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Luna Invicta - Episode 59

Épisode
59
Date
28 août 2026
Durée
36:39
Série
Luna Invicta

Cet été FibreTigre vous propose un voyage quotidien, dont voici l'épisode 59.

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Luna Invicta, 59. Pour faire court, je me suis ramené dans la maison de Fenrir et j'ai du mal à trouver. J'étais énervé. Je suis rentré.

Il était là. Il n'était même pas assis. Il y a une belle table en bois un peu ancien avec des chaises et tout. Il y a les trois meufs à l'avant.

Il n'est jamais assis autour de la table. Il est toujours assis sur les escaliers qui montent à l'étage. Il est toujours avec ses gants noirs, son truc noir, sa chaîne à la con et c'est... Je t'ai énervé.

Je t'ai énervé, tu vois ? Je t'ai énervé. Je pose la tige en fer, qui ne sert à rien, sur la table. Et je dis...

C'était vraiment nul. C'était nul, d'accord ? Et il me dit, ben pourquoi ? Nappes et tout, les glaces.

La pizza marinara. Je dis, mais... Fenrir, il y a des gens qui sont morts. Ils se sont fait tirer dessus.

Et il fait un geste genre... Genre, c'est pas grave, tu vois ? J'ai dit, non ! Moi, je ne suis pas dans...

Moi, je veux dire quelque chose de Fenrir. À chaque fois que je vous vois, il y a des gens qui meurent. Et moi, des gens qui meurent, je déteste ça. Même si c'est des méchants, OK ?

J'ai pas envie que personne ne meure. Ça me plaît pas du tout. Donc, je vous pose ça. Et c'est bien.

Alors, il me coupe. Il dit, ouais, c'est bien. Maintenant, je vais vous montrer quelque chose. J'ai dit, non, c'est terminé.

Vous me montrez plus rien du tout. Je pense, d'ailleurs... Je pense que vous m'avez hypnotisé. Parce que pendant tout...

Tout le moment où je suis allé là-bas, etc... En fait, j'avais même pas envie d'y aller. Mais vous m'avez dit... Je me souviens.

Vous avez utilisé le futur. Vous avez dit, tu feras ça. Tu iras là. Il se passera ça, tu vois ?

Et à un moment, j'ai même... J'ai même psychoté. Je me suis dit... En fait, ce gars, il a un pouvoir.

Quand il dit des trucs, ça arrive. J'ai pensé que vous étiez une sorte de créature surnaturelle. Ça le fait rire, en plus, tu vois ? Vraiment, il se met à rire et tout de fou.

Et j'ai dit, mais en fait, pas du tout. Je peux parler plus fort que lui. Je disais, pas du tout. Vous vous hypnotisez les gens.

Parce que moi, je me vois tout à fait... J'étais dans cette putain d'église, l'église de Fenrir. Je sais même pas votre nom, en vrai. J'étais dans l'église de Fenrir.

C'est un truc qui appartenait aux gens d'Alta-Biancais et de la Verdictnir ou je sais pas quoi. Et je me suis levé pour le prendre. Comme si j'étais obligé. Et c'est vous, vous m'avez hypnotisé.

Et là, il dit... Genre, hyper froid, je vous ai pas hypnotisé. Je dis, mais je vous crois pas. Voilà, donc c'est comme ça.

Et il y a un pauvre gars. Un gars qui était venu m'apporter des gnocchis à la tomate. Qui est vraiment un plat en plus délicieux. À un moment, j'en ai pas mangé un seul.

Vous savez ce qu'il s'est passé ? Il a eu un coup de fusil. Et il est mort. Et j'étais recouvert de son sang.

Et ça, je l'oublierai jamais. Je pense que ça va hanter mes cauchemars. Et des cauchemars, je m'y connais. Et ça, c'est à cause de vous.

Donc, c'était cool. On s'est vu. Mais moi... Alors, je vous déteste pas forcément parce que j'essaie de pas détester les gens.

Je vais arrêter de faire vos cas de volonté et je vais bouder. Voilà, c'est ça. Et donc, je commence à m'en aller. Et là, il me retient.

Je m'aperçois qu'il est quand même très grand. Très grand. Et il pourrait... Genre me casser le poignet ou le bras, tu vois.

Et... Il me dit... Le personne qui s'est pris un coup de fusil... Vous rassurez-vous, il est pas mort.

Alors, j'ai dit... T'en sais quoi ? Du coup, le tutoiement et le mouvement, c'était inversé. T'en sais quoi ?

D'une part, t'étais pas là. Et d'autre part, je te garantis qu'il est bien mort. Et là, il le redit de façon hyper ferme. Il dit...

Vous m'écoutez bien ? Je le sais. De la même façon que je savais que vous iriez, vous trouveriez tout ça. Vous avez trouvé une île qui n'existait sur aucune carte et pourtant elle était là.

Il y a des choses que je sais. Et je vous garantis. Je vous garantis que si vous m'écoutez et que vous me croyez, cet homme, il est pas mort. Il est pas mort.

Il est dans un hôpital, il est dans un sale état. Mais dans un an, il sera comme avant et tout ira bien. D'accord ? Ni celui-là, ni un autre, ni personne.

