit peu, c'est bien au Louvre, les recherches sont fascinantes, on a beaucoup d'outils, mais tu sais, les budgets renouvelés, elle ne m'en parle pas, les budgets, moi je suis avec du privé, donc ça papote, etc. Moi je regarde un peu autour de moi, il y a des œuvres un petit peu mystérieuses.

Et, moi, j'ai un peu faim, parce que je, enfin, j'ai un peu faim parce que je pense à ce que j'ai fait, et je pense à mes petites boulettes de riz, tu vois, et je dis, ça vous dirait qu'on mange ici, et Lucie, elle dit, mais on n'a absolument pas le droit, je dis, non, mais c'est des dips, elle dit, mais t'as apporté à manger ? Je dis, ouais, et Sophia, elle a dit, bah, tu connais pas Alexi, c'est quelqu'un, on va dire, c'est un aventurier, puisqu'il est venu avec moi jusqu'en Libye, il a des tas de qualités, et il en a une, c'est qu'il ne se déplace jamais sans apporter à manger à tout le monde, et Lucie, elle est hyper impressionnée, elle me regarde, elle me regarde exactement comme Luna, quand je lui dis, on va manger du thon, et donc, je dis, ouais, j'ai des trucs cool pour vous, vous allez voir, c'est un mode dips, mais vous allez aimer, et alors, il y a le scanner qui tourne un moment, elle vérifie que la porte est fermée, elle débarrasse un gros coin de table en déplaçant une grosse machine optique, et elle dit, bon, on essaie de ne pas faire des billettes, et c'est vraiment, l'endroit, il ne faut pas manger, comment ça s'appelle, je mets mes boulettes, qui sont dans un Tupperware, mes dips, l'échantil, tout ça, on commence à manger un petit peu joyeusement, et j'adore toujours ce moment où tu donnes à manger à quelqu'un, et il le mange, un peu avec méfiance, et tout d'un coup, et la personne dit, mais c'est bon, et genre, c'est super bon, et Lucy, elle est trop impressionnée, et moi, je rigole, ça me fait plaisir de te faire plaisir, si tu nous fais des petites visites gratuites, moi, je pourrais te montrer, d'ailleurs, tu connais, je me tourne vers Sophia, tu me parlais de Moïrix et de Aurélien, je ne sais pas quoi, tu connais Kyle Orcus, et elle dit non, pas du tout, je dis, ah, tu ne connais pas tous les dieux hyper boréens, on commence à papoter, moi, je mange assez vite, et j'étais très content de manger, je suis très fier de ce que j'avais fait, je regarde un petit peu les œuvres, et il y a une œuvre un peu mystérieuse, ça ressemblerait à une grosse pierre plate, et dessus, il y avait un portrait, enfin, il y avait deux, trois personnes qui se tenaient la main avec un portrait, tu vois, et je commence à la regarder, et là, j'ai un petit problème, j'ai un petit serment du cœur, parce que c'est des visages très primitifs, genre, on dirait des peintures rupestres préhistoriques, et la personne, la personne du milieu, qui tient les deux autres par leurs mains, qui semble faire une ronde, mais la personne du milieu, elle semble les tirer en arrière, je ne sais pas pourquoi, en fait, elle a quelques traits distinctifs sur son visage, il y a vraiment très peu de choses, il y a un nez, une oreille, mais ça me rappelle Sébastiane ou Séverian, le Sinarcos, vraiment, quand je vois ça, je les vois, tu vois, et je dis, je peux prendre une photo, elle me dit non, tu peux pas, je suis désolé, parce que c'est une œuvre non identifiée, et ça voudrait dire que tu l'as vue, Sofia dit, elle se penche, elle dit, ça c'est étrange, parce que c'est des portraits assez proches, mais dans un style que j'ai jamais vu, on dirait que c'est vraiment très primitif, et Lucie, elle dit, ouais, c'est un peu une énigme, en fait, on va faire une exposition très lointainement, dans 5 ans, qui s'appelle Les Chénons Manquants, et c'est des œuvres antiques, donc ce sera après les 5 Babyloniens, et Les Chénons Manquants, c'est en fait des œuvres qui sont authentiques, qui sont datées, mais qui n'appartiennent à aucune culture identifiée, et surtout qui sont dans aucun schéma artistique, c'est-à-dire que, en gros, quand il y a une peinture qui est faite à une date donnée, il y a quand même des inspirations des œuvres précédentes, et oui, ensuite, elle va inspirer d'autres œuvres postérieures, et Les Chénons Manquants, ce sont des œuvres un peu dont on ne sait rien, en fait, si on connaît la date, évidemment, on connaît éventuellement la provenance géographique, là, ce n'est pas le cas pour ce portrait aux trois danseurs, et c'est tout, et ce sont des énigmes vivantes, d'une certaine façon, mais tôt ou tard, on pourra les placer dans un contexte, et il y a Sophia qui regarde et me dit, ça a l'air d'être antérieur à Faïoum, quand même, elle dit, oui, c'est très, très antérieur, on est dans l'époque de Gobelie Tepe, elle dit, quoi, Gobelie Tepe, alors je ne sais pas de quoi elle parle, et j'ai envie de leur dire, je connais la personne qui est sur ce portrait, mais je pose une autre question, toutes les œuvres, elles sont inspirées d'œuvres de la technique, c'est comme la science, technique intellectuelle et pratique se passe d'une époque à l'autre, donc oui, il y a toujours quelque chose qui est antérieur, et j'ai dit, comme ça, on peut remonter et retrouver la première œuvre qui n'a jamais été créée, et Sophia, elle dit, oui, comme le premier langage, l'un d'eux européens, les langages qui sont avant, ils n'existent pas, donc on reste un peu sur cette discussion, et à un moment, Lucie, elle commence à, Lucie, elle m'aime bien, je le vois, elle me regarde, là, je pense que le fait de lui apporter à manger, soit dans sa tête, elle est en train de se dire, comment je peux faire pour avoir un repas de cette qualité gratuite chaque jour, mais quand j'étais en train de me pencher sur l'œuvre, elle m'a un peu regardé aussi, et elle commence à faire des petites allusions, il a l'air gentil, voilà, et elle pose de façon un peu détournée, elle ne le dit pas comme ça, mais elle dit, sa petite amie doit avoir de la chance, voilà, donc en gros, elle dit, est-ce qu'il a une petite amie ? Moi, je regarde Sophia, parce que c'est à elle de dire, en fait, Sophia dit, non, pas à ma connaissance, elle a une petite amie, moi, je suis vachement gêné parce que, genre, les mecs que Sophia disent, oui, je suis sa petite amie, mais t'es pas ensemble, alors je dis, non, je n'ai pas de petite amie. Et Lucy, elle dit, c'est quoi le piège ?