Il y a personne qui va mourir suite à votre escapade à Alta Bianca. Vous avez compris ? Alors, je soupire et je dis... Ben non, j'y crois pas.

Et là, il insiste avec sa grosse voix si vous y croyez. Vous avez compris ? Ben je dis OK. Ben j'espère en tout cas.

J'espère pour vous. Et il me dit... Je comprends que ça vous a un peu bouleversé. Ça s'est pas passé tout à fait comme prévu.

Vous savez, il me tient le poignet et il me fourre dans la main 1000 euros. Encore, enfin, je suis pas... Beaucoup de billets de 100 euros, tu vois. Mais je pense qu'il y en a au moins 10.

Et il me dit vous allez prendre ça, vous allez vous prendre des petites vacances, vous allez dormir le temps qu'il faut, vous allez manger les trucs que vous aimez bien. Quand vous êtes retapé, vous revenez ici. Et comme il me serrait vachement fort, en fait, j'ai ouvert la main et les billets sont éparpillés parce qu'il y avait quand même pas mal d'argent. Donc là, il me lâche.

L'argent, c'est important pour moi. C'est important parce que j'aime l'argent mais parce que j'en ai pas. Même si j'ai un environnement hyper privilégié, moi, j'ai besoin de me payer à bouffer, de payer les trucs, payer l'internet. Et en fait, il y a tous ces billets par terre et vraiment, j'ai cette pulsion en moi d'être comme un chien et de me jeter sur cet argent.

Mais je voulais pas lui devoir des trucs à ce gars. C'est fini. Il était un peu chelou, j'avais vu des trucs un peu traumas. Mais là, ce truc-là, je suis persuadé qu'il m'a hypnotisé ou je sais pas quoi, il est en train de m'hypnotiser pour me dire que le gars, il est pas mort.

Et je commençais à le croire. Il me parlait avec une telle assurance. Et je suis sûr qu'il y a un truc chelou avec cette histoire de j'affirme des trucs et ça apparaît. En fait, je me suis retenu de me jeter comme un chien sur le sol et juste me suis en allé sans prendre l'argent.

Et je m'en suis énormément voulu parce que je vous donne ce conseil dans la vie. L'humiliation, ça dure 5 minutes. Et en vrai, c'est jamais mauvais de se prendre une petite dose d'humiliation. Ça va remettre les choses en place.

En revanche, 1000 euros, ça peut durer quelques mois. En tout cas, je suis rentré chez moi. J'étais énervé. Mais en fait, j'étais aussi fier de ne pas avoir pris l'argent, d'avoir un peu coupé les ponts avec ce gars chelou, de me secouer la tête de tout ce qu'il me dit.

Et j'étais content de retrouver mon petit chat, Luna. La vie reprenait. Et je me suis réveillé. D'abord, la nuit.

Parlons de la nuit. Je sentais que j'allais pas être bien. Mais je voulais pas prendre de la drogue de Gérald. Donc ce que j'ai fait, c'est que j'ai fait la technique de je pense au palais des dieux ou dans le pays des Raleigh ou je sais pas quoi.

Donc j'ai fait la technique. En fait, la technique a pas marché. J'ai pas réussi à me projeter. J'ai pensé.

J'ai fait la même chose que chaque fois. Et cette fois-ci, ça a pas marché. Je me suis dit, bon, ça va. Et je me suis endormi.

Et ça y est, j'ai commencé à re-réveiller de la plage et le grand couteau. Et le gars, donc le fameux Patrice, tu vois, qui m'avait poignardé tant de fois, qui m'avait fait réveiller en sueur, dont j'avais vu le corps en coma, Alzheimer's City, tu vois, réapparaître devant moi. Et en fait, j'étais pas en colère. Je t'ai pas terrifié.

Je t'ai juste saoulé, tu vois. Vas-y, vas-y, poignard de moi. Par devant, par derrière, comme tu sais faire. J'en ai marre, tu vois.

Et j'ai tellement... J'aurais dû faire ça depuis le début parce que j'étais tellement saoulé que genre, il a pas eu envie. Il a dit pas ce soir. Et il est parti.

Si j'avais su, si j'avais su que c'était ça, ça aurait été plus simple. Mais je me suis quand même réveillé à la suite de cette altercation dans la nuit, alors pas avec le poids sur le cœur, mais saoulé tout juste, tu vois, et j'ai relancé un petit message pour avoir Dian, en disant Dian, désolé, je sais que c'est la nuit et tout, mais j'ai un peu besoin de toi, là. Et pas de réponse. Donc Dian et elle étaient occupés à faire quelque chose.

Donc la vie reprend son courant. Quelques jours passent. Donc mes jours, c'est je caline Luna. J'appelle ma rane qui me dit Ah, j'ai pas trop de boulot en ce moment pour toi.

Je sais qu'il y a forcément du boulot pour moi mais il a pas trop envie que je lui attire des ennuis. Je fais j'appelle les copains. Je joue pas trop aux jeux vidéo parce que il faut enfin, la console c'est assez compliqué de jouer à la console avec le gros piano, là. Je fais à manger.

Et en fait, je réfléchis à comment gagner un peu d'argent. Et en fait, tout simplement, j'ai une méthode très simple. C'est que je fais faire les plats pour Vasseur. Vous savez, Vasseur, il m'a demandé une escort et des bons petits plats.

Et en fait, j'ai commencé à aller chercher les meilleurs desserts de Paris, des bons éclairs, des bons petits gâteaux au chocolat, évidemment, les macarons de Jean-Pierre Hermé. Donc j'ai fait les meilleurs pâtisseries. À chaque fois en plus, je m'en prenais une pour moi. Et j'ai commencé à faire des bons poulets à la crème, des risottos top class.

Alors, je sais que moi, j'avais dit que j'allais moins manger de viande et j'essayais de m'y tenir. Mais lui, j'ai lu lui faire de la viande. C'est cool. Les bons plats, j'ai fait des petites brochettes.

L'autre jour, vraiment brochette satay. Vraiment brochette satay, du riz, quelques crudités et la bonne sauce. Mais vraiment, là, j'en vous en parle, j'en ai l'eau à la bouche. J'étais hyper content de...

Je me suis un peu reconstruit dans le bonheur en faisant de la cuisine. Et c'était très rigolo parce que je faisais une grosse part, je mangeais un peu et j'en donnais un peu à Luna. Et tout le monde était content dans la cuisine. On se mettait de la bonne musique et c'était chouette.

Je sais pas si je vous l'ai dit, mais je suivais les... Romain avait uploadé des leçons de piano sur YouTube. Donc, je les faisais tant bien que mal et je commençais à prendre le pli et c'était très bien. Et même un jour, Irina, elle m'a croisé dans l'escalier, elle a dit c'est toi qui joues de la musique, mais c'est vraiment très beau.

C'est chouette. Tu pourras me montrer. Je dis pas de problème. Ça y est, j'avais éliminé de ma vie les gens pénibles qui me demandaient des trucs et je commençais à aller mieux.

Et j'ai commencé donc à faire ces plats à réchauffer dans des espèces de Tupperware un peu classe que j'avais acheté. Et vraiment, je doublais le prix. Ça me coûtait, disons, 35 balles. Je disais, hey, ça va faire 70 balles.

Mais ils recevaient ces petits plats et c'était quand même meilleur que la cantine. Et de toute façon, le bon resto, il était un peu loin. Il était pété de thunes et je le tenais par les couilles, littéralement, puisqu'il espérait que je lui apporte à un moment une escort. Mais je laissais un peu durer cette question parce que je savais pas trop comment y prendre et j'avais pas trop envie de faire ça non plus.

J'ai commencé aussi à me balader un petit peu. Et un soir, devant une bouche de métro, alors que je rentrais, on était dans la bouche de métro de la ligne 7 côté Châtelet, qui est proche de la place de l'Hôtel de Ville. Et je vois un gars, qui a un SDF, qui demande une petite pièce, tu vois. Et je me dis, attends, ce gars-là, j'ai déjà vu, mais où est-ce que j'ai vu un SDF, etc.

Et en fait, je me souvenais que c'est un gars à qui le Sinarchos, qui est encore un type sinistre, avait donné de l'argent et il avait donné aussi deux cigarettes. Et c'est là que j'avais dit, tiens, il est vachement sympa, alors que le mec, c'était littéralement le pire gars que je connaissais. Et donc je vais voir ce gars, qui me dit, alors moi je lui dis, ben salut, je m'appelle Alexis, lui me dit, ben je m'appelle Pierrot, il est plutôt content, t'as une petite pièce, ouais, je lui donne une pièce, et tout. Et je lui dis, ben, tu peux me raconter ta vie, parce que c'était pas un gars du Sinarchos, pourquoi le gars avait été sympa, est-ce que ils sont fondamentalement sympas, et avec ce vertige de, est-ce que depuis le début, les méchants sont les gentils, et inversement, tu vois.