Parce que tu fais bien à manger, t'es pas un con qui ramène sa science, et je dis, je sais pas, concours de circonstance, et elle me dit, t'es libre, je sais pas, disons, dans deux jours, trois jours, le soir ? Je dis, oui, je suis libre, tu vois, j'y croyais pas, je suis sous le choc, et elle me dit, donc, on fait quelque chose dans trois jours, et je suis vraiment, mais comme un crétin, tu vois, je réponds pas, là, je vous le parle, je suis, tu vois, et je dis, enfin, tu vois, c'est un peu comme toute ma vie, j'essaye de trouver un ticket de l'auto gagnant, et en fait, il est là, tu vois, et je dis, parce qu'elle, il faut que je dise deux trucs, elle est trop belle, trop élégante, trop intelligente, juste, le seul défaut, c'est que je la connais pas trop, tu vois, mais c'est bien, on va se connaître, et je lui dis, je t'invite à manger, bien sûr, et elle me dit, oui, j'espère, et tu feras à manger, j'ai dit, j'ai dit trop bien, j'étais comme ça, et oui, j'ai dit, t'es pas allergique au chat ? Elle me dit non, tout était bien, tout était, là, mon rêve de camion tombait totalement, j'étais à nouveau un électricien sur le chantier, je rentrais le soir et je parlais d'oeuvre avec Lucie, et on faisait l'amour toute la nuit, et on avait un petit chat, et c'était trop bien, et on courait ensemble sur la plage en riant, quoi. Et je dois vous dire que cette hyper attention directe, cette facilité dans la relation, qui était quasiment un fantasme chez moi, c'est toujours très compliqué de parler aux femmes, et le fait qu'elles soient bien en tailleur, tout ça, ça s'est un peu mélangé dans la tête, et quand je voyais une femme en tailleur par la suite, j'avais toujours ce petit rush, tu vois, qui disait tout est possible.