Et en fait, il me parle de sa vie, c'est un mec qui était plaquiste, donc on a parlé un peu de chantier, qui venait des pays de l'Est, il avait une tête de Popeye, et il avait une grosse barbe et des cheveux gris, toussé tout le temps, et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'il a eu un divorce, sa femme l'a quitté, et ça l'a tué, en fait, et en fait, il est devenu SDF du jour au lendemain, il a pas réussi à s'en remettre, genre, il a fait un blocage mental, et Dieu sait que je l'ai compris, tu vois, il a fait un blocage mental, il a pas pu continuer une activité sociale et professionnelle, il s'est complètement isolé, et depuis, en fait, il est jamais remonté, et entre temps, il a eu un cancer du poumon, il a fait une chimio, il s'en est sorti, et quand j'ai compris qu'il avait un cancer du poumon, et qu'il clopait comme un malade, et que le synarcos, le gars Sébastien ou Séverian, ou je sais pas qui d'autre, ou Sylvanian, avait donné deux cigarettes, j'ai compris que c'était pas du tout bienveillant, et je commence à me dire comment je peux faire en sorte pour ce gars-là, il arrête de fumer des cigarettes, et que sa vie aille mieux, mais j'allais pas l'inviter chez moi non plus, et j'ai fait un truc, c'est que, quand je faisais une part pour Vasseur, une part pour Luna, et une part pour moi, je faisais aussi une part pour lui, et vous savez, j'ai dit que ça coûtait 35 euros, mais en fait, ça coûtait moins, du coup, c'était, pour Vasseur, c'était un prix d'un resto parisien plus plus, mais livré chez lui, il allait juste à le mettre au micro-ondes, enfin livré dans son bureau, il allait juste à mettre un micro-ondes et tout, donc c'était cool, c'était supportable, mais du coup, c'était de la bonne bouffe, et j'ai commencé à en faire, et j'ai commencé à en apporter à Pierrot, tu vois, et donc, il était ultra content, t'imagines, et en plus, c'est de la bonne bouffe, et là où il cloppait quand même, et je pouvais rien faire, tu vois, je vais pas dire arrête la clope, le mec, voilà, mais, ce qui est bien, c'est que comme c'était très bon, il savait du goût, au moins il fumait pas avant et après, tu vois, parce qu'il profitait un peu du goût, et vraiment, c'était trop trop bien, et je suis revenu à, enfin, vraiment dès le lendemain, jour 2, où j'ai fait ça, et j'attendais pas qu'il me dise merci ou quoi, ou qu'on soit pote, mais juste l'ai fait, tu vois, et jour 2, en fait, il avait apporté un pote qui lui, genre, il parlait, genre, pas un mot français, j'ai même pas compris son nom, et ils attendaient tous les deux la portion, et ils l'ont partagé en deux, tu vois, il a dit, ouais, c'est mon pote, il a vécu la guerre, je sais pas où, tu vois, et regarde, il lui manque un doigt, il l'a perdu sur le front de je sais pas quoi, tu vois, il raconte une histoire vraiment tragique, je sais pas si c'est vrai, parce que je pense qu'il parle un langage incompréhensible, l'autre, mais il partage le repas, et je dis, mais c'est trop bête, et je pense, en fait, à repenser toute l'architecture de cuisine, c'est-à-dire, je me dis, je vais baisser un tout petit peu la qualité, je vais quand même mettre beaucoup de beurre, comme ça il aura l'impression que c'est très bon, je vais prendre des matériaux de base, comme le riz, les pâtes, qui sont pas trop chers, tu vois, des ingrédients vraiment de... qui donnent beaucoup de saveurs, tu vois, un truc très travaillé, mais avec des ingrédients de base qui sont pas trop trop chers, et je vais faire des grosses portions, et donc je vais pas en faire un, deux, trois, enfin un pour Vasseur, un pour Luna de ça, je vais en faire un plus dix, c'est-à-dire que Vasseur, sans le savoir, il va nourrir dix personnes, tu vois, et effectivement, en fait, le jour même où j'ai commencé à faire ça, le pote, qui avait un doigt en moins, il a apporté à un autre gars, et donc ça allait se propager, et donc en fait, là-bas, là, à Châtelet, donc ça posait problème à Châtelet, parce que c'était pas loin d'un commissariat, donc on s'est trouvé à un endroit beaucoup plus, on va dire, sympathique, c'était un peu loin de chez moi, malheureusement, mais c'était en 18e, un peu à l'écart, à l'entrée d'une impasse, tu vois, où je faisais la distribution de dix repas, et je disais, je suis désolé, j'ai que dix repas, mais si on peut le partager, et si vous pouvez le partager, et j'arrivais à m'en tenir, c'était un peu le but, donc au début, je faisais un petit peu de bénéf, là, je faisais plus trop de bénéf, j'étais un peu à l'équilibre, mais bon, je sais pas pourquoi je fais ça, parce que c'était cool, en vrai, et le jour où j'aurais plus d'argent, peut-être que j'irais voir mes copains, les clochards, et je leur demanderais de l'argent, c'était ça mon délire, tu vois, et j'ai j'étais en train de faire ça, j'ai eu des problèmes avec la police, parce qu'on peut pas faire des distributions de soupe populaire comme ça, il faut s'organiser à l'avance, alors que du repas, j'ai eu des problèmes avec avec des gens qui me filmaient aussi, et en fait, il y avait encore des gens qui me poursuivaient, me persécutaient, parce que j'étais vous savez, c'était cette histoire de roi des guets sur les réseaux, et je voulais pas trop me faire remarquer, donc j'ai changé de quartier en 3 semaines, j'ai fait le 14e et après, je suis retourné dans le quartier patron de chez moi vers le 5e, et là, j'ai eu une altercation. En fait, dans le 5e, j'étais on sait, il y avait un minuscule parc rue Monge, et j'ai fait ma petite distribution, et voilà, j'avais juste eu des rendez-vous, et ils m'avaient attendu toute la journée, tu vois. Bon, après c'est bon, mais ça m'a fait très plaisir, et donc je leur ai donné les 10, et là, il y a des gars, qui viennent me voir, en disant mais tu donnes Donc, il y a deux personnes, bien habillées, ils étaient jeunes, ils avaient à peu près mon âge, tu vois, et ils me disent, mais et aussi, information importante, ils sortaient de l'église Saint-Anne-Saint-Machin-du-Chardonneray, ils sortaient de cette église-là, une église qui, j'allais la prendre, une église tout à fait spéciale. Mais donc, en gros, la rue Monge, quand vous remontez le pouvoir Saint-Germain, il y a un Fred, qui fait des merveilleux, et il y a cette église, Saint-Nicolas-du-Chardonneray, et donc, le jardin était à côté, à côté de la mutualité, et ils me disent, ils ont une sorte de sourire, tu vois, et ils me disent, ah ben, tu fais de la distribution aux gens d'ici et tout, et j'ai dit, ben, ouais, et je me suis dit, ils vont me sortir des trucs chrétiens, mais bon, a priori, je suis du bon côté de la loi, tu vois, enfin, la loi chrétienne, je distribue aux pauvres, et ils me disent, mais nous, on fait déjà des distributions, des distributions de nourriture, on commence à parler, et je me suis dit, ben, je vais peut-être recruter des gens, je vais commencer à faire une grande affaire, tout ça, etc.

Et, en fait, je discute avec eux, et je m'aperçois que c'est des chrétiens intégristes qui font des distributions de soupes aux cochons et aux lards, pour pas en donner aux musulmans. Et, en fait, au début, je comprends pas, tu vois, mais à un moment, je comprends, enfin, vraiment, ils me parlent de ça, et pour moi, j'ai dit, ouah, c'est trop bien, on fait de la distribution aussi, mais il faut s'y mettre, il faut qu'on s'associe et tout, et eux, ils comprenaient pas que je résistais comme ça, parce qu'ils comprenaient pas que j'étais bête, et quand je comprends qu'en fait, ils donnent pas de la nourriture, enfin, ils font de la discrimination aux gens qui font de la nourriture, je dis, mais en fait, vous êtes, genre, des nazis, le mec s'est hyper énervé, et vraiment, genre, il dit, ben oui, on aime pas les gens comme toi, il me frappe, et genre, il me met à moitié KO, je suis par terre, tu vois, et enfin, il y a des petites étoiles autour de ma tête, je l'ai pas vu venir, et je commence à saigner du nez et tout, et là, il se passe un truc, c'est que Pierrot et tous ses potes, ils sont à l'autre bout de la rue, là, ils sont en train de manger, ils se lèvent, genre, ils courent, comme s'ils avaient le diable à leur trousse, et ils se jettent sur les gars, et ils commencent à les massacrer, et qu'il y avait au restaurant à côté, parce qu'il y a un restaurant, il y a deux restaurants, il y a un brésilien, il y a un autre, à côté, là, il y a des gars, ils commencent à filmer, et il y a un journaliste, qui est là, et qui m'aide à me relever, il me dit, est-ce que vous pouvez m'expliquer ce qui se passe ? Et moi, je dis aux gens, mais arrêtez de les, arrêtez de leur taper dessus, je vous en supplie, tu vois, et j'ai dû vraiment les séparer, et dire à Pierrot, s'il te plaît, calme-les et tout, on va faire un esclan, déjà, voilà, et on se redonne rendez-vous, et je dis, en fait, je leur ai dit qu'ils étaient des nazis, ils n'ont pas apprécié ce que je comprends, mais je crois que c'est des nazis, et je saignais du nez, mais il y a une fontaine, tu vois, et je dis, maintenant, je vais repartir avec mes potes, et voilà, ils me disent, mais faites quoi ? Je dis, non, mais rien, je leur fais de la nourriture et tout, et donc je n'ai pas du tout envie de leur parler, je n'ai pas envie d'avoir le roi des gays d'eux, tu vois, donc je repars avec mes potes, et je dis, il faut absolument qu'on s'organise et qu'on n'ait pas d'ennui, parce que vous ne pouvez pas savoir, il y a un truc qui est dingue, là, on est dans les années 2020, si tu fais de la nourriture et que tu veux la distribuer aux gens, qui n'ont pas de nourriture, c'est compliqué, genre, c'est compliqué, tu ne peux pas le faire comme ça, tu vois, et et en fait, je me dis, il faut que je rencontre des gens qui font ça, des soupes populaires, que je les aide, à ma façon, d'une certaine façon, qu'on fasse ça peut-être pas tous les jours, et que j'emmène Pierrot faire ça, voilà, donc je commence à avoir un nouveau plan, vraiment, ils sont là, ils disent, tu sais, on te protégera toujours, voilà, attends, tu saignes du nez, je t'aide, et les mecs, ils avaient des trucs absolument pas propres, je dis, non, non, s'il vous plaît, je vais me désinfecter chez moi, tu vois, et je leur dis au revoir, j'essaie de rentrer discrètement chez moi, et les jours qui viennent, il se passe deux choses, c'est que avec Pierrot, parce que c'est lui que j'ai commencé, et que je voulais un peu chouchouter, que j'allais lui apporter sur le quai, de la ligne 7, à Châtelet-Léal, de temps en temps, un petit plat, mais que j'allais aussi contribuer avec l'argent de Vasseur à des soupes déjà installées, qui existent, des soupes populaires, des descriptions de nourriture qui sont là, je sais pas si vous vous en souvenez, il y en a une, par exemple, au Père Lachaise, de temps en temps, il y en a une aussi, place du Châtelet, et j'allais aider du mieux que je pourrais, en fait, je sais pas pourquoi ça m'a pris du jour en demain, et c'est quelque chose qui, quand j'étais à Paris, deux fois par semaine, un peu comme mes cours de piano, je le faisais, voilà.