Bref, et Sofia, je la regarde comme un peu, et elle est poker face, ce qui m'ennuie un peu, j'aurais aimé qu'elle dise, non, je veux pas qu'elle se batte pour moi, tu vois, mais ça pourrait être toi, ça devrait être toi, ça aurait dû être toi, voilà. Quand on est sorti, elle m'a dit, on est sorti, on s'est, voilà, on s'est échangé nos numéros, j'ai dit, pas de red flag sur Lucie, ben elle dit, je la connais pas tant que ça, mais elle a l'air gentille, et elle me regarde, elle dit, vous allez bien vous entendre, je pense. Je dis oui, et je dis, je suis désolé de te dire ça, Sofia, vraiment je suis désolé, je le dis, mais tu dis un mot, et ce rendez-vous, et ce rendez-vous, je le fais avec toi. Et elle me dit, ce que je t'ai dit, au tout début de notre relation, tiens toujours, je pense que tout n'est pas résolu en toi, et moi j'ai besoin d'avoir des gens stables, parce que au début je te disais, parce que je, c'est important d'avoir des gens qui ont résolu leurs problèmes dans un couple, mais peut-être que moi aussi j'ai des problèmes, d'accord, je t'en parle pas, et quand j'aurais résolu mes problèmes, j'aurais fait la moitié du chemin, et toi tu feras la moitié du chemin.

Entre-temps, si tu veux faire des rencontres, vraiment, éclate-toi, et sois prudent, vis des grandes histoires d'amour, et aie le cœur brisé ou pas, et si entre-temps même tu fondes une famille, et que tu as des enfants, bah, moi je serais là, et je serais une très bonne marraine, tu verras. Et je comprenais pas si elle venait de me dire qu'elle m'aime ou pas, voilà. Dans tout ça, vous allez me dire, on n'a pas eu ce qu'il y avait sur la planche, et en fait, il se trouve que la machine a fait une analyse, et elle a trouvé d'autres pattes de mouches un peu partout. Sophia a trouvé quelques lettres, mais ils allaient passer ça dans une énorme machine qui fonctionne avec l'IA, ensuite, pour essayer de voir s'il y avait un texte réel dedans.

En tout cas, elle l'avait soigneusement réemballé, elle avait remercié Lucy, qui avait utilisé un petit peu de détourner un peu de biens publics pour le service d'une recherche privée financée par une société chelou, mais c'était mon ami, voilà. Dans la soirée, parce que certains businesses ne s'arrêtent jamais, j'avais reçu un mail de validation pour aller à Alzheimer's City, et je comptais y aller dès le lendemain. J'ai contacté Cassandra, et je lui ai donné rendez-vous vers 10 heures du matin, place à un seul piste. Elle m'a dit pourquoi faire, j'ai dit, attendez, vous avez pas le monopole des personnes mystérieuses ?

Et elle me dit, si vous me donnez pas une bonne raison, j'ai mieux à faire. Alors, j'ai dit, un, vous êtes pas très sympa, vous pourriez mieux me parler parce que vous me donnez des ordres tout le temps. Deux, ça fait partie du plan pour Alzheimer's City. Et elle me dit, d'accord, c'est vrai, c'est vraiment parti du plan parce que je vois aucun lien.

Et je lui ai répondu, vous ne voyez aucun lien, parce que vous n'avez pas de cœur, Cassandra, mais demain, sans sulpice, croyez-moi, je vais vous faire découvrir quelque chose d'extraordinaire et même une personne qui n'a aucune émotion, eh bien, comme fou, passera un très bon moment et en plus, ça servira pour notre plan. Et elle dit, ok, demain 10 heures, point. Et voilà, voilà ce que c'est de traquer des gens qui n'ont pas d'émotion.