Mais il s'est passé autre chose, depuis, c'est que, en fait, il y a quelque chose un peu de juteux pour le journaliste, c'est la fameuse question de la soupe aux cochons, et de la description de nourriture, et de l'aspect chrétien des choses, et aussi j'ai appris que Saint-Nicolas-du-Chardonnet, c'était une église qui a fait sécession avec le Vatican, justement, pour des idées un petit peu intégristes, voilà. Et tout ça, ça crée quelque chose d'un narratif intéressant pour que ça passe aux informations, et que ma tête, avec le nez ensanglanté, qui disait, non, non, mais c'est des nazis, tu vois, genre de façon hyper casual, non, mais en fait, en fait, c'est des nazis, tu vois, et c'est passé un peu un petit même, tu vois, et, et ce qui s'est passé, c'est que si les gens qui détestaient le roi des Gais, ils se sont dit, mais attends, le roi des Gais, il tape des nazis, et il donne de la nourriture aux gens, tu vois. Et en plus, j'expliquais que je faisais à manger chez moi, je le rapportais, que j'avais un petit club sélect de SDF qui avait du mal à se nourrir, et je les aidais, tu vois. Et en plus, parce que j'avais été interviewé, je fais expliquer l'histoire de chacun, j'ai dit, bah lui, il est arrivé ça, regardez, lui, il a perdu son doigt à la guerre, lui, le pauvre, il est survivant d'un cancer du poumon, et vous savez, on croit que c'est des gens qui sont pauvres, et surtout, c'est des gens qui ont vécu des drames, vous comprenez ?

C'est là vachement possédé par le truc ! Et et aussi, cette idée, j'ai pas trop envie de me mettre en avant, c'est-à-dire, je voulais partir parce que je voulais pas avoir d'ennui, et ça a complètement changé les trucs, c'est-à-dire que, non seulement, les gens disent, ah, mais attends, c'était le gentil depuis le début, tu vois. Et, il y a des gens aussi, vraiment pas très sympa, il y a des gens qui ont dit, mais moi, depuis le début, je savais que le roi des Gais, c'était pas lui, et j'ai cru à sa vidéo, alors que je sais que personne a cru à ma vidéo et tout, mais en plus, les gens sur Internet, ils se sont embrouillés entre eux, en mode, toi, t'as pas cru à sa vidéo alors que c'était trop vrai et tout, mais non, c'était toi, et vraiment, il y a eu une sorte d'escalier, de dénonciation, d'exil social, de... Je crois que, de toute façon, sur Internet, les gens, ils veulent s'engueuler, c'est ça, le prétexte, n'importe quel prétexte, c'était bon, mais, ça a changé quelque chose d'énorme à ma vie, c'est que déjà, j'ai fait de la cuisine plus souvent, ça m'a fait extrêmement plaisir, j'ai commencé à rentrer un tout petit peu d'argent avec ma sœur, et j'ai aussi donné de mon temps et de mon argent, et pourtant, j'en ai pas beaucoup, pour des gens qui en avaient besoin, et ça m'a... et je dois vous dire quelque chose, c'est que aider les gens, ça change un homme, c'est-à-dire que vraiment, quand vous demandez de l'aide, et quand vous aidez en retour, ça reconfigure le cerveau, ça rend différent, et vraiment, c'est quelque chose d'extraordinaire, je vous invite à essayer, si vous ne le faites pas déjà, et en fait, j'avais résolu plein d'ennuis d'un seul coup, et c'est-à-dire que les gens, ils venaient vers moi dans la rue, j'avais encore un petit peu d'angoisse, en mode, ils vont me dire que j'ai fait quelque chose de mal, et en fait, plus souvent, ils disaient que j'ai fait quelque chose de bien, alors que j'avais fait quelque chose qui était inévitable, chacun d'entre nous, tôt ou tard, se met à aider son prochain.

Un soir, que j'avais un peu de temps, je suis passé voir Sam, c'est lui, et j'avais fait un petit peu à manger, et il était content de me voir, il est toujours avec son mur de la conspiration, ses recherches Internet, il avait des tas d'histoires de voyages dans le temps, de preuves de voyages dans le temps, et il m'expliquait que selon lui, il n'y avait aucune preuve que la... D'après ses dires, on est certain de l'existence du temps, qu'entre 1900 et, on va dire, 2010, parce que après, il y a l'IA, et donc on peut créer n'importe quoi avec l'IA, et qu'avant, on n'a pas de preuves vidéo, par exemple, donc si ça se trouve, il ne se passait rien avant, tu vois, et que tout d'un coup, la technologie serait apparue, et que le travail des historiens n'est pas tellement utile. Bon, toujours ce type de choses très distrayantes. On a regardé Alien Theory ensemble.

C'est rigolo, parce que moi, je regarde Alien Theory, Alien Theory, c'est une émission qui dit que il y a des extraterrestres qui sont nus il y a très longtemps sur la Terre, et que genre Jésus, c'est un extraterrestre, Judas, c'est un extraterrestre, Moïse, c'est un extraterrestre, les Égyptiens étaient des extraterrestres, tout le monde était des extraterrestres, on se demande si il y avait des humains sur la Terre. Mais, c'est assez rigolo, parce que moi, je les regarde et j'y crois pas, et lui, il dit, c'est n'importe quoi, c'est pas des extraterrestres, c'est des voyages temporels. Voilà. Et, j'ai dit, ce soir, je viens, mais tu me demandes pas si j'ai pris le livre de la course de 1937, dossier que j'avais pas encore réglé, que je comptais jamais régler de ma vie, mais je sais qu'il me saoulait à chaque fois, il me dit, promis, on était contents de se voir, on a passé un bon moment, on a un peu joué à Mario Kart aussi, et je lui ai dit que j'étais allé sur une île qui n'existe pas, Alta Bianca, il me dit, une île sur aucune carte, j'ai dit, une île sur aucune carte, incroyable, tu vois, il m'a dit, et là, vraiment, pour lui, évidemment, il dit, mais tu sais qu'il y a des morceaux d'île, tu connais la légende de Ys, YS, alors je dis, non, non, il dit, c'est une île qui apparaît tous les 300 ans, j'en suis mergé et réémergé au large de la Bretagne, mais en fait, c'est pas une île qui apparaît, c'est simplement qu'il y a un dôme temporel qui fait en sorte que l'île, elle, elle vit continuement, mais le dôme temporel la transporte tous les jours de 300 années dans le futur, tu comprends ?

Pour lui, tout était clair, et donc Alta Bianca, c'était une île qui, comme par miracle, existait les trois jours où j'y suis allé, mais pas d'autres jours, mais bon, ça c'était faux, mais j'ai parlé des églises, des églises des premiers hommes que j'avais vu au Caire, à Paris, maintenant sur cette île Alta Bianca, et il me dit, incroyable, moi j'ai un pote, il est entré dans le rabbit hall des églises des premiers hommes, et figure-toi qu'il est allé dans l'église des premiers hommes qui se trouve à Londres, j'ai dit, ah bon, il y en a une à Londres ? Oui, à Londres, l'église de Caelorcus. Alors, quand il me dit Caelorcus, ça me rappelle des trucs, c'était un truc que j'avais vu dans la bibliothèque de mon père, je m'étais embrouillé avec Anne, l'éditrice sur ce sujet, puis on a vu que c'était un Anunnaki au Louvre, donc il passait plein de choses dans ma tête, je dis, ah bon, Caelorcus, l'Anunnaki, il dit, mais oui, c'est un Anunnaki, je sais pas comment tu sais, mais t'es hyper calé, bravo, tu vois, il s'est rappelé derrière et tout ça, mais ce que tu ne sais pas, c'est qu'il est allé à Londres, parce que sous Londres se trouve Londres, la capitale de l'Angleterre, j'ai dit, oui, par position à Londres, la capitale des Etats-Unis, Londres, sous Londres, se trouve une église, il est allé dans l'église, et tu sais ce qui lui est arrivé, j'ai dit, non, dis-moi, il a disparu, il n'est plus jamais revenu, et là, je lui dis, je vais te dire, il est mort, et tu vas me répondre, en fait, il a été projeté dans le temps, il me dit, exactement, maintenant, tu sais tout, voilà, c'était une discussion très distrayante. Au titre des choses que je devais faire durant cette période, un peu de cool down entre aventures spéciales et extraordinaires, et avec un gros pansement sur le nez, parce que c'était là que je m'étais, enfin, je m'étais fait frapper par les gars de l'église, là.

Je suis retourné au cercle de l'Avurgence Anonyme, où j'ai rencontré bon, les gens étaient contents que je revienne, et le gars était toujours un petit peu perdu, et à chaque fois, il me voyait dans un sale état, donc là, j'ai dit, ouais, je me suis embrouillé avec des gens, mais je vais pas me venger, ça y est, je ne me vengerai plus jamais, des fois, et j'ai dit, juste, je fais un truc, parce que j'ai raconté l'histoire de... pas dans les détails, mais qu'il y avait un gars qui m'a fait une rire, qui m'a pété les couilles, et j'aurais pu me venger, et en fait, simplement, j'ai dit, je boude, voilà, et il me dit, c'est très bien, bouder, on a le droit de bouder, c'est pas violent, ça dure pas longtemps, et puis ça vous la porte à la réconciliation, et donc, au niveau de la réconciliation, il y a un gars qui a raconté une histoire, mais incroyable, donc je vais vous la raconter, ultra malaisante, c'est-à-dire que pendant que quelqu'un a raconté cette histoire, il y a des gens qui sont levés, qui sont partis, donc vous pouvez... enfin, cette histoire n'a pas d'impact sur la suite de mon récit, donc si vous voulez pas l'entendre, vous pouvez arrêter là, mais en gros, donc, il me raconte cette histoire un peu dingo, donc le gars, il est informaticien, cadre sub, dans une boîte, il s'appelle Léonard, et... il est très psychorégide, il l'admet, il dit, moi je suis psychorégide, c'est pour ça que je suis un bon programmeur, moi ça compile tout de suite, tu vois, et d'ailleurs, il est habillé un peu impeccable et tout, et un jour, il y a un gars, en fait, il a un collègue de travail, qui est très anarchique, chaotique, et avec lequel ça se passe pas du tout, il lui demande un truc un jour, donc le collègue lui demande à Léonard un truc, et... et Léonard dit, je ne peux pas, et il pouvait pas, pour plein de raisons, parce qu'il avait une tout doux, il avait des choses plus importantes, et le mec, il a dit, va enculer ta mère, il lui dit ça, tu vois, et Léonard, il réagit pas, mais, ça le bouleverse, en fait, il est paralysé, il sait pas comment réagir, tu vois, et c'est là que naît un truc, et il dit, il rentre chez lui, il dit, un mec comme ça, il peut pas me dire ça, c'est insupportable pour moi, et je vais me venger. Et donc, il réfléchit à sa vengeance, et dès le lendemain, il va plus au boulot. Il commence à stalker le gars, et tout, et... et en fait, il... en fait, il commence à stalker la famille du gars, et il part en Auvergne, dans un petit village, et il loue une maison, et en fait, à côté de sa maison, il y a une autre maison, dans laquelle vit une petite meuf de la campagne, genre 50-60 ans, blonde, très mignonne, et il commence à la draguer, enfin, être très sympa avec elle, très courtois et tout ça, et elle fait de cette meuf blonde, mignonne, un peu seule, divorcée. C'est la mère du gars qui l'a insultée.

Et en fait, son projet, c'était de draguer la meuf, de coucher avec elle, de filmer la relation sexuelle, de l'uploader sur Internet, et de l'envoyer tous les matins au gars. C'était comme ça qu'il voulait excorciser sa vengeance. Là, au moment où il a dit ça, il y a des gens, ils se sont levés, tu vois, et le modérateur, il disait, non, non, mais c'est bon, on va l'écouter jusqu'au bout, on va essayer de comprendre, mais lui-même, il était là en mode, putain, ça va se terminer comment ? Et en fait, ça marche.

C'est-à-dire que la meuf s'appelle Patricia, et elle tombe folle amoureuse de ce gars-là qui a 20 ans, l'âge de son fils, littéralement, bien sûr, qui est propre sur lui, qui est impeccable, qui est en train de refaire sa vie, qui a de l'argent, tu vois, et qui vraiment, lui aussi, en tout cas, feint l'amour, et il mène son plan à bien, c'est-à-dire que il fait l'amour, ça se passe hyper bien, il filme, et il a un énorme problème, c'est qu'il tombe amoureux de la meuf. Genre, il commence à aimer, très sincèrement, Patricia, et il se sent pas le courage de mener son plan à bien, enfin, il le mène à bien, c'est-à-dire qu'il filme, il fait tout ce qu'il doit faire, tu vois, et il fait tout, et il a la vidéo sur lui sur une clé USB tous les jours. Il retourne au boulot, il continue sa relation, et au moment il revient au boulot, il y a le gars qui l'a insulté, qui lui a dit « va enculer ta mère », il lui dit « je t'invite à déjeuner ». Et donc, il l'invite à déjeuner, et en fait, il a fait un truc le matin, c'est que quand il est arrivé, il a envoyé par e-mail la vidéo.

Pourquoi il l'a fait ? Il ne le sait pas. En fait, il ne voulait pas le faire, parce qu'il aimait sa mère, il disait « ça vaut pas le coup », mais il est dans un processus, tu vois, il n'arrivait pas à casser le processus parce qu'il est psychorégide. Et donc, ils vont déjeuner, et le gars, il lui dit « Léonard, je te présente mes excuses parce que j'étais extrêmement énervé, il faut que je te dise quelque chose, c'est que ma femme et moi, on est en instance de divorce et je suis très inquiet parce que j'aime ma femme et tout, et je pars au quart de tour, et tu avais raison sur toute la ligne, je n'avais pas à te demander un truc, et en plus, j'ai dit un truc, c'est que j'ai dit « Enculé de ta mère ! » Alors, je ne te dis pas ça parce que je n'ai pas un emplu d'homme, mais sincèrement, je n'ai pas à dire ça, je suis un gros connard, tu vois.

Là, je te présente vraiment mes plus pleines excuses. Et là, il nous a regardé, et il a dit « Je venais de lui envoyer la vidéo qu'il n'avait pas encore vue, qu'il allait voir après le repas. J'étais fou amoureux de sa mère pour faire ma vie, et il allait devenir mon beau-fils, et j'étais complètement perdu, complètement perdu. Et le médiateur a dit « Tu veux nous en dire plus ? » Et là, il s'est levé, il a dit non, et il est parti